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Pieter Botha, le raciste s’en est allé!

Surnommé le «Grand crocodile» pour son autoritarisme, Pieter Botha est mort à 90 ans en 2007, pendant son sommeil, à son domicile de Wilderness, dans la province du Cap, où il résidait après avoir été contraint d’abandonner le pouvoir en 1989.

Sous Botha, le monde avait pourtant changé. Dans les chancelleries occidentales, la ligne de front de l’anticommunisme occidental en Afrique que constituait l’Afrique du Sud n’était plus d’aucune utilité. Mal lui en prit de s’en être aperçu trop tard. La vague de fond surgie des townships aura fait plus que de submerger les écrans des télévisions.

Elle aura été le prétexte pour ses anciens alliés de siffler la fin de la coopération, comme pour dire qu’en politique, les Etats n’ont pas d’amis. Seul l’intérêt de l’heure compte. Nelson Mandela apparaissait pour les alliés d’hier comme le meilleur pion sur l’échiquier sud africain. Le chantre le plus zélé de la suprématie raciale s’en ainsi est allé, une nuit de 2007, emportant avec lui ses diableries, droit dans ses bottes, raciste jusqu’au bout de la nuit. Que le diable l’emporte !

Opposé aux réformes engagées par son successeur Frederik De Klerk qui sonnèrent le glas de l’apartheid, Pieter Botha avait cru pouvoir revenir à la politique discriminatoire sudafricaine, moyennant un replâtrage de façade, en réponse aux pressions internationales. L’histoire lui a définitivement donné tort.

Né en 1916, le jeune Botha, alors étudiant en droit, approche les mouvances afrikaners en adhérant au Parti national. Il évolue parallèlement au sein de l’Ossewabrandwag, une organisation ultranationaliste. Mais il se distancie de ce groupuscule dont les thèses sont incompatibles avec ses « préceptes chrétiens » pour se consacrer entièrement au Parti national au sein duquel il revendique l’apartheid comme système de référence pour la « défense des intérêts du peuple blanc ». Inamovible ministre de la Défense de 1964 à 1977, c’est sous son mandat que l’Afrique du Sud émerge en tant que symbole de la lutte contre la menace communiste sur le continent.

Devenu Premier ministre de 1978 à 1984, il ne parvient pourtant pas à changer l’image déplorable de son pays à l’étranger, sous le coup d’un embargo des Nations unies depuis 1977. Considéré comme un « éclairé » parmi les plus extrémistes, il lance les premières réformes de modernisation de l’appareil politique qui se matérialise par l’adoption d’une nouvelle Constitution qui favorise la représentation de 25 millions de métis et d’Indiens.

L’ouverture est timide, mais souligne un début d’inflexion sous le mot d’ordre « S’adapter ou mourir ». Bien malgré lui, l’homme qui déclarait encore il y a peu : « Nous vivons au milieu de grands sauvages qui en veulent à notre sang, qui nous haïssent et qui veulent nous arracher à ce que nous avons acquis », aura permis d’amorcer l’une des toutes premières « Perestroïka » africaines. Rien ne laissait pourtant présager cette lucidité.

Une chambre des représentants pour chaque « race »

En 1979, Pieter Botha lance une réforme constitutionnelle dont la principale innovation est la création d’un Parlement tricaméral, doté d’une chambre pour chaque groupe racial, sauf pour les Noirs sud-africains, toujours privés du droit de vote. Voilà où gît l’erreur de Botha. Qui sait si la création d’une chambre des représentants pour les Noirs n’aurait pas changé le visage de l’Afrique et conduit à une tout autre évolution politique sans Mandela ?


Une rencontre secrète prémonitoire

Dix ans plus tard, un mois avant d’être forcé de passer la main, en 1989,  Pieter Botha avait tenté de se rattraper en organisant  une rencontre secrète avec le chef du Congrès national africain (ANC), Nelson Mandela, en prison à Robben-Island. Mais la direction politique de l’Afrique du Sud lui avait déjà échappé. Devenu le Premier président noir d’une nation arc-en-ciel libérée du joug de l’apartheid, Nelson Mandela qui aura passé 27 ans en prison, dont une décennie sous la présidence de Botha choisit de se souvenir de la visite de Pieter Botha à Robben- Island et «des démarches que Pieter Botha avait entreprises afin d’ouvrir la voie vers l’accord final négocié pacifiquement dans le pays». Mais c’est Thabo Mbeki qui donna le fin mot de l’affaire en affirmant que : «Pieter Botha [avait] réalisé la futilité de lutter contre ce qui était inévitable», la fin de la ségrégation raciale en l’occurrence.

