La vérité sur le sens originel du mot Chabin

La vérité sur le sens originel du mot “Chabin”

Aux Antilles françaises, on appelle chabin ou chabine un individu de type afro-caribéen avec la peau claire.

Sens originel et connotation

Le sens originel du mot chabin est celui d’hybride ovin/caprin, nom vulgaire d’hybrides du bouc et de la brebis.

En croisant et recroisant dans un ordre déterminé le bouc et la brebis, on obtient des hybrides appelés chabins qui possèdent 3/8 du sang du père et 5/8 du sang de la mère. (A.De Quatrefages; « L’espèce humaine » -1877).

Aux Antilles Française, pendant l’esclavage, la transposition pour qualifier un être esclave était très péjorative car celui-ci était classifié et considéré comme un animal.

Ce terme est resté en vigueur car sa signification réelle a été longtemps complètement oubliée, ou au contraire, volontairement galvaudée. La nouvelle génération consciente du sens réel de ce mot et soucieuse du respect de son identité, tend de plus en plus à considérer ce terme dans son sens d’origine, et l’entend comme un héritage négatif d’un passé enfin révolu. Comme une forme de discrimination raciale ou ethnique. “Pa krié moin Chabin” est une expression qui devient courante aux Antilles Française.

D’autres noms relatifs au monde animal fut donnés aux esclaves issus de différent métissages. Par exemple les noms mulâtre ou mulâtresse proviennent du nom mulet, un hybride mâle et stérile, de la famille des équidés, engendré par un âne (Equus asinus) et une jument (Equus caballus). Ou encore le nom de “Créole” qui est une race bovine française; La Créole. D’abord d’origine ibérique, de race Criollo, ce bétail va être métissé à partir du XVIIIe siècle avec le bétail d’Afrique: Ndama, zébus. Ce nom “Créole” a été transposé à l’homme; le “Nègre Créole” établissant un rapport direct entre l’Homme Noir esclave et l’animal d’élevage.

Ce terme chabin est répertorié par les dictionnaires de langue créole mentionnant le lexique antillais. Par exemple le Dictionnaire créole / français de Ludwig, Montbrand, Poullet, et Telchid). L’orthographe de ce terme est tantôt chabin/chabine (en français), tantôt chaben/chabin (en créole). Le dictionnaire de Poullet fournit comme exemple « Un nègre à la peau claire et aux cheveux crépus blonds ».

Aux Antilles françaises, on utilise différentes déclinaisons comme chabine dorée (cheveux roux et yeux parfois verts) ou chabine kalazaza (terme originalement péjoratif), kal = sexe masculin et A-zaza = envie urgente à satisfaire, ce terme veut dire littéralement
gourmande de sexe car ces chabines sont réputés comme insatiables.

On peut se référer utilement à l’ouvrage de Jean-Luc Bonniol, Professeur d’anthropologie à l’Université Paul Cézanne Aix-Marseille III : “La couleur comme maléfice”. Une illustration créole de la généalogie des « Blancs» et des « Noirs », 1992, Paris, Albin Michel, 307 p. Dans la littérature antillaise [modifier]


Dans la littérature antillaise ancienne, on rencontre des références à de mauvais chabin, ou de chabin sur (acide) manifestant par là l’aigreur ou l’agressivité attribuée au chabin mâle. La chabine, souvent qualifiée de tit-chabine, est particulièrement appréciée pour sa beauté, mais est aussi considérée comme inquiétante ; un dicton régional indique que la chabine « mord les oreilles » (créole : i ka mòdé zòrèy). On retrouve les pouvoirs un peu inquiétants de ces personnages ni blancs ni noirs, qui ont pris des traits d’un côté et de l’autre, non pas pour obtenir une coloration intermédiaire comme chez les classiques métis, mais gardant des traits du noir et des traits du blanc, en quelque sorte juxtaposés : cheveux crépus, mais blonds ou roux, peau claire, mais traits du visage d’un noir, etc.

Dans la littérature (à préciser), les références aux chabins ou chabines n’ignorent pas ces significations fondamentales et quand un auteur place quelque part un chabin ou une chabine, on doit comprendre que le personnage est un personnage inquiétant, doué de
pouvoirs étranges, lui-même perturbé par l’arrivée de la nuit, temps de tous les quimbois et des mofwazé (personnes qui se sont métamorphosées, généralement en chien). Sa sensibilité un peu maladive le prédispose aux angoisses et aux actions incontrôlées.

Onlui attribue classiquement un rôle de méchant.

Dans la littérature enfantine martiniquaise, un chabin est un héros espiègle récurrent de conte, un peu à la manière du personnage de Scapin dans l’oeuvre de Molière.

De nos jours, le terme est toujours utilisé en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique tend à retrouver sa connotation péjorative dans son usage courant.

 

Source: pyepimanla.com

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS