Nw.t (Nout) avale le Soleil au soir, et l'accouche au matin.

Qu’est-ce que la Nativité ?

Nout est l’image du Ciel, mieux, Nout est l’image de notre Galaxie appelée la «Voie Lactée » : « (…) Dans sa représentation topographique, écrit Théophile Obenga, la Déesse-Ciel est un magnifique corps de jeune femme nue, couvrant de tout son long dans une attitude voûtée la Terre (Geb) : sur ses flancs naviguent les dieux, brillent les étoiles (…) ». Cette note de Théophile Obenga nous permet de reconnaître que le corps de Nout fut perçu dès l’origine comme une voie navigable, un fleuve. Ce qui justifie la Barque sur laquelle se tient Râ, image du Soleil. Nout, Déesse-Vache qui se confond aussi avec la figure d’Hathor, rend parfaitement compte de l’origine des termes « Voie Lactée ». Dans le livre Kongo nous montrons l’origine du mot « galaxie » formé a partir des conceptions traditionnelles kémites issue du traitement du lait de vache; galaxie vient du grec « galaxias » formé à partir de « gala » signifiant « lait » et « axias » signifiant « pesé ». Unpèse-lait est un outil qui sert à mesurer la densité du lait, et nous verrons qu’il s’agit à Kemet d’une allégorie qui rend compte de la mesure de la densité des corps célestes,et notamment de la mesure de la densité des étoiles.

 

bleu

Naviguez desormais sur notre site et accédez aux article de votre choix sans quiter votre profile facebbook. Pour le faire, cliquez sur ce lien:

Accedez au site

bleu

S3ba (Seba) est le terme générique pour designer les étoiles dans le glossaire négro-égyptien; les langues omotiques (Afrique de l’Est) notamment permettent de saisir la relation comprise entre les étoiles et le lait; en effet, dans les Mots de Geno, Alain Anselin nous aura fait observer que sa’b désigne « le lait » en agaw, sa’’b« le lait » en kemant,saboo « le lait » en janjaro, sabb « le lait » en kofa’ sabbi « traire » en mocha, des termes qui offrent une proximité évidente avec le négro-égyptien s3ba « étoile ». On comprend dès lors pourquoi certains peuples kémites,notamment les Dogon du Mali, tiennent une connaissance particulière liée à la densité des corps célestes. Le pèse-lait,c’est-à-dire legalaxias, est sans doute l’outil allégorique qui désignait la technique d’usage chez les astronomes kémites pour mesurer la densité des étoiles. Dans le domaine dit bantou,s3badevient n’zob « le ciel, le firmament »(en fang), l’hausa offre zobée « le cercle », référence au ciel, c’est-à-dire Nwt (Nout), la Voie Lactée. En Grèce, Nwt (Nout)devient Héra, la déesse du Ciel. Le mythe de l’origine de la Voie Lactée raconte qu’Hercule (Héraclès)encore petit, tétait si violemment Héra, sa mère, qu’une giclée du lait de la déesse marqua le ciel à jamais.-giclée qui devint la Voie Lactée, notre galaxie. Il semble évident que ce mythe provient de la Vallée du Nil, où l’on voit le pharaon tétant goulûment le pis de la Vache du Ciel.

 

Hw.t Hr (Hathor), la Vache du Ciel

Hw.t Hr (Hathor), la Vache du Ciel

 

Dans la tradition peule, l’Univers a été formé à partir d’une goutte de lait, et le démiurge (Geno) y prend la forme d’un serpent (Tyanaba). Nous rappelons, à titre indicatif,que Nwt (Nout) est l’image du Serpent, ceci est vérifiable dans la forme qui la distingue sur les bas-reliefs. Cet aspect serpentiforme est aussi celui qu’adopte l’ophidien qui entoure habituellement le démiurge (Atoum-Râ). En fufulde, langue que parlent les Peul, « serpenter » se dit le.laagole.laago signifie aussi « être courbé », lelgo = courber, tordre,lel– = courber, plier, incurver,être courbé, tordu, zigzaguer, serpenter. Des termes qui font écho au négro-égyptien rr « cercle », « anneau » (r>l), rrw « serpent », rrw «  ruban », « lien », comme le souligne A. Anselin (2006).

