Umoja - Le village des femmes

Umoja: Le village des femmes victimes du viol de soldats britaniques + Vidéo

De 1970 à 2003, 1600 femmes disent avoir été violées par des soldats britanniques dans le nord du Kenya. Se sentant déshonorés, leurs maris les battent et les répudient. Une poignée d’entre elles ont alors créé Umoja, un village interdit aux hommes qui devient le refuge des femmes samburus. Régulièrement, des hommes jaloux attaquent le village et posent de nombreux problèmes à sa fondatrice, Rebecca Lolosoli.

Celle-ci explique : «Dans la communauté samburu, la femme n’a pas le droit à la parole. Elle fait tout le travail pendant que l’homme mange puis dort à l’ombre d’un arbre et boit de la bière traditionnelle. Elle n’a pas le droit à la propriété. C’est elle qui constitue la propriété de son mari».

Meleyan, une jeune femme de 26 ans, est l’une d’elles. Elle est arrivée à Umoja avec ses deux enfants pour fuir son mari qui la battait. Elle est désormais heureuse, mais son mari a décidé de la reprendre, morte ou vive…

 

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Le village d’Umoja borde le parc national de Samburu, au Kenya. De prime abord, rien ne le différencie des autres hameaux de la savane africaine : il est composé de petites cases d’argile, des enfants jouent sur la terre rouge et des chèvres broutent tranquillement. Et pourtant, tout y est différent car Umoja ne compte que des femmes ! Fuyant les mariages forcés, la violence exercée par les hommes ou les mutilations sexuelles, elles ont trouvé refuge à partir de 1990 dans ce havre de paix. Les habitantes d’Umoja se sont forgé une nouvelle vie et exercent des activités traditionnellement assurées par les hommes, comme l’élevage ou l’abattage. Une véritable provocation pour la société patriarcale de la région de Samburu !

L’histoire de Napora illustre bien le destin de nombreuses femmes d’Umoja. Pendant la corvée de bois, elle a été violée par un inconnu. Lorsqu’elle raconta l’agression à son mari, celui-ci la battit et la chassa. Rejetée et humiliée, elle trouva finalement refuge à Umoja. Aujourd’hui, la communauté de femmes lui offre sécurité et réconfort, mais les blessures physiques et morales de la jeune femme sont loin d’être guéries.

En souahéli, Umoja signifie « unité » et c’est effectivement ce que les femmes trouvent ici. Elles se réunissent régulièrement pour discuter dans la maison commune ou sous l’immense acacia situé au centre du village. Ensemble, elles essaient de surmonter leurs traumatismes. « Nous voulons être heureuses et oublier nos problèmes », déclare Rebecca Lolosoli la fondatrice du village. « Exit humiliation, mépris et maltraitance, rien que du respect ! » tel est le mot d’ordre. A Umoja, la cohabitation repose sur des règles édictées par les habitantes et tout y est mis en commun. Par ailleurs, les villageoises ont toutes un toit sur la tête et des terres, élèvent du bétail qu’elles abattent de leur main : des droits et des tâches interdits aux autres femmes de la région.

Dans le Samburu en effet, lorsqu’une femme se marie, elle devient automatiquement la propriété de son mari. Il est inconcevable qu’elle possède de la terre ou du bétail. Les hommes d’Archer’s Post, le village voisin, se sentent menacés par la nouvelle indépendance des habitantes d’Umoja. Lorsque les villageoises viennent y faire leurs courses, elles sont harcelées et traitées avec mépris. Pourtant, elles ne se laissent pas impressionner et n’hésitent pas à s’engager au niveau politique pour défendre la cause des femmes kenyanes. Ainsi, Rebecca Lolosoli voyage même régulièrement à l’étranger afin de sensibiliser l’opinion publique internationale sur la situation des femmes de son pays. Elle est optimiste : « l’avenir sera meilleur ». Soucieuses de conforter leur indépendance financière, les habitantes d’Umoja envisagent de créer dans leur village un camp de touristes, une étape de plus sur la voie du respect et de l’autodétermination.

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