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Matriarcat en Afrique : le continent des reines guerrières

Si les sociétés négro-africaines renferment encore des vestiges du matriarcat, ceux-ci sont très peu visibles, et ne se repèrent guère que sous formes de traces à moitié effacées. Il est probable que “l’inclination” sentimentale pour la lignée maternelle, les rapports affectifs entre l’oncle maternel et l’enfant de sa sœur… soient quelques unes de ces traces, mais la conscience collective a perdu le souvenir de leur origine. Seule demeure la présence massive du système patriarcal.

La carte du continent africain est en cours de réalisation, en attendant il est possible de consulter la mappemonde sur la page Géographie du Matriarcat. Découvrez notre sélection d’articles sur les sociétés et civilisations matriarcales en Afrique (dans l’ordre alphabétique). Comme nous le rappelle Kémi Séba, prédicateur pan-africaniste, les racines africaines sont matriarcales (voir la vidéo).

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Africa, déesse berbère et romaine de l’Afrique

Le continent africain tient son nom d’une déesse berbère qui a ensuite été adoptée par l’Empire Romain.

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Matriarcat Agni, Adjoukrou et Fanti (Akans de Côte d’Ivoire et du Ghana) : quand l’héritier choisi est le neveu maternel; une ethnie apparentée aux égyptiens antiques.

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Matriarcat Bakuba, Bashilélé et Pendé (bantous du Congo)

Le royaume matrilinéaire de Kongo, de l’ethnie des Bakuba, a à sa tête une dynastie dont l’ancêtre est une reine-mère fondatrice nommée Nzinga. Outre cela le roi gouverne avec la contribution des femmes de sa famille utérine, sa mère et sa soeur.

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Matriarcat Bantou (Afrique centrale)

Cet immense groupe ethnique est essentiellement matrilinéaire. Maîtrisant le fer et l’or, bâtissant des royaumes prospères et judicieusement administrés, les bantous constituent l’un des grands courants civilisateurs de l’Afrique.

 

 

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Matriarcat Mandingue (Sénégal, Mali, Guinée Bissau) : Balaba est leur reine-mère fondatrice du royaume. Les Malinkés sont passés du totémisme matrilinéaire à l’islam. Aujourd’hui, 90% des femmes maliennes sont excisées.

 

 

 

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Matriarcat Bassari (Sénégal & Guinée) Ce peuple pacifique et conservateur doit chaque jour faire face à l’avancée du patriarcat catholique et islamique.

 

 

 

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Matriarcat Berbère (Maghreb)

Beaucoup de témoignages font de la princesse Kahina une matriarche et résistante face aux invasions patriarcales islamiques. Il y a tout lieu de penser que le matriarcat du peuple berbère, dont l’histoire est méconnue, a survécu à l’occupation romaine.

 

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Matriarcat Bochiman (Afrique australe) : Cette “civilisation de l’arc” vieille de 20 000 ans est menacée par la modernisation et la sédentarisation forcées.

 

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Matriarcat Chewa (Malawi, Mozambique, Zambie)

L’importance du rôle de la femme Chewa dans la vie sociale a conduit les hommes à se regrouper pour former une forme de société secrète, afin de constituer un contre-pouvoir. L’organisation familiale matrilinéaire Chewa n’est aujourd’hui plus en vigueur.

 

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Matriarcat Congolais (Congo)

Anne-Marie Akwety-Unikin nous relate l’histoire de la position des femmes au sein des diverses tribus qui peuplent le Congo : fondatrices, piliers de la nation, gardiennes du feu et de la terre, polyandres, elles règnent en lignée maternelle avec leur frère. Une position désormais révolue dans le Congo moderne.

 

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Matriarcat Dahoméen (Bénin)

Bien que patriarcal, le royaume du Dahomey a conservé vivace des traditions de femmes guerrières. Son dernier souverain, le roi Béhanzin, étant entouré de femmes gardes-du-corps. Armées de sabres, lances et fusils, elles ont infligé de terribles pertes dans les rangs des soldats français venus en conquérants.

 

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Matriarcat Égyptien

La méconnaissance des us et coutumes matriarcales de l’Egypte résulte de la confusion qui a été faite par les archéologues et historiens. En réalité, les témoignages d’un matriarcat sont nombreux pour cette civilisation qui a toujours suscité la fascination.

 

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Matriarcat Guanche (civilisation berbère des Îles Canaries)

Cette civilisation rappelle par de nombreux aspects la civilisation égyptienne. Elle délimite sur le flanc ouest la grande koiné matriarcale berbère de l’antiquité. Comme les autres peuples de même famille ethnique, les guanches furent matriarcaux.

 

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Matriarcat Haoussa (Niger – Nigéria)

Avant l’islam, les Houassa avaient pour animal totémique le serpent. C’est une reine-mère qui fut la fondatrice légendaire de ce ce peuple. Cette civilisation urbaine et commerçante a entretenu une symbiose particulière avec un autre peuple matriarcal, les Touareg.

 

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Matriarcat Héréro (bantous de Namibie)

Farouches résistants à la colonisation allemande, ils furent un temps exterminés, puis christianisés de force, et ont gardé de cette époque les robes coloniales afin de cacher leur nudité pécheresse.

 

 

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Matriarcat Himba (bantous de Namibie)

Les femmes Himba sont célèbres pour leur peau recouverte de terre rouge. Elles ont les seins nus, et transmettent la plupart des biens par voie matrilinéaire. Cependant, le pouvoir politique se transmet par lignée paternelle.

 

 

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Matriarcat Lébou (Cap-Vert)

Malgré l’islam, cette société a gardé certain legs matrilinéaires, ainsi qu’un sacerdoce animiste de femmes chamanes. La résistance est rude face à la religion des conquérants. Cependant, ce peuple conservera toujours la mémoire de ses mères fondatrices, et la place centrale des femmes dans l’économie et leur système tribal anarchiste.

 

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Matriarcat Loango (Civilisation bantoue du Congo)

Dans l’ancien royaume Loango d’Afrique centrale, la succession au trône était matrilinéaire. Les rois ne transmettaient pas le trône à leurs fils mais plutôt à leurs neveux, fils de leurs sœurs. D’après les explorateurs hollandais, cette civilisation bâtissait déjà des villes avant la colonisation occidentale.

