Les Jumeaux en Afrique Noire

Les Jumeaux en Afrique Noire: De la réalité scientifique aux croyances populaires

La naissance d’un enfant dans une famille africaine est toujours saluée avec Joie et reconnaissance; reconnaissance envers Dieu et reconnaissance envers les divinités tutélaires de la famille qui a enregistré cet heureux événement. Dans l’Afrique profonde, l’on ne se marie pas seulement pour partager les joies et les peines de son partenaire, mais surtout pour avoir des enfants. Et quand l’enfant venait à manquer, la femme qui dans ces sociétés traditionnelles africaines, est souvent tenue responsable de la stérilité du couple, subit toutes sortes de vexations et d’humiliations.

Si la naissance d’un seul enfant est accueillie avec autant de considération, l’on comprend aisément pourquoi les naissances gémellaires sont traitées avec au tant de délicatesse, d ‘affection, mais également de crainte.

Une crainte qui découle tout naturellement du caractère insolite, voire “extra-ordinaire” de la naissance d’une seule et même grossesse de deux enfants et parfois plus. Cette crainte s’explique d’autant plus que la femme, à l’exception de beaucoup de mammifères qui eux, sont multipares, est généralement unipare. Et c’est ce caractère non habituel et difficilement explicable du mystère qui entoure la conception des jumeaux qui amène le négro-africain à déifier ou plutôt à diviniser ces êtres surnaturels dotés d’un certain pouvoir. C’est pourquoi dans les sociétés traditionnelles africaines, les jumeaux sont souvent invoqués comme une puissance bénéfique, en cas de malheur.

<>Cette vision du monde et des choses n’est d’ailleurs pas spécifique au continent africain. Toutes les communautés humaines ont connu dans leur évolution, cette période où l’impuissance de I’homme devant certains phénomènes, pourtant naturels, ou son incapacité à les expliquer, l’amène à adopter des comportements magico-religieux. De multiples exemples peuvent être tirés de l’antiquité gréco-romaine. La particularité ici, c’est que l’Afrique semble ne pas vouloir sortir de cette période à laquelle beaucoup de peuples ont déjà tourné le dos depuis fort longtemps. Deux raisons fondamentales expliquent cet état de chose. Cela tient d’abord du caractère profondément religieux de l’Afrique et ensuite du bas niveau du développement de la science sur ce continent.

 

  Les jumeaux vus par la science: Science et Gémellité, le mystère s’éclaircit      

Le développement prodigieux de la science a permis de nos jours de reculer considérablement les frontières de l’ignorance. La médecine et les sciences annexes ont beaucoup aidé et aident encore à la connaissance des mécanismes de la vie et à la banalisation de certains mystères de l’anatomie et de la physiologie humaines. C’est ainsi que l’embryologie, bien que science relativement récente, a aidé à lever l’épais voile qui entourait naguère les mécanismes de la fécondation et du développement de l’enfant. L’on sait déjà depuis très longtemps qu’un enfant est le résultat de la fusion d’une cellule mâle ( gamète mâle ou spermatozoïde) et d’une cellule femelle ou ovule. C’est le développement de la cellule issue de cette fusion et appelée à partir de cet instant un zygote, qui aboutit à l’enfant.

Mais les choses ne se passent pas toujours aussi simplement. Il arrive qu’au cours de son développement, cette cellule unique ou zygote, au lieu d’évoluer normalement vers la formation d’un enfant, se divise, pour des raisons encore mal connues de la science, en deux, trois, quatre et plus, donnant ainsi naissance à plusieurs enfants. Selon la logique humaine, cette division devrait donner deux ou plusieurs enfants incomplets et plus petits, puisque résultant d’un seul et même œuf ( zygote ). Il n’en est rien. Par un phénomène de régulation naturelle ( la nature est pleine de ces mécanismes de compensation extraordinaire ), chaque embryon issu de cette division se reconstitue parfaitement complet, bien que de taille un peu plus petit, et évolue normalement jusqu’à maturité. De tels enfants issus d’un même zygote ( monozygotes ) sont appelés de vrais jumeaux. Ils sont toujours du même sexe.

 

  Faux et vrais Jumeaux

A cause de leur même origine biologique, on constate chez les vrais

jumeaux, non seulement une quasi parfaite identité physique, (qui va jusqu’à des empreintes digitales identiques alors qu’habituellement ces dernières servent à distinguer les individus ) mais également une commun communication physique intense qu explique certains phénomènes télépathiques entre les jumeaux monozygotes. Mais il faut souligner que l’identité observée chez les vrais jumeaux n’est qu’apparente. Il y a toujours quelque chose qui les différencie. Ils ne sont identiques que pour les autres, mais pas pour eux mêmes ni pour leur mère. Cette situation s’explique par le fait qu’après la division, un embryon prend toujours un peu plus de place que l’autre et détourne, par voie de conséquence, plus de sang nourricier à son profit.

La situation peut aller jusqu’au vampirisme qui laisse le plus faible exsangue. Ce dernier, très peu viable, meurt avant la naissance ou quelques jours après. Dans certains cas, très rares il est vrai, il arrive qu’après la division de l’œuf, les embryons ne se séparent pas complètement pendant leur croissance. Cela peut donner ce que l’on appelle des monstres ( par exemple un être avec une tête, un thorax et deux paires de jambes ) ou alors ce qu’on appelle des frères siamois ( ou sœurs siamoises ), deux êtres bien constitués, mais reliés par le thorax. Les monstres meurent toujours. Quand aux frères siamois, ils peuvent survivre après leur séparation par des opérations chirurgicales.

La femme, normalement libère à la fois un seul ovule par mois; mais il arrive qu’au cours d’un même mois elle en libéré deux ou trois à la fois. Elle peut également libérer deux ovules à des périodes différentes de la journée ou un ovule par jour pendant deux jours. Dans ces conditions, chaque ovule est fécondé par un spermatozoïde différent. Les deux ou trois œufs s’implantent, indépendamment l’un de l’autre, dans l’utérus et se développent séparément,

 

chaque embryon ayant son propre placenta (enveloppe protectrice et nourricière de l’enfant ). De tels enfants nés d’une même grossesse sont de faux jumeaux. Ils peuvent être de même sexe ou de sexes différents et ne se ressemblent pas plus que des frères et sœurs nés de grossesses différentes.

La science permet de distinguer ainsi quatre types de jumeaux.

1 – Les vrais jumeaux Ils sont issus d’un même œuf ( résultat de la fécondation d’un seul ovule par un seul spermatozoïde ) qui se scinde au cours de son développement, donnant naissance à des enfants identiques de même sexe.

2 – Les demi-jumeaux Ce sont des enfants issus d’un même ovule qui, scindé avant la fécondation selon un phénomène exceptionnel, verra ses deux moitiés fécondées séparément par deux spermatozoïdes différents.

3 – Les faux jumeaux Ces jumeaux sont issus de deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes différents. Ils ne sont jamais identiques et peuvent être du même sexe ou de sexes différents.

4 – Les faux jumeaux de pères différents Si deux ovules sont “pondus” successivement et que, dans le même intervalle de temps, la mère a des rapports sexuels avec deux hommes différents, l’un des faux jumeaux pourra avoir un père et le second un autre père. La ressemblance ici sera encore moins évidente que dans le cas des faux jumeaux de même père. Parce que pareille situation peut conduire à la naissance de deux enfants ( faux jumeaux ) de races différentes, l’un blanc, l’autre noir. Au niveau de la fréquence de jumeaux, on enregistre en moyenne chez l’être humain une naissance gémellaire pour 400 naissances simples.