 

Au-delà de ces correspondances, il faut encore préciser que le terme le.laago se trouve à l’origine du grec « lakkos »qui signifie « trou, fosse,étang, lac », le /g/se réalisant en /k/. La relation au trou est fondée sur l’image de la Dw3.t (le monde souterrain), aspect que nous n’aborderons pas dans cet article. Le mot le.laago « être courbé » conduit à l’espagnol lago « lac », « lagune », nous avons aussi laga « lacustre », lageto « étang », en portugais nous aurons lago « lac, étang, bol, cuvette », en italien lagone « lac ». Lelogone désigne le fleuve qui sépare le Cameroun du Tchad. Nous établissons la certitude de cette relation à partir de l’origine du mot « Guinée ». En effet, le mot Guinée qui vient du soussou« gine », « la femme » (l’homme se dit xeme ou kame dans la même langue); en peul Lagine est le terme que traduit le français Guinée; le soussou gine « femme » est à l’origine du grec gûné « femme » qui forme le suffixe –gyne (ex : haplogyne, décagyne, monogyne, épigyne, androgyne,etc.); le gynécée désigne l’appartement des femmes dans les maisons grecques et romaines; gûné est encore le terme grec qui conduit à l’anglaisqueen « reine »; le domaine dit bantou offre la forme n’goné « la jeune femme »qui se décline de plusieurs manières (ngono, ngwon, ngo, etc). Tout compte fait, la relationfleuve-femme-courbe persiste à travers ces étymons.

 

La correspondance avec « Gambie », que nous avons évoqué dans l’article consacré aux origines du mot « Cameroun », est évidente maintenant que l’on sait que l’image du fleuve se rattache à ce qui est courbévoûtéserpenté, etc. Le terme Gambie est construit sur la racine négro-égyptienne *km. Nous avons publié plusieurs textes qui montrent que cette racine ou squelette consonantique est associée aux régions traversées par des cours d’eau. Une relation d’homonymie aura facilitée l’association de ce terme à la vache dont le nom générique est N’gombé dans les langues dites bantoues; kmt désigne la vache noirequi accueille le défunt dans la tradition nilotique; N’gambi est le nom générique des oracles dans le domaine dit bantou; N’gambi est le nom générique de l’araignée-mygale dans les langues dites bantoues. Nous préciserons à tire indicatif que l’araignée se dit dibobé en duala par exemple, tout comme le ciel qui se dit aussi dibobé. On dira dibobe la ngambipour araignée divinatoire. Ici apparaît clairement la relation comprise entre le ciel et la toile d’araignée, qui est une spirale, tout comme notre galaxie.


 

Karl Ritter, dans La Géographie générale comparée paru en 1835 écrit :« Le Sénégals’appelle chez les Mandingos et les maures Bafing; les Joloffes (wolof), race remarquable de nègres primitifs, habitant entre le Sénégal et la Gambie, lui donnent le nom de Dengueh. D’autres nègres l’appellent Senedec; dans les temps anciens, il portait le nom de Mayo,Solle, suivant les différentes peuplades qui habitaient ses bords; lors de sa découverte en 1443, il fut nomme Sena ou Sanaga (Canaga suivant Barros),d’après le nom d’un prince nègre, Sanaga,avec lequel les Portugais entrèrent en relation ».

 

Le fleuve Sénégal, qui s’appelait effectivement Sanaga, porte le même nom que le principal fleuve du Cameroun, la SanagaBafing, le nom de ce fleuve dans le Mandé, signifie « le fleuve noir » : ba « le fleuve », fing « noir ». Il s’agit du même nom que les Bassa donnent au fleuve Nyong : Lom Nhindi « le fleuve noir »; nous pensons que cette relation à la couleur noire se trouve intimement liée au négro-égyptien km « charbonné » qui se rapporte à la vallée et à ses habitants. Par ailleurs, c’est à partir de nhindi « noir »,mohindo « noir », evindi « noir », etc., que nous obtiendrons « indus » « noir », le nom du principal fleuve de l’Inde.