Sans regrets

Pieter Botha a toujours refusé de témoigner devant la commission «Vérité et réconciliation», mise en place par le gouvernement de Nelson Mandela. Il n’a jamais voulu présenter la moindre excuse aux victimes et à leurs familles, affirmant qu’il n’était pas au courant des assassinats et des cas de torture. Dans une interview, à l’occasion de ses 90 ans, il n’a manifesté aucun regret pour la politique de ségrégation raciale appliquée dès son entrée au gouvernement en 1961, dans les écoles et les quartiers.

La région Afrique australe aujourd’hui : la fin de la politique de l’endiguement du communisme

Dans sa stratégie militariste contre les pays de la «Ligne de front» antiapartheid, au moment de la chute du «glacis portugais» des anciennes colonies mozambicaine et surtout angolaise, en 1975, Pieter Botha, alors ministre de la Défense, avait soutenu un plan d’intervention militaire, en Angola, avec l’appui du gouvernement américain de Gérard Ford qui souhaitait installer un gouvernement prooccidental à Luanda. Pour combattre l’allié de Moscou et de Cuba, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir en dépit de «l’opération zoulou» conduite par Pretoria, l’Afrique du Sud apporta son aide logistique à l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), le mouvement rebelle de Jonas Savimbi soutenu par Washington et Kinshasa.

Après deux décennies d’implication militaire dans la région, mais surtout en Angola, un enjeu tout particulier en raison de sa frontière avec le Sud-ouest africain, la Namibie, elle aussi soumise aux lois de la ségrégation raciale, la fin de la Guerre froide, à la fin des années quatre-vingt, l’Afrique du Sud a été contrainte de négocier avec ses adversaires de l’intérieur et de l’extérieur : l’ANC, l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (Swapo)arrivée au pouvoir avec les élections de 1989 dans la Namibie indépendante, Cuba, dont les «barbudos» se sont retirés d’Angola.

Aaron Mayele

Source: Le Télégramme

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“MANDELA N’A JAMAIS ÉTÉ FORMÉ PAR DES AGENTS ISRAÉLIENS”…

La presse a largement répercuté une information récemment publiée par le journal sioniste Haaretz qui, citant des archives de l’Etat sioniste,affirme que le leader sud-africain Nelson Mandela aurait été entraîné au maniement des armes et aux techniques de guérilla en Ethiopie par le Mossad, les tristement célèbres services secrets franco-anglo-américano-sionistes,

Une « information » qui tombait à pic pour conforter la thèse selon laquelle la fine équipe au pouvoir à Tel Aviv ne se serait pas rendue aux obsèques de Mandela pour des raisons pécuniaires, Et pour laver des années de coopération soutenue avec le régime d’apartheid.

Mandela n’a jamais été formé par des agents israéliens, affirme la Fondation Nelson Mandela

La Fondation Nelson Mandela a rejeté des informations selon lesquelles l’ancien président a reçu un entraînement par des agents israéliens en 1962.

Sapa, The Mail & Guardian (Afrique du Sud) 21 décembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

«Les médias se sont fait l’écho d’une histoire selon laquelle en 1962 Nelson Mandala avait été en relation avec un agent israélien en Ethiopie, » déclare la Fondation dans un communiqué. «La Fondation Nelson Mandela peut confirmer qu’elle n’a trouvé aucune indication dans les archives privées de Nelson Mandela… qu’il aurait été en relation avec un agent israélien pendant sa tournée dans des pays africains cette année là.»

Le site web du journal britannique The Guardian a rapporté vendredi que Mndela avait apparemment reçu une formation au maniement des armes par des agents du Mossad en Ethiopie en 1962 sans que les services secrets israéliens aient connaissance de sa véritable identité. The Guardian basait son article sur «un courrier secret intrigant déposé dans les archives de l’Etat israélien.»


Le site rapportait que la missive, révélée par le journal israélien Haaretz – deux semaines après le décès de Madiba – indiqauit qu’il avait été formé à l’utilisation des armes et aux techniques de sabotage et avait été encouragé à développer des sympathies sionistes. La Fondation a cependant démenti qu’une telle chose se soit produite.

«En 1962, Mandela a suivi une formation militaire au Maroc avec les combattants algériens de la liberté et avec l’Ethiopian Riot Battalion à Kolfe près d’Addis Abeba, avant de rentrer en Afrique du Sud en juillet 1962.

