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Pieter Botha, le raciste s’en est allé!

Surnommé le «Grand crocodile» pour son autoritarisme, Pieter Botha est mort à 90 ans en 2007, pendant son sommeil, à son domicile de Wilderness, dans la province du Cap, où il résidait après avoir été contraint d’abandonner le pouvoir en 1989.

Sous Botha, le monde avait pourtant changé. Dans les chancelleries occidentales, la ligne de front de l’anticommunisme occidental en Afrique que constituait l’Afrique du Sud n’était plus d’aucune utilité. Mal lui en prit de s’en être aperçu trop tard. La vague de fond surgie des townships aura fait plus que de submerger les écrans des télévisions.

Elle aura été le prétexte pour ses anciens alliés de siffler la fin de la coopération, comme pour dire qu’en politique, les Etats n’ont pas d’amis. Seul l’intérêt de l’heure compte. Nelson Mandela apparaissait pour les alliés d’hier comme le meilleur pion sur l’échiquier sud africain. Le chantre le plus zélé de la suprématie raciale s’en ainsi est allé, une nuit de 2007, emportant avec lui ses diableries, droit dans ses bottes, raciste jusqu’au bout de la nuit. Que le diable l’emporte !

Opposé aux réformes engagées par son successeur Frederik De Klerk qui sonnèrent le glas de l’apartheid, Pieter Botha avait cru pouvoir revenir à la politique discriminatoire sudafricaine, moyennant un replâtrage de façade, en réponse aux pressions internationales. L’histoire lui a définitivement donné tort.

Né en 1916, le jeune Botha, alors étudiant en droit, approche les mouvances afrikaners en adhérant au Parti national. Il évolue parallèlement au sein de l’Ossewabrandwag, une organisation ultranationaliste. Mais il se distancie de ce groupuscule dont les thèses sont incompatibles avec ses « préceptes chrétiens » pour se consacrer entièrement au Parti national au sein duquel il revendique l’apartheid comme système de référence pour la « défense des intérêts du peuple blanc ». Inamovible ministre de la Défense de 1964 à 1977, c’est sous son mandat que l’Afrique du Sud émerge en tant que symbole de la lutte contre la menace communiste sur le continent.

Devenu Premier ministre de 1978 à 1984, il ne parvient pourtant pas à changer l’image déplorable de son pays à l’étranger, sous le coup d’un embargo des Nations unies depuis 1977. Considéré comme un « éclairé » parmi les plus extrémistes, il lance les premières réformes de modernisation de l’appareil politique qui se matérialise par l’adoption d’une nouvelle Constitution qui favorise la représentation de 25 millions de métis et d’Indiens.

L’ouverture est timide, mais souligne un début d’inflexion sous le mot d’ordre « S’adapter ou mourir ». Bien malgré lui, l’homme qui déclarait encore il y a peu : « Nous vivons au milieu de grands sauvages qui en veulent à notre sang, qui nous haïssent et qui veulent nous arracher à ce que nous avons acquis », aura permis d’amorcer l’une des toutes premières « Perestroïka » africaines. Rien ne laissait pourtant présager cette lucidité.

Une chambre des représentants pour chaque « race »

En 1979, Pieter Botha lance une réforme constitutionnelle dont la principale innovation est la création d’un Parlement tricaméral, doté d’une chambre pour chaque groupe racial, sauf pour les Noirs sud-africains, toujours privés du droit de vote. Voilà où gît l’erreur de Botha. Qui sait si la création d’une chambre des représentants pour les Noirs n’aurait pas changé le visage de l’Afrique et conduit à une tout autre évolution politique sans Mandela ?


Une rencontre secrète prémonitoire

Dix ans plus tard, un mois avant d’être forcé de passer la main, en 1989,  Pieter Botha avait tenté de se rattraper en organisant  une rencontre secrète avec le chef du Congrès national africain (ANC), Nelson Mandela, en prison à Robben-Island. Mais la direction politique de l’Afrique du Sud lui avait déjà échappé. Devenu le Premier président noir d’une nation arc-en-ciel libérée du joug de l’apartheid, Nelson Mandela qui aura passé 27 ans en prison, dont une décennie sous la présidence de Botha choisit de se souvenir de la visite de Pieter Botha à Robben- Island et «des démarches que Pieter Botha avait entreprises afin d’ouvrir la voie vers l’accord final négocié pacifiquement dans le pays». Mais c’est Thabo Mbeki qui donna le fin mot de l’affaire en affirmant que : «Pieter Botha [avait] réalisé la futilité de lutter contre ce qui était inévitable», la fin de la ségrégation raciale en l’occurrence.