 

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Matriarcat Mahorais (bantous de Mayotte, Comores)

Pendant longtemps, islam et matrilinéarité ont réussi à coexister. La femme possède seule la terre, et l’époux est un étranger dans ces vastes familles autarciques. Toute la juridiction coutumière est fondée sur la lignée utérine. Mais cet ordre naturel est aujourd’hui bien déstabilisé par l’islamisation de l’île.


 

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Matriarcat Makhuwa (bantous du Mozambique)

Chez les Makhuwa, le mari s’installe chez son épouse et n’est qu’un larbin aux ordres de sa belle-mère. S’il est stérile ou travaille mal, il est répudié !

 

 

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Matriarcat Malgache (Madagascar)

Le matriarcat est un pilier de l’identité ancestrale malgache. De nombreuses dynasties matrilinéaires et polyandres de reines-mères ont gouverné l’île jusqu’aux époques contemporaines.

 

 

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Matriarcat Ngazidja (bantous des Comores)

La société Comorienne est un mélange de traditions musulmanes et africaines matriarcales. Si la polygamie est autorisée et pratiquée, les femmes ne vivent pas toutes sous un même toit et chacune possède la maison qu’elle habite.

 

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Matriarcat Nubien (royaume de Koush, Soudan)

Les chroniques arabes décrivent les usages matriarcaux de ce royaume dirigé par les reines noires de Koush. Cette splendide civilisation bâtisseuse et matrilinéaire évoque par de nombreux aspects la civilisation égyptienne.

 

 

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Matriarcat Peul-Wodaabe (Niger)

Chez ce peuple du Niger, les femmes choisissent leur amant lors d’un concours de beauté masculin annuel. L’amour et la séduction sont des composantes fondamentales de leur culture. En outre, la matrilinéarité fait état d’un matriarcat encore vivace.

 

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Matriarcat Sabéen (Éthiopie et Yémen)

Les descriptions faites de la reine de Saba en font une femme d’une beauté exceptionnelle, qui séduit et préfère l’amour libre au mariage. Redécouvrez cette célèbre figure de l’Ancien Testament, dont les moeurs divergent fortement de celles du royaume de Salomon.

 

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Matriarcat Sénoufo (Côte-d’Ivoire)

Chez les Senufo de Côte-d’Ivoire, matrilinéaire et polygames, chacun des conjoints reste dans sa famille d’origine, qui est alors la véritable unité domestique de production. Le soir, les maris partent rejoindre leurs différentes épouses qui cuisinent pour eux.

 

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Matriarcat Sérère (Sénégal)

L’influence occidentale et islamique a détruit la filiation matrilinéaire Sérère, et détruiront bientôt la famille naturelle, alors que l’ancienne tradition montrait une société solidaire et égalitaire, basée sur le lien du sang maternel.

 

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Matriarcat Touareg (Sahara)

En dehors de la matrilinéarité qui caractérise le modèle familial de ce peuple, la dévotion remarquable qu’il consacre à sa mère fondatrice Tin Hinan atteste véritablement de la tradition matriarcale Touareg et plus largement Berbère.

 

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Matriarcat Tumai (Kenya)

Les femmes du village de Umoja représente une forme de néo-matriarcat réactionnaire, qui fait suite à une révolte contre le patriarcat local. Ce village sans hommes est dirigé par un conseil de démocratie participative, et vit du tourisme et de l’élevage.

 

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Matriarcat Wolof (Sénégal)

Les royaumes Wolof ont connu une rupture assez importante avec l’islamisation. Le droit paternel s’est imposé en même temps, mais l’organisation sociétale des Wolof a conservé quelques usages de l’ancienne tradition matrilinéaire.

 

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Matriarcat Yao (Malawi)

On compte environ 1,9 million de Yao dans les années 2000, répartis dans le sud du Malawi. Leur filiation est matrilinéaire et le mari va vivre dans le village de sa femme. Malgré leur conversion à l’islam, le fond animiste reste important.

 

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Matriarcat Yoruba-Nago (bantous du Bénin, Nigéria, Togo)

Ce peuple a gardé le souvenir de l’ancienne tradition matriarcale. Hommes et femmes commémorent par des cérémonies la disparition toute récente de cette ère révolue. La femme garde néanmoins un rôle déterminant dans la société encore aujourd’hui.

 

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Les empires matriarcaux du Ghana et du Mali (Afrique de l’ouest)

Des Empires millénaires, prospères et proche du peuple, matrilinéaires à toutes les échelles sociales.

 

 

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REINES ET HÉROÏNES

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Aminatou de Zaria reine guerrière (Niger)

Malgré l’islam, le statut des femmes est resté durablement élevé au Niger, au point que certaines femmes se sont démarquées par leurs compétences dans l’art de la guerre et de la politique. Libertine et anti-mariage, Aminatou fait partie de ces héroïnes nationales de l’Histoire du Niger.

 

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Les femmes guerrières africaines

Cet article donne une liste non exhaustives des femmes guerrières qui ont marqué l’histoire de l’Afrique.

 

 

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Mbande Zingha, reine de Matamba (Angola)

Cette reine a marqué l’histoire de l’Angola par sa résistance farouche à la colonisation portugaise. Elle était à la tête d’un royaume amazone prospère. Elle dut se convertir au catholicisme pour obtenir la paix avec la puissance conquérante.

Source: matricien.org

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L’Afrique, nouvel eldorado pour les travailleurs européens ? (Documentaire)

Incroyable mais vrai. Bien que trop souvent, l’accent soit mis sur l’immigration africaine en Europe, les langues se délient de plus en plus aujourd’hui et bon nombre de médias occidentaux abordent ce thème, pas très plaisant pour certains. Une Europe en crise et une Afrique en pleine croissance : retour sur un processus migratoire qui commence à changer la donne.

Ce processus fait pas mal de bruit en ce moment, et pourtant est-ce tellement surprenant ? Le départ de jeunes et moins jeunes spécialistes d’Europe de l’Ouest vers des contrées lointaines ne date pas d’hier. Avec la crise économique et le chômage qui frappent de plein fouet le continent européen, cela n’a fait que s’accentuer. Parmi les destinations, on retrouve du tout : Canada, Chine, Australie, USA, Emirats arabes unis et autres pays du Golfe, Russie/CEI, Brésil et d’autres pays d’Amérique latine, Inde, etc…. Pourtant l’Afrique était très peu citée, remportant constamment le « titre » de continent émetteur de migrants. Mais qu’en est-il en réalité et surtout depuis les dernières années ?

