African migrants rescued off Italian coast

L’Europe : une terre promise interdite aux étrangers

Les vidéos montrant l’attaque d’un navire civil par un escorteur italien ont été diffusées récemment sur Internet. D’après la version officielle, le navire avait à son bord les organisateurs du transfert illégal de réfugiés d’Afrique en Europe. Ils ont été la cible de tirs destinés à les empêcher de s’enfuir. Dans le même temps, selon les médias, le Parlement européen doit approuver en avril un nouveau Règlement sur la protection des frontières maritimes extérieures donnant des compétences plus vastes à l’agence pour la sécurité et les frontières extérieures de l’Union européenne Frontex.

434 000 demandes d’asile, soit un tiers de plus qu’en 2012, ont été enregistrées en 2013 dans les 28 pays membres de l’UE. Les auteurs du compte rendu attribuent l’afflux de migrants en premier lieu à l’aggravation du conflit armé en Syrie. Or, quelles que soient les origines de ce phénomène, les migrants affluent essentiellement en Europe. Cinq pays : Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie et Suède totalisent 70 % des demandes d’asile. Fait révélateur : seuls 15 % des demandes ont été satisfaites en 2013. La majorité écrasante des demandes ont été rejetées.

L’éventuelle adoption d’un nouveau Règlement sur l’agence Frontex et d’autres mesures fixées par l’UE visent, selon plusieurs experts, à durcir la politique des migrations. L’édition online allemande Cicero – Magazin für politische Kultur – Cicero, Journal de culture politiques’est hâtée de la qualifier de « cynique ». Selon les ombudsmans cités par la revue, l’agence Frontex fondée en 2006 qui coordonne les activités des services nationaux de protection des frontières, reflète l’approche de l’UE envers la politique des réfugiés comme envers la sphère de la sécurité.

La directrice du département des problèmes de l’intégration européenne de l’Institut de l’Europe Olga Potemkina reconnaît que ce problème est compliqué :

« L’UE se heurte à un problème compliqué : la lutte contre le trafic d’êtres humains, autrement dit l’esclavage comme, disons, au XVIIe siècle. On procède actuellement à l’harmonisation de la législation des pays membres de l’UE en matière d’octroi de l’asile. Les formes de lutte contre les migrations illégales sont durcies. Qui plus est, la Commission européenne propose d’étendre les prérogatives de l’agence Frontex. Cela a été fait partiellement il y a deux ans. Il existe sans doute des objections. Or, tout porte à croire que ce processus sera poursuivi. »

Le chef de la Conférence des évêques allemands, le cardinal Reinhard Marx, a dit dans une interview radiophonique que l’Europe ne devait d’aucune façon devenir une forteresse.

« La frontière de l’Europe ne doit pas être un mur infranchissable. Quiconque endure des épreuves et est en quête d’asile doit avoir le droit d’arriver en Europe. La politique de l’agence Frontex, qui peut se résumer à « il faut tout faire pour que personne ne pénètre en Europe », ne devrait pas avoir le droit de cité. »


Qu’est-ce qui prendra le dessus : les standards européens de la démocratie ou les réalités ? Il serait sans doute plus juste de ne pas opposer ces deux notions.

Oleg Severguine

Source: La Voix de la Russie

 

 

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