Sans regrets

Pieter Botha a toujours refusé de témoigner devant la commission «Vérité et réconciliation», mise en place par le gouvernement de Nelson Mandela. Il n’a jamais voulu présenter la moindre excuse aux victimes et à leurs familles, affirmant qu’il n’était pas au courant des assassinats et des cas de torture. Dans une interview, à l’occasion de ses 90 ans, il n’a manifesté aucun regret pour la politique de ségrégation raciale appliquée dès son entrée au gouvernement en 1961, dans les écoles et les quartiers.

La région Afrique australe aujourd’hui : la fin de la politique de l’endiguement du communisme

Dans sa stratégie militariste contre les pays de la «Ligne de front» antiapartheid, au moment de la chute du «glacis portugais» des anciennes colonies mozambicaine et surtout angolaise, en 1975, Pieter Botha, alors ministre de la Défense, avait soutenu un plan d’intervention militaire, en Angola, avec l’appui du gouvernement américain de Gérard Ford qui souhaitait installer un gouvernement prooccidental à Luanda. Pour combattre l’allié de Moscou et de Cuba, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir en dépit de «l’opération zoulou» conduite par Pretoria, l’Afrique du Sud apporta son aide logistique à l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), le mouvement rebelle de Jonas Savimbi soutenu par Washington et Kinshasa.

Après deux décennies d’implication militaire dans la région, mais surtout en Angola, un enjeu tout particulier en raison de sa frontière avec le Sud-ouest africain, la Namibie, elle aussi soumise aux lois de la ségrégation raciale, la fin de la Guerre froide, à la fin des années quatre-vingt, l’Afrique du Sud a été contrainte de négocier avec ses adversaires de l’intérieur et de l’extérieur : l’ANC, l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (Swapo)arrivée au pouvoir avec les élections de 1989 dans la Namibie indépendante, Cuba, dont les «barbudos» se sont retirés d’Angola.

Aaron Mayele

Source: Le Télégramme

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AFRIQUE DU SUD: DULCIE SEPTEMBER, LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP

Au moment où les charognards éructent leurs hommages en l’honneur de Nelson Mandela, le silence demeure de mise concernant le meurtre de Dulcie September, le 29 mars 1988 à Paris. Abattue de cinq balles dans la tête à bout portant, ce meurtre n’a été suivi d’aucune condamnation. Un assassinat politique de plus, auquel les services secrets français ne sont pas étrangers, dans la lignée de ceux commis contre Ben Barka, Henri Curiel ou Ali Mécili.

Né à Cap Town en 1935, Dulcie September fut institutrice avant d’adhérer à des groupes d’extrême- gauche puis à l’ANC. Condamnée à une peine de cinq ans de prison, elle est bannie de son pays en 1963. Après bien des pérégrinations, elle arrive à Paris en 1984, en qualité d’ambassadrice officieuse de l’ANC en France et en Suisse. C’est lors de la même année que l’Onu vote un embargo contre l’Afrique du Sud,  qui n’avait toutefois aucun caractère obligatoire. Pour cause, au milieu des années 1980, la France est le cinquième partenaire de l’Afrique du Sud. Il n’y avait là rien d’illogique. Les sud-africains pouvaient faire office de gendarmes des intérêts français en Afrique. Pour ne pas trop se mouiller, il était arrivé à la France de déléguer certaines tâches au régime de l’Apartheid. C’était déjà le cas au Biafra, où la France arma, pas le biais des sud-africains, les sécessionnistes. On retrouve bien évidemment là le criminel de guerre Jacques Foccart. Mais également, son patron, puisque De Gaulle, initia dès le début des années 1960, une coopération nucléaire avec l’Afrique du Sud dès le début des années 1960.

