Les Sources Africaines des Évangiles canoniques

Les Sources Africaines des Évangiles canoniques

L’Ancien avait parlé toute la nuit. Le soleil, à l’horizon, commençait maintenant son ascension vers le zénith. Le jaune de ses rayons flamboyant courait sur la surface de la rivière et léchaient les dernières gouttes de rosée qui scintillaient comme des étoiles impérissables dans la verdure villageoise. L’Ancien, avec sa pipe, soupira. « Il faut rendre grâce aux Ancêtres, dit-il, le Soleil s’est levé. ». Il murmura alors quelques paroles indistinctes dans sa barbe et marqua un silence qui nous paru une éternité. Nous avions faim, voilà pourquoi. Meka’a Ma’a, la fille de l’Ancien, apparut instantanément dans le sentier qui menait sous l’Arbre-qu’on-ne-peut-nommer avec un plateau complet de pains et de poissons grillés. « Il est maintenant tant d’achever ce voyage nocturne » nous dit l’Ancien. Lorsqu’elle eût posé le plateau de victuailles, l’Ancien remercia Meka’a Ma’a d’un signe du regard et nous la vîmes retourner au village par le sentier qui l’avait mené jusqu’à nous. L’Ancien prit le pain qu’il brisa en plusieurs morceaux. Et nous invita au partage. Ce que nous fîmes comme il nous l’avait recommandé.

« Il y a quelques années, dit-il, des missionnaires sont venus ici nous dire que leur livre était la parole de Dieu. Beaucoup parmi nous ont cru à ces paroles vicieuses. Quant à moi, mon père m’avait toujours dit de me méfier des étrangers qui me veulent du bien. Quoiqu’il en soit, on sait maintenant que la figure de Jésus est une adaptation tardive du personnage d’Osiris, Ancêtre vénérable des peuples de la Vallée du Nil, nos Ancêtres. Cette antériorité est vérifiable dans les symboles tels que la naissance miraculeuse, la mort, la résurrection, etc., raison pour laquelle mon enseignement ce matin ne portera pas sur ces aspects déjà parfaitement démontrés par des auteurs. Ce que je vais vous dire, personne avant moi ne vous l’aura dit, plusieurs après moi vous le dirons.

Les quatre évangiles canoniques relatant la vie et la mort de Jésus sont en réalité des adaptations tardives de plusieurs textes écrits de la main de nos Ancêtres il y a maintenant près de 4000 ans. On compte les Textes des Pyramides, les Textes des Sarcophages avec les récits spécifiques de l’Amdouat, de la Vache du Ciel, de la Sortie à la Lumière du Jour, etc. Naturellement ce que je dis n’ai rien si je n’arrive pas à le démontrer. Il n’est pas question pour moi de parcourir toute la Bible avec vous. Je donnerai simplement quelques exemples et vous laisse le soin de poursuivre vos recherches dans le sens que je vais indiquer.

Nos Ancêtres ont divisé la Création en trois parties : Heret (Le Ciel Supérieur), Douat (Le Ciel Inférieur) et Tô (Ce lieu où nous nous trouvons actuellement et qu’on pourra, par simplification, appeler la terre). La Tradition africaine et tous les rites qui l’accompagnent est fondée sur le parcours quotidien du soleil cosmogonique issu de l’Incréé appelé le Noun, c’est-à-dire les Eaux primordiales.

La Création tire son architecture de l’antagonisme entre deux forces : 1) La première qui souhaite perpétuer la Création, 2) la seconde qui souhaite l’anéantir, c’est-à-dire la ramener dans le Noun d’où elle est sortie. La première force est incarnée par Atoum-Râ, la seconde par Apépou, ce serpent monstrueux que les Grecs ont appelé Apophis et dont le nom signifie « le Grand qui repose sur la matière ». La course du Soleil Cosmogonique, dont le soleil astre du jour n’est qu’une incarnation, décrit une figure géométrique qu’on appelle l’octaèdre. Cette course est semblable à celle du soleil astre du jour, s’effectuant de l’Est vers le Nord, et du Nord vers l’Ouest. En Égypte antique, l’Est se dit Webenou, c’est le matin. Le Nord se dit Mehty, c’est le midi. L’Ouest se dit Amenti, c’est le soir. Le Sud se dit Resy, c’est minuit.