« En 2009, un maître de recherche de la Fondation Nelson Mandela avait séjourné en Ethiopie et s’était entretenu avec les survivants parmi les hommes qui avaient contribué à la formation [militaire] de Mandela et aucun indice d’une connexion israélienne n’était apparu » lit-on dans la déclaration.

 

Source: mounadil.wordpress.com

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La France était la principale pourvoyeuse d’armes de l’apartheid

Que cachent les éloges adressés à Nelson Mandela lors de son décès ? Tribune par Jean Chatain, journaliste honoraire, spécialiste de l’Afrique.

 

Le déluge de louanges et contritions ayant accueilli, dans les médias et les milieux de droite français, le décès de Nelson Mandela relève de ce que l’on pourrait appeler par euphémisme une mémoire plus que courte. Oublié les anciennes diatribes faisant alternativement de l’ANC un pion de Moscou ou de Pékin et présentant ses responsables comme autant de terroristes fanatisés. Oublié de façon générale le refus français de prendre à son compte les mesures d’embargo préconisées par les Nations unies contre le régime de l’apartheid, comme l’attestait le formidable bond en avant des échanges de notre pays avec celui de Pieter Botha, tout particulièrement pour ce qui concerne les livraisons d’armes.

 

Le rôle de la France pompidolienne puis giscardienne, aux côtés notamment de la RFA et d’Israël, dans l’accession du pays à l’arme nucléaire ne peut être minimisé, mais il est loin d’épuiser à lui seul la question. Dès 1960, année du massacre de Sharpeville (une soixantaine de morts), de Gaulle s’était opposé au texte de condamnation débattu au Conseil de sécurité ; il récidivait en août 1963 en s’abstenant lors du vote de la résolution demandant aux États de « mettre fin immédiatement » aux ventes d’armes à l’Afrique du Sud. Dans toute la période suivante, la Ve République devint d’ailleurs, et de loin, le premier fournisseur du régime d’apartheid en ce domaine (à lire: Quatre Présidents et l’Afrique, 
de Claude Wauthier, Seuil, 1995). Les tueries suivantes de Soweto (1976) furent perpétrées essentiellement avec des armes « made in France ».

 

On distingue deux phases dans l’évolution de ce très juteux commerce, notait la revue Économie et Politique, l’un des rares titres à s’être alors préoccupé du problème (lire « Les monopoles français en Afrique du Sud », 
de Jacques-Louis Fath, Économie et Politique
 n° 278, septembre 1977) : dans un premier temps, les livraisons d’armes proprement dites ; auxquelles succédèrent, dans les années 1970, des fournitures de catégories de produits industriels et d’apports technologiques connexes au domaine militaire ou dont le caractère stratégique et l’usage militaire ne font aucun doute. Cela en autorisant l’Afrique du Sud à acheter de nombreuses licences de fabrication à des groupes comme Dassault ou Panhard, lui permettant éventuellement de fabriquer ainsi ses propres hélicoptères, missiles et automitrailleuses.

 

Des engins de mort qui ne servaient pas qu’à la répression interne, mais aussi à de nombreuses opérations contre les pays voisins de la « ligne de front » (Mozambique, Angola, Zambie, Botswana, Zimbabwe), c’est-à-dire ceux abritant des sièges locaux ou des camps de l’ANC et de ses alliés. Un seul exemple parmi beaucoup d’autres possibles: en 1978, les Mirages vendus à l’Afrique du Sud font quelque 600 morts en pilonnant un camp de réfugiés de la Swapo, le mouvement de libération de la Namibie, à Cassinga en Angola. Déjà, en 1968, une brochure publiée par l’ANC (« L’apartheid et la France ») mettait en avant ce jugement catégorique émis par le Financial Mail de Johannesburg : « Tout bien considéré, la France, parmi les grandes puissances, est vue comme la seule amie de l’Afrique du Sud. » La même année, le quotidien pro-gouvernemental Die Vaderland publiait cette lettre d’un lecteur au racisme enthousiaste et reconnaissant : « Lors des revues, le public contemple avec fierté le déploiement de notre armée. Parfois ce sont des chars d’assaut Panhard, construits en Afrique du Sud sous licence, qui ouvrent la marche du défilé. Je ne parlerai pas des autres achats de matériel militaire à la France qui nous permettent de renforcer notre capacité de défense. Cela m’entraînerait trop loin » (Texte reproduit dans l’ouvrage cité de Claude Wauthier. Avec cette conclusion que l’on s’en voudrait de ne pas reproduire : « C’est pourquoi toute l’Afrique du Sud peut crier du fond du cœur : vive de Gaulle ! »).


