Moïse l’Africain

Moïse l’Africain, selon Pierre Nillon : La vérité voilée sur un nègre Africain qui a inspiré le monothéisme occidental (Vidéos)

On serait tenté de placer le syllogisme les Egyptiens sont Africains or Moïse était égyptien, donc Moïse était africain, pour expliquer la démarche du guadeloupéen Pierre Nillon, spécialiste de la Bible et au cœur d’un renouvellement de sa lecture historique.

Mais il ne s’agit pas d’une simple identification touchant à l’africanité de Moïse, personnage central des religions dites monothéistes, supposé en être l’inspirateur, ayant reçu de
dieu les tables de la loi pour guider le peuple d’Israël. En effet c’est Sigmund Freud qui popularise en 1939 la thèse d’un Moïse prêtre égyptien hérétique, à l’époque la thèse n’a pas la charge que lui apporte la somme de preuves irréfutables de l’appartenance de l’Egypte à la culture négro-africaine que Nillon, suivant Cheikh Anta Diop, conforte.

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Nillon tente avec patience et abnégation de délier les différents épisodes de l’histoire fondatrice des juifs, mal objectivée par le récit d’un Exode que l’on ne retrouve pas dans l’histoire égyptienne écrite, il re-tricote le fil des discontinuités insinuées par les anachronismes d’un texte loin d’être homogène encore moins rédigé d’une seule main. Souscrivant à la théorie documentaire et syncrétique, Nillon retrouve les différentes sources et traditions qui composent l’archéologie des textes bibliques qui en seront l’assemblage postérieur.

Une grande attention est accordée à la chronologie dans une optique comparative des différentes sources, la numismatique étant d’un recours précieux pour fixer le cadre spatio-temporel des faits historiques. Nillon abouti à une datation de la rédaction de la bible, vers 398 avant J.C. par le scribe et sacrificateur Esdras dont il dissèque le texte, l’occurrence.

Moïse n’aurait donc ni écrit ni reçu directement les commandements divins? Cela pourrait retourner bien des tombes pourtant aucun théologien ni bibliste contemporain ne souscrit à la thèse d’une rédaction par une seule main, tant anachronismes et incohérences temporelles sautent aux yeux exercés à scruter le détail des descriptions de l’environnement humain, animal, matériel des faits qui composent le texte. Apparaissent deux récits d’Exode d’Egypte et pas un, les peuples africains descendants de Cham, les Cananéens, se retrouvent localisés en Palestine, d’après les textes bibliques et les recoupements archéologiques, les royaumes de Juda et d’Israël confondus en un royaume du peuple juif par falsification, inculcation idéologique et/ou ignorance sont restitués à leurs populations et cultures respectives. Les parentés ou à tout le moins similitudes entre un certain nombre de peuples africains et les traditions généralement attribuées aux juifs sont revues et questionnées. Rien ne permet de dire que la culture africaine, négro-égyptienne notamment qui se retrouve disséminée dans le continent encore à ce jour n’est pas le véritable fond spirituel et religieux qui inspire la Bible, le judaïsme et les religions qui l’ont suivi.

C’est le culte d’Akh En Aton qui apporte ici la clé de relecture des phénomènes fondateurs de la Bible, l’Exode d’un des prêtres de ce culte dont le nom hébreux deviendra plus tard Moïse…Les similitudes dépoussiérées entre traditions, langues, faits supposés propres aux peuples dits juifs avec l’environnement culturel africain ne sont pas les moins probantes ni les plus attendues par des esprits reposés sur une écoute habituelle des interprétations de la Bible.

Nillon y fait un apport incontestable même si on peut sans risque arguer qu’une plus grande connaissance des langues africaines aurait démultiplié ses illustrations, le plus important cependant reste la pertinence de l’argumentaire et l’auteur n’en est pas rationné. Il change le sens eurocentrique et judéo-centrique de l’émergence des religions dites monothéistes, leur origine de même que leur quintessence seraient sorties d’Afrique par l’entremise d’un prêtre et initié africain! Vivifiant …ou momifiant, la thèse n’indiffère en tous cas personne.
Pierre Nillon, Moïse l’Africain. La véritable histoire de Moïse. Menaibuc, 2001

 

Pierre Prêche

Source: afrikara.com

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Pierre Nillon, La Véritable Bible de Moïse 1



 

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