La limite entre le Ciel Supérieur et le Ciel Inférieur est fixée par la ligne horizontale. Chez nos Ancêtres, cette limite va s’incarner dans un fleuve, le Nil en l’occurrence, identifié au Noun. Jusqu’ici j’espère que vous me suivez car tout ce qui va suivre ne peut être compris qu’à condition de connaître l’arrière-fond cosmogonique que je suis en train de décrire. Cette ligne horizontale, identifiée au fleuve, est la raison pour laquelle Râ, le Grand Dieu Africain, se tient dans une barque avec son équipage. La barque empêche ce Grand Dieu de sombrer dans le Noun incarné par le fleuve Nil. Naturellement, il y aurait encore beaucoup à dire à ce sujet, mais je choisis de m’arrêter ici car cette information est suffisante pour la bonne compréhension de ce qui va suivre.

Nous aurions pu choisir n’importe lequel des épisodes de la vie de Jésus pour illustrer les sources africaines de ces récits tardifs, mais il suffirait d’en choisir un, deux, trois, ou quatre car s’il s’avère, comme vous le verrez, qu’il y a eu plagiat, alors cela voudrait dire que le personnage de Jésus n’a jamais existé et que les similitudes observées entre les textes kamites et le récit biblique pourront se poursuivre jusqu’au terme d’un livre de plusieurs centaines de pages.

Le récit évangélique de Mathieu, tout comme ceux de Marc, de Luc et de Jean, a ceci de spécifique qu’il décrit plusieurs fois le parcours du soleil cosmogonique de l’Ouest au Sud (Étape 1), du Sud à l’Est (Étape 2), de l’Est au Nord (Étape 3), et du Nord à l’Ouest (Étape 4). De cette manière, la boucle est bouclée. Ce cycle est incarné dans le serpent qui se mord la queue et que nous appelons Ouroboros. L’essentiel du récit biblique concernant la vie de Jésus a été emprunté aux textes relatifs à la Douat.

 

Qu’est-ce que la Douat ?

La Douat est une région cosmogonique où séjourne tout défunt. Elle peut être appelée « Monde Inférieur » (dans la terre) ou « Ciel Inférieur » (Au-delà[1]). L’intuition de cette région est à l’origine de l’inhumation des morts dans les traditions des peuples noirs. Le soleil, auquel est confondu le défunt, traverse cette région cosmogonique tous les jours, s’y régénère, pour apparaître le matin dans toute sa vigueur. Ce parcours est à l’origine des concepts de réincarnation et de résurrection chers aux traditions africaines. La Douat est aussi le lieu où sont châtiés les ennemis (les 9 Arcs) et les transgresseurs, ce qui a pu la faire percevoir comme étant l’Enfer. En effet, le terme « Enfer » provient du latin « infernus » signifiant « qui est en dessous ». Il est toutefois nécessaire de rappeler que le terme « Enfer », tel que compris aujourd’hui à travers les religions abrahamiques, n’a pas d’équivalent dans la Tradition Africaine. C’est avec les Grecs, traduisant « Douat » par « Hadès[2] », que cette notion aura perdu de son sens originel.

Le récit de la naissance de Jésus et de la fuite en Égypte, correspondent aux mêmes épisodes rapportés par la Passion d’Osiris à travers la naissance d’Horus et la fuite dans les Marais où Isis ira se réfugier pour se cacher de Seth.

