L'encens - origines et vertus

L’encens : origines et vertus

Pour certains, il n’évoque qu’une odeur capiteuse de patchouli. C’est oublier que brûler de l’encens est un rituel universel et millénaire. L’Occident redécouvre ses vertus et ses multiples variétés qui procurent énergie ou apaisement.

Un peu de sable dans un bol. Un dessin de vague. Quelques cailloux et un bâtonnet… Regarder la fumée me rassemble, confie Monique, 45 ans, créatrice de bijoux. Le matin, de l’encens indien, plutôt fort pour me concentrer. Le soir, de l’encens tibétain, quasi thérapeutique. Il se consume avant que j’arrive dans la chambre et son parfum me calme. »

 

Une fumée qui guérit

Depuis des millénaires, sur tous les continents, les hommes ont fait des fumigations pour honorer leurs dieux, accroître leur niveau de conscience et se soigner. Qu’ils aient été chamans en Asie ou en Amérique, sorciers en Afrique ou prêtres en Egypte, ils avaient découvert que la fumée de certains bois et plantes pouvait apporter la sérénité, l’apaisement intérieur, qui est le fondement du bien-être. Le mot « santé » vient de l’indien shanti, qui signifie paix intérieure.

Le terme « encens », du latin incendere (brûler), désigne les bois, les plantes et les gommes qui dégagent des parfums en se consumant. Mais l’encens véritable, ou oliban, correspond aux résines d’arbres de la famille boswellia, qui ne poussent que dans quelques régions du Soudan, d’Ethiopie, du Yémen et de Somalie.

Lorsque l’on consume de l’encens, les molécules odorantes, situées juste au-dessous du point d’incandescence, sont agitées par la chaleur et diffusées sans brûler. Leur cheminement est rapide : en arrivant aux fosses nasales, elles déclenchent un signal que le nerf olfactif va directement transmettre au cerveau limbique, siège de nos émotions. « C’est ce qui explique leur effet sur nos sentiments et nos états d’âme », souligne l’aromathérapeute Suzanne Fischer-Rizzi, dans son Guide de l’encens (voir « à lire »). Mais elles agissent aussi sur notre système neurovégétatif et sur la régulation de nos hormones. Certains encens possèdent une action antibactérienne, passant dans le sang par les poumons. Dans l’Egypte ancienne, on utilisait l’oliban pour soigner les maladies pulmonaires et hépatiques.


En Inde, dans la rue, même les mendiants ont leurs bâtonnets pour leurs dévotions. Au Japon, on “écoute” des encens aux odeurs différentes selon les saisons. Et chez nous, comme si l’on ressentait inconsciemment ses vertus, chacun invente ses rituels, renoue à sa manière avec les anciennes traditions. « J’en emporte toujours quand je voyage, raconte Pascale, 42 ans, journaliste. J’en fais brûler même à l’hôtel, pour reconstruire mon espace personnel. » Au-delà du geste religieux ou thérapeutique, l’encens reste une harmonie que l’on peut transporter avec soi.

 

La sécurité : le 100 % naturel

  • Les bâtonnets mis à l’index par le mensuel Que choisir en novembre dernier, appelés de façon erronée « encens traditionnels », ont déclenché la polémique. On trouve, hélas, trop de ces baguettes de bambou bon marché trempées dans des solvants et des parfums synthétiques. Il est contre-indiqué de les brûler et ils n’ont d’encens que le nom.
  • Sélectionnez des encens naturels : les bois et les résines devraient tous l’être, les fleurs font davantage appel à la synthèse. La mention « 100 % naturel » figure sur l’emballage.
  • Les encens japonais – au support de poudre d’un bois collant, le tabu – dégagent beaucoup moins de fumée que les pâtes indiennes montées sur des baguettes de bambou.
  • Les encens indiens, dans un pays où l’on vit beaucoup dehors et où l’on consume des encens dans la rue, contiennent souvent des insecticides. Dans un appartement, deux précautions : aérez pendant leur fumigation et évitez ceux dont vous ne connaissez pas la qualité.
  • Les tests. En réaction au test de Que choisir, les fabricants et importateurs français ont lancé des études pour prouver que leurs produits sont sans danger. Les résultats ne sont pas connus à l’heure où nous imprimons.

 

Marie-Anne Garcia Bour

Source: psychologies.com

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