 

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Et c’est peut-être bien là où le problème s’est posé. En effet, si Dulcie September s’était contentée d’un discours critique sur l’apartheid, il est peu probable qu’elle eut été tuée. S’exprimant devant une audience restreinte, elle n’aurait pas gêné grand monde. Après tout, la classe politique française, pouvait bien admettre publiquement le bien-fondé de ce réquisitoire, tout en continuant à soutenir en secret le gouvernement de Pretoria. Il semble que Dulcie September soit allée bien plus loin, et qu’elle eut en sa possession des documents accréditant la thèse d’une collaboration étroite entre la France et l’Afrique du Sud sur le matériel nucléaire. Une pareille hypothèse est étayée par ses proches, mais également par ses supérieurs de l’ANC comme son officier supérieur Aziz Pahad. September était entrée en contact avec Abdul Minty, le directeur de la Campagne mondiale contre la collaboration militaire et nucléaire avec l’Afrique du Sud. Elle lui promit l’envoi de documents compromettant les relations entre la France et l’Afrique du sud qui ne lui parvinrent jamais.

Les services secrets britanniques, quelques jours avant sa mort, préviennent leurs collègues français, de la présence à Paris, d’agents secrets sud-africains.  Quelques semaines plus tôt, le représentant de l’ANC à Bruxelles est assassiné. Suite à des coups de fils suspects et à une attaque dans la rue, elle se sentit menacée. Elle en informa Aziz Pahad, puis sollicita une protection policière qui lui fut refusée par le cabinet de Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur, et qui nia par la suite l’existence d’une telle demande. Soit le même ministère qui abritait en son sein des membres actifs du lobby sud-africain. On peut donc comprendre le zèle dont fera preuve le gouvernement pour étouffer l’affaire. Quelques heures après l’assassinat, Robert Pandraud, ministre délégué à la sécurité, évoquera, sans la moindre preuve, un règlement de compte interne à l’ANC. Soucieux de préserver l’image de Pretoria, celui qui crachait deux ans plus tôt sur le corps encore fumant de Malek Oussekine, ira jusqu’à déclarer que Dulcie September aurait dû faire preuve de plus de discrétion,  pour ne pas troubler les « relations correctes avec l’Afrique du Sud ». Une sorte d’aveu en somme.

Si une enquête fut ouverte, avec l’évocation de barbouzes proches de Bob Denard, l’enquête fut toutefois assez rapidement classée et certaines pistes furent tout simplement ignorées. La version officielle viendra du commandant des escadrons de la mort sud-africain Eugène de Kock. Lors de la commission « Vérité et Réconciliation », il jettera le nom de Jean-Paul Guerrier, ancien membre de l’OAS, et bras droit de Bob Denard lors de son règne aux Comores. Bien évidemment Bob Denard, entretenait des relations étroites avec le régime d’Apartheid, et avait mis à disposition de l’Afrique du Sud, l’ile des Comores comme une base permettant de contourner l’embargo et d’attaquer les pays voisins, tel le Mozambique, et les membres de l’ANC qui y avaient trouvé refuge. Toutefois, si Jean-Paul Guerrier a pu participer à cet assassinat, on peut douter que les services secrets français n’aient pas eu vent d’un tel projet ou qu’ils n’aient pas au minimum couvert la chose. Outre le fait que Dulcie September, s’apprêtait à remettre les documents compromettant entre autres la France, elle était étroitement surveillée par la DGSE.

Le 17 juillet 1992, l’affaire est donc classée et se conclut par un non-lieu envers Jean -Paul Guerrier.  Peut-être bien, que lui aussi en savait trop…

 Chafik Sayari

Source: larumeurmag.com

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“MANDELA N’A JAMAIS ÉTÉ FORMÉ PAR DES AGENTS ISRAÉLIENS”…

La presse a largement répercuté une information récemment publiée par le journal sioniste Haaretz qui, citant des archives de l’Etat sioniste,affirme que le leader sud-africain Nelson Mandela aurait été entraîné au maniement des armes et aux techniques de guérilla en Ethiopie par le Mossad, les tristement célèbres services secrets franco-anglo-américano-sionistes,

Une « information » qui tombait à pic pour conforter la thèse selon laquelle la fine équipe au pouvoir à Tel Aviv ne se serait pas rendue aux obsèques de Mandela pour des raisons pécuniaires, Et pour laver des années de coopération soutenue avec le régime d’apartheid.

Mandela n’a jamais été formé par des agents israéliens, affirme la Fondation Nelson Mandela

La Fondation Nelson Mandela a rejeté des informations selon lesquelles l’ancien président a reçu un entraînement par des agents israéliens en 1962.