Ce récit introductif ne fait pas partie du Livre de l’Amdouat qui se divise en douze (12) parties correspondant au douze (12) heures de la nuit. Le Livre de l’Amdouat fut utilisé par les rédacteurs des Évangiles pour décrire les évènements qui suivent le retour de Jésus en Palestine.

En introduction, Le Livre de L’Amdouat mentionne : « Le commencement est la corne de l’Ouest, la porte de l’horizon ouest; la fin sont les ténèbres, la porte de l’horizon ouest ». Rendant ainsi bien clairement la notion de cercle appliquée au cycle du soleil cosmogonique. Le livre de l’Amdouat débute donc au moment de la tombée de la nuit. C’est Râ[3], précédé et suivi des Neterous[4] dans sa barque, qui se présente à la Porte Occidentale, avant de disparaître sous la ligne horizontale marquée par le fleuve Nil. C’est Jésus qui se présente devant le fleuve Jourdain pour être baptisé.

 

Exemple 1

 

Bible [5] :

 

En ce temps-là parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Jean est celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers ». Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; et confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain (Mathieu. chapitre 3, verset 1-4)

 

Livre de l’Amdouat [6] :

 

Ce dieu (Râ) entre par le portail occidental de l’horizon, tandis que Seth se tient sur le rivage. Il y a 120 iterou[7] avant que la barque n’atteigne les habitants du monde inférieur. Elle traverse ensuite les flots-Ournes[8]. (Introduction de la première heure).

 

Explications de textes :

 

Comme on peut le voir, le récit biblique débute avec Jean-Baptiste. Ce texte lui accorde des caractéristiques particulières. Il fait référence à « celui qui crie dans le désert », vêtu de poil de chameaux et d’une ceinture de cuir autour des reins. Se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage.

 

Le Livre de l’Amdouat débute avec Seth qui se tient sur le rivage du fleuve-Ournes.

 

Comment savons nous que Jean-Baptiste est la figure donnée à Seth dans cet épisode du Livre de l’Amdouat « emprunté » par les rédacteurs du texte biblique ?

 

Nous le savons car dans la tradition kamite, Seth est bel et bien « Celui qui crie dans le désert ». Comme chacun sait, il fut dès l’origine associé au vent du désert. De plus, « vêtu de poil de chameaux et d’une ceinture de cuir », cette allusion fait référence à l’âne au pelage semblable à celui du chameau, animal du désert qui, avec l’âne, se confondent avec Seth.

 

La ceinture de cuir fait référence à la ceinture que porte cet animal pour la réalisation des travaux journaliers. Les sauterelles et le miel sauvage sont les aliments favoris des animaux du désert, en particulier l’âne et le chameau.

 

Jean-Baptiste est colérique, comme Seth, autant qu’il commande à la repentance. En effet, avec Seth, l’aspect martial est particulièrement prononcé. Le caractère de Jean-Baptiste est manifesté au verset 7 et 8 lorsqu’il s’écrit : « Races de vipères[9], qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance ».

 

Que signifie ce texte ?

 

Le texte introductif est une allégorie sur le soleil, et avec lui, les étoiles (Neterous) qui le suivent, s’apprêtant à disparaître sous la ligne de l’horizon occidental. Seth, incarné dans la figure de Jean-Baptiste, est le gardien de la Porte Occidentale.

 

Ce lieu est un lieu désertique, domaine de Seth (de fait, la Vallée des Rois à Kemet, là où étaient enterré les Souverains des Deux-Terres, se trouve sur la rive occidentale du Nil, prolongement du désert lybique, Sahara).

 

C’est Seth qui accorde le passage. Ainsi, lorsque le texte évangélique rapporte que : « les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; confessant leur péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve Jourdain », cela signifie qu’une à une les étoiles (Neterous) étaient admises sous la ligne horizontale marquée à l’origine par le Nil lui-même.

 

Les Neterous sont les Ancêtres divinisés, ces étoiles qui accompagnent Râ. Comme les défunts, ces étoiles pénètrent ainsi une à une dans la Douat, précédant l’arrivée du Soleil.