Bien que la science n’ait encore pu nous fixer sur le caractère racial ou héréditaire de la gémellité, on constate une certaine prévalence chez les Africains et aussi dans les familles de jumeaux. En Afrique, c’est le Nigéria qui vient en tête avec 4,5 % de naissance double. Mais il faut souligner à ce niveau que les naissances de vrais jumeaux ne représentent que 0,5 % seulement du total. Pour les scientifiques, les jumeaux sont des enfants normaux comme tous les autres enfants. Bien que les communications télépathiques puissent être plus intenses entre certains vrais jumeaux, ces derniers ne sont ni plus doués que les autres, ni surnaturels.

 

      
 

  Les jumeaux face aux religions : Dieu reconnaît les siens

La science et la religion partagent les mêmes points de vue sur le naissances gémellaires mais pour des raisons différentes. Si pour la science, la conception des jumeaux s’explique tout naturellement par le jeu des divisions cellulaires; et de fécondations multiples (ce qui enlève aux jumeaux tout caractère de supériorité et toute ” surnaturalité ” ), pour les religions mono théistes révélées, les jumeaux sont comme tous les êtres animés ou inanimés, des créatures de Dieu, et en tant que telles, ces jumeaux ne peuvent bénéficier d’aucun culte. L’on sait que dans les sociétés traditionnelles africaines où les jumeaux sont élevés au rang de divinité, un jumeau qui meurt est obligatoirement représenté sous une forme humaine, par une statuette en bois à laquelle on fait des offrandes ( voir plus loin les cérémonies des jumeaux).

En Afrique, les religions révélées n’observent pas la même fermeté vis-à-vis de ces représentations. L’Eglise catholique africaine semble adopter dans certains pays subsahariens, une certaine attitude de tolérance à ce sujet. En effet, pour l’Eglise catholique, tant que cette statuette peut être une représentation parfaite de l’être disparu, tant qu’elle peut être regardée comme un souvenir et tant qu’elle peut être considérée comme objet d’admiration, tant qu’elle ne sera pas considérée comme un objet de culte, elle peut être non pas recommandée, mais tolérée. Cela procède de la logique qui veut que les saints, la Vierge Marie et Jésus-Christ soient représentés dans les églises aux fins d’admiration, de contemplation et de souvenir.

Il faut toutefois faire remarquer que l’Eglise catholique préfère de loin les photographies comme objets de souvenir aux représentations sculptées, surtout en ce qui concerne les êtres disparus. Ainsi, pour la plupart des confessions chrétiennes, la Bible interdit toute représentation et aucun chrétien n’est autorisé à représenter qui que soit et pour quelque raison que ce soit. C’est la même attitude qui est adoptée par l’Islam. Mais au-delà de ce que prescrivent les Livres saints, il faut chercher à cerner les réalités quotidiennes des hommes et composer avec la culture d’origine de l’homme et surtout avec la faiblesse humaine. Malgré leur attachement à l’Eglise ou à l’Islam, certains chrétiens ou musulmans, devant des difficultés insurmontables, vont chercher en cachette, consolation et réconfort dans les pratiques religieuses traditionnelles.

C’est ainsi que certains chrétiens et musulmans jumeaux gardent en cachette une statuette représentant leur second disparu. Au cours de notre enquête, certains chrétiens nous ont avoué que non seulement ils ont les représentations de leurs frères disparus, mais qu’ils les invoquent en cas de malheur et que le plus souvent, ils obtiennent satisfaction. Comme on le voit, le phénomène de syncrétisme religieux est en Afrique noire, une réalité d’autant difficile à combattre qu’il se manifeste le plus souvent dans l’intimité d’une concession ou d’une chambre.

 

Les jumeaux dans la cosmogonie négro-africaine

Dans les civilisations négro africaines, les jumeaux, signe évident de la fécondité, représentent un symbole: le symbole du couple. Le couple selon les imageries populaires serait à l’origine de l’ordre du monde; Et dans beaucoup de légendes africaines relatives à la création de l’univers et à l’organisation du monde, on retrouve la notion du couple. Ainsi chez les Fon du Bénin, Nana Buluku; la mère primordiale donna naissance aux jumeaux Mawu et Lissa. Et c’est de ce couple que naquirent les quatorze divinités ( vodu ) qui reçurent, en partage le gouvernement du monde chacun dans son domaine spécifique Chez les Bambara et les Dogon du Mali, c’est de la naissance d’un couple de jumeaux qu’est apparu l’ordre cosmique. Mais ce couple organisateur du monde que sont les jumeaux n’a jamais connu et ne connaît d’ailleurs pas le même traitement de la part de diverses tribus africaines.

Envers les jumeaux, les attitudes varient d’une tribu à une autre. Mais nulle part, les sentiments ne sont simples. Chez certains peuples noirs, les jumeaux son accueillis avec joie sur un fond de crainte. Chez d’autres, c’est avec la crainte sur un fond d’admiration Comme le souligne Geoffrey Parin der dans “La religion en Afrique- occidentale”, si bien disposés pour les enfants que soient les Africains de l’Ouest, si bons, si indulgents qu’ils se montrent envers eux, la naissance de jumeaux a cependant été regardée par beaucoup de tribus comme dangereuse, et par conséquent à supprimer pour éviter que la collectivité en pâtisse. Certains voyaient là une déchéance ramenant la race humaine au niveau de l’animalité, où les portées sont habituellement collectives. Au Sud-Est du Nigéria, chez les Ibo par exemple, on plaçait les jumeaux nouveau-nés dans des peaux d’animaux et on les abandonnait dans la forêt.

Toujours au Nigéria, mais chez les Yoruba, on exposait les jumeaux dans des vases à eau. Chez les Ashanti, les jumeaux royaux étaient tués alors que les jumeaux des sujets prenaient place dans la maison du roi ou du chef, comme domestiques ou femmes. Par contre chez les Fon, chez les Bariba et chez les Ewé du Togo, les jumeaux étaient et sont encore très vénérés. Mais malgré cette vénération des jumeaux et la considération dont jouissent leurs géniteurs dans le milieu Fon, ceux-ci sont frappés d’interdits.

 

        Les cérémonies des jumeaux      

Ces interdits aux fondements difficilement explicables, découlent presque toutes de considérations aussi superstitieuses les unes que les autres, dont l’absurdité n’a d’égal que leur irrationalités Ces considérations sont étroitement liées aux explications tout aussi irrationnelles que l’on donne à l’origine des jumeaux en tant que divinité. Au sud-Bénin comme au sud-Togo, la tradition raconte que les jumeaux ont pour compagnons des génies semblables à ceux qui animent les petits singes roux appelés en langue Fon ” Zio ou Zin “. C’est pourquoi il est interdit aux jumeaux de consommer la viande de cet animal ou de lui faire la chasse. C’est aussi la raison pour laquelle dans tous les noms de jumeaux, il y a la racine ” Zin “. Mais pourquoi c’est le singe plutôt qu’un autre animal qui symbolise les jumeaux ? Plusieurs mythes communs aux peuples du sud-Togo et du sud-Bénin l’expliquent.