Et bien, la réalité est que l’Afrique devient effectivement, et de plus en plus, une terre d’accueil pour bon nombre de gens venus chercher des opportunités de réussir, dont bon nombre d’Européens. Et là, nous ne parlons pas d’expats, une « caste » spéciale, qui a toujours été activement présente sur le continent africain, mais bel et bien de gens, dont beaucoup de jeunes, qui prennent individuellement le départ en quête d’une nouvelle vie et ayant pour but de réussir par tous les moyens. Un phénomène que plusieurs médias occidentaux et autres ne manquent plus d’aborder (Courrier International, Jeune Afrique, Al Qarra TV,…), voire, comme Radio RMC, d’aller encore plus loin et de poser carrément la question de savoir si l’Europe ne deviendra pas à terme la nouvelle main d’oeuvre de l’Afrique… Compte tenu de la situation de plus en plus précaire dans certains pays de l’UE et des taux de croissance du PIB des pays africains approchant, voire dépassant les 10% comme c’est le cas du Ghana, champion d’Afrique en la matière, dont le taux de croissance réelle du PIB approche les 14% (source : CIA World Factbook), il n’y a pas forcément de quoi s’étonner.

Parmi les principaux pays européens émetteurs de migrants à destination d’Afrique, on citera l’Espagne et le Portugal, tous deux traversant une très sérieuse crise économique et un chômage galopant (surtout chez les jeunes). On compterait ainsi à l’heure actuel plusieurs dizaines de milliers de travailleurs espagnols (permanents ou temporaires) au Maroc (quatre fois plus nombreux sur le territoire marocain que cinq ans auparavant). Bien que les Espagnols soient les premiers cités, le Royaume chérifien compte également aujourd’hui de plus en plus de Français, Italiens, Allemands, Roumains,… et dont bon nombre d’entre eux sont bien loin d’être des expats. En ce qui concerne les Portugais, leur destination de prédilection en Afrique est l’Angola, ancienne colonie portugaise et l’un des cinq pays lusophones du continent africain.

 

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Le Portugal, avec son taux de chômage certes moins important que celui de l’Espagne, mais atteignant tout de même le chiffre très alarmant de 15%, se voit de moins en moins offrir d’opportunités intéressantes à ses jeunes diplômés qui s’envolent massivement vers de nombreuses destinations, dont l’Angola (croissance du PIB supérieure à 12,5% en 2012) et dont la capitale Luanda est devenue l’une des villes les plus chères du monde. Ils seraient près de 30 000 Portugais chaque année à demander un visa pour leur ancienne colonie et seraient déjà plus de 150 000 à s’y être installés, dont la plupart des diplômés de haut niveau. C’est sans oublier le fait que le Portugal dépend aujourd’hui de plus en plus de capitaux d’entreprises angolaises (atteignant les 120 millions d’euros), faisant du Portugal le pays européen dont l’économie n’aura jamais autant dépendu d’une de ses anciennes colonies.

A part l’exemple du Maroc et de l’Angola, on peut citer également l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Algérie, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, ainsi que d’autres pays du continent accueillant (notamment selon les liens historiques) bon nombre de Néerlandais, d’Allemands, de Britanniques, et bien entendu de Français. D’ailleurs, qui dit flux migratoire massif, et aujourd’hui on peut véritablement parler de flux migratoire et non « d’exceptions », dit aussi immigration illégale. Ils seraient ainsi des centaines d’Espagnols et de Portugais à être reconduits à la frontière chaque année au Maroc et en Angola, pour ne citer qu’eux.

Autre point important, si l’Angola avec sa capitale en plein boom de construction d’infrastructures emploie massivement les ingénieurs portugais, cela concerne également et de plus en plus des emplois destinés aux ouvriers sans qualification. De même au Maroc, les nombreux migrants espagnols travaillent aujourd’hui dans le royaume à des postes ne nécessitant pas de qualification spéciale (ouvriers divers, serveurs,…), surtout dans le nord du pays, une région qui entretient des liens étroits avec l’Espagne.

Monde à l’envers pour certains ? Conséquences de la mondialisation pour d’autres ? Ou simplement petite revanche d’un continent très riche, représentant l’avenir et pourtant caractérisé par des clichés ancrés par les médias occidentaux et pas seulement (pauvreté, guerres, famines, immigration, etc)… ? Cela porte à croire qu’il s’agit surtout d’une preuve supplémentaire que lorsque le continent africain, ou du moins sa bonne partie, se libérera pleinement de ceux qui exploitent ses ressources depuis bien trop longtemps, ainsi que de leurs pantins locaux, et pourra ainsi profiter pleinement des richesses qui lui appartiennent de droit, les clichés négatifs habituels sur l’Afrique ne deviendront alors probablement que de vieux souvenirs.


 

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

Source:  La Voix de la Russie

 

 

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Immigration des européens au senegal-Documentaire Dekeundo (partie 1)

 

Immigration des européens au senegal-Documentaire Dekeundo (partie 2)

 

Source: Pape Mor Lo

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La science commence en Afrique à Ishango : du baton au code barre plus de 20.000 ans d’histoire … (+ Vidéo)

La reconnaissance de l’importance du bâton gagne lentement du terrain. Dans toutes les universités et collèges aux Etats-Unis, un poster a été distribué sur les réalisations africaines en mathématiques. Bien que son auteur, le mathématicien African-américain William A. Hawkins, ait une préférence pour l’os sud-africain, le bâton d’Ishango brille en toute grandeur sur son poster. En Angleterre, il existe des clubs de sciences du nom de “Ishango Science Club”. Ils visent la promotion des études mathématiques par les en-fants des familles d’immigrés africains. 

En Belgique, La Poste a émis, en février 2000, un timbre à l’occasion de l’Année Mondiale des Mathématiques. L’UNESCO a appuyé l’organisation d’une multitude de conférences et de séminaires en mathématiques, afin de promouvoir l’importance de cette science dans le développement. Le timbre montre deux formules soulignées par trois et puis six traits, référant au bâton d’Ishango. Si certains confondent ces marques ||| et |||||| avec “un code barre”, alors c’est une confusion “heureuse” : les mathématiques semblent avoir commencé avec des traits, et retrouvent actuellement leur expression initiale dans le code du supermarché.