 

D’où la symbolique du baptême qui consiste à « mourir » et renaître, comme une étoile au matin. Le matin étant naturellement l’aboutissement du cheminement qui commence à la première heure du Livre de l’Amdouat. La disparition de l’étoile dans la Douat étant une allégorie de sa mort.

 

Le récit biblique est ensuite construit de telle sorte qu’il devient impossible de suivre l’enchaînement des évènements avec la cohérence du Livre de l’Amdouat. Toutefois, il ressort des points de convergence sur lesquels il nous faut maintenant insister. L’idée générale qu’il faut retenir est que les déplacements de Jésus de villes en villes, de localités en localités, correspondent au parcours de Râ à travers les heures de la nuit (régions). Ces heures (régions) sont séparées par des portes. Râ se tient dans sa Barque avec les Neterous qui l’accompagnent. Raison pour laquelle Jésus est parfois représentée en compagnie de ses disciples dans une barque comme on le verra plus loin.

 

L’eau (fleuve, lac, mer) est omniprésente dans le récit biblique et indique invariablement le fleuve-Ournes du récit kamite. Les populations qui habitent les villes mentionnées par la Bible doivent donc être comparées aux Neterous qui habitent les différentes régions de la Douat. Les disciples sont les Neterous qui accompagnent Râ dans sa Barque, parfois au nombre de douze, parfois au nombre de neuf. Insistons sur le fait que les compagnons de Râ sont invariablement des hommes et des femmes.

 

Plus tard, Jésus dira de Jean-Baptiste « emprisonné ». « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par les vents ? Mais qu’êtes-vous allez voir ? (…) Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent (…) ». Paroles qu’aurait parfaitement pu prononcer Horus au sujet de Seth, ligoté (emprisonné).

 

Exemple 2

 

Bible :

 

Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali (…) Le peuple de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au-delà du Jourdain, et de la Galilée des Gentils, ce peuple assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière; et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort la lumière s’est levée. (Mathieu, chap. 4, 13-16)

 

Livre de l’Amdouat :

 

La majesté de ce dieu se tient là, après qu’elle s’est reposée vers ce passage. Instructions aux dieux qui s’y trouvent : ouvrez-moi vos portes, ouvrez-moi vos portails. Illuminez pour moi ce que j’ai crée. Accompagnez-moi, vous qui êtes issus de mon corps. Je vous ai attribué à mon cadavre, je vous ai crée pour mon ba, je vous ai créé grâce à mes formules magiques ! Je suis venu pour me donner en cadeau, (…) Vous vous tenez près des flots-Ournes, vous allez vers la berge secrète. Vous agissez en faveur des habitants de l’au-delà, vers les portails qui leur appartiennent, à leur place. Les champs de vos terres vous appartiennent. (…) Les portes de la grande ville sont ouvertes pour toi. L’obscurité est illuminée pour toi, afin que tu puisses respirer (dans) le lieu de la destruction, afin qu’en ton nom de Rê, tu t’approches du lieu où se trouve Osiris « qui préside à l’Amenti (Ouest)».

 

Qu’il y ait, aux portes de la terre, des cris de joie pour Rê; qu’il y ait de l’allégresse pour toi, qui permet aux akhou[10] de respirer, lorsque tu entres par la porte de la grande ville.