On raconte qu’un jour, un grand chasseur de renom partit à la chasse laissant à la maison sa femme qu attendait un enfant. Au cours de sa randonnée, il aperçut un groupe de singes. Il visa et tira sur l’un d’entre eux qu’il blessa grièvement au ventre. Comme les singes vont toujours deux à deux, son compagnon se saisi de lui et disparaît dans la forêt. Le chasseur chercha en vain sa proie. Il regagna bredouille son domicile Mais il eut .la surprise de voir sa femme accoucher de deux jumeaux dont l’un portait au ventre une plaie semblable à celle que sa balle avait provoquée au ventre du singe. Il corrut voir le devin pour consulter les oracles.

Et le jumeau blessé répondit par la voix des oracles: “j’allai tranquillement mon chemin quand mon père m’a tiré dessus”. Le chasseur fit aussitôt le rapprochement entre sa mésaventure de la chasse et ce qui est arrivé à son enfant. A compter de ce jour, on comprit qu’il y avait un lien entre les jumeaux et les singes. Pour Dagbo Hounon, chef suprême des cultes traditionnels du Bénin, depuis la nuit des temps, on a remarqué que les singes vont toujours deux à deux et ils ont des comportements semblables à ceux des humains. On a aussi noté que quand un géniteur de jumeaux fait du mal à un singe, cela se répercute sur l’un de ces enfants. C’est pourquoi les ancêtres ont conclu que les singes sont des jumeaux et que tous les jumeaux et géniteurs de jumeaux devraient les protéger.

Quant à M. Cosme Gankpa, président de l’Association des jumeaux du Bénin, dans l’ancien temps, deux villages voisins étaient séparés par une forêt peuplée de singes. Pour se rendre au marché dans l’un ou l’autre des deux villages, il fallait traverser cette forêt. Mais les femmes avaient remarqué que pendant la traversée, les singe, du haut du des arbres, leur piquaient les marchandises qu’elles portaient sur la tête. Ces comportements surprenants des singes avaient amené les anciens des deux villages à consulter les oracles. Ils apprirent des oracles que ces singes étaient des fétiches ( jumeaux ) auxquels on doit faire des offrandes. Il avait donc été demandé à toutes les femmes de jeter des vivres dans la forêt en offrandes aux fétiches jumeaux ou singes, chaque fois qu’elles passaient par là.

La légende raconte aussi que les femmes qui le faisaient avec joie, vendaient très bien leurs marchandises. C’est ainsi que les Jumeaux sont athymies aux singes et considérés désormais comme des divinités. Mais comment se font les cérémonies de ces divinités ? Rarement, on connaît l’existence des jumeaux avant l’accouchement. Cependant, il arrive qu’au cours d’une consultation de circonstance destinée à faire connaître les risques éventuels que court la femme enceinte, on découvre que cette femme porte en son sein deux enfants. Les parents et toute la famille qui doivent garder cette information secrète, sont néanmoins invités à se préparer en conséquence pour bien accueillir les jumeaux. Il faut remarquer que cette consultation prénatale des oracles se fait de moins en moins en ville mais s’observe encore dans les villages. Il y a trois sortes de cérémonies obligatoires: la sortie des jumeaux après la naissance, ” le retour de la forêt” et la cérémonie consistant à ” aller au marché “.

 

  La sortie des jumeaux      

A la naissance des jumeaux, la mère doit garder la chambre pendant un certain temps, trois jours à trois mois, selon la tribu. Dans sa chambre, la mère de jumeaux est réchauffée par un feu où brûlent deux grosses bûches Jusqu’à la cérémonie de sortie des Jumeaux présidée par une vielle, mère de jumeaux, il lui est interdit de porter les enfants, de sortir de la concession excepté pour les besoins pressants. Le jour de la cérémonie de sortie, le père des jumeaux apporte de la farine de mais, deux bouteilles d’huile de palme, deux bouteilles de boisson alcoolisée (sodabi), deux calebasses, deux poulets, deux nattes, deux jarres, quatre mètres de tissu. De la farine de mais mélangée à de l’huile de palme est déposée le long du seuil et une petite quantité sur la tête des jumeaux. Ces derniers, placés chacun dans l’une des deux calebasses, sont remis à leur mère. Celle-ci est alors conduite à la porte; elle touche le seuil successivement du pied droit et du pied gauche sept fois, enjambe en même temps et le seuil et le filet de farine rouge, puis sort avec les jumeaux dans les calebasses.

L’efficiente fait asseoir la maman, fait coucher chaque enfant sur une natte étendue à même le sol et recouverte de pagne. Ensuite elle prend les enfants, les remet à leur mère, les reprend et les fait coucher de nouveau sur les nattes. Ce geste est répété trois fois, puis commencent les réjouissances et les dons aux nouveau-nés. Ces dons sont répartis en deux parts inégales: la plus grande va à la mère des Jumeaux, I autre a la présidente. A partir de ce jour, la mère des jumeaux peut s’adonner à toutes les activités, aller partout, sauf au marche. Ces cérémonies ne peuvent être organisées n’importe quel jour, mais seulement les jours fastes: le dimanche, le lundi, le mercredi ou le jeudi.

 

Le retour de la forêt

Cette cérémonie consiste à faire venir les jumeaux de la forêt à la maison. Tout commence par une consultation des oracles pour savoir le quelle forêt proviennent les jumeaux nouveau-nés. Une fois la forêt désignée, on s’y rend, généralement trois mois après a naissance, avec de la kola, de ‘huile de palme, de la boisson alcoolisée, des épices et des poulets. Celui qui est désigné pour appeler les jumeaux se met devant et à haute voix, il se met à interroger les jumeaux: comment ils sont arrivés, ont-ils apporté le bonheur ou le malheur, quelles sont leurs premières volontés, etc… C’est l’oracle ou le prêtre qui est leur porte-parole. Dans certaines régions où il existe les singes, au cours de cette cérémonie, on doit nécessairement apercevoir un singe, on pousse alors des cris le joie, et les cérémonies commencent par des libations, devant deux monticules dressées pour la circonstance.

La vue du singe signifie que les jumeaux ont accepté de rentrer à la maison. Le prêtre cueille ensuite sept espèces de feuilles spéciales. De retour au village, il creuse un troués de la case de la mère, y enterre es feuilles, dresse dessus une monticule de terre sur laquelle il pose un pot jumeau en terre cuite. On y verse le l’huile de palme, du haricot préparé, du sang de poulets immolés. Le prêtre vient ainsi d’installer l’autel des jumeaux où la mère doit faire, tous les vendredis, des sacrifices ou out au moins déposer des offrandes. Voilà pourquoi quand un jumeaux meurt, on ne dit jamais qu’il est mort, nais qu’il est retourné à la forêt ou u’il est allé chercher du bons. Afin de réduire les dépenses, cette cérémonie peut s’organiser le jour de a sortie des jumeaux.

Dans certaines tribus, elle est doublée d’une autre appelée cérémonie de purification destinée à laver les parents de toutes s souillures et de toutes les malédictions dont ils sont supposés couverts par la naissance des jumeaux. C’est ‘occasion de réconciliation pour toute la famille car on suppose que les jumeaux, symboles de couples parfaits, n’acceptent pas de vivre dans un milieu où règne la discorde. ,t quand il n’y a pas d’entente parfaite entre tous les membres de la famille, ils retournent à la forêt.