 

Jean Chatain

 

Source: humanite.fr

 

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L’hypocrisie du Canada face à l’apartheid

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Mandela enfin «à la maison» aujourd’hui! Desmond Tutu pas invité aux obsèques

Après une semaine d’hommages universels, Nelson Mandela a entamé samedi son dernier voyage, rentrant dans sa province natale du Cap oriental (sud) où il sera inhumé dimanche en l’absence de son vieux compagnon de lutte et ami Desmond Tutu, qui n’a pas été invité.

La dépouille de l’icône mondiale de la liberté et du pardon est arrivée sur le petit aéroport de Mthatha, à un millier de kilomètres de Johannesburg, en début d’après-midi, à bord d’un avion de transport militaire Hercules C130.

Sur le tarmac, sa veuve Graça Machel, soutenue par l’ex-épouse de Mandela Winnie, ses filles, ses petits-enfants, des membres du gouvernement, des amis, de nombreux militaires en costume d’apparat… ont accueilli le cercueil, drapé dans un drapeau aux couleurs de la «Nation Arc-en-Ciel».

Un grand absent: l’inventeur de cette expression, l’ancien archevêque anglican du Cap Desmond Tutu, qui a dû annuler son voyage faute d’avoir été invité.

«Même si j’aurais adoré assister à la cérémonie pour faire mes adieux à une personne que j’aimais et chérissais, cela serait manquer de respect à Tata que de m’imposer dans ce qui est présenté comme des funérailles strictement familiales», a déclaré Desmond Tutu.

Conscience morale de l’Afrique du Sud, le prélat est une épine dans le pied du gouvernement qu’il critique régulièrement pour ses scandales de corruption et pour ne pas avoir assez lutté contre les inégalités.

 

«Il rentre à la maison»

Aux abords de l’aéroport, des milliers de personnes ont crié et applaudi quand l’appareil, escorté par deux avions de chasse, a atterri. «Il rentre à la maison, sa dernière demeure», commentait dans la foule Timothy Jacobs «très ému».

A Mthatha, le convoi funéraire doit faire deux haltes dans la ville, afin de permettre à la foule de saluer son héros de retour sur la terre de ses ancêtres.

Puis il doit prendre la route de Qunu, sur une trentaine de kilomètres, pour gagner la résidence que le héros de la lutte anti-apartheid s’était fait construire à sa libération, en 1990, après 27 ans dans les geôles du régime raciste.

Les habitants de cette bourgade, où Nelson Mandela avait passé ses dernières années avant d’être ramené à Johannesburg pour raisons de santé, sont invités à former une haie d’honneur pour l’accueillir.

«J’y serai», assurait Asiphe Vinjwa, une jeune mère de 25 ans, son bébé accrochée dans le dos. «C’est bien qu’il rentre à la maison pour son dernier repos. C’est chez lui, ici.»

«Les gens d’ici ne vont pas bien», ajoutait Kutala, une infirmière du village. «Nous avons passé une sombre semaine depuis sa mort. Mais nous savons qu’il a parcouru un long chemin.»

Le voyage de Nelson Mandela avait commencé en 1918 dans cette province rurale et verdoyante du Transkei. Né à Mvezo, non loin de là, il a toujours dit avoir passé les meilleurs moments de son enfance à Qunu et a souhaité y être enterré.

Mais avant de rentrer sur ses terres, il a fait ses adieux à Pretoria, la capitale politique du pays, où son parti, le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis l’avènement de la démocratie en 1994, lui a offert un dernier hommage empreint de gravité.

 


Le défi de l’inégalité demeure

Mandla, l’aîné des petits-fils, en complet sombre, est revenu sur les derniers jours qu’il a passés aux côtés du cercueil de son grand-père, exposé au siège de la présidence.

«J’ai vu son armée, j’ai vu son peuple, j’ai vu les Sud-Africains ordinaires, qui ont parcouru avec lui ce long chemin vers la liberté», a-t-il dit.

En trois jours, de mercredi à vendredi, jusqu’à 100.000 Sud-Africains se sont inclinés devant la dépouille, quelques impatients ayant même débordé la police vendredi pour pouvoir poser un dernier regard sur leur héros.

Mardi, le monde lui avait rendu un hommage officiel dans le stade de Soweto en présence d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement. Barack Obama avait salué un «géant de l’Histoire».