 

(…)Ceux qui te louent te louent. Tes serpents-Uraei illuminent l’obscurité pour toi. Tes Neterous te louent, Rê. Les (déesses des) heures t’accompagnent. Tes deux filles te halent dans ta Barque. Tu te reposes dans les chapelles qui sont sur les champs de la terre. Tu t’empares de la nuit et apportes le jour. Que Neith te soit gracieuse afin que tu sépares l’eau des poissons ». (Livre de l’Amdouat, Première heure)

 

 

Explications de texte :

 

L’autre nom de la Douat est le « Royaume de Sokar ». Nous pensons que les rédacteurs de l’Évangile ont fait correspondre ce nom kamite à la ville de Capernaüm, qui, si l’on considère l’aspect symbolique de cette ville, correspond parfaitement à l’idée que la tradition kamite aura retenu du royaume de Sokar. Le peuple assis dans les ténèbres ce sont les Neterous dans la Douat, avant l’arrivée de Râ. La grande lumière qui se lève marque l’entrée de ce Grand Dieu dans la Douat, et la joie qui l’accompagne est celle des populations des villes que Jésus va traverser.

 

Il est bien entendu que le personnage de Jésus incarne le soleil lorsqu’il traverse les régions de la Douat. Cette idée originale est rendue dans le Livre de l’Amdouat (première heure) de la manière suivante : « Vous qui venez vers moi (Râ) au moment où je passe, vous qui venez vers moi au moment où je défile ». C’est ainsi que le récit biblique dit : « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues (le Livre de l’Amdouat parle de chapelles), prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladie et de douleurs de divers genres (…) » (Mathieu, chap. 4, 23-24).

 

Comme le rappelle la notice qui précède la traduction de Schuler : « Une fois que le dieu solaire a traversé cette région, des lamentations se font entendre puisque la lumière qu’il dispense (n’oublions pas qu’il est lumière) disparaît avec lui, replongeant dans les ténèbres la région qu’il vient de traverser[11] ». Ainsi, la maladie des Neterous, ici le peuple, est due à l’absence momentanée de ce Grand Dieu et sa lumière, lorsqu’il arrive, apporte la guérison. Cette idée est rendue par la phrase « tu sépares l’eau des poissons » car le poisson est invariablement synonyme de souillure chez les Kamites. C’est ce que rappelle le dictionnaire hiéroglyphique d’Horapolle : « Les Égyptiens désignaient par le poisson ce qui est abominable » (Les Hiéroglyphes dits d’Horapolle, p. 88). Ainsi donc, cette phrase énigmatique n’a d’autre signification que celle qui consiste à voir dans Râ celui qui enlève la souillure, c’est-à-dire la maladie. De plus, Neith, divinité tutélaire de la ville de Saïs dans le Delta, était réputée pour la guérison des malades. Ce qui justifie qu’elle soit interpellée dans le Livre de l’Amdouat (« Que Neith te soit gracieuse afin que tu sépares l’eau des poissons »). L’eau est la pureté (elle purifie), le poisson la souillure.

 

Exemple 3

 

Bible :

 

« Le soir, on amena auprès de Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole, et il guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies. Jésus voyant une grande foule autour de lui, donna l’ordre de passer à l’autre bord. (…) Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent. Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons. Il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d’étonnement : Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer ? » (Mathieu 8, 16-27)

 

Textes des Sarcophages (Chapitre 839)[12]

 

Puisses-tu avoir pouvoir sur eux comme Rê. Puisses-tu déchainer ta fureur contre eux comme Shou et Tefnout. Monte donc à bord de la barque verte, dans laquelle Rê navigue à ses horizons. Toi, Osiris N., navigue donc vers le sud à la tête de cette barque de Rê ! Tu y montes tel Rê, tu y prends place tel Rê, tu y reçois ton pain tel Rê. Tu prends place sur ce trône de Rê. Noun est à ton côté méridional, Nout est à ton côté septentrional, Shou est à ton côté oriental, Tefnout est à ton côté occidental. Ils déploient leur protection autour de Rê.

 

Textes des Pyramides[13] (chapitre 262)

 

N. (le roi) est passé près de la maison de ce ba. Il a évité le déchaînement de ce grand lac. Le prix de son passage sur le grand lac ne lui a pas été pris. Le palais de la massue blanche des Grands ne l’a pas repoussé. Vois, N. a atteint les hauteurs du ciel.