Il faut signaler que même si l’un u les deux jumeaux meurt avant ,cette cérémonie, elle a quand même lieu. Dans ces conditions, le ou les jumeaux disparus est ou sont représentés par une ou deux reliques en ois sculpté.

 

La sortie des jumeaux au marché      

Cette cérémonie, onéreuse, se fait cinq mois après la naissance ou plus tard. Les parents doivent disposer l’une quantité importante de cauris, l’une pièce de percale, quatre bouteilles d’huile de palme, vingt litres le boisson alcoolisée ( sodabi ), deux bouteilles de boisson alcoolisée m portée, vingt-et-un ( 21 ) poulets, m peu de tous les fruits tropicaux, les épices, des noix de kola, une quantité importante de niébé. Le jour du marché, on rase la tête ,deux jumeaux et à leur mère. La mère vêtue d’un pagne de raphia ou d’un pagne en coton tissé artisanalement, porte un plateau ou une grande calebasse contenant quatre petites calebasses.

Chez les tribus où cette cérémonie est simplifiée, seule la mère des jumeaux accompagnée d’une vieille, mère de jumeaux, pénètre dans le marché. Elle achète dans les petites calebasses un peu de tout ce qui se mange et revient au cortège – qui attend à l’entrée du marché. Ailleurs, tout le cortège composé des membres de la famille, d’autres mères de jumeaux, accompagnent, avec chants et cris de joie la mère des jumeaux. Les jumeaux eux-mêmes sont portés au dos par deux mères de jumeaux. Mais s’ils peuvent déjà marcher, ils se placent tout juste derrière leur mère. Le cortège fait trois fois le tour du marché, puis il se regroupe au pied du dieu Aïzan qui trône au milieu du marché ou non loin de là. On fait des offrandes à ce dieu et les mères de jumeaux se partagent les nattes, une pièce de tissu et certains autres objets. Les jumeaux et leur mère retournent ensuite au marché et font le tour des étalages pour la grande collecte.

 

Devant chaque marchand, la mère ou une accompagnatrice dit: “les jumeaux vous demandent l’aumône”. Et sans attendre la réponse du marchand, elle prélève une petite quantité de la marchandise exposée. Cette collecte peut durer toute une journée. n faut remarquer qu’aucun marchand ne s’oppose à ce prélèvement. Ce qui est prélevé est d’ailleurs considéré comme offrande au dieu incarné par les jumeaux. La collecte terminée, la mère et les enfants rejoignent le cortège pour le partage. Une partie de la collecte va au dieu Aïzan, une partie à l’autel des jumeaux à la maison et le reste est partagé entre les mères de jumeaux.

C’est seulement après cette cérémonie que la mère des jumeaux pourra aller librement au marché. Il est évident que ces cérémonies ne se font pas exactement de la même manière partout. Des différences s’observent d’une tribu à une autre. Ce qui est important à retenir, c’est que dans toutes les tribus concernées par le culte des jumeaux, les parents sont contraints d’observer certains interdits et de s’adonner à certains rites. Mais quelles que soient la nature et la diversité de ces cérémonies,

 

deux constantes sont retenues: I’autel des jumeaux et les statuettes représentant les jumeaux défunts. Au-delà de toutes les considérations superstitieuses et des manifestations folkloriques qui entourent les cérémonies des jumeaux, I’on doit se poser des questions sur certaines coïncidences troublantes. Un vrai jumeau raconte qu’après un séjour de cinq ans en Europe, il avait décidé de rentrer. Mais le jour de son retour, il avait été surpris de voir son second porter le même costume que lui alors qu’ils ne s’étaient pas concertés. Simple fait du hasard ? C’est possible. En Amérique, Jim Lewis et Jim Springer, deux vrais jumeaux séparés depuis 1940, se sont retrouvés 39 ans plus tard en 1979. Ils avaient chacun un chien nommé Toy et fumaient la même marque de cigarette.

Monsieur Cosme Gankpa, président de l’Association des jumeaux du Bénin raconte qu’en 1955, pendant qu’il était en activité dans une huilerie, il s’était blessé un jour au doigt. Mais quelle ne fut pas sa surprise en retournant à la maison, de constater que la statuette qui représentait son frère défunt avait eu le même doigt cassé. Si les deux premiers cas peuvent s’expliquer par le phénomène des communications télépathiques, la question reste posée pour le dernier cas. Les règles appliquées aux humains peuvent-elles également s’appliquer aux objets ? Seuls les parapsychologues peuvent répondre à cette question.

Souma la MAMA Bibfiographie —La Voix de St Gall: N&deg; 22 Année 1971 —Geoffrey Parinder: La religion en Afrique Occidentale Payot—Paris 1950 —Etudes dahoméennes (Nouvelles séries). N&deg; 18—19 juillet – octobre 1970 —La Récade N&deg; 7 de juin 1990

 

 
 


 

 

 

De la conception des jumeaux (“venavi”) chez les Mina du Bas-Togo

Chez les Mina, les jumeaux sont des êtres au-dessus du communLa gémellité n’est pas un phénomène biologique comme le conçoit la pensée. Elle n’est pas seulement le résultat de la fécondation de deux oeufs ou la conséquence d’un phénomène de polyembryone. Les Jumeaux sont des êtres au-dessus du commun. Ils sont considérés avec un certain respect et une certaine crainte, crainte et non peur parce que ce sont des êtres qui peuvent vous être bénéfiques ou maléfiques selon que vous vous faites ou non le devoir de leur rendre tout ce dont ils doivent être nantis. Etant donné ce qu’ils sont, qu’ils soient des êtres extraordinaires, nous en avons la preuve qu’ils portent des prénoms que seuls des jumeaux peuvent porter. Quand ils sont deux garçons, ils s’appellent Akouété et Akouètè; deux filles prendront les prénoms d’Akoko et Akouélé; une fille et un garçon, Akouété et Akouélé. Y-a-til des triplés ? Dans le cas où on a deux garçons et une fille: Akouété, Akouètè et Akouélé, deux filles et un garçon Akoko, Akouélé et Akouété; trois garçons: Akouété, Dométo, Akouètè… trois filles, Akouélé, Dométo, Akoko. Entre les jumeaux, l’aîné est celui qui, chronologiquement, doit être considéré comme le cadet c’est – à dire celui qui a vu le jour le premier Pourquoi ? Eh bien parce qu’ils sont sur le chemin de la vie et par souci d protection, I’aîné se fait précéder toujours par le cadet de sorte qu’il est sous bonne garde pour le cas où il doit lui arriver un malheur. Il y a d’ailleurs un dicton qui dit littéralement: “Le serpent ne mord pas l’enfant sous les yeux de sa mère”. Quand il y a un danger qui menace le cadet c’est du devoir de l’aîné de le défendre, c’est pourquoi il le fait aller devant pour pouvoir le surveiller comme il se doit. Il semble ici que la pensée va jusqu’à instaurer même au niveau d’un phénomène purement biologique une hiérarchie de valeurs morales avec tout ce qui en découle

comme devoirs et droits. Les jumeaux semblent dans cette optique constituer une communauté et comme dans toute communauté, il y a un supérieur et un ou des inférieurs, chacun ayant un certain nombre de prescriptions à respecter. Les valeurs dans cette mesure ne pénètrent-elles pas le biologique et le problème des valeurs vitales tel qu’il se pose dans certaines philosophies a-t-il encore ici la même acuité ? Ne pourrait-on pas dire, du moins en ce qui concerne l’homme, que la vie n’acquiert pas une valeur mais qu’elle ne saurait se définir simplement comme un phénomène purement biologique ?

