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Retour au Calendrier Africain – Bonne année 6250 à tous

Comme cela devrait être de coutume, nous célébrons ce 1er Djehouty 6250 le Nouvel An Kamit ou Africain ( ce 19 juillet 2013 du calendrier grégorien). Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a exactement 6250 ans que nos Ancêtres établissaient le premier calendrier de l’histoire de l’humanité. En effet, l’invention du calendrier date de 4236 avant l’an zéro du calendrier grégorien ou 4236 avant J.C. Le calendrier grégorien fut introduit en octobre 1582 à Rome, par le pape Grégoire 8. La France l’adopta en décembre 1582, la Grande-Bretagne en 1752, la Russie en 1918 et la Grèce en 1923. Le calendrier Kamit fut le fruit de longues années de recherches d’observation et d’enregistrement des phénomènes astronomiques (cycle des étoiles) et naturels (cycles des saisons), auxquels étaient associées les périodes de semence et de récolte.

Sur cette question, en démontrant l’origine égyptienne, c’est-à-dire kamit ou africaine, du calendrier, Cheikh Anta DIOP aura balisé le terrain pour les générations futures; il dira : « Comme pour la géométrie, les Égyptiens, ont été les inventeurs exclusifs du calendrier, celui-là même, à peine réformé, qui règle notre vie d’aujourd’hui, et dont Neugevauer dit « qu’il est vraiment le seul calendrier intelligent qui ait jamais existé dans l’histoire humaine»…

« Ils ont inventé l’année de 365 jours se décomposant ainsi : 12 mois de 30 jours = 360 jours, plus les 5 jours épagomènes, correspondant chacun à la naissance d’un des dieux égyptiens suivants : Osiris, Horus, Seth, Isis et Nephtys. Ce sont ceux-là mêmes qui vont donner naissance au genre humain et inaugurer le cycle des temps historiques : Adam et Ève ne sont que les répliques bibliques tardives d’Osiris et Isis…

« D’autre part, on sait maintenant que, en 4236 av. J.-C., les Égyptiens avaient déjà inventé un calendrier fondé sur le lever héliaque de Sothis ou Sirius (étoile la plus brillante du ciel), et dont la périodicité est de 1 460 ans

En effet, les Égyptiens connaissaient les deux années : 365 jours et 365 jours plus un quart…

« L’année est divisée en 3 saisons de 4 mois, le mois en 3 semaines de 10 jours qui ne chevauchent pas sur les mois; le jour en 24 heures…

« Au lieu d’ajouter un jour tous les quatre ans et d’instituer une année bissextile, les Égyptiens ont préféré la solution magistrale qui consiste à suivre ce décalage pendant 1460 ans…

« Le pharaon avait créé un service national présidé par le grand vizir, le plus haut fonctionnaire de l’État, et consacré uniquement à l’observation des levers de Sirius : ainsi les astronomes égyptiens avaient dressé des tables permettant de suivre chaque année l’écart entre l’année du calendrier civil et l’année astronomique sur laquelle venaient se projeter les évènements historiques, comme une échelle de chronologie absolue…

«Donc jusqu’à nos jours, avec le calendrier sidéral égyptien, qui pourrait bien être remis en vigueur, l’humanité, en tout cas l’Afrique dispose d’une échelle de chronologie absolue devant laquelle l’ère chrétienne, l’hégire, les divers repères sont tout à fait relatif » (Civilisation ou Barbarie, 1981).

Les mois de l’année en Medu Neter qui est sans doute la matrice de toutes les langues Kamit sont : Djehouty, Pa n Ipet, Hout Horo, Ka Her ka, Ta aAbet, Pa n Mekherou, Pa n Iman Hotepu, Pa n Rennout, Pa n Khonsou, Pa n Inet, Ip ipi, Mesout Ra.

Sirius et Sirius B
Sirius et Sirius B

 

Les 5 jours dits jours épagomènes sont, tant pour l’initié que le profane, les plus importants de l’année. Ils correspondent à la naissance des principaux Dieux Kamit (ici on ne parle pas de l’idée de Dieu au sens abrahamique du terme). Il s’agit en réalité selon l’angle dont on les perçoit d’entités cosmiques, spirituelles ou scientifiques qui sur le plan humain régissent l’existence. La naissance ou manifestation de ces Dieux était suivie du lever héliaque de l’étoile Sopdet (Sirius) le 5e jour : c’est le Nouvel An Kamit ou Nouvel An Africain. Nous avons donc :

– 26 Mesout Ra (14 juillet) : Naissance de Ousiré (Osiris)
– 27 Mesout Ra (15 juillet) : Naissance d’Horo (Horus)
– 28 Mesout Ra (16 juillet) : Naissance de Setou (Seth).
– 29 Mesout Ra (17 juillet) : Naissance de Aissatou (Isis)
– 30 Mesout Ra (18 juillet) : Naissance de Nabintou (Nephtys)
– 1er Djehouty (19 juillet) : Nouvel An Kamit

Évoluant dans des sociétés essentiellement sédentaires et agraires, l’année chez les Kamit est rythmée par les saisons en relation avec la pluviométrie qui à son tour conditionne les périodes de semence et de récolte. Déjà à Ta Meri (Egypte Antique) l’année était divisée en 3 saisons. En faisant une correspondance avec le calendrier grégorien on a :

– AKHET (La crue, les 4 premiers mois), du 19 juillet au 15 novembre
– PERET (la décrue), du 16 novembre au 15 mars
– CHEMOU (les basses eaux, la moisson, la saison sèche), 16 mars au 13 juillet.