Le président Jacob Zuma a insisté samedi sur les qualités de leader du défunt, sa force de persuasion mais aussi sa capacité à pardonner. «La question est: pouvons-nous produire à l’ANC d’autres Madiba?»

«Nous sommes libres, mais le défi de l’inégalité demeure», a-t-il poursuivi. «La pauvreté demeure. Le chômage demeure, et c’est pourquoi notre défi à tous en mémoire de Madiba est de nous impliquer plus.»

Debout devant deux grandes affiches d’un Madiba tout sourire, le chef de l’État a ensuite entraîné l’assistance dans un long et profond chant d’hommage, selon la tradition sud-africaine.

Dimanche matin, une cérémonie regroupant à Qunu environ 5.000 invités sera retransmise à la télévision. C’est après seulement que le corps prendra le chemin du petit cimetière familial, à quelques centaines de mètres.

Mandela y sera inhumé auprès de ses parents et de trois de ses enfants. La famille a fait savoir que la mise en terre se ferait dans l’intimité la plus stricte. Aucune image télévisée ou photo ne sera autorisée.

Selon la coutume, des rites xhosas, dont l’égorgement d’un bœuf, seront pratiqués et des aînés du clan thembu, dont était issu Mandela, s’exprimeront autour de la tombe.

«Des funérailles sont une cérémonie complexe qui demandent notamment de communiquer avec les ancêtres et de permettre à l’esprit du défunt de reposer», a expliqué le chef Jonginyaniso Mtirara, du clan thembu.

Là s’achèvera le très long chemin du père de la démocratie sud-africaine, mort à l’âge de 95 ans le 5 décembre.

 

Source: AFP

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Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria

L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.

La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix…

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Du coté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

 

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

 

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.

Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».


A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

Complicités françaises

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteurNtatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé… Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ».

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).

Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

 

Pierre Haski 

Source: rue89

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De Eto’o à Yaya Touré, les sportifs africains rendent hommage à Nelson Mandela

Les sportifs du continent ont rendu un vibrant hommage à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, décédé jeudi à l’âge de 95 ans. De Samuel Eto’o en passant par Yaya Touré, de George Weah à André Ayew, tous ont salué sa mémoire.

 

Le monde du football, qui va vibrer ce vendredi avec le tirage au sort de la Coupe du monde 2014, a fait part de sa profonde tristesse à l’annonce du décès de Nelson Mandela.  “Je suis le maître de mon destin. Je suis le capitaine de mon âme”, a ainsi publié sur Twitter le meilleur joueur footballeur africain de la CAF en 2011 et 2012, Yaya Touré. L’Ivoirien reprend ainsi une phrase du poème “Invictus” que Madiba affectionnait particulièrement.

 

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L’ancien footballeur libérien et Ballon d’Or 1995 George Weah s’est également exprimé sur Twitter :“Repose en paix père de l’Afrique, grand exemple pour nous tous”.

 

“Profondément attristé par la mort de Nelson Mandela. Un vrai héros et une inspiration. Repose en paix Madiba”, a écrit le cycliste britannique né au Kenya Christopher Froome, maillot jaune du Tour 2013.

 

Le monde du rugby sud-africain a également rendu hommage à Mandela, lui, qui avait su utiliser l’équipe nationale des Springboks dans le processus de réconciliation raciale en Afrique du Sud lors de la Coupe du monde de rugby de 1995. Ainsi le célèbre ailier Bryan Habana a déclaré : “Merci pour l’inspiration et l’espoir. Que votre héritage vive éternellement.”

 

Nelson Mandela, décédé jeudi 5 décembre au soir à l’âge de 95 ans, s’est servi du sport pour rapprocher son peuple. Il était présent lors de la Coupe d’Afrique des nations de football qui s’est jouée dans son pays en 1996. Il était encore là en 2010, lorsque l’Afrique du Sud a accueilli pour la première fois de l’histoire une Coupe du monde de football sur le contient africain. Même affaibli, il avait tenu à rencontrer les joueurs sud-africains et notamment Steven Pienaar.

 

Steven Pienaar & yaya toure for Mandela


 

Samuel Eto'o for Mandela

George Weah for Mandela

 

André Ayew for Mandela

 

Gervinho for Mandela

 

Bryan Habana, Chris Froome & Kalusha Bwalya for Mandela

 

 Source: france24

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Drogba et Éboué en conseil de discipline pour un hommage à Mandela

Les footballeurs ivoiriens Didier Drogba et Emmanuel Éboué sont convoqués par la commission de discipline turque pour avoir arboré des T-shirt en hommage à Mandela. ll leur est reproché d’avoir commis un acte politique sur un terrain de football.