Un os gravé d’entailles ordonnées suivant une logique mathématique fut trouvé sur la frontière entre le Congo et l’Ouganda. Depuis sa découverte dans les années 1950, cet objet énigmatique fut d’abord interprété comme une première calculette ou bien comme un calendrier astronomique. Cependant, ces interprétations ne cadraient pas dans ce qu’on savait des peuples africains, qui ne connaissait guère les débuts de l’algèbre et s’intéressaient que de très peu à l’astronomie.

Toutefois, si l’objet témoigne d’une activité de comptage avec des bases 10 et/ou 12, il s’insère beaucoup mieux dans la vision actuelle sur la créativité africaine en arithmétique. Il complète alors des découvertes indépendantes en archéologie et en linguistique. Du moins, pour certains…

 

1. La découverte du Prof de Heinzelin à Ishango

Ishango est un petit village au bord du Lac Rutanzige, une des sources les plus lointaines du Nil. Sur la frontière entre le Congo et l’Ouganda, la région est tant à l’actualité de nos jours pour de raisons pas toujours paisibles. La rivière Semliki jaillit de ce lac, connu également sous son nom colonial de Lac Edward, pour se déverser au Lac Albert. Une autre rivière, parfois désignée comme la source la plus méridionale du Nil, l’Akagera, contourne le Rwanda apportant des eaux qui proviennent du Burundi. Elle se verse au Lac Victoria, et continue de cet immense réservoir vers le Lac Kioga. Elle atteint enfin également le Lac Albert. De là, commence une rivière portant effectivement le nom de “Nil”.

Région volcanique, les hommes qui y vivaient déjà il y a 90.000 ans, ont complètement disparu, dû aux éruptions. L’archéologue belge Jean de Heinzelin de Braucourt effectua des fouilles dans les collines environnantes, il y a cinquante ans. Il y découvrit un os d’à peine dix centimètres. Après quelques essais de datations qui portent son âge sur 8500 ans, des études approfondies montraient plus tard que cet objet date d’il y a environ 20.000 ans. Les spécialistes en zoologie de la préhistoire ignorent encore de quel animal cet os pourrait provenir. La thèse qu’il s’agit d’une phalange d’un lion est mentionnée dans certaines sources, mais elle n’est pas confirmée par aucun spécialiste de l’Institut Royal des Sciences Naturelles. L’objet est devenu comme un morceau de verre, et quand on le frappe légèrement, il produit un son semblable.

 

Carte de Heinzelin sur l'influence d'Ishango
Carte de Heinzelin sur l’influence d’Ishango

 

A l’extrémité un fragment de quartz y est fermement encastré, et le long de l’os trois colonnes d’encoches à traits très fins se distinguent. Elles sont rangées en groupes de respectivement 11, 21, 19 et 9 entailles, ensuite de 11, 13, 17 et 19 encoches. La troisième colonne présente huit groupes : 3, 6, 4, 8, 10, 5, 5, 7.

Le premier groupe suit la règle 10+1, 20+1, 20-1, 10-1, tandis que le dernier contient les duplications 3-6, 4-8 et 5-10. Ce type de suite ne s’applique plus au dernier couple 5-7, ce qui fait déjà douter de la thèse qu’il s’agit d’une suite de duplications.

L'extrémité du bâton, avec son quartz

Cependant, de Heinzelin supposait qu’il agissait d’un jeu d’arithmétique, pouvant renforcer cette hypothèse par d’autres observations arithmétiques. Il a fait appel à plusieurs mathématiciens, dont le plus connu de son temps était L. Hogben. Ils ont par exemple fait remarquer que le premier 3 plus le dernier 7 de la troisième colonne donnent 10. L’addition du 5 et de l’autre 5, ainsi que du 6 et du 4 donne un résultat identique, et ils ont cru que c’était intentionnel. Dans les nombres 11, 13, 17 et 19 ils croyaient voir les nombres premiers entre 10 et 20, bien que la notion de nombre premier soit typi-quement grecque. Les liens de “calcul” entre ces “nombres” témoignent probablement d’une interprétation trop poussée, car ils ne sont pas appuyés par des indices donnés dans des cultures des peuples de la région.

A l’ère de la colonisation, l’archéologue de Heinzelin emmena l’os d’Ishango à Bruxelles. Il y est conservé jusqu’à ce jour, au dix-neuvième étage de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique. Sur son lit de mort, le 4 novembre 1998, de Heinzelin révéla avoir déterré un autre os à Ishango. Il chargea ses assistants de finir sa publication au sujet de ce second bâton à entailles mathématiques, et de la faire publier de façon posthume. En attendant, ils étaient tenus de conserver le secret de ce “vœu testamen-taire”. Toutefois, ce souhait ne fut pas respecté par le journaliste K. Sonck, attaché à la pourtant illustre Université de Gand. On retrouve donc déjà des traces de cette décou-verte dans la presse. Ici, nous respecterons néanmoins le souhait du défunt Prof. de Heinzelin.

2. D’autres interprétations

Alexander Marshack était un journaliste américain chargé par la NASA d’écrire un livre sur l’histoire des sciences. Il avait conclu que les sciences, menant ultérieurement à la conquête de l’espace, avaient bel et bien commencé par l’os d’Ishango. Séduit par l’objet mathématique millénaire, il s’est reconverti en archéologue autodidacte, pour en-suite recevoir de hautes distinctions pour ses recherches. Cependant, par ses prises de position parfois très fermes, ne laissant pas de place au doute qui caractérise tout scienti-fique, certains archéologues exprimaient du scepticisme par rapport à son travail.

L’os d’Ishango était pour Marshack un calendrier lunaire. Il avait étudié des centaines d’os gravés, d’Europe en Afrique du Sud. Au microscope, il aurait remarqué une inclinai-son particulière des entailles. Il voyait un rapport entre l’inclinaison (à gauche ou à droite) ou la profondeur d’une entaille et la phase de la lune (pleine ou nouvelle lune). Les entailles sont effectivement très fines, et on a de la peine à croire qu’elles sont faites à la main. Sans microscope, on constate d’ailleurs que la somme des deux premières colonnes vaut 60 : 11 + 13 + 17 + 19 = 60 = 11 + 21 + 19 + 9, ce qui vaut environ deux mois lunaires. La troisième totalise 3 + 6 + 4 + 8 + 10 + 5 + 5 + 7 = 48 entailles ou un mois lunaire et demi.