 

Explications de textes :

 

Rappelons-nous que Râ et les Neterous dans sa barque = Jésus et ses disciples dans la barque.

 

Le texte kamite dit que Noun est du côté méridionale (sud). Ce qui signifie que Noun est en dessous de la barque, et donc correspond au lac (eau) sur lequel vogue la barque de ce Grand Dieu. Shou incarne le souffle et Tefnout l’humidité (ici mêlée au souffle qui est le vent). Nout est le ciel constellée ou Ciel Supérieur. La tempête correspond à une tentative d’Apophis de renverser la barque, c’est-à-dire de ramener la Création dans le Noun. Or, les Neterous primordiaux (Shou, Tefnout, etc.) protègent ce Grand Dieu. Râ contrôle les éléments. Comme Jésus, dans le texte biblique, arrive à contrôler les éléments et empêcher ainsi que la barque ne chavire. Dans le texte des Pyramides comme celui des Sarcophage, le roi est identifié à Râ.

 

(À suivre…)

 

[1] Par « Au-delà » il faut comprendre « Au-delà de l’horizon », « Au-delà du fleuve », ce lieu où le soleil s’enfonce à la tombée de la nuit.

 

[2] Enfer.

 

[3] Le soleil.

 

[4] Les Ancêtres divinisés (les étoiles)

 

[5] Louis Segond.

 

[6] Traduction de François Schuller (José Corti).

 

[7] Unité de mesure correspondant à 10,46km.

 

[8] Dénomination, dans la Douat, des flots sur lesquels vogue la barque solaire.

 

[9] Fait peut-être référence au serpent Apophis que Seth combat.

 

[10] Esprits lumineux.

 

[11] Le Livre de l’Amdouat, p.37.

 

[12] Traduit par Jan Assmann. Ils datent de 2100 avant la naissance présumée de Jésus.

 

[13] Traduit par Jan Assmann, vers 2700 avant la naissance supposée de Jésus.

 

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Jésus marchant sur les eaux est une allégorie qui exprime ce moment où le soleil (Râ) s’apprête à disparaître sous la ligne horizontale incarnée par le fleuve Nil (le Noun). Si l’on se réfère au récit biblique, on voit que Jésus est pris pour un “fantôme”. Or, Râ traverse la Douat sous la forme d’un bélier. Le bélier est l’un des hiéroglyphes servant à écrire le mot “ba”. C’est dans sa forme de “ba” que Râ traverse les 12 heures de la nuit. Le “ba”, d’après la tradition kamite, est un être vivant à part entière que le passage dans l’Au-delà (Douat) libère du corps du défunt. Cette notion est donc assimilable à la notion de “fantôme”. Le “ba” est pour le défunt un élément de mobilité par excellence, il peut errer et se promener à sa guise. Il est représenté sous la forme d’un oiseau à tête humaine.

Ouroboros hermétique.

Ouroboros hermétique. Tout s’éclaire d’une lumière singulière. Cette seule figure résume toute la tradition spirituelle kamite et correspond à la 12ième heure du livre des Portes. On reconnaît le serpent qui se mord la queue. On reconnaît l’octaèdre exprimé dans cette étoile dite de David. Il faut rappeler que cette étoile est d’usage encore aujourd’hui dans l’Afrique traditionnelle (Congo) et ne doit rien à une quelconque influence sémitique. C’est le contraire qui s’est produit. La croix représente le soleil. En bas la Douat, le microcosme (infiniment petit). En haut Heret, le macrocosme (l’infiniment grand). Au milieu la ligne horizontale incarnée par un fleuve (le Noun). “Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut”. Le visage du personnage dans la Douat est fantomatique, exactement comme Râ lorsqu’il parcourt la Douat. Cette image représente l’hermès grécisé. Hermès n’est autre que Djehouty de Khemenou, le Neter séculaire de la Vallée du Nil. (Description non-exhaustive)

 

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 Amenhemhat Dibombari

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