Comme dans la plupart des langues Kamit, les mois en langue Bassa s’inscrivent dans la sémantique de cette culture agraire (agricole). En considérant la langue Bassa actuelle dont les mois de l’année sont répertoriés dans le tableau ci-dessous, le constat est sans appel. Les correspondances avec le calendrier grégorien sont hasardeuses et demandent la plus grande vigilance. Une analyse sommaire de la signification de ces noms de mois révèle que le Nouvel An est bien entre les mois Hilônde, Njéba et Hikañ, où si on veut entre juin, juillet et août. On s’explique.

Hilônde ne veut pas dire juin mais bien « le début de la saison des pluies ». Njéba ne veut pas dire Juillet (qui vient de Julius en référence à l’empereur Jules César). Njéba veut dire « la préparation du sol et aussi le mois des semailles, le mois de la mise en terre des semences ». Hikañ ne veut pas dire Août (qui existe en référence à l’empereur romain Auguste). En Bassa, Hikañ veut dire « pluie très fine ». Dipos ne veut pas dire Septembre (qui vient de sept, parce que étant le 7e mois du calendrier romain). Dipos veut dire « Grande pluie ». Biôôm ne veut pas dire Octobre (qui vient de huit, octo, parce que étant le 8e mois du calendrier romain). Biôôm veut dire « le mois où il pleut jour et nuit ». Maye Sép non plus ne veut pas dire Novembre (qui vient de novem parce qu’étant le 9e mois du calendrier romain). Maye Sép veut dire « le début de la saison sèche ».

Bassa / Calendrier grégorien

1

Kondõn / Janvier

2
Matjel / Février

3
Matumb / Mars


4
Matôp / Avril

5
Mpuye / Mai

6
Hilônde / Juin

7
Njéba / Juillet

8
Hikañ / Août

9
Dipos / Septembre

10
Biôôm / Octobre

11
Maye Sép / Novembre

12
Libui li nyéé / Décembre

À l’évidence entre les mois Hilônde et Biôôm on est en pleine saison des pluies d’où la crue des grands fleuves comme le Nil alimenté depuis l’intérieur du continent par les Grands Lacs. Nous sommes bien dans la période AKHET (la crue) du calendrier de l’Égypte antique. Après un affinement de ces données il s’avèrera tout à fait logique d’institutionnaliser le nouvel an africain au 1er Djehouty ou 1er Njéba (19 juillet).

Notre nouvel an est associé à la germination des semences (renaissance).

Rappelons-nous que la graine et la bouture doivent mourir pour renaître dès les premières pluies. C’est le cas du Dieu Kamit Ousiré (Osiris), symbole de la végétation, qui meurt pour renaître dans la gloire grâce aux soins de son épouse Aissatou (Isis) assistée de Nabintou (Nephtys). Aissatou et Nabintou peuvent donc être associées aux pluies qui ramènent Ousiré à la vie. Ceci comme vous le devinez a été repris dans une certaine adaptation par le christianisme catholique romain à travers la mort et la résurrection de Jésus-Christ; résurrection qui sera en premier constatée par Marie (qui vient de « Meri » autre nom de Aissatou). Nous poursuivons les recherches dans cette direction. Une fois achevées, même les plus sceptiques devront se rendre à l’évidence.

Akam AKAMEYONG écrit : « Le passage mécanique d’une année à l’autre est devenu un fait d’une grande banalité culturelle apparente, la période étant socialement vécue de nos jours comme une période de formulation de vœux, de cadeaux, de toutes les résolutions et bonnes intentions possibles d’âmes revigorées se flattant de se réinitialiser pour les prochains 365 jours. L’anodin cède place à la curiosité, à l’incongruité lorsque l’on constate que pour l’essentiel, les peuples aspirant à une dynamique propre, ceux qui développent une conscience de soi et formulent des projets fonctionnels de conquête de leur avenir ont leurs propres systèmes de référence, et le calendrier est un enregistreur quotidien de ces rythmes sociétaux…De la sorte, le calendrier devient un discours puissant et projeté avec une intensité sans égale qui ne se dévoile jamais telle, discours sur soi et sur autrui, discours sur sa destinée, son passé, ses objectifs, son horizon » (Faut-il en revenir au Calendrier Africain Égyptien Réformé ? 2004)

 

Retour au Calendrier Africain – Bonne année 6250 à tous

Le calendrier s’avère indispensable dans l’élaboration et le maintien d’une civilisation. Pour les Kamit, les Africains, la perte de la civilisation aura entrainé la perte ou la déstructuration des fondements de nos sociétés; bien sûr le calendrier n’a pas été épargné.

La question de savoir si nous devons retourner au calendrier de nos Ancêtres ne se pose pas. Rétablir un calendrier qui régira les sociétés et les communautés Kamit n’est pas la moindre des tâches. Certains y travaillent déjà. Les difficultés, loin de les décourager ne traduisent que l’importance de la tâche. Si une génération ne réalisait que cette seule chose, on pourra, sans risque de se tromper, dire qu’elle a pleinement assumé sa mission. L’établissement d’un calendrier est le signe même d’un peuple qui se projette vers l’avenir. La culture en tant que mère de nos langues, de notre religion, des noms des lieux et des personnes, de notre système politique ne peut se maintenir sans le soutien d’un calendrier. C’est par les institutions, les grands rendez-vous, les célébrations, les commémorations, les hommages aux Ancêtres ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui auront consacré leur vie au bien être général que la mémoire et la culture se perpétuent.

Bonne et heureuse année 6250. Puissions-nous aujourd’hui et demain être dignes de celles et ceux qui sont venus avant nous et qui ont tant donné pour que nous soyons là aujourd’hui.

Ahanda Mbock

Source: afroconceptnews

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