 

La revue Kadath a déjà consacré des articles à cette interprétation du bâton d’Ishango comme un calendrier lunaire (c. f. références). Elle souffre néanmoins de plusieurs inconvénients. D’abord, la nécessité de preuves microscopiques est du moins surprenante, et probablement trop poussée. En plus, les peuples africains savaient très bien qu’il y avait plus de douze mois lunaires dans un an. Ils distinguaient souvent un treizième plus petit mois d’environ douze jours.

Une nouvelle interprétation des entailles sur l’os gravé fut présentée à la communauté scientifique lors d’un congrès au Japon, à l’Université de Tsukuba (septembre 1999). Le travail de V. Pletser, chercheur à l’Agence Spatial Européenne, y fut proposé par l’auteur et complétée par des indices (en anglais : “circumstantial evidence”). Contrairement à l’interprétation arithmétique, Pletser était arrivé à justifier la série 5, 7 de la troisième colonne suivi des 11, 13, 17 et 19 de la deuxième colonne. Pour lui, elle illustre l’importance du nombre 6 (ou 12) en Afrique : 5=1×6-1, 7=1×6+1, 11=2×6-1, 13=2×6+1, 17=3×6-1 et 19=3×6+1.

L’ingénieur Pletser se souvenait également des règles à calcul d’avant l’ère des calculatrices électroniques. Une telle règle à calcul classique était constituée de deux ou trois tiges portant des mesures. Les trois lattes glissaient l’une à côté de l’autre. En passant d’une règle à l’autre, on obtenait des liens entre les nombres sur les deux règles, et les ingénieurs et mathématiciens arrivaient ainsi à faire des calculs rapidement. Dans le cas de l’os d’Ishango, les chiffres 3, 6 et 4 se trouvent sur la colonne de milieu, mais la somme, 13, sur l’autre colonne à côté. De façon similaire, l’addition 5+5+7 de ces traits de la colonne à huit groupes s’additionnent pour former 17, qui se trouve sur une autre colonne. En plus, le bâton se laisse facilement manipuler, et le tourner d’une colonne à une autre est une opération évidente. Un tableau résume le déchiffrement de Pletser, la colonne M (milieu) étant 3, 6, 4, 8, 9′, 5, 5, 7, où l’accent à côté du 9 indique qu’un petit trait à côté des 9 traits n’est tenu en compte. Les colonnes G (gauche) et D (droite) sont parfois reconstruites en ajoutant certains traits (comme 2 et 1), qui ne sont pas présents, et donc barrés.

L'os d'Ishango, d'autres interprétations 1

 

Malgré les objections que l’on pourrait exprimer sur ces traits manquant ou l’interprétation d’un groupe comme 9′ au lieu de 10, il ressort du tableau que l’os d’Ishango serait le travail d’un peuple qui utilisait les bases 10 et 12 (ou 6). L’homo sapiens gravant le bâton d’Ishango utilisait peut-être un système de nombres en création. Il est possible qu’il vienne de découvrir les possibilités de ces différentes bases. Souvent, quelqu’un qui est habitué à la base 10 regroupe en comptant ses traits par groupe de cinq en faisant par exemple ||||. Quelqu’un qui est habitué à une autre base, appuiera probablement différemment en dessinant des traits pendant qu’il les compte.

3. Indices indirects

L’interprétation de Pletser correspond mieux aux méthodes de comptage africains. En effet, on retrouve encore jusqu’à aujourd’hui dans certaines régions d’Afrique des peuples qui comptent à bases 12. Au Nigeria, le peuple Yasgua compte par exemple de la façon suivante :

L'os d'Ishango, Indices indirects

 

Il y a également plusieurs restants de la base douze dans les langues européennes. Les deux fois douze heures d’une journée et les soixante minutes d’une heure montrent que les bases dites duodécimale et sexagésimale s’utilisent souvent simultanément. Ceci fait penser à une méthode de compter africaine et asiatique, où le pouce de la main droite compte les 3×4 phalanges de cette main. Le nombre de ces douzaines est totalisé par les cinq doigts de la main gauche : 5×12 = 60.

Plus frappant encore était que les mots des nombres Yasgua proviennent d’une étude effectuée par N. W. Thomas en 1920. Le linguiste avait également étudié le vocabulaire d’autres peuples, et il avait constaté que l’utilisation de la base 12 se faisait uniquement en Afrique de l’Ouest au Nigeria et en Afrique Centrale dans la vallée de la Semliki, où fut découvert le bâton d’Ishango.

En Afrique, la base 10 semble généralement être le plus souvent utilisé, mais créativité africaine se retrouve dans la multitude d’autres façons de compter. Certains peuples préféraient une base 24 ; dans ce système le 10 devient 24, et le 100 = 10×10 est donc 576 = 24×24. Les Yorubas du Nigeria utilisent la base 20, tandis qu’en Afrique du Sud une variation sur la base 2 était employée. D’autres peuples utilisaient la base 6, d’autres encore un mélange de 6 et 4, ou même une base 32. Jusqu’à ce jour, on “découvre” encore de nouvelles façons. Voici par exemple le système Baali, les points d’interrogation indiquant des mots dont l’étymologie n’est pas certaine:

 

L'os d'Ishango, d'autres interprétations 2

 

Grâce à cette avancée dans l’études des diversités des systèmes numériques en Afrique, l’os d’Ishango est devenu moins énigmatique. C’est un simple instrument à compter, comme on en retrouve des milliers en Afrique, sur des bâtons, des cordelettes ou des pierres.

4. Trois éléments pour compléter le puzzle.

Même si Thomas ne connaissait pas l’os d’Ishango – nous écrivons 1920 et le bâton devait encore être découvert – il suggéra qu’il y ait eu un lien entre le Nigeria, la région de la Semliki et l’Egypte. Il se basa sur la similitude dans les mots pour compter, et des similitudes culturelles, comme les façons d’enterrement. Il pensa qu’il y aurait eu une influence venant du Nord, de l’Egypte vers l’Afrique. Nous savons en effet que la base duodécimale était effectivement utilisée au Moyen Orient, et qu’elle fut probablement importée de là en Europe.

