Les populations blanches aux temps de l'Égypte antique

Les populations blanches aux temps de l’Égypte antique

« Sous la VIe dynastie, vers 2300 avant notre ère, sont mentionnés des Temehou; il ne s’agit pas d’une branche des Tehenou, comme le pensait O. Bates, mais d’un groupe ethnique nouveau, à la peau plus claire et aux yeux bleus, avec un pourcentage non négligeable de blonds. Leur manteau de cuir laisse souvent apparaître une épaule nue. […] Ces Temehou paraissent avoir été fort belliqueux et les pharaons du Moyen Empire durent souvent les combattre. Sous le Nouvel Empire, ils sont fréquemment représentés et bien reconnaissables à leur natte tressée qui pend devant l’oreille et se recourbe au-dessus de l’épaule. Ils portent souvent des plumes dans leurs cheveux et sont parfois tatoués. […] Les entreprises des Temehou devinrent plus dangereuses sous la XIXe dynastie. […] Sous Mineptah, en –1227, sont mentionnés les Maschwesch (ou Meshwesh), voisins occidentaux des Libou. Les Libou, comme les Maschwesch, semblent faire partie du groupe plus général des Temehou. »

“Histoire générale de l’Afrique” tome 2 p.463-464

 

« a la teinte de peau que nous nommons couleur de chair, ou peau blanche de la nuance la plus délicate, le nez droit ou légèrement voussé, les yeux bleus, barbe blonde ou rousse, taille haute et très élancée, vêtu de peau de bœuf conservant encore son poil, véritable sauvage tatoué sur diverses parties du corps, on les nomme Tamhou. […] enfin (j’ai honte de le dire, puisque notre race est la dernière et la plus sauvage de la série) les Européens qui, à ces époques reculées, il faut être juste, ne faisaient pas une trop belle figure dans ce monde. Il faut entendre ici tous les peuples de race blonde et à peau blanche habitant non seulement de l’Europe, mais encore l’Asie, leur point de départ. […] Leur vue a toutefois quelque chose de flatteur et de consolant, puisqu’elle nous fait bien apprécier le chemin que nous avons parcouru depuis. »

Jean-François Champollion père de l’égyptologie européenne dans “Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829” – édition 1833, dans la 13e lettre (26 mai 1829)

 

« Mais ceux que les Égyptiens abhorraient par-dessus tout c’était les bergers asiatiques de toutes sortes, depuis les “Sémites” jusqu’aux Indo-Européens: ils n’avaient pas d’épithètes assez injurieuses pour les désigner. Ils les traitaient d’ “Asiatiques ignobles” (d’après Manethon). De Hyk (= roi, dans la langue sacrée) et Sos (= berger, dans la langue populaire), est venu le nom de Hyksos donné aux envahisseurs. Ils les traitaient encore de “maudits”, de “pestiférés”, de “lépreux”, de “pillards”, de “voleurs”, d’où Sati = archer? … ; en valaf [Sénégal], le mot signifie: voleur. Ils appelaient également les Scythes la “plaie de Schéto”. (Cf. Chérubini, La Nubie, p.34) Les bas-reliefs que nous ont laissés les Égyptiens et qui commémorent les expéditions pharaoniques contre ces plaies mouvantes de l’Asie, figurent, par contre, des personnages dont la différence ethnique avec les Égyptiens est saisissable au premier abord et sans discussion possible. »

Cheikh Anta Diop, “Nations Nègres et Culture” (1979), p.113

 

« En bordure des fertiles campagnes de la vallée, ces Libyens et Troglodytes faisaient figure de voisins faméliques et pillards, toujours guettant l’occasion de razzier les fellahs égyptiens, pacifiques et attachés aux travaux de la culture et de l’élevage. Ils ne furent jamais très dangereux pour les Égyptiens, parce qu’ils n’avaient point encore des montures rapides et capables de porter de fardeaux; l’âne, leur seule bête de somme, ne va pas vite ni ne porte de lourdes charges […] Vis-à-vis de ces nomades, l’Égypte s’en tint donc à une surveillance vigilante, à des opérations de police, auxquelles elle employait les Libyens eux-mêmes; plusieurs tribus, comme celle des Mashaouasha, entrèrent à son service, comme mercenaires; elle recruta de même d’excellentes troupes chez les Mazoï. Les pharaons trouvèrent expédient de s’assurer ainsi contre les risques de vol en payant sous forme de solde, une prime à ces incorrigibles pillards. Ce n’est qu’aux derniers temps de l’empire thébain que les Libyens, groupés en une sorte de fédération et mis en mouvement par les migrations de peuples, devinrent pour l’Égypte un danger sérieux que les moyens de fortune ne suffisaient plus à conjurer. »