Alors que le monde entier pleure la mort de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, la fédération turque de football n’est pas du genre à se laisser attendrir. Elle a convoqué Didier Drogbaet Emannuel Éboué, les deux stars ivoiriennes qui évoluent dans le club d’Istanbul de Galatasaray, pour avoir arboré des T-shirts en hommage au héros de la lutte contre l’apartheid.

Didier Drogba (à gauche) et Emmanuel Éboué

Vendredi 6 décembre, à l’issue d’un match de Galatasaray, Drogba et Éboué enlèvent leur maillot et dévoilent des T-shirt sur lesquels sont écrits : “Thank you Madiba” (merci Madiba [surnom donné à Mandela]), “Rest in peace Mandela” (repose en paix Mandela). Des messages qui peuvent paraître consensuels dans de nombreuses parties du monde – la ligue anglais de football et la ligue française de rugby ont rendu hommage à Mandela en observant des minutes de silence ce weekend – mais qui sont considérés comme “politique” par les instances turques de football. Celle-ci regrette en outre ne pas avoir été prévenu auparavant des projets de ces deux footballeurs.

Par ailleurs, selon le quotidien turc Hurriyet, le club de deuxième division de Fethiyespor est également convoqué par la ligue après que ses joueurs ont arboré des T-shirts célébrant “Le Grand Atatürk”, père de la Turquie moderne, le 4 décembre dernier.

Source: france24

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L’amertume de Winnie Mandela: «Je ne peux pas lui pardonner d’avoir reçu le Nobel avec son geôlier, Frederik De Klerk.»

L’écrivain indien prix Nobel de littérature en 2001 V. S. Naipaul et sa femme ont rencontré Winnie Mandela chez elle à Soweto. L’ex-épouse du premier président noir du pays est très amère. Elle a des mots très durs pour le héros de la lutte antiapartheid.

Avec mon mari, nous venons de traverser l’Afrique. La dernière étape de notre voyage nous mène enfin en Afrique du Sud, un pays indissociable du nom de Mandela. A l’origine, mon mari hésitait un peu à venir ici, mais il a fini par écouter son instinct. Il nous a conduit jusqu’à Soweto, devant la porte de l’énigmatique Winnie Mandela, une femme aussi souvent acclamée que vilipendée. A la fin des années 1980, Winnie s’était entourée de gardes du corps peu recommandables, le Mandela United Football Club, qui semaient la terreur dans Soweto. Le capitaine du club était Jerry Richardson, mort dans sa cellule en 2009 alors qu’il purgeait une peine à perpétuité pour le meurtre de Stompie Moeketsi, un gamin de 14 ans enlevé avec trois autres garçons et battu à mort dans la maison où nous serons bientôt assis autour d’une tasse de café. Winnie a été condamnée à six ans de prison pour enlèvement, peine qui en appel a été réduite à une simple amende. Les membres du gang ont par la suite affirmé devant la Commission vérité et réconciliation qu’elle avait été l’instigatrice de ce meurtre et qu’elle y avait même participé directement.

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Avant de devenir célèbre, Winnie habitait dans l’une des étroites ruelles encombrées bordée de petites maisons de brique et de tôle ondulée. Soweto est toujours un township majoritairement noir. Les touristes viennent s’extasier devant ces rues associées à la liberté, à l’apartheid et à Mandela. “J’ai entretenu la flamme du mouvement, commence-t-elle. Vous êtes passés dans le township. Comme vous l’avez constaté, il est toujours aussi sordide. Pourtant, c’est ici que nous avons jeté la première pierre. Ici que nous avons versé tant de sang. Rien n’aurait pu arriver sans le sacrifice du peuple – du peuple noir. Le Congrès national africain (ANC) était en exil. Tous ses leaders étaient soit en fuite, soit en prison. Et il n’y avait personne pour rappeler à ces gens, aux Noirs, l’horreur de leur réalité quotidienne ; quand quelque chose d’aussi anormal que l’apartheid devient une réalité quotidienne. C’était notre réalité. Et quatre générations avaient vécu avec – comme un peuple nié.”