La vie n’est pas ici un simple phénomène d’assimilation et de désassimilation; sa définition doit intégrer les valeurs qui se développent au cours de l’existence car elles sont en puissance, à l’état latent dans l’être dès qu’il vient au monde. Une autre application que l’on donne de cette conception est que celui des jumeaux qui vient au monde le premier est un messager. Le plus jeune est envoyé en éclaireur par son aîné. Il est envoyé, dit-on, pour annoncer l’arrivée prochaine de son second et aussi savoir si le monde, le milieu dans lequel ils vont faire leur entrée est ce qu’il faut. Ici encore, nous retrouvons une des valeurs de la vie sociale transplantée dans le domaine d’un phénomène qui, pour la pensée occidentale, est essentiellement biologique. En effet, quand on va dans un milieu, surtout quand on est une personne de certaine considération, on doit toujours se faire annoncer par un messager.
       Interdits et cérémonies      

Ces jumeaux (“venavi” ou “venovi”) sont considérés comme étant des singes. S’agit-il simplement d’un rapport de symbolisé au symbole ? Nous croyons qu’il y a plus. La relation semble plus profonde et non d’imitation. Ainsi on entend dire communément d’un venavi qu’il a un regard de singe parce qu’on croit qu’il est cela même. L’explication d’une telle croyance, nous la trouvons dans des légendes dont voici une. Un jour, un chasseur va en brousse. Sa femme venait d’être mère de “venavi”. Dans la brousse, il assiste à un spectacle qui lui permet d’assurer une vie tranquille à ses enfants.

En effet, il avait vu des singes qui étaient entrain de procéder à des cérémonies pour des jumeaux. Alors il comprit que ses enfants étaient de la “race” des singes et de retour chez lui, il fait les mêmes cérémonies. Depuis ce temps, d2une façon générale, on fait ces cérémonies pour les jumeaux afin de préserver leur vie et d’assurer à eux et à leurs parents une certaine paix dans leur existence. Que les jumeaux soient considérés comme des singes, cela est encore plus remarquable chez les Fons du Dahomey (voir en page 17, le texte ” Les jumeaux en Afrique noire ” ). Les jumeaux ont ici pour nom “Ezin” et “Ezinsè”. Or le singe a pour nom chez eux Zinho. Il découle de tout cela un certain nombre d’interdits non seulement pour les “venavi” mais aussi pour leurs parents. Un “venavi” ne peut ni tuer ni manger le singe. Ce serait manger ou tuer son frère. Ces interdits sont valables comme le montre la légende suivante.

Un père de famille part au champ le fusil sur l’épaule. Arrivé au champ, il se trouve devant un spectacle écœurant: des singes sont entrain de saccager son champ de maïs. I] épaule son fusil, tire et en abat un Quelques temps après, un messager arrive lui annoncer qu’un de ses “venavi” vient de mourir subitement et sans raison apparente. Mais comme les gens ne meurent jamais ici d’une mort naturelle, on va consulter les noix sacrées. Le “kpoli” que l”‘afan” donne c’est “ce bété”: i] y a mort subite. Une mort qui a déjà eu lieu ou une mort à venir ? Une mort passée.

On pose d’autres questions à “Afan” qui répond et finalement dit que la mort de l’enfant a pour auteur le père. Comment cela ? Il faut maintenant demander à “Afan” de dire en quoi le père est responsable de la mort de son fils. On arrive ainsi à voir qu’il avait tué au champ sans le savoir, son fils en tirant sur un singe. Quand le “venavito”, le père de jumeaux va au champ, s’il voit des singes entrain de saccager ses maïs, il ne lui reste plus qu’à les chasser tranquillement s’il ne veut pas faire tort à ses enfants. En quoi consistent les cérémonies qu’il faut en général faire aux “venavi” ? Elles consistent essentiellement à leur élever un temple, un autel (“Woa do sinupe ne venaviwo”. Donner aux “venavi” un lieu où ils iraient boire).

Cette cérémonie demande l’achat d’un certain nombre d’objets dont deux pots (deux parce que les objets doivent être toujours pairs). Il faut aussi des haricots, de l’huile de palme et certaines herbes, en général des “ama fata”. On distingue deux groupes d’herbes: les “ama fafa” et les “ama zozo” littéralement les herbes froides, calmes, pas méchantes et les herbes chaudes. Sans approfondir, on peut les distinguer en disant que les unes provoquent des actions douces tandis que les autres ont des effets violents. Les “ama fafa” n’ont en général pas d’épines tandis que les “ama zozo” en portent. Il faut ajouter à tout cela un morceau de peau de singe. Les cérémonies, en général, doivent être exécutées, une fois tout rassemblé par les parents, par un autre venavito. Elles ont pour rôle d’assurer la paix en tout point de vue, paix matérielle comme spirituelle, aux “venavi” d’abord, aux parents ensuite. Pour les parents qui ne font pas ces cérémonies à leurs enfants, si, par exemple, la mère est vendeuse, son commerce ne prospèrera pas et si le père est fonctionnaire, son avancement sera lent et il aura des ennuis fréquents avec ses supérieurs.

 

  Les jumeaux, des génies ?

Ces cérémonies intéressent également les deux enfants qui suivent les jumeaux car ces derniers sont eux aussi plus ou moins mis sur le même plan que les “venavi” eux-mêmes. Comme ces derniers, ils portent des noms bien déterminés. Le garçon ou la fille qui vient directement après les “venavi” a pour prénom “Edo”, le garçon qui naît après Edo s’appellera Dossè et la fille, Dopé. Edo, Dossè et Dopé font, si on peut dire, partie de la communauté que constituent les “venavi” et ils viennent fermer la marche, “fermer le trou” comme le dit littéralement 15expression mina ayant rapport à leur naissance: “edo tutu”—fermer le trou. Il semble effectivement qu’il y ait ici une faille que l’on doit combler. En effet, en général, les noms se donnent chez les Mina selon le rang de la naissance. Chez les “Tougban” par exemple, le premier garçon est soit Foli ou Ecoué selon que le père est lui-même Ecoué ou Foli. Prenons un père Ecoué, ses enfants à supposer qu’ils soient garçons auront pour nom Foli, Kanyi, Messan, Anani, Tété, etc… (Nous ne rentrons pas ici dans les subtilités et les distinctions. Nous aurons certainement à revenir sur ce problème ailleurs). Supposons que ce père ait, après Foli, deux jumeaux. Ils auront pour nom Akouété et Akouètè s’ils sont des garçons. Si après eux nous avons deux garçons, ils auront pour nom Edo et Dossè et non Kanyi et Messan. Ce n’est qu’après avoir terminé avec la “race” des “venavi” que, s’il y a un autre garçon, il s’appellera Kanyi. L’autel élevé pour les “venavi” est un lieu sacré qui doit faire l’objet des soins des parents. La mère doit périodiquement y faire quelques petits sacrifices. Par exemple elle n’oubliera pas aux moments des prémisses d’y offrir aux “venavi” et à leurs Edo (c’est-à-dire Edo, Dossè, Dopé) les premières récoltes de mais ou d’igname. Ce temple est un peu comme le domicile du sê des “venavi”, un lieu de sécurité, un chez soi qui leur évite d’errer comme le fait en général les singes. C’est pourquoi il est interdit de prendre quoi que ce soit sur cet autel. Celui qui vole de l’argent par exemple, deviendra un cleptomane. Il faudra des cérémonies d’exorcisation pour le guérir de ce mal. Les jumeaux sont des vaudou, des génies, des esprits protecteurs qui peuvent être méchants si on les contrarient. Ils ont la faculté de voir l’invisible. On considère en général leurs dires et leurs rêves comme annonçant des événements futurs. Et dans les cas où ces événements sont des événements néfastes, on prend les précautions nécessaires pour y parer. Ainsi les jumeaux ne doivent prononcer de malédiction contre qui que ce soit car ils risquent de lui porter malheur. On sait que le verbe comme l’indique Janheinz Jahn dans son Muntu       ne fait pas qu’appeler les choses, il les engendre. Le verbe a une puissance créatrice. Il sufffit de dire, d’appeler et de vouloir faire ou être pour que l’appelé soit. La parole ici est toujours efficace surtout quand cette parole est prononcée le matin de bonheur sans avoir fait sa toilette.