Sapa, The Mail & Guardian (Afrique du Sud) 21 décembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

«Les médias se sont fait l’écho d’une histoire selon laquelle en 1962 Nelson Mandala avait été en relation avec un agent israélien en Ethiopie, » déclare la Fondation dans un communiqué. «La Fondation Nelson Mandela peut confirmer qu’elle n’a trouvé aucune indication dans les archives privées de Nelson Mandela… qu’il aurait été en relation avec un agent israélien pendant sa tournée dans des pays africains cette année là.»

Le site web du journal britannique The Guardian a rapporté vendredi que Mndela avait apparemment reçu une formation au maniement des armes par des agents du Mossad en Ethiopie en 1962 sans que les services secrets israéliens aient connaissance de sa véritable identité. The Guardian basait son article sur «un courrier secret intrigant déposé dans les archives de l’Etat israélien.»


Le site rapportait que la missive, révélée par le journal israélien Haaretz – deux semaines après le décès de Madiba – indiqauit qu’il avait été formé à l’utilisation des armes et aux techniques de sabotage et avait été encouragé à développer des sympathies sionistes. La Fondation a cependant démenti qu’une telle chose se soit produite.

«En 1962, Mandela a suivi une formation militaire au Maroc avec les combattants algériens de la liberté et avec l’Ethiopian Riot Battalion à Kolfe près d’Addis Abeba, avant de rentrer en Afrique du Sud en juillet 1962.

« En 2009, un maître de recherche de la Fondation Nelson Mandela avait séjourné en Ethiopie et s’était entretenu avec les survivants parmi les hommes qui avaient contribué à la formation [militaire] de Mandela et aucun indice d’une connexion israélienne n’était apparu » lit-on dans la déclaration.

 

Source: mounadil.wordpress.com

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La France était la principale pourvoyeuse d’armes de l’apartheid

Que cachent les éloges adressés à Nelson Mandela lors de son décès ? Tribune par Jean Chatain, journaliste honoraire, spécialiste de l’Afrique.

 

Le déluge de louanges et contritions ayant accueilli, dans les médias et les milieux de droite français, le décès de Nelson Mandela relève de ce que l’on pourrait appeler par euphémisme une mémoire plus que courte. Oublié les anciennes diatribes faisant alternativement de l’ANC un pion de Moscou ou de Pékin et présentant ses responsables comme autant de terroristes fanatisés. Oublié de façon générale le refus français de prendre à son compte les mesures d’embargo préconisées par les Nations unies contre le régime de l’apartheid, comme l’attestait le formidable bond en avant des échanges de notre pays avec celui de Pieter Botha, tout particulièrement pour ce qui concerne les livraisons d’armes.

 

Le rôle de la France pompidolienne puis giscardienne, aux côtés notamment de la RFA et d’Israël, dans l’accession du pays à l’arme nucléaire ne peut être minimisé, mais il est loin d’épuiser à lui seul la question. Dès 1960, année du massacre de Sharpeville (une soixantaine de morts), de Gaulle s’était opposé au texte de condamnation débattu au Conseil de sécurité ; il récidivait en août 1963 en s’abstenant lors du vote de la résolution demandant aux États de « mettre fin immédiatement » aux ventes d’armes à l’Afrique du Sud. Dans toute la période suivante, la Ve République devint d’ailleurs, et de loin, le premier fournisseur du régime d’apartheid en ce domaine (à lire: Quatre Présidents et l’Afrique, 
de Claude Wauthier, Seuil, 1995). Les tueries suivantes de Soweto (1976) furent perpétrées essentiellement avec des armes « made in France ».

 

On distingue deux phases dans l’évolution de ce très juteux commerce, notait la revue Économie et Politique, l’un des rares titres à s’être alors préoccupé du problème (lire « Les monopoles français en Afrique du Sud », 
de Jacques-Louis Fath, Économie et Politique
 n° 278, septembre 1977) : dans un premier temps, les livraisons d’armes proprement dites ; auxquelles succédèrent, dans les années 1970, des fournitures de catégories de produits industriels et d’apports technologiques connexes au domaine militaire ou dont le caractère stratégique et l’usage militaire ne font aucun doute. Cela en autorisant l’Afrique du Sud à acheter de nombreuses licences de fabrication à des groupes comme Dassault ou Panhard, lui permettant éventuellement de fabriquer ainsi ses propres hélicoptères, missiles et automitrailleuses.