Winnie parle de Mandela avec beaucoup de désinvolture, comme si ce nom ne comptait pas véritablement pour elle – ne comptait plus. “Pour ma famille, le nom de Mandela est un poids qui pèse sur nos épaules. Vous devez tous comprendre que Mandela n’a pas été le seul homme qui a souffert. Il y en a eu beaucoup d’autres, des centaines, qui ont macéré en prison et sont morts. Notre combat comptait beaucoup de héros, restés anonymes et méconnus, et il y en avait d’autres aussi dans le leadership, comme le malheureux Steve Biko, mort tabassé, dans une atroce solitude. Quand Mandela est entré en prison, c’était un jeune révolutionnaire fougueux. Et regardez l’homme qui est sorti, dit-elle en prenant l’écrivain à témoin. Mandela nous a laissé tomber. Il a accepté un mauvais accord pour les Noirs. Economiquement, nous sommes toujours exclus. L’économie reste très blanche. Il y a bien entendu quelques Noirs alibis, mais tant de ceux qui ont donné leur vie pour ce combat sont morts sans en avoir touché les dividendes.” Elle est peinée. Son visage brun sans une ride a perdu de sa douceur.

“Je ne peux pas lui pardonner d’avoir reçu le Nobel [en 1993] avec son geôlier, Frederik De Klerk. Ils y sont allés la main dans la main. Vous pensez que De Klerk l’a libéré par pure bonté d’âme ? Non. Il n’avait pas le choix. C’était dans l’air du temps, le monde avait changé, et notre lutte n’était pas un feu de paille. C’était une lutte meurtrière, pour dire le moins, et nous avions donné des fleuves de sang. Je l’avais maintenue vivante avec tous les moyens dont je disposais. Regardez cette farce que constitue la Commission vérité et réconciliation. Il n’aurait jamais dû accepter. Qu’est-il sorti de bon de la vérité ? En quoi aide-t-elle qui que ce soit à savoir où et comment leurs proches ont été tués ou enterrés ? Quand l’archevêque Tutu, qui a fait de tout cela un grand cirque religieux, est venu ici, poursuit-elle en montrant une chaise vide, il a eu le culot de me demander de comparaître. Je lui ai servi quelques vérités bien senties. Je lui ai dit que lui et sa bande de crétins n’étaient assis là que grâce à notre combat et grâce à MOI. Grâce à tout ce que moi et des gens comme moi avons fait pour gagner la liberté.”

Winnie a tout de même comparu en 1997 devant la Commission vérité et réconciliation, qui, dans son rapport, disait d’elle : “La Commission estime que Mme Mandela a elle-même commis des violations grossières des droits de l’homme.” “Je ne suis pas seule, reprend-elle. Les gens de Soweto sont encore avec moi. Regardez ce qu’ils lui font faire. Le grand Mandela. Il n’a plus de pouvoir ni même voix au chapitre. Ils ont dressé cette énorme statue de lui en plein milieu du quartier blanc le plus riche de Jo’burg, pas ici, où nous avons versé notre sang et où tout a commencé. Mandela est devenu une fondation institutionnalisée. On le trimballe dans le monde entier pour lever des fonds et lui est tout content de jouer le jeu. L’ANC l’a mis sur la touche, mais le garde comme figure de proue pour sauver les apparences.” Derrière ses verres teintés de gris, ses yeux jettent des éclats de colère.

Pour elle, ce n’était rien moins qu’une trahison économique. “Rien n’a changé pour les Noirs, mis à part le fait que l’apartheid a officiellement disparu”, dit-elle en laissant son regard se promener distraitement sur un portrait de Mandela. Si lui était prêt à tirer un trait sur le passé, à pardonner à sa femme ses liaisons pendant qu’il était en prison, ils n’avaient pas réussi à reprendre une vie commune. Ils divorcèrent en 1996, n’ayant vécu ensemble que cinq ans sur trente-huit années de mariage. La colère de Winnie était un terrible handicap et son insoumission trop virulente pour être exprimée par des mots. “Je ne regrette rien. Je ne regretterai jamais rien. Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose. De A à Z.”

 

 NADIRA NAIPAUL

 

Source: courrierinternational

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Nelson Mandela : Au nom de la liberté + Portrait Nelson Mandela (Vidéo)

Nelson Mandela au nom de la liberté

 

 

Portrait Nelson Mandela

 

 

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L’arme de séduction massive des Sénégalaises

Pour beaucoup, la femme sénégalaise est une grande séductrice. Qu’elle soit noire, brune ou basanée, elle demeure l’objet de multiples fantasmes. Et son arsenal de séduction est à la mesure de sa réputation.

Même Nelson Mandela, grand amateur de femmes, a succombé à leur appas: dans ses mémoires, il délivre aux Sénégalaises le prix des femmes les plus élégantes d’Afrique.