 

  Mort et réincarnation du jumeau

 

Nous avons dit plus haut que les jumeaux constituaient une sorte de communauté. Il faut dire qu’il y a une solidarité très grande entre eux. En effet, on pense que quand un des Jumeaux vient à mourir, le vivant peut être “appelé” dans l’au-delà par son frère défunt. Il faut des pratiques spéciales pour éviter que le second jumeau ne subisse le même sort que son frère. Dès la mort d’un des jumeaux, on doit avant l’enterrement et devant la bière du défunt donner des coups de bâton au survivant et à ses frères ou sœurs (Edo, Dossè et Dopé). Une telle pratique est nécessaire pour éviter que le défunt n’interprète pas après son enterrement les corrections que l’on pourrait ultérieurement donner à ses frères et sœurs pour des actes de méchanceté; ce qui pourrait le décider à “appeler” son frère jumeau et les Edo qui lui auraient survécu. Le jumeau décédé se rendra compte ainsi quand il y aura des corrections de quelque type que ce soit, qu’il ne s’agit pas d’actes que l’on fait parce qu’il n’est plus là. On les fait devant ses yeux, il n’y aura plus d’ambiguïté. On ne lui fait plus des méchancetés que les vivants s’imagineraient lui faire dans le dos puisque lui, il est là. Il n’est pas mort, il est allé chercher du bois de chauffage. D’ailleurs, il ne faut pas dire que le jumeau décédé est mort, il faut dire qu’il est allé chercher du bois mort pour faire le feu.

Dire qu’il est mort pourrait aussi être la cause de la mort du survivant car ce dernier a, lui aussi, un attachement si grand pour son frère qu’il peut avoir envie de le rejoindre. Alors il dépérirait et finalement mourrait de chagrin. Ceci n’est pas aussi vrai pour les Edo que pour les jumeaux eux-mêmes. Ces pratiques ne suffisent pas. Après l’enterrement, les parents doivent réincarner le défunt. Comment se fait cette réincarnation ? On rencontre souvent sur le marché des artisans qui vendent des statuettes de bois. Les parents en achètent une ou la font faire sur commande. Si le défunt est un mâle, la statuette doit représenter un homme et s’il s’agit d’une femelle une fille. Au cours d’une cérémonie, on invoque le défunt et on opère ainsi la réincarnation. Cette statuette réincarnée, le “venavi djodjo”, prendra le nom du défunt. Elle aura pour nom, Akouété, Akouètè, Akoko ou Akouélé selon que le défunt est l’une de ses quatre personnes. Remarquons qu’en général si c’est Edo, Dossè ou Dopé qui venaient à disparaître, on ne procède pas à la réincarnation.

La cérémonie des coups de baguette devant le cercueil du défunt semble ici suffire. Cette statuette fait l’objet de tous les soins de la part des parents ou du jumeau survivant si ce dernier est adulte. On l’habille comme une personne vivante: robe, perles, bracelets, boucles d’oreille. On lui fait prendre périodiquement son bain. Aux heures de repas, on le met à table: on lui met son repas dans une assiette ou par terre. Et à la fin du repas, on débarrasse la table et on la replace au lieu habituel où on va la coucher. On voit même des mères qui, pour ne pas provoquer la jalousie du défunt, porte au dos le jumeau survivant et devant le “venavi djodjo”. Oui cette jalousie est à redouter car les morts ne sont pas morts, ils sont souvent dans le “yo homé”, la case des ancêtres où I’on enterre les restes c’est-à-dire les cheveux et les ongles (on coupe seulement une petite partie) de tout défunt appartenant à la famille, au clan. D’ailleurs cette jalousie peut se manifester déjà quand les deux jumeaux vivent.

C’est une jalousie qui ne se manifeste que de façon invisible c’est-à-dire qu’elle pourrait être la cause profonde et cachée de malheurs qui tomberont sur la tête des parents s’ils manifesteraient quelque préférence pour l’un des jumeaux. Or les jumeaux ne peuvent admettre que l’on mette quelque différence entre eux. Ainsi, pour ne pas avoir à faire face à la colère ou à la jalousie des “venavi”, la mère achète toujours une paire de tout objet qu’elle entend offrir à un jumeau. Souvent même quand ce sont les deux jumeaux qui sont défunts, les parents les réincarnent et prennent d’eux les mêmes soins que s’il s’agissait d’un seul. Dans ce cas, il s’agit pour eux de leur faire voir qu’ils ne les ont pas oubliés et ainsi s’attirer leur faveur. On les invoque souvent pour que leur intervention rende favorable toute action que l’on entreprend. Ainsi le “Bokonon” qui va faire une cérémonie invoque au nombre des dieux les “venavi”, eux qui sont sortis d’un seul œuf, eux qui sont surnaturels, eux qui peuvent changer le cours des choses.

Les jumeaux sont ainsi l’un des appuis invisibles de la famille et même de la société, car ici l’invisible joue un rôle diffus mais un rôle important. Les jumeaux sont aimés et redoutés car ils ont des pouvoirs que nous pouvons qualifier de graves. Telle est la conception des jumeaux chez les Mina. Les jumeaux sont des êtres extraordinaires (ne sont-ils pas sortis d’un seul œuf et ne sont-ils pas singes ?); des êtres entretenant des relations avec l’invisible et qui, dans cette mesure, peuvent être favorables ou détavorables; ils sont des “vaudou”, des dieux, et doivent être l’objet de certaines pratiques. Conception absurde non ? Peut-être pas. La pensée ne semble pas être univoque mais plutôt multivoque. L’absurdité dans cette mesure ne peut se trouver qu’au sein d’un type de pensée et non dans un type de pensée, par rapport à un autre. La gémellité est un phénomène biologique mais ne pourrait-on pas entrevoir ici que d’une part dans cette pensée il y a cette exigence que la pensée ne saurait pénétrer que ce qui lui est analogue et d’autre part que la cause matérielle n’est ~ essentiellement cause et qu’il faut remonter plus loin que les apparences ? La cause, la seule qui mérite vraiment le nom de cause semble être ici la cause volontaire.