 

Des engins de mort qui ne servaient pas qu’à la répression interne, mais aussi à de nombreuses opérations contre les pays voisins de la « ligne de front » (Mozambique, Angola, Zambie, Botswana, Zimbabwe), c’est-à-dire ceux abritant des sièges locaux ou des camps de l’ANC et de ses alliés. Un seul exemple parmi beaucoup d’autres possibles: en 1978, les Mirages vendus à l’Afrique du Sud font quelque 600 morts en pilonnant un camp de réfugiés de la Swapo, le mouvement de libération de la Namibie, à Cassinga en Angola. Déjà, en 1968, une brochure publiée par l’ANC (« L’apartheid et la France ») mettait en avant ce jugement catégorique émis par le Financial Mail de Johannesburg : « Tout bien considéré, la France, parmi les grandes puissances, est vue comme la seule amie de l’Afrique du Sud. » La même année, le quotidien pro-gouvernemental Die Vaderland publiait cette lettre d’un lecteur au racisme enthousiaste et reconnaissant : « Lors des revues, le public contemple avec fierté le déploiement de notre armée. Parfois ce sont des chars d’assaut Panhard, construits en Afrique du Sud sous licence, qui ouvrent la marche du défilé. Je ne parlerai pas des autres achats de matériel militaire à la France qui nous permettent de renforcer notre capacité de défense. Cela m’entraînerait trop loin » (Texte reproduit dans l’ouvrage cité de Claude Wauthier. Avec cette conclusion que l’on s’en voudrait de ne pas reproduire : « C’est pourquoi toute l’Afrique du Sud peut crier du fond du cœur : vive de Gaulle ! »).


 

Jean Chatain

 

Source: humanite.fr

 

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L’hypocrisie du Canada face à l’apartheid

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Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria

L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.

La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix…

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Du coté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

 

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

 

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.

Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».


A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

Complicités françaises

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteurNtatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé… Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ».

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).

Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

 

Pierre Haski 

Source: rue89

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L’amertume de Winnie Mandela: «Je ne peux pas lui pardonner d’avoir reçu le Nobel avec son geôlier, Frederik De Klerk.»

L’écrivain indien prix Nobel de littérature en 2001 V. S. Naipaul et sa femme ont rencontré Winnie Mandela chez elle à Soweto. L’ex-épouse du premier président noir du pays est très amère. Elle a des mots très durs pour le héros de la lutte antiapartheid.

Avec mon mari, nous venons de traverser l’Afrique. La dernière étape de notre voyage nous mène enfin en Afrique du Sud, un pays indissociable du nom de Mandela. A l’origine, mon mari hésitait un peu à venir ici, mais il a fini par écouter son instinct. Il nous a conduit jusqu’à Soweto, devant la porte de l’énigmatique Winnie Mandela, une femme aussi souvent acclamée que vilipendée. A la fin des années 1980, Winnie s’était entourée de gardes du corps peu recommandables, le Mandela United Football Club, qui semaient la terreur dans Soweto. Le capitaine du club était Jerry Richardson, mort dans sa cellule en 2009 alors qu’il purgeait une peine à perpétuité pour le meurtre de Stompie Moeketsi, un gamin de 14 ans enlevé avec trois autres garçons et battu à mort dans la maison où nous serons bientôt assis autour d’une tasse de café. Winnie a été condamnée à six ans de prison pour enlèvement, peine qui en appel a été réduite à une simple amende. Les membres du gang ont par la suite affirmé devant la Commission vérité et réconciliation qu’elle avait été l’instigatrice de ce meurtre et qu’elle y avait même participé directement.

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Avant de devenir célèbre, Winnie habitait dans l’une des étroites ruelles encombrées bordée de petites maisons de brique et de tôle ondulée. Soweto est toujours un township majoritairement noir. Les touristes viennent s’extasier devant ces rues associées à la liberté, à l’apartheid et à Mandela. “J’ai entretenu la flamme du mouvement, commence-t-elle. Vous êtes passés dans le township. Comme vous l’avez constaté, il est toujours aussi sordide. Pourtant, c’est ici que nous avons jeté la première pierre. Ici que nous avons versé tant de sang. Rien n’aurait pu arriver sans le sacrifice du peuple – du peuple noir. Le Congrès national africain (ANC) était en exil. Tous ses leaders étaient soit en fuite, soit en prison. Et il n’y avait personne pour rappeler à ces gens, aux Noirs, l’horreur de leur réalité quotidienne ; quand quelque chose d’aussi anormal que l’apartheid devient une réalité quotidienne. C’était notre réalité. Et quatre générations avaient vécu avec – comme un peuple nié.”