Marché HLM de Dakar, capitale du Sénégal. Un véritable capharnaüm d’articles de séduction orne les trottoirs. Disposés sur des tables et accrochés à la devanture des cantines, les célèbres bine bine attirent les regards. Au point que d’aucuns à Dakar les qualifient d’armes de séduction massive des Sénégalaises.

De différentes couleurs, ces ceintures en perles ont contribué au mythe de la sénégalaise comme «déesse de la séduction». De tailles variables, ces ceintures sont de grandes alliées pour la sénégalaise qui souhaite ferrer son homme. Avec l’encens traditionnel, les ceintures en perles et les petits pagnes sont essentiels dans le processus de séduction. Ils sont nés de l’ingéniosité des femmes de l’ethnie Laobé, réputées pour être de grandes séductrices.

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Vertus érectiles du conjoint

Les pagnes ont la spécificité de véhiculer des messages salaces, drôles ou parfois déroutants. Certains d’entre eux célèbrent les vertus érectiles du conjoint avec des formules tirées de la langue wolof. D’autres expliquent le bénéfice matériel que peut tirer la femme de la plénitude sexuelle du mari. Tricotés à la main ou décorés avec des dessins sous forme de bande dessinée, ces pagnes se retrouvent dans la garde-robe de la majorité des femmes.

Oulèye Gadiaga, vendeuse d’articles de séduction, vante les mérites des produits qu’elle propose à sa clientèle:

«Une femme doit disposer de ces objet parce que sans petits pagnes ou ceintures en perles, elle ressemble aux hommes. Une femme qui souhaite garder son homme doit avoir recours à ces articles de séduction», souligne la jeune femme à la peau dépigmentée.

Sa voisine, une femme d’âge mûre, explique les vertus stabilisatrices de ces accessoires sur le ménage:

«Toute femme mariée doit en avoir, car non seulement tu ferres ton mari, mais tu réussis également à écarter d’éventuelles concurrentes. Le “thiouraye” (encens), les “béthios” (petits pagnes) et les “bine bine” constituent l’identité propre de la femme, pour que l’homme puisse la distinguer parmi les autres.»


Coumba Thiam, une autre vendeuse, n’en dit pas moins:

«Dans la pénombre, les perles, souvent lumineuses, guident le conjoint. Les petits pagnes lui permettent d’avoir l’impression de revivre chaque jour sa lune de miel. La femme doit aussi faire en sorte de sentir bon grâce à l’encens.»

Toute sénégalaise, qu’elle soit jeune ou vieille, riche ou pauvre, instruite ou analphabète, connait bien ces astuces de séduction. Si certaines les trouvent ringardes, d’autres en ont fait des outils incontournables. Bineta Diop, une cliente, confirme les vertus de ces articles: 

«Au début, je pensais qu’ils n’étaient pas importants dans un couple. En tant qu’intellectuelle, j’avoue que je prenais ça pour des histoires de bonne femme. Mais quand je les ai utilisés mon mari a aimé. Depuis, je me rends compte qu’il y a une évolution positive dans nos rapports intimes.»

Les hommes ne sont pas insensibles à ces jeux de séduction; Cheikh Fall, un polygame, reconnaît l’effet de ces accessoires sur sa libido:

«Une femme sans mbéthio ni bine bine est comme un homme. Je n’imagine pas l’acte sexuel sans ses articles. Une femme doit avoir des salagnes-salagnes (astuces).»

Alioune Touré, pour sa part, ne partage pas cet engouement autour de ces articles de séduction:

«Les gens exagèrent sur les pouvoirs des ceintures et des pagnes. Je ne pense pas pouvoir être séduit à travers ces articles. Ce qui est primordial, à mon sens, c’est ce que l’on ressent pour la personne».

Les jeunes filles essaient d’allier modernité et tradition, en portant des chaînes en or ou en argent autour des reins. Une nouvelle orientation qui fait l’affaire des bijoutiers. Pape Thiam, qui exerce ce métier à Dakar, au marché Tilène, enregistre d’importants bénéfices:

«Les jeunes filles et les mannequins sont mes principales clientes. Avec les chaînes en or ou en argent, elles sortent du lot et montrent qu’elles sont à la mode et qu’elles ont les moyens. Une chaîne en or pour les reins peut coûter jusqu’à 300.000 francs CFA (presque 500 euros) alors que les bine bine ne coûtent que 100 francs».

 

Ndèye Khady Lo

Source: slateafrique.com

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