En 1962, de Heinzelin publia son interprétation des fouilles d’Ishango dans ‘Scientific American’, indépendamment de Thomas. Il s’appuya sur des preuves archéologiques pour formuler la conclusion suivante : ‘Le premier exemple d’une table mathématique bien ordonnée’ écriva de Heinzelin, ‘date de la période dynastique en Egypte. Il y a certaines indications cependant qui suggèrent l’existence de systèmes moins raffinés à l’ère prédynastique. Puisque le système numérique égyptien était une base et un prérequis pour les réalisations scientifiques de la Grèce classique, et donc pour beaucoup de développements en science qui suivirent, il est même possible que le monde moderne doit une de ses plus grandes dettes aux peuples qui vivaient à Ishango. Si c’est le cas ou non, il reste remarquable que l’indication la plus ancienne de l’utilisation d’un système numérique par l’homme date de l’Afrique Centrale de la période Mésolithique. Aucune fouille en Europe n’a révélé un tel indice’.

L’interprétation mathématique du bâton d’Ishango en tant que règle à calcul à bases 10 et 12, confirme les preuves archéologiques de Jean de Heinzelin et les indications venant de la linguistique de Thomas. Le résultat de Pletser date de 1999, la découverte de J. de Heinzelin de plus de quarante ans plus tôt, et ceux de Thomas d’il y a 80 ans semblent donc correspondre. Le premier, spécialiste du spatial, ignorait les travaux du second, un archéologue, et les études du linguiste Thomas étaient inconnues aux deux premiers. Le bâton d’Ishango semble bien le chaînon manquant dans l’évolution, dont témoigne la base douze, à partir de l’Afrique Centrale vers le nord – l’Egypte – et l’ouest – le Nigeria.

Enfin, on peut s’étonner pourquoi les communautés traditionnelles aurait eu besoin de calculer, et ce qu’elles auraient bien pu compter. On peut encore citer de Heinzelin : “Dans une collectivité aussi active et probablement nombreuse que celle d’Ishango (…), il faut imaginer qu’il y avait des voisins, ou ennemis, de même intelligence mais différents.

Cela faisait bien des rapports à régir. (…) Comment repartir les biens entre les familles, tenant compte des produits de la pêche, du nombre d’enfants, du rang des personnages ; comment faire des fractions (…) ? Comment compenser les apports des chasseurs et des pêcheurs si ceux-ci n’étaient pas les mêmes ? Comment répartir les risques et profits d’une expédition punitive ou d’une razzia, les serfs, prisonniers et victimes manducatoires …

Pour régir tous ces rapports, internes et externes au village ou au groupe mais aussi pour en propager l’enseignement de génération en génération, il fallait donc un instrument tel que le bâton d’Ishango. On est loin de l’idée classique du “sauvage” préhistorique, mais ceci correspond bien à l’idée modifiée que les archéologues se sont formés de ces cultures et peuples.

5. Un débat inconnu en Belgique

De Heinzelin avait beaucoup de successeurs avec son hypothèse sur les origines africaines des mathématiques. Elle était étendue à de plus grandes proportions, comme l’assertion qu’il y avait des liens substantiels entre l’Afrique noire et l’Egypte ancienne. Les noms ‘Isis et Osiris’ ne signifient-ils pas ‘le grand homme et la grande femme noires’ ? En effet, Isis est le nom grecque de la déesse Egyptienne “Set K m.t” tel qu’on lit son nom sur les hiéroglyphes, tandis qu’Osiris correspond au nom grecque du dieu Egyptien Kmwr.


En 1976, Anthony Noguera fut un des premiers à avancer la thèse de l’origine subsaharienne de l’Egypte, dans son livre ‘Combien l’Egypte est-elle africaine ?’. Il lui donna le sous-titre ‘Une étude comparative des cultures de l’ancienne Egypte et de l’Afrique Noire’. Le sinologue Martin Bernal de l’Université de Cambridge et de la Cornell University, défendait l’opinion que l’influence de l’Afrique subsaharienne avait atteint la Grèce dans son recueil ‘Black Athena’ de 1990.

Cependant, le touriste visitant l’Egypte n’entendra guère un guide défendre cette thèse, même devant des peintures ou des statues représentant des personnes visiblement de race noire. Il y a également des tendances qui n’adhèrent pas à la thèse de l’origine africaine de la civilisation égyptienne aux Etats-Unis, et un vif débat sur l’importance des contributions africaines y fait ravage. En 1995, Ivan Van Sertima publia une autre défense des thèses de Bernal dans ‘Black Athena Revisited’. Né en Guyane en Amérique du Sud, il était venu en Angleterre, puis aux USA, pour y devenir professeur en “Etudes Africaines” à la Rutgers University. Un an plus tard, Mary Lefkowitz de la Harvard University, contre-attaqua. La philologie classique, présidente du Département des “Etudes Classiques” écrivait un article intitulé ‘Not Out of Africa, Comment l’afrocentrisme devint une excuse pour enseigner des mythes dans des cours d’histoire’.

Heureusement, ce qui reste hors doute même dans les écrits des plus farouches opposants de la pensée afrocentriste, est l’attribution du titre de preuve la plus ancienne d’une activité mathématique à l’Afrique subsaharienne. Parfois, il est concédé à un autre os gravé, agé de 37000 ans (contre 20000 pour celui d’Ishango). Cependant, cet os ne porte que des entailles, probablement utilisé pour compter, mais sans structure ni logique apparente. Il fut également trouvé en Afrique, dans les montagnes Lebombo, entre l’Afrique du Sud et le Swaziland. L’Afrique subsaharienne ne manquera donc point le titre de lieu où la preuve la plus ancienne d’une activité mathématique fut trouvée.

6. Le bâton d’Ishango : pas d’avocats ?

La reconnaissance de l’importance du bâton gagne lentement du terrain. Dans toutes les universités et collèges aux Etats-Unis, un poster a été distribué sur les réalisations africaines en mathématiques. Bien que son auteur, le mathématicien African-américain William A. Hawkins, ait une préférence pour l’os sud-africain, le bâton d’Ishango brille en toute grandeur sur son poster. En Angleterre, il existe des clubs de sciences du nom de “Ishango Science Club”. Ils visent la promotion des études mathématiques par les enfants des familles d’immigrés africains.