Alexandre Moret “De clans aux empires” p.197-198

Zumra Nuru
Captifs eurasiatiques (reproduction d’un bas relief dans le temple d’Ibsamboul – 19e dynastie sous le Fari Ramessu II – dans “Monuments de l’Égypte et de la Nubie” par Jean-François Champollion, volume I)

 

 

En effet, sous le règne du Fari Merenptah en avril 1222 av. J.C. il arriva la première invasion des “peuples de la mer” en coalition avec les Libyens:

« “Jamais le danger ne fut si grand pour les Terres aimées de Râ. Les Barbares du Nord, ceux qui viennent des îles et des terres baignées par la Très-Verte, les Barbares de l’Ouest, ceux qui habitent le désert où se répand le souffle maléfique de Typhon, se sont, pour la première fois, coalisés et, sous le commandement du maudit d’Amon, Meryey, fils du Ded, roi des Libou, ils pénètrent dans le domaine de Horus. Les navires des uns remontent la branche canopique du Nil, les autres, aussi nombreux que les grains de sable du désert, se répandent dans le Delta en direction de Memphis.” […] Les chroniques égyptiennes les décrivent et les montrent comme des individus à la peau et aux yeux clairs, grands, athlétiques. »

Mebarek Slaouti Taklit, “L’alphabet latin serait-il d’origine berbère” p.250-251

 

Ici, le nom original égyptien de Typhon est Seth, celui de Horus est Heru, et celui de Memphis est Men nefer. De plus:

– Les “Barbares du Nord” sont les populations blanches riveraines de la Méditerranée aussi appelés les “peuples de la mer” dont les Lukkas (Lyciens), les Peleset (Philistins), les Shardanes, les Shekelesh (Sicules), les Aqwesh, les Achéens, etc.;

– Les “Barbares de l’Ouest” sont d’autres populations blanches stationnées depuis un moment à l’Ouest du Delta du

Nil qui sont les Lebou et les Meshwesh ou collectivement appelés les Tehemou, les Libyens (à ne pas confondre avec les Libyens noirs – Lebou/Libou noirs – appelés Tehenou).

Diverses représentations des Tehemou-Tamhou dont l'un est saisi (en haut) par Sa Majesté le Fari Ramessu II.

Et tous ces envahisseurs eurasiatiques extrêmement nombreux s’étaient coalisés sous le commandement d’un Libyen du nom de Meryey surnommée “le maudit d’Amon” par les Égyptiens. La bataille dura 6 heures et les ennemis eurasiatiques furent vaincus et massacrés en grand nombre (10.000 morts et 9000 captifs). Meryey s’enfouit en abandonnant ses armes, son trésor, et son harem. Une autre tentative d’invasion se fera plus tard sous le règne du Fari Rammessu III et échouera de nouveau. Durant toute l’histoire égyptienne, les peuples eurasiatiques ont toujours fait des incursions, se fixèrent pendant un temps, puis ont été chassés du pays (les Hyksos par exemple).

 


« Plus d’une fois ces barbares tentèrent de pénétrer violemment en Égypte, attirés par les richesses qui s’y accumulaient, mais presque chaque fois ils ont été, après des rudes combats, complétement défaits et rejetés hors des frontières du pays. Le caractère de ces coalitions des peuples du Nord et de l’Est dans la région du Delta, le caractère féroce des luttes qui s’y sont déroulées, tout en justifiant la fondation de Memphis, comme forteresse avancée, construite pour la sécurité du royaume égyptien, devait éviter toute confusion entre les races qui s’y affrontaient. Il s’agissait de véritables coalitions de races blanches contre la race nègre d’Égypte. »

 

Cheikh Anta Diop, “Nations Nègres et Culture” p.152

 

« Cette coalition de peuples du Nord et de l’Est à l’époque de Mernephtah n’est qu’un épisode de l’histoire égyptienne. Tout au long de cette histoire, il y eut des guerres semblables plus ou moins importantes au niveau de cette région. Mais sauf à la basse époque, les Nègres de la vallée du Nil avaient toujours eu le dessus sur ces barbares. Témoins ces innombrables bas-reliefs figurant des captifs qu’on trouve depuis les innombrables bas-reliefs figurant des captifs qu’on trouve depuis les falaises du Sinaï jusqu’aux temples de Médinet-Abou et de Thèbes, après la Palette de Narmer, c’est-à-dire depuis l’époque prédynastique jusqu’à la XIXe dynastie. De l’aveu même des Libyens, s’il faut en croire le texte égyptien, ils n’ont jamais eu de victoire depuis l’origine des temps, c’est-à-dire depuis le temps de Ra. Aucun fait, aucun témoignage, aucun texte, n’est venu infirmer cette constatation.