 

 Quelques interdits et obligations des jumeaux en pays éwé

La naissance de jumeaux dans une famille est généralement considérée comme une bénediction divine, une insigne faveur qui engendre vis-à vis des jumeaux et des autres personnes des obligations et des devoirs. De tous les devoirs, il y a celui primordial d’élever les enfants avec sollicitude , de les vénérer par des offrandes régulières notamment les vendredis. Les parents devront veiller à ce que à ce que ren ne manque aux enfants en leur offrant quelque chose. Ils veilleront à ce que les parts soient toujours égales : toujours les mêmes habits, les mêmes couleurs autrement celui des deux jumeaux qui de trouve lésé pourrait se fâcher et ” partir” (mourir) Même si un jumeaux est décédé, on doit toujours réserver à la statuette du défunt tout ce qu’on offre au jumeau resté en vie. La conduite des parents dans le foyer doit être exemplaire : pas de disputes ni de fâcheries.

Ils y sont tenus , car ils risquent, autrement de perdre leurs enfants. Ils devront se contenter de peu et ne jamais de plaindre. Quand ils sont pauvres ils ne doivent jamais le dire ; au contraire, ils diront : “Nous sommes riches ou nous sommes dans l’abondance”. De même, il vaut mieux pour eux de dire : Nous sommes rassasiés ” plutôt que de crier haut et fort qu’ils ont faim. Ces tabous linguistiques sont assez sévères et concernent de nombreuses réalités de la vie des jumeaux. De même , il y a de nombreux interdits concernant les aliments et des fruits : la chair du singe est proscrite, de même que certais fruits : appelés “Evleto, gbala , nyilili”, etc… Pour les jumeaux eux-mêmes, les interdits sont très peu nombreux : ils ne pourront manger la chair de singe.

Quand ils sont malades, ils ne pourront avoir recours à d’autres médicaments qu’aux feuilles naturelles. Interdiction leur est faite de se livrer à des actes magiques ou d’utiliser des gris-gris. Surtout et par dessus tout, ils ne pourront devenir “vodussi” adepte d’un autre fétiche ” vodou”. Une fois majeurs et quel que soit leur sexe,ils devront de marier le même jour. Lorsque ce sont des filles, elles choisissent elles-mêmes leur mari, contrairement à la coutume. Ils vivent certes parmi les hommes et sont soumis aux mêmes vixissitudes qu’eux… Ils sont pourtant différents de leurs frères de la même condition.. Il faut les respecter et les craindre ; on peut obtenir d’eux toutes les faveurs en évitant de les contredire.

 

  En cas de mort de l’un des Jumeaux

En général, quel que soit l’âge du jumeau à  sa mort, tant que le second est vivant, on ne parle pas de mort ; tout le monde  dans l’entourage doit se comporter comme si de rien n’était : la maman ne doit pas pleurer et les autres membres de la famille ne doivent pas venir exprimer leurs condoléances aux parents. L’enfant est enterré sans aucune cérémonie. Si le second vient à mourir, on se comportera alors comme si les deux venaient de mourir.

  Immédiatement après la mort
Dès qu’uln des jumeaux meurt, on se sauve avec l’autre jumeau vivant dans une alutre maison , où il demeurera jusqu’a l’enterrement de son frère. Si il a un certain âge, on l’envoie dans un autre village et d’il a déjà un nom, on le lui change. Le cadavre du jumeau défunt passera par une nouvelle porte qu’on ouvre pour la circonstance ; car si on le passait par la porte ordinaire, le second ne pourrait plus revenir dans la maison par cette même porte. Dès la fin de l’enterrement, on fait revenir le second jumeau.

        Après l’enterrement      

Le corps enseveli, tout le monde revient à la maison. On pense alors à protéger le jumeau qui vit encore, par un lavement de figure. On procède du menton vers le front, trois fois quand c’est un garçon et quatre fois si c’est une fille.

 

– par Soumaila MAMA

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Les jumeaux : des enfants comme les autresdes jumeaux

 Les jumeaux sont des enfants comme les autres enfants et doivent être traités comme tels
Chez l’être humain, la moyenne statistique est d’une naissance jumellaire pour quatre cents naissances simples. Phénomène donc assez rare ! Les causes, nous les avons largement expliquées dans “Famille et Développement” n&deg; 39/40 “Spécial sexualité”. On y trouvera également les explications concernant les vrais et les faux jumeaux, les triplés, les quadruplés, les quintuplés, les frères siamois et les monstres. Scientifiquement expliqué, bien que rare, le “phénomène” n’a rien d’extraordinaire. Mais comme nos ancêtres ne comprenaient pas toujours toutes les lois de la reproduction humaine, ils ont entouré de mythes la naissance des jumeaux et cela demeure de nos jours. Une coutume, une tradition, ça ne disparaît pas en un tour de main; surtout quand on y mêle des esprits maléfiques qui font planer une menace de mort sur les vivants.

 

  Porte-bonheur ou porte-malheur ?

 

” La femme qui conçoit une fois et qui accouche de deux enfants, ça ne peut être que l’action des fétiches, un signe du ciel que le charlatan doit expliquer pour savoir si les jumeaux sont porte-bonheur ou porte malheur”. Cette déclaration d’un commerçant béninois, lui-même jumeau, est partagée par la majorité des sociétés traditionnelles. Un enfant naît seul: c’est tout à fait naturel. Deux ou plus, cela devient surnaturel ! Cette conception traduit, ni plus, ni moins, I’ignorance profonde des lois de la reproduction humaine. En milieu tem, (tribu appelé cotocoli au Nord du Togo) et chez les musulmans malinkés ou peuhls, la croyance populaire attribue aux jumeaux des pouvoirs magiques.

Ainsi, à la naissance, “ils demandent à leur mère de mendier pour eux et lui dictent les interdits alimentaires. “Un bébé qui vient de naître peut-il donner des ordres à sa mère ? La vérité, c’est que les possibilités des parents sont souvent limitées pour supporter deux enfants qui naissent à la fois. On se réfugie alors derrière la coutume pour s’en tirer “honorablement”. Traditionnellement, les Cotocolis consultent l’oracle pour savoir ce que veulent les jumeaux. Du bien ou du mal. L’intention de nuire confirmée, on fait des offrandes aux esprits qu’ils incarnent. Ainsi, la paix pourra régner dans le foyer. Mais en plus, il faut que le père signe un pacte de paix avec son entourage et son épouse s’ils avaient l’habitude de se quereller. Sinon, dit-on, les jumeaux mourront, car, ils aiment la paix en famille. Finalement, on se demande qui apporte la paix en famille. Le père ou les jumeaux ?

 

  Un problème de l’œuf et de la poule

La nature veut que les jumeaux viennent au monde l’un après l’autre. Selon toute logique, celui qui naît le premier devrait être considéré comme l’aîné. Sachant, bien entendu, que le temps qui sépare les deux naissances n’est parfois que de quelques minutes. Cette logique est inversée dans certaines sociétés traditionnelles,` (chez les Cotocolis par exemple) donnant lieu à une controverse qui fait penser au problème de l’œuf et de la poule. “Le jumeau qui vient le dernier est considéré comme l’aîné”. Ce raisonnement paradoxal tient tout simplement à une coutume de ces sociétés où le grand frère peut toujours charger le petit frère d’une mission quelconque. Ainsi pendant l’accouchement des jumeaux, on pense que “l’aîné” envoie son frère en éclaireur tâter le terrain pour lui en faire un rapport Si le jeune pleure, cela signifie qu’il fait bon vivre et que l’aîné peut venir S’il ne pleure pas, c’est que tout va mal.