En Belgique, La Poste a émis, en février 2000, un timbre à l’occasion de ‘l’Année Mondiale des Mathématiques’. L’UNESCO a appuyé l’organisation d’une multitude de conférences et de séminaires en mathématiques, afin de promouvoir l’importance de cette science dans le développement. Le timbre montre deux formules soulignées par trois et puis six traits, référant au bâton d’Ishango. Si certains confondent ces marques ||| et |||||| avec “un code barre”, alors c’est une confusion “heureuse” : les mathématiques semblent avoir commencé avec des traits, et retrouvent actuellement leur expression initiale dans le code du supermarché.

Georges Kamanayo, un cinéaste belge né au Rwanda, envisage de faire un documentaire au sujet de l’os d’Ishango. Il se fait conseiller par les préhistoriens Anne Hauzeur et Ivan Jadin de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique et l’archéologue E. Cornelissen du Musée de Tervuren pour ce qui concerne les aspects historiques.

V. Pletser et l’auteur du présent article l’assistent pour les aspects mathématiques de son futur docu-drame en etno-mathématiques. En mettant cet accent sur les sciences, le documentaire de Kamanayo illustrera une nouvelle image de l’Afrique. Le continent est souvent associé à la misère ou la guère, ou, dans des cas plus positifs, au sport, à la musique ou aux beaux paysages. La presse n’est pas habituée à l’association des mathématiques avec ce continent, bien qu’il n’y ait aucune raison objective.

L’Amérique a depuis longtemps remercié les “African-Americans” pour leur contribution à la civilisation américaine, mais l’Europe semble avoir besoin de bien plus de temps pour reconnaître l’apport de “ses” Africains dans le développement des sciences. Et encore, le documentaire est-il loin d’être réalisé, car s’il n’y a pas de débat “Black Athena” en Belgique par manque d’avocats, il y a par contre bien d’opposants…

 

7. Références

Le bâton d’Ishango est conservé à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, 29 Rue Vautier, 1000 Bruxelles, tel. 00 32 2 6274211. Ce musée est plus connu pour ses squelettes de dinosaures, mais néanmoins, sur une simple demande motivée, tout visiteur peut y admirer l’objet du présent article. La plupart des figures données dans ce présent article sont dues à des sources trouvées à l’IRSNB.

[Arn1] M-M ARNOLD, Jean de Heinzelin, the “father” of the Ishango bone, Athena 153, the magazine of the General Direction for Technologies, Research and Energy of the French Region of Belgium, September 1999.

[Arn2] M-M ARNOLD, Il y a 10.000 ans : l’Homme d’Ishango, Kadath n° 56 Bruxelles 1984.

[Bei] B. BEIRLANT The oldest mathematics is from Congo, De Standaard, 18 August 2000.

[deH1] J. DE HEINZELIN DE BRAUCOURT (1957), Exploration du Parc National

Albert: Les fouilles d’Ishango, Fascicule 2, Institut des Parcs Nationaux du Congo Belge, Brussels.

[deH2] J. DE HEINZELIN DE BRAUCOURT (1962), Ishango, Scientific American, 206-6, June, 105-116.

[Huy2] D. HUYLEBROUCK (1995) Traditional Scientific Knowledge in Burundi and Rwanda, Mathematics in School, The Mathematical Association, Longman Group Ltd., November, 1995.

[Huy1] D. HUYLEBROUCK (1996), The bone that began the Space odyssey, The Mathematical Intelligencer, 18-4, 56-60.

[Huy2] D. HUYLEBROUCK (1996), Etnomathematics in Rwanda and Burundi, Proceedings of GEWINA (Association for the history of mathematics and physics), Museum for Central Africa of Tervuren, 19 October.

[Huy3] D. HUYLEBROUCK (1996) Puzzles, patterns, drums: the dawn of mathematics in Rwanda and Burundi, Humanistic Mathematics Network, Journal #14, November.

[Huy4] D. HUYLEBROUCK (1997), Stories about the Heavens in Rwanda, Ciel et Terre, vol. 113 (2), 83-89.

[Huy5] D. HUYLEBROUCK (1997), Counting on hands in Africa and the origin of the duodecimal system, Wiskunde en Onderwijs, no 89 Jan-Feb-Mar.

[Huy6] D. HUYLEBROUCK (1998),The Space Odyssey of the Ishango Artifact, Proceedings of the 4th Interdisciplinary Symmetry Congress ISIS, presided by Nobel Prize Yuval Ne’eman and by D. Shechtman, the discoverer of the quasi-crystal, Technion Haifa, Israel, 13-18 September.

[Huy7] D. HUYLEBROUCK (1998), The Ishango Bone: from Africa to Space, EOSmagazine, July-August.

[Huy8] D. HUYLEBROUCK (1999), The Ishango Artifact: the Missing Base 12 Link, Forma, the Proceedings of the 2nd Katachi_Symmetry Symposium (Tsukuba), Ed. T. Ogawa, D. Nagy and R. Takaki, Vol. 14, n. 4, pp 339 – 346.

[Huy9] D. HUYLEBROUCK (2000), The parabolic flight of the Ishango artifact, the oldest mathematical find, Wiskunde en Onderwijs (= Mathematics and Education), no 101, Jan-Feb-Mar.

[Huy10] D. HUYLEBROUCK (2000), The oldest mathematical artifact, but not in Flanders, Umubano, journal of the Flanders-Rwanda association, autumn 2000.

[Jos] G. G. JOSEPH (1992), The Crest of the Peacock: Non-European Roots of Mathematics, Penguin Books, London.

[Lag] S. LAGERCRANTZ (1973), Counting by Means of Tally Sticks or Cuts on the Body in Africa, Anthropos 68, p. 37.

[Lam] Ph. LAMOTTE, The way of the Nile, Le Vif – L’Express, p. 26-28, no28/29, 16-22 July 1999.

[Mar] A. MARSHACK (1972), Roots of Civilisation, The Cognitive beginnings of Man’s First Art, Symbol and Notation, McGraw-Hill Book Company, New York. – Les racines de la civilisation, Librairie Plon Paris 1972.

[Nel] D. NELSON, G. G. JOSEPH and J. WILLIAMS, Multicultural Mathematics, Teaching Mathematics from a Global Perspective, Oxford University Press (1993).

[Roy] M. ROYER, A 20000 year old calculator, La Meuse – La Province – La Nouvelle Gazette – La Lanterne, 21 August 2000.

