Berbère marocain

Tariq ibn Ziyad conquérant de l’Espagne, du Portugal et de la France

Tariq ibn Ziyad conquérant de L ’Espagne, du Portugal et de la FranceTariq ibn Ziyad ou Ibn Ziyâd est né au VIIe siècle, mort à Damas vers 720, est un stratège  militaire de l ’armée omeyyade probablement d ’origine berbère, également décrit comme un affranchi de Moussa Ibn Noçaïr. Il fut un des principaux acteurs de la conquête islamique de la péninsule ibérique ( Andorre, Espagne, Portugal ,France ).

Si, comme s ’accordent à le penser de nombreux historiens, ce personnage est un Berbère converti alors son nom d ’avant sa conversion et à fortiori le prénom de son père, ne pouvait pas être Tariq Ibn Zyiad ; en effet ce nom de famille est d ’origine arabe et signifie « Tariq fils de Ziyad ». Son père portait donc un prénom arabe (signifiant « qui fait prospérer » ou « fécond »), seul prénom indiqué par les sources historiques actuelles.

« Ibn », qui se prononce « Iben » ou « Ben », signifie dans toutes langues sémites dérivées de l ’araméen « Fils de » .

Le prénom Tariq (qui peut aussi s ’écrire Tarik, Tarek, Taric, Tarec, Tariq, Tareq) a plusieurs significations en arabe :

  • étoile du matin, comme la sourate du Coran du même nom (sourate 86 – الطارق) ;
  • celui qui frappe (à la porte)(الطارق) ;
  • route ou voie (طريق)(dont il existe un féminin « tariqa » désignant la voie ou la méthode religieuse soufie).

Le prénom Tareq signifierait en langue berbère : « conquérant ou voyageur » mais il est difficile de savoir si ce prénom berbère dérive ou non du prénom arabe.

Compte tenu de la signification symbolique du prénom de ce conquérant, il est probable que le surnom de Tariq lui fut donné à l ’issu de la conquête.

Il est principalement connu pour avoir mené, depuis les rives du nord de l ’actuel Maroc, sur les ordres de son supérieur, le général Moussa Ibn Noçaïr, les troupes arabo-berbères à la conquête de l ’Espagne. Depuis cette victoire, le détroit de Gibraltar porte son nom : le mot Gibraltar est une déformation linguistique de l ’arabe Jebel Tariq, qui signifie « montagne de Tariq ».

Tariq, surnommé dans l ’histoire et la légende espagnoles, pour des raisons peu claires, « Tariq le borgne », fut appelé par les héritiers du roi wisigoth Wittiza qui lui demandèrent son soutien au cours de la guerre civile espagnole les opposant au roi wisigoth Roderic. Il obtint le soutien de la population juive persécutée par les Wisigoths, des rivaux du roi Roderic, d ’opposants à l ’église catholique et du gouverneur byzantin de Ceuta, qui fut un élément clé dans la réussite de la conquista, en fournissant en particulier la flottille nécessaire à la traversée.

 


Berbère marocainTariq ibn Ziyad a été un commandant dans l ’armée de Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur omeyyade de l ’Ifriqiya et général des troupes arabo-musulmanes ; elles étaient formées de populations d ’origines ethniques diverses chargées de poursuivre ou de renforcer l ’islamisation des nombreuses tribus berbères situées à l ’ouest de la province. Moussa Ibn Noçaïr avait l ’habileté de pratiquer une large politique d ’assimilation, faisant entrer des Berbères dans l ’armée et leur confiant des postes de commandement.

Le nom de ce conquérant apparaît pour la première fois dans la littérature à la fin de l ’islamisation de la partie occidentale du Maghreb, soit l ’actuel Maroc, et au début de la conquête de l ’Espagne wisigothe. Il est nommé par Moussa Ibn Noçaïr en remplacement de son fils Marwan, gouverneur de la ville de Tanger, dans le but probable d ’organiser la logistique en vue de la conquête. Là aussi, il n ’existe aucune information sur la raison et les circonstances de cette nomination à ce poste de responsabilité. Néanmoins, elle fournit des informations car elle suppose que Moussa Ibn Noçaïr devait voir en lui un homme de confiance, un bon connaisseur du terrain et des populations à recruter, un bon guerrier, une personne compétente, intelligente et montrant des capacités de leader martial et d ’autorité reconnue au sein de l ’armée.

groupeberbere

C ’est seulement après avoir jugé l ’Islam bien ancré au Maroc que Moussa Ibn Noçaïr retourna en Ifriqiya. De là, en 711, il envoya, par missive, Tariq Ibn Zyiad, stationné à Tanger, conquérir l ’Espagne. Tariq s ’est trouvé à la tête d ’une armée de 7 000 soldats à laquelle s ’est ajouté, dans un second temps, un contingent de 5 000 hommes, 12 000 hommes presque exclusivement Berbères. Moussa rejoint Tariq en Espagne avec une armée de 18 000 hommes, Arabes dans leur grande majorité.

Le contingent dirigé par Tariq était majoritairement composé de diverses tribus berbères converties. Diverses sources mentionnent un contingent essentiellement formé de berbères de l ’actuel Maroc (en particulier Sanhadja, Masmudas) accompagnés de quelques arabes chargés d ’apprendre le coran aux soldats fraichement convertis. Ibn Khaldoun écrit bien 12 000 berbères fraichement convertis stationnés à Tanger avec Tariq accompagnés de 27 arabes chargés de leur formation coranique. Ce chiffre total de 12 000 hommes, avancé par les récits arabo-musulmans, est considéré comme exagérément faible pour certains historiens contemporains qui mentionnent un contingent bien plus important mais le facteur limitant reste la logistique nécessaire pour faire traverser les 14 km de détroit à des milliers d ’hommes avec armes, chevaux etc…. Il fallut environ trois ans aux troupes arbo-musulmanes pour prendre la quasi-totalité de l ’Espagne wisigoth ; la conquête ne toucha toutefois pas les royaumes du nord qui furent les futurs acteurs de la Reconquista.

En effet, les sources rapportent plutôt un agacement et de surprise de la part de Moussa Ibn Noçaïr au vu des richesses amassées par Tariq au cours de sa progression rapide. Les références historiques sur ce point indiquent que les deux hommes ont été convoqués et entendus à Damas, en 715, par le calife Al-Walid ben Abd al-Malik pour faire un rapport sur la conquête et leurs prises de guerre. Les deux protagonistes furent alors accusés de détournement de ces dernières. Aucune référence historique ne fait état d ’une éventuelle remise en cause officielle du rôle de Tariq et de ses troupes ; les versions mentionnant que Tariq fut emmené enchainé et mourut sur la route de Damas restent à démontrer. Dans tous les cas, de 715 à 720 (date officielle de sa mort), il n ’existe aucune information précise sur la vie de Tariq, en dehors du fait qu ’il avait rejoint la cour du calife de Damas, ville où il demeura jusqu ’à la fin de sa vie.

Dans un ouvrage consacré à l ’Espagne, paru dans la collection Life en 1961, l ’écrivain anglais Hugh Thomas souligne que ce pays, conquis par Tarec Ibn Ziad, « devint le centre artistique et commercial de toute la région méditerranéenne… Aux IX ème et X ème siècles Cordoue était une ville de 113 000 maisons, 700 mosquées, 300 bains publics (hammams) ; les rues étaient pavées et l ’eau était amenée par des tuyaux jusqu ’aux maisons. La bibliothèque royale contenait 400 000 ouvrages et l ’université de Cordoue disposait d ’écoles de médecine, de mathématiques, de poésie, d ’astronomie, de théologie…»

Source: lencrenoir

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