[…] L’histoire apprend qu’ils étaient des voleurs faméliques vivant à la périphérie de l’Égypte, dans la région occidentale du Delta; qu’ils ont servi de mercenaires, qu’ils ont été installés dans la région du Delta à la basse époque; qu’ils étaient de race blanche à l’exception des Tehenou, et essentiellement réfractaires à la civilisation au moment où le monde nègre était déjà civilisé. Voilà ce que les documents historiques nous enseignent sur les Libyens en dehors de leur répartition géographique sur la côte septentrionale de l’Afrique donnée par Hérodote.

On peut se demander par suite de quelle invention on a été amené à mettre de tels peuples, différents à tous les points de vue des Egyptiens, à l’origine de la civilisation de ces derniers, au point d’en faire même, comble de contradiction, leur soi-disant cousins sauvages ou moins civilisés. Ces Libyens se fixeront au Delta comme mercenaires avec des lopins de terre attribués par le pharaon, à la basse époque. L’Egypte sera imbibée d’étrangers et c’est à ce métissage que l’on doit le teint relatif du teint des Coptes. »

 

Cheikh Anta Diop, “Nations Nègres et Culture”, p.154 a 157

 

La présence aujourd’hui des populations eurasiatiques arabo-berbères en Afrique du Nord est le fruit des vagues d’invasions successives au fil du temps de ces populations blanches primordiales originaires d’Eurasie (Tehemou et autres peuples de la mer) apparues petit à petit dans le Delta du Nil d’où ils étaient fréquemment expulsés hors d’Égypte puis leur fixation favorisée par les largesses de pharaon en leur distribuant des lopins de terre et par la pression des rapports de force militaires dans la région.

Extrait de la table des nations dans la tombe de Ramessu III (20e dynastie) reproduite par Carl Richard Lepsius dans son "Denkmäler Aus Aegypten Und Aethiopien - Erganzungsband".
Extrait de la table des nations dans la tombe de Ramessu III (20e dynastie) reproduite par Carl Richard Lepsius dans son “Denkmäler Aus Aegypten Und Aethiopien – Erganzungsband”.

 

Dans la série des hommes ici représentée, on a en bas à partir de la gauche l’Égyptien vu par lui-même (A) puis l’homme blanc/l’Européen (B) tel que vu par les Égyptiens, ensuite la représentation des autres Africains qui sont dans le reste de l’Afrique (C) et enfin l’Asiatique (D). La série des hommes en haut représente également les mêmes types de personnages de gauche à droite (A) puis (D) ensuite (C) et enfin (B). Remarquez que l’Égyptien est peint en noir et en brun pour représenter la variété de couleur de peau comme on le retrouve également dans l’ensemble de l’Afrique d’ailleurs. Tous les Africains ne sont pas de couleur “noir charbon” évidement. Cette illustration montre de manière éclatante que l’Égyptien ne s’est jamais vu ni perçu différemment des autres Africains de l’intérieur du continent.

L’homme blanc/l’Européen (B) est l’objet de la remarque de Jean-François Champollion, père de l’égyptologie européenne, qui est présentée précédemment. Il disait aussi:

« […] Je me hâtais de chercher le tableau correspondant à celui-ci dans les autres tombes royales et en les retrouvant en effet dans plusieurs, les variations que j’y observais me convainquirent pleinement que l’on a voulu figurer ici les habitants des quatre parties du monde, selon l’ancien système égyptien, à savoir:

1° les habitants de l’Egypte (…) [A]
2° les habitants propres de l’Afrique, les Nègres; [C]
3° les Asiatiques; [D]
4° enfin (j’ai honte de le dire, puisque notre race est la dernière et la plus sauvage de la série) les Européens [B] qui, à ces époques reculées, il faut être juste, ne faisaient pas une trop belle figure dans ce monde.

[…] Cette manière de considérer ces tableaux est d’autant plus véritable que, dans les autres tombes, les mêmes noms génériques reparaissent et constamment dans le même ordre (…) J’ai fait copier et colorier cette curieuse série ethnographique. Je ne m’attendais certainement pas, en arrivant à Biban-el-Molouk, à trouver des sculptures qui pourraient servir de vignettes à l’histoire des habitants primitifs de l’Europe, si on a jamais le courage de l’entreprendre. »

 

Dans “Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829” – édition 1833, dans la 13e lettre (26 mai 1829)

 

Source: uhem-mesut.com

 

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