 

Le terme négro-égyptien pour designer le Nil est itrw; il s’agit du terme générique qui rend compte de la notion de « grand fleuve » dans les langues kémites. La forme la moins évidente qui traduit itrw est djoliba, le nom que les bamanan donnent au fleuve Niger. « Djoliba » ne s’explique véritablement que si l’on tient compte de la géographie céleste des traditions endogènes des peuples noirs. Djoliba est formé à partir de deux mots : Djoli= sang et ba = fleuve, ce qui offre littéralement : le fleuve de sang; itrw, comme nous l’aurons mentionné ailleurs, est le terme négro-égyptien qui devient uterus en latin. L’objet de cette relation est fondé sur le fait que c’est Nwt (Nout) qui donne naissance au Soleil.Nwt (Nout) d’abord et 3s.t (Isis) ensuite, incarnent la Vierge qui a enfanté.

 

Le bulbe galactique, qui offre une forme en amande comparable à la vesica piscis, figure elliptique qui encadre le personnage de Jésus dans la tradition chrétienne, et qui, nous le savons également, se rapporte à l’appareil génital féminin, rend compte de cette tradition. Le terme bulbe vient du latin bulbus, variante de vulva « la matrice », la vulve correspond au vagin; vulve dérive du latin volvo signifiant roulerenroulerce qui enveloppe, et par spécification l’enveloppe du fœtus. Le terme apparenté latin vola signifie « creux (de la main) », à partir duquel nous obtenons vallis « la vallée ». La relation au creux de la mainpermet sans doute d’établir pourquoi chez Court de Gebelin (1796) la racine *cam signifie « main » et se trouve être associée à la vallée « campus »,à la voûte « camara », à la courbure kampê (grec), etc.

 

La forme latine vallis « vallée » permet de distinguer la racine à partir de laquelle est formé le mot aval et le verbe avaler. Cette relation ne s’explique qu’à travers la tradition nilotique dans la mesure où c’est Nwt (Nout), identifié au fleuve, qui avale le soleil-couchant, etaccouche du soleil-levant. L’aval est le côté duquel descend un cours d’eau, à l’inverse de l’amont qui est le lieu d’origine du cours d’eau. Cette géographie,appliquée au Nil, permet d’établir le lieu de la Nativité, c’est-à-dire le lieu de naissance du Soleil, suivant le paradigme des habitants de cette vallée; il s’agit bel et bien de la région des Grands Lacs. Le terme amont est fondé sur l’idée de la montagne. Le pubis féminin, appelé Mont de Vénus, fut associé à la montagne, ce qui précise une nouvelle fois le motif des représentations de Nwt (Nout) accouchant du Soleil. Cette relation est confirmée par l’image du benben, la butte primordiale; nous faisons correspondre le négro-égyptien bn au fangèbόn « le vagin » « la vulve », « le fond » et au wolof ben-ben « le trou ». Le benben est un bétyle de forme pyramidale, image du pubis; èbόn devient mbée « vagin » en bassa,mbye « vagin » en bamanan, funi « vagin » en kikongo (b>f)Le verbe négro-égyptienwbn « naître » permet de souligner cette relation.

 

Nwt (Nout) avale le Soleil, nous l’avons dit; avaler se dit mina en cilùba, ku.mina en kikongo, mina en duala, kunun en mandinka (Mandé); des termes que nous mettrons en relation avec Amon (mina) et Khnoum (kunun), les dieux-béliers de la vallée du Nil. Dans le livre Kongo, nous aurons établi la relation entre Amon et le verbe « manger » à l’origine du mot vitamine; cette relation est compléter par le fang nzambe  « être bon à manger », « avoir bon goût », nzame « assaisonner », « donner du goût », des synonymes pournzambe, terme générique qui sert à désigner l’Être Suprême.

 Par Amenhemhat Dibombari

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS