La religion de l’esprit, le vaudou

Le Vodu, du point de vue d’un Tô Bokô

Tous les ouvrages sensés faire autorité en matière de vodu ont été écrits par des étrangers, qui ne pratiquent pas cette activité cultuelle ; à quelques rares exceptions près. Parmi ces experts étrangers d’une pratique qui leur est si étrangère, il y a Bernard Maupoil (un administrateur colonial !), Albert de Surgy, Roger Brand, et Pierre Verger devenu « babalawo, prêtre de la géomancie Afà chez les Yoruba ». Presque tous ne parlent aucune des langues des adeptes africains du Vodu ; et sont donc proprement incultes du point de vue des locuteurs de ces langues. A-t-on idée de s’ériger en spécialiste de la culture française, lorsqu’on ne sait ni lire ni parler un traître mot de français !?

Kligueh Goudabla Basile – docteur ès Lettre de Paris I La Sorbonne – est un ressortissant Adza-Tado ; fils de Tô Bokô, c’est-à-dire de prêtre Vodu. Lui-même a été initié au Vodu, dont il est devenu prêtre en 1982. Il en rapporte à travers son livre « 20 ans d’expériences cliniques, vécues en Afrique et à Paris », en guise de précieuse contribution à une connaissance intrinsèque de cette institution[1]. Une caractéristique particulièrement appréciable de son travail consiste dans l’étendue géographique de son terrain de recherches, qui couvre pour la première fois trois pays simultanément : Bénin, Ghana et Togo. Ce faisant, l’auteur a pu rencontrer le peuple Adza-Tado à travers ses multiples localisations du Golf de Guinée, et découvrir ainsi l’unité fondamentale du Vodu sous cette prodigieuse diversité de ses variantes locales.

Afin d’accéder à une « connaissance de l’intérieur », Kligueh Goudabla s’est également appuyé sur la géomancie Afà comme une « encyclopédie » du Vodu ; ce qui confère à sa perspective épistémologique une si grande originalité, et surtout une exceptionnelle fécondité.

 

Le Vodu, un « monde des invisibles »

D’une part, en tant que pratique, le Vodu est un ensemble d’activités cultuelles ayant pour support des objets de culte nommés « Vodu » : tout comme le christianisme ne saurait se réduire au chapelet chrétien ni à la statue de la vierge, le Vodu est irréductible à son appareil ; ce n’est donc pas une mièvrerie de « Dieu objet »[2]. D’autre part, en tant qu’objet, le Vodu est un réceptacle d’énergie (vitale, cosmique, spirituelle, etc.) concentrée en son sein par des (générations de) spécialistes capables de la mobiliser à des fins maléfiques ou bénéfiques, selon des procédures et techniques rigoureusement déterminées : « Quelque soit le but, le principe consiste à réaliser dans un réceptacle donné, la concentration d’une énergie que l’on veut mettre en action ou dompter. [3]».

 

Etymologiquement, le mot « vodu » procède de (e)vo et (e)du, qui signifient respectivement « inconnu » et « monde » ; soit littéralement « inconnu monde », ou plutôt « monde des invisibles » selon la traduction retenue par l’auteur. Par conséquent, l’objet Vodu est l’expression matérielle d’une réalité essentiellement immatérielle : c’est une interface entre la dimension « visible » et la dimension « invisible » du monde de ses adeptes ; entre la réalité physique et la réalité psychique de leur vie.

S’agissant de l’origine du Vodu, Kligueh Goudabla ouvre des perspectives particulièrement stimulantes :

[…] le Livre des Morts décrit une cosmologie semblable à celle du Vodu ; l’Ancien Testament écrit par un « ancien prêtre » de l’Egypte ancienne regorge de faits et de pratiques vodu ; même la Kabbale semble avoir des rapprochements avec les croyances vodu. […] il y a de fortes présomptions que les croyances vodu viendraient de l’Egypte ancienne. […] Cela peut supposer que les Juifs d’une part, les Adza-Tado et les Yoruba d’une autre, auraient appris Afà dans les temples égyptiens et les Juifs partis vers l’Est l’auraient divulgué chez les Arabes et jusqu’en Occident. [4]

 

Les types de Vodu

Vodu, ce réceptacle d’énergie, peut être la propriété d’un individu (ex. Afà Legba), d’une famille (ex. Tôgbizikpi) ou d’une collectivité (ex. Edu Legba). Mais, parfois l’efficacité d’un Vodu individuel peut lui attirer de multiples adeptes, et lui conférer ainsi une portée communautaire. L’auteur distingue également des « Vodu cosmiques » ; ils consistent aux quatre éléments fondamentaux qui sont les énergies-matières primordiales, eau, air, feu, terre :

L’air prend la forme de Afà, le verbe de Mawu ; le feu est symbolisé par Vodu Xébiéso, divinité de la foudre ; l’eau se retrouve dans la divinité de la procréation Mamiwata et la terre se retrouve avec Vodu Sakpatè, divinité de la variole.[5]

 

L’univers  Vodu

Mawu-Ségbo-Lisa – cette « Vieille Âme aux multiples manifestations » qu’on nomme aussi Yeve – est l’énergie cosmique, l’énergie créatrice par excellence ;l’Energie Suprême : cause de soi, et cause dernière de toute forme de vie. C’est donc la source primordiale de l’énergie dont  Vodu est un réceptacle parmi d’autres tels que l’être humain, les plantes, les animaux, les cours d’eau, etc. Mawu prend diverses formes dans une matrice psychique dénommée Fétomè ; sorte de réacteur d’énergie cosmique. Ces formes archétypiques s’actualisent, se matérialisent, dans le champ physique appelé Agbegbome.

L'univers Vodu

Aussi, les activités du Vodusi se situent-elles au cœur des interactions entre Mawu, Fétome et Agbegbome : Mawu est donc l’énergie, Fétomè est le lieu psychique où cette énergie opère ; tandis que Agbegbome est le domaine de performance des effets « visibles » de l’activité de Mawu.

 

L’homme dans l’univers Vodu

L’univers des adeptes du Vodu ayant trois dimensions, on comprend aisément que la perception de la réalité humaine dans cet univers soit tridimensionnelle : énergétique, psychique, physique. Le plan énergétique est celui de Luvô. Le plan psychique, d’où procède en particulier le phénomène de la réincarnation, est celui d’Esé-dzôtô ; tandis que l’aspect physique de « l’être possédant la vie » est appelé Amégbétô.

Vodusi dans l'univers Vodu
Vodusi dans l’univers Vodu

 

Bien entendu, la densité des interactions entre ces trois plans, et surtout leur niveau d’équilibre, d’harmonie, conditionnent la qualité et les capacités de la personne considérée. Aussi, les activités comprises sous le vocable de Vodu visent-elles pour leurs adeptes à optimiser lesdites interactions, afin de surmonter plus efficacement les diverses épreuves de l’existence perçue comme un (long) labyrinthe initiatique, qui part de Mawu (via la naissance) pour arriver à Mawu (par le décès).

 

Tô Bokô, l’interprète de « la parole de Mawu »

Le guide de repérage sur ce parcours consiste dans la géomancie Afà : selon Kligueh Goudabla, cette dernière est l’encyclopédie des pratiques Vodu ; en tant qu’elle est « la parole de Mawu ». Une encyclopédie dont l’auteur présente et commente les 256 principales entrées (les « signes de Afà ») dans le second tome de son œuvre magistrale. En effet, sans une étude assidue, approfondie, des nombreux signes de la géomancie Afà, il est très difficile pour un chercheur – ou pour tout profane – de comprendre le Vodu uniquement à partir de ce qu’il en perçoit (ou croit percevoir) ; car la véritable réalité du Vodu réside dans un « monde des invisibles », dont seule évidemment l’initiation procure les clefs d’accès.

L’interprétation des combinaisons de signes Afà ressort de la compétence des prêtres Vodu ; les Bokô. Ceux-ci sont organisés en deux principales obédiences chez les Adza-Tado : Dzisà-Fà et Anago-Fà, avec une prééminence de la première nommée. Chacune de ces obédiences a, d’une part  un Vodu tutélaire, Améga Zokpo pour Dzisà-Fà et Amégà Gbadu pour Anago-Fà ; d’autre part un rituel symbolique afférent, que sont respectivement Tsakè pour le premier et Gôgô pour le second.

La science de l’interprétation des signes Afà comporte deux spécialités, à savoir la divination et l’oracle. La première se pratique avec des noix, tandis le second recours aux chapelets (p.338) : « […] le Fa-destin est lié au destin d’un individu pour déterminer sa mission terrestre. Le Fa-oracle sert exclusivement à interroger le monde de l’invisible. »

 

Tô Bokô dans l'univers Vodu
Tô Bokô dans l’univers Vodu

 

 

 

 

 

 

Au sortir de la lecture de cette œuvre, une distinction cruciale m’apparaît entre les religions fondées sur la foi (souvent aveugle) et le Vodu basé sur des connaissances et techniques précises, rigoureuses, dont l’efficacité psychique et physique est un critère de performance prépondérant. Au fond, ce que les unes appellent « Dieu » est pour les Vodusi une énergie ; laquelle est effectivement « invisible ». Mawu n’est visible qu’à travers ses « manifestations », dont l’être-humain est des plus emblématiques. Mawu se manifeste dans l’homme ; ce dernier manifestant Mawu à travers Vodu.

L’activité dite spirituelle consiste alors à observer attentivement les manifestations de Mawu ; à tirer de cette observation une connaissance aussi bien opérative que spéculative du « monde des invisibles ». Telle concentration d’énergie (matérialisée par un objet Vodu déterminé) guérit telles maladies, et n’a de sens pour ses adeptes que si elle produit effectivement ces effets. Telle pratique vodu provoque des transes ayant une fonction ou une signification précises au regard des initiés, et n’a de sens qu’en tant que telle :

Il existe dans le corps humain et tout particulièrement le long de la colonne vertébrale des centres énergétiques vitaux appelés shakra en yoga. […] les assemblées vodu créent une énergie psychique vibratoire qui pénètre le corps humain par le biais de ces centres énergétiques en commençant par le sommet du crâne. […] si l’un de ces shakra n’est pas ouvert au passage de l’énergie du psychisme collectif, il s’y fait une espèce de nœud énergétique qui secoue le corps.[6]

Plus généralement, il y a dans les institutions et pratiques spirituelles négro-africaines l’idée récurrente selon laquelle l’énergie créatrice, qui est la même pour tous les êtres vivants, peut être mobilisée à des degrés divers, indifféremment du temps et de l’espace, en vue de produire des effets expérimentables – plus ou moins complexes – jusqu’à la kinésie, à la lévitation, voire à la réincarnation.

La capacité de mobilisation de l’énergie-vie s’acquiert à travers un patient processus initiatique, qu’il n’est pas donné à tout le monde d’effectuer avec succès : point donc de « magie noire », de prosélytisme exacerbé, ni encore moins d’« intolérance religieuse » criminogène dans la culture spirituelle négro-africaine, qui se conçoit librement au niveau de l’individu, de la famille, du lignage ou encore de toute une collectivité territoriale. Une patiente étude des lois énergétiques présidant à la vie, un long apprentissage de techniques permettant de tirer (meilleur) parti de ces lois ; telles sont les préoccupations fondamentales des Vodusi. En tout état de cause, les superstitieux, idolâtres et autres fanatiques ne comprenant rien à l’énergie-vie, ne sont pas toujours où on les a tant cherchés, dénigrés, pourchassés, exterminés.

Assurément, une étude systématique du Vodu, dans des centres de recherche dédiés en Afrique, avec tous les moyens matériels et humains nécessaires, ouvrirait des perspectives scientifiques incommensurables. Par exemple, au plan informatique :

–     on pourrait créer une aide à la consultation Afà, grâce à un algorithme reliant automatiquement chaque signe Afà avec ses seize interprétations possibles ; soit une base de 4096 réponses théoriques élémentaires.

–   Une matrice cubique des 256 signes Afà donnerait plus de 16.5 millions (2563) de combinaisons de signes, dont le traitement automatisé pourrait accroître de manière exceptionnelle le pouvoir interprétatif de la géomancie Afà. Chaque matrice de 256 signes représenterait alors l’un des « trois chapelets » de la consultation : Adzogbànà (droite), Tôbokô (milieu), Alugbédi (gauche).


–    Une base de dix mille (10 000) cas de consultations recueillis (enregistrée, transcrits et traduits) auprès de quarante-huit (48) Bokô de grande renommée pourrait être construite en quelques années, afin d’inaugurer une encyclopédie professionnelle à l’usage des prêtres Vodu et autres amateurs de la communication avec le « monde des invisibles ».

 

En définitive, il importe vivement de souligner que l’œuvre de Kligueh Goudabla donne à comprendre le Vodu comme un trésor de savoir et techniques relatifs au « monde des invisibles », dont l’efficacité a été éprouvée par des siècles d’expériences : ce qui établit ce trésor millénaire comme une connaissance scientifique de Mawu ! Un trésor sauvagement saccagé par le yovodah, et qu’il conviendrait urgemment de reconstituer, afin de soigner adéquatement l’être psychique individuel ou collectif si gravement malade de l’Africain aliéné jusqu’au plus profond de soi : colonisé, islamisé, christianisé ; énergétiquement épuisé, tel un zombi.

KLAH Popo

 

Source: afrocentricite


[1] Basile Goudabla KLIGUEH, Le Vodu à travers son encyclopédie – La géomancie Afà, éd. Anibwe, juillet 2011.

[2] Marc Augé, Le Dieu objet, éd. Flammarion, 1988. L’auteur propose une définition étroitement matérialiste de Vodu, que récuse  Kligueh Goudabla.

[3] Kligueh Goudabla, op cit, p.105.

[4] Kligueh Goudabla, op cit., pp.281-282

[5] Kligueh Goudabla, op. cit., pp.125-126

[6] Kligueh Goudabla, op cit. pp.108-109

 

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Le vaudou: La religion de l’esprit.

Le vaudou (ou vodou, ou vodoun) est une religion originaire de l ’ancien royaume du Dahomey (Afrique de l ’Ouest). Il est toujours largement répandu au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé.

À partir du XVIIe siècle, les esclaves originaires de cette région d ’Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. On le retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti, au Brésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Mais bien avant l ’Amérique, le vaudou s ’est répandu en Afrique du Nord par les esclaves amenés par les anciennes dynasties qui ont traversé