[Ste] F. STEENHOUDT,The Ishango Artifact: a find for mathematicians, article in the Belgian newspaper De Morgen, 23 June 1998.

[Tho] N. W. THOMAS (1920), Duodecimal Base of Numeration, Man, Nos. 13-14 February.

[Vic] J. VICTOOR, L’homme préhistorique de Marshack: un génie en devenir¸Kadath n° 37, Bruxelles 1980.

[Zas] C. ZASLAVSKY (1973), Africa Counts, Lawrence Hill Books, New York.

Dr. D. Huylebrouck,

Institut d’Architecture Sint-Lucas de Bruxelles.
Paleizenstraat 65-67 1030 Bruxelles (Schaerbeek).
Aartshertogstraat 42, 8400 Oostende, Belgium.
Tél-fax 00 32 59 510953
E-mail: dirk.huylebrouck@pi.be

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“L’Os d’Ishango” Le Plus Vieil Objet Mathématique de l’Humanité

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Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria

L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.

La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix…

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Du coté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

 

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

 

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.

Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».


A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

Complicités françaises

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteurNtatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé… Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ».

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).

Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

 

Pierre Haski 

Source: rue89

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Kandake Amanirenas, la plus puissante des femmes africaines

Baroua (Soudan méroïtique ou Nubie), a été dirigé par une dynastie de femmes qui portaient le titre de Kandake (Candace). Le sociologue suisse Johann Bachofen nous apprend que ce mot servait à désigner la mère du roi. Quand on sait que le titre du chef d’état (Per aha) dans la vallée du Nil signifiait « grande maison », on peut donc traduire Kandake par « mère de la maison ». Or, l’égyptologue camerounais Oum Ndigi nous dit que Kindak chez les Bassa du Cameroun signifie « mère de la maison ». Ceci serait donc une énième confirmation de l’origine égypto-nubienne des Bassa.

Impératrice et régente, Amanirenas s’est distinguée par ses qualités guerrières et politiques hors du commun. A Amanirenas, succéderont Amanishakheto et Amanitore notemment. Amanirenas devient chef d’état à la mort de son mari l’empereur Teriqetas en 4196 de notre ère (40 av. JC). Son nom signifie « Amani est son nom » d’après Jean Charles Coovi Gomez. Amani étant le nom nubien d’Imana/Amon, Dieu unique de l’Afrique noire.

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A la frontière nord de Baroua, l’Egypte qu’elle a enfantée n’est plus gouvernée par les Kamtiou (Noirs) depuis 500 ans. Les grecs qui occupaient le pays depuis 300 ans ont été renversés par les romains en 4203. L’empereur Auguste César à l’apogée de sa gloire, fait de l’Egypte une province romaine et décide de prendre le Soudan.

Amanirenas et Akinidad
Amanirenas et Akinidad

Amanirenas et son fils, le prince héritier Akinidad, font une incursion en Egypte. Dans la lignée des extraordinaires qualités militaires des soudanais, Kandake à la tête de ses troupes charge les romains, qui sont impressionnés de voir une femme assumer de telles responsabilités. Elle perd un œil au combat mais bat les européens à Assouan, Philae, Elephantine. Les nubiens rentrent à Baroua avec des prisonniers et un butin de guerre qui inclus des bustes d’Auguste César, dont un a été enterré sous un temple dédié à leurs victoires. Les romains reprennent le sud de l’Egypte et poussent leurs armées en Nubie où ils prennent l’avantage. Ils se retirent mais établissent des bases militaires en Nubie, tenant en échec les tentatives de reprise d’Amanirenas.

Pyramides de Baroua
Pyramides de Baroua

Des négociations sont alors engagées, Kandake envoie des médiateurs rencontrer Auguste César. Le traité à l’issu des discussions est favorable à la Nubie qui voit les romains se retirer de son territoire et les africains sont exemptés de payer tribu à Rome. Cet accord très favorable à la Nubie laisse à penser que les africains avaient finalement pris l’avantage militairement. Cette victoire marque le début d’une période de paix et de prospérité, qui verra Baroua devenir le phare de l’Afrique pendant 300 ans. Kandake Amanirenas meurt en 4226. Toutes les impératrices de Baroua qui lui succèdent porteront le titre de Kandake en honneur à son prestige. En raison de ses exploits militaires, de son courage hors du commun, de son habilité unique à préserver son pays et à lui assurer longévité, Amanirenas est la femme la plus puissante que l’Afrique ait jamais connue.

 

Sources : African History-Histoire Africaine

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Valorisation des valeurs afro-caribéennes: l’expérimentation sur le terrain et la diversification. Il crée donc une ferme modèle au Bénin + Vidéo

En moins d’une minute et sur le ton de la plaisanterie, Godfrey Nzamujo résume presque l’essentiel du principe fondateur de sa ferme bio. Un concept né au milieu des années 80 quand ce prêtre dominicain, ingénieur en électronique, abandonne son laboratoire californien pour partir au chevet de son continent d’origine.

« L’Afrique est riche », dit-il, mais elle l’ignore. Son salut passe par une exploitation raisonnée des ressources en valorisant au maximum les produits locaux et leurs déchets.

Vingt ans après les résultats sont là.
Aux conférences, Godfrey préfère l’expérimentation sur le terrain et la diversification. Les poissons ne sont pas uniquement nourris aux as.

Mais Songhaï n’entend pas se cantonner au rôle de ferme témoin. C’est aussi un laboratoire où se préparent les cultures de demain pour s’adapter aux changements de la société africaine. Exemple avec le riz dont la consommation ne cesse de grimper en Afrique.

Ouverte 7 jours sur 7, la boutique propose l’ensemble des produits labellisés « Songhaï » dont une partie provient de trois centres installés dans d’autres villes du Bénin. Le reste est fourni par la filière des anciens élèves. Tous produits confondus, les ventes assurent 700.000 euros de bénéfices chaque année, entièrement réinvestis dans l’amélioration des installations.

25 ans après sa création, « Songhaï » poursuit sereinement son combat contre la pauvreté et l’exode rural. Ni prophète ni gourou, Godfrey veut juste convaincre par l’exemple.
L’idée commence à faire son chemin puisque l’ONU va l’aider à reproduire le même modèle dans treize autres pays africains.


 

LE REPORTAGE VIDEO

 

Source: ARTE

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