Une autre version de ce phénomène tire son explication dans la pratique de la vie courante. Dans de nombreuses sociétés africaines, le petits marchent toujours devant, le grands derrière. Interposé à la naissance des jumeaux, le plus petit naîtra le premier, l’aîné en deuxième position. Un mythe autour des jumeaux. Un bébé qui n’est pas encore né et qui donne des ordres à son frère, cela ne tient qu’à la légende. Ensuite, si un enfant ne pleure pas à la naissance, c’est qu’il est probablement mort-né. Interpréter ce premier cri, signe de vie, comme un message à son “second”, cela ne peut être que le fruit de la pure imagination. Par ailleurs, vouloir que les pratiques de la vie courante soient celles de la vie ultrautérine n’est pas, à notre avis, moins illogique. “Mettre le plus jeune devant” à la naissance, ce raisonnement est-il celui d’un bébé ou lui est-il purement et simplement prêté pour d’autres fins ?

 

  Des cérémonies qui coûtent cher

  Pourtant, on y croit quand même. Et pour que les jeunes ne meurent pas et qu’ils soient porte-bonheur, il faut leur faire des cérémonies. On égorge chèvres, moutons, poulets, bœufs…, on mange, on boit, on fait la fête. Un coq blanc est carbonisé et gardé dans une marmite. Au jour anniversaire des jumeaux, il faut l’asperger de sang. M. Baramna Bouroma, père de jumelles, affirme à ce sujet que “nous sommes purement et simplement prisonniers de notre tradition”. Quelle corrélation peut-on établir entre l’égorgement d’une bête et l’acquisition d’un bonheur se demande-t-il ? La chance ne sourit-elle pas aussi aux parents sans jumeaux comme, du reste, le mal heur peut leur arriver. Mais, poursuit-il, c’est un problème psychologique. “Laisser entendre à un enfant qu’il faut telle cérémonie pour qu’il réussisse, le jour où vous manquerez à ce rite, il échouera effectivement parce qu’il n’aura fourni aucun effort”.

Quand on l’a fait une fois, la machine est mise en marche pour toujours. Chaque année, il faut le faire, même si on y croit pas. Ça devient une sorte d’anniversaire organisé avec pompe selon ses richesses ou sa religion. Si vous l’oubliez une fois, les enfants ne manqueront pas malicieusement de vous le rappeler. Et ce ne sera pas nécessairement les jumeaux, mais plutôt les autres qui profitent de cette occasion pour se “trémousser” au rythme du dernier “tube”. Pour pousser les parents à organiser ces cérémonies, on évoque, à tout moment, les calamités qui peuvent s’abattre sur la famille. Mais en réalité, il n’y aurait rien. Mademoiselle Baramna Gomayema, jumelle, confïrme que “sa famille fait les cérémonies par routine”.

C’est aussi l’avis de M. Baramna Bouroma, père de jumelles qui fait des cérémonies à la récolte des ignames pour “le simple respect de la coutume”. C’est également le cas pour beaucoup de familles chrétiennes et urbaines qui, sans croire au bien fondé de ces cérémonies, les pratiquent uniquement parce que, au fïl des ans, elles se sont inscrites dans les us et les coutumes. Dans certaines tribus, quand l’un des jumeaux meurt, il faut rapidement changer le nom du survivant. Sinon, I’esprit du défunt l’interpellera en pleine nuit et, inévitablement, il mourra.

 

Pourquoi tant de mythes ?

L’explication des mythes qui entourent les jumeaux, nous la devons à Mademoiselle Quashie, Assistante à l’Institut national des sciences de l’éducation (Université du Bénin Lomé—Togo). Les jumeaux naissent le même jour. Ils ont le même âge et se ressemblent souvent étrangement si se sont de vrais jumeaux. Le phénomène étant assez rare, la tendance est de les traiter de la même façon. Même habillement, mêmes cadeaux, mêmes bijoux, bref, on évite de créer de différence entre eux, on les confond et les jumeaux finissent par se comporter en conséquence. Ils se créent un monde à part, développent souvent un langage à eux et une affection profonde qui peuvent souvent les empêcher de s’ouvrir aux autres. Cela pose un problème sérieux quant à leur éducation s’il faut les éduquer de la même façon que les autres enfants, sans trop insister sur les ressemblances.

Car les jumeaux peuvent se ressembler physiquement, et même parfois psychologiquement, mais ils restent deux personnes différentes avec des tempéraments différents. Il faut donc tenir compte de la spécificité de chacun et éviter de les comparer comme il ne faut jamais attendre d’eux les mêmes attitudes devant les événements. La particularité de chacun étant ainsi établie, il faudrait éviter des actions qui tendent à les confondre comme les habiller de la même façon. Ils ne sont pas interchangeables, même si quelquefois, nous en avons l’impression, surtout en cas de maladie. Si l’un des jumeaux est malade, I’autre peut souffrir. C’est psychologiquement possible. Ça rrive d’ailleurs à toutes les personnes liées par une affection et une intimité profondes comme une mère et son enfant. Chacun ressent vivement ce qui arrive à l’autre mais cela ne veut nullement dire que si l’un a par exemple le “palu”, l’autre l’a nécessairement. Non. Cela signifie tout simplement que si l’un a le “palu”, il n’est pas dans sa forme habituelle.

Donc l’autre peut en souffrir. Mais comme on s’attend à ce que l’un des jumeaux tombe malade si l’autre est atteint, cette atteinte peut avoir des effets sur la santé du jumeau bien portant. La tradition qui veut que les jumeaux ne soient pas punis et qu’on ne les sépare pas, est à bannir, parce que les jumeaux sont des enfants comme les autres et doivent être traités comme tels.

 

Les jumeaux peuvent se ressembler physiquement et même parfois phychologiquement. Mais ils restent deux personnes différentes avec des tempéraments différents. Il faut donc tenir compte de la spécificité de chacun et éviter de les comparer. Il ne faut jamais attendre d’eux les mêmes attitudes devant les événements.

 

       La réalité sur les jumeaux

Pour lever toute équivoque sur le mythe gémellaire, il convient de fournir la conception scientifique des jumeaux . Les vrais jumeauc (ou jumeaux identiques, monozygotes, uniovulaires) sont issus d’un seul ovule et sont de même sexe ; leurs empreintes sont très semblables. Les faux jumeaux (ou jumeaux non-identiques, disygotes, biovulaires) sont issus de deux ovacytes fécondé par deux spermatozoïde différents. Deux jumeaux peuvent d’ailleurs être de pères différents. La conception peut même s’être produite à plusieur jours d’interval pendant le même cycle menstruel. Les naissances gémellaires sont plus fréquentes chez les femmes âgées de plus de 35 ans ; elles y sont prédisposées lorsqu’existent dans leur famille maternelle des jumeaux disygotes. Le jumeau le plus gros serait le plus intelligent . Celui qui naît le second court plus risques à sa naissance. Il fat noter aussi que la technique de la fécondation in-vitro a permis les naissances de soeurs jumelles le 22 mai 1984 et le 20 septembre 1985 à l’hôpital Queen Victoria de Melbourn en Grande Bretagne. En fait l’on ne devrait pas s’étonner qu’une femme nette au monde plusieurs entants : la chèvre est mammifère, la femme aussi.

BOUTORA REMY

 

Source: paristimes

 

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