Winnie parle de Mandela avec beaucoup de désinvolture, comme si ce nom ne comptait pas véritablement pour elle – ne comptait plus. “Pour ma famille, le nom de Mandela est un poids qui pèse sur nos épaules. Vous devez tous comprendre que Mandela n’a pas été le seul homme qui a souffert. Il y en a eu beaucoup d’autres, des centaines, qui ont macéré en prison et sont morts. Notre combat comptait beaucoup de héros, restés anonymes et méconnus, et il y en avait d’autres aussi dans le leadership, comme le malheureux Steve Biko, mort tabassé, dans une atroce solitude. Quand Mandela est entré en prison, c’était un jeune révolutionnaire fougueux. Et regardez l’homme qui est sorti, dit-elle en prenant l’écrivain à témoin. Mandela nous a laissé tomber. Il a accepté un mauvais accord pour les Noirs. Economiquement, nous sommes toujours exclus. L’économie reste très blanche. Il y a bien entendu quelques Noirs alibis, mais tant de ceux qui ont donné leur vie pour ce combat sont morts sans en avoir touché les dividendes.” Elle est peinée. Son visage brun sans une ride a perdu de sa douceur.

“Je ne peux pas lui pardonner d’avoir reçu le Nobel [en 1993] avec son geôlier, Frederik De Klerk. Ils y sont allés la main dans la main. Vous pensez que De Klerk l’a libéré par pure bonté d’âme ? Non. Il n’avait pas le choix. C’était dans l’air du temps, le monde avait changé, et notre lutte n’était pas un feu de paille. C’était une lutte meurtrière, pour dire le moins, et nous avions donné des fleuves de sang. Je l’avais maintenue vivante avec tous les moyens dont je disposais. Regardez cette farce que constitue la Commission vérité et réconciliation. Il n’aurait jamais dû accepter. Qu’est-il sorti de bon de la vérité ? En quoi aide-t-elle qui que ce soit à savoir où et comment leurs proches ont été tués ou enterrés ? Quand l’archevêque Tutu, qui a fait de tout cela un grand cirque religieux, est venu ici, poursuit-elle en montrant une chaise vide, il a eu le culot de me demander de comparaître. Je lui ai servi quelques vérités bien senties. Je lui ai dit que lui et sa bande de crétins n’étaient assis là que grâce à notre combat et grâce à MOI. Grâce à tout ce que moi et des gens comme moi avons fait pour gagner la liberté.”

Winnie a tout de même comparu en 1997 devant la Commission vérité et réconciliation, qui, dans son rapport, disait d’elle : “La Commission estime que Mme Mandela a elle-même commis des violations grossières des droits de l’homme.” “Je ne suis pas seule, reprend-elle. Les gens de Soweto sont encore avec moi. Regardez ce qu’ils lui font faire. Le grand Mandela. Il n’a plus de pouvoir ni même voix au chapitre. Ils ont dressé cette énorme statue de lui en plein milieu du quartier blanc le plus riche de Jo’burg, pas ici, où nous avons versé notre sang et où tout a commencé. Mandela est devenu une fondation institutionnalisée. On le trimballe dans le monde entier pour lever des fonds et lui est tout content de jouer le jeu. L’ANC l’a mis sur la touche, mais le garde comme figure de proue pour sauver les apparences.” Derrière ses verres teintés de gris, ses yeux jettent des éclats de colère.

Pour elle, ce n’était rien moins qu’une trahison économique. “Rien n’a changé pour les Noirs, mis à part le fait que l’apartheid a officiellement disparu”, dit-elle en laissant son regard se promener distraitement sur un portrait de Mandela. Si lui était prêt à tirer un trait sur le passé, à pardonner à sa femme ses liaisons pendant qu’il était en prison, ils n’avaient pas réussi à reprendre une vie commune. Ils divorcèrent en 1996, n’ayant vécu ensemble que cinq ans sur trente-huit années de mariage. La colère de Winnie était un terrible handicap et son insoumission trop virulente pour être exprimée par des mots. “Je ne regrette rien. Je ne regretterai jamais rien. Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose. De A à Z.”

 

 NADIRA NAIPAUL

 

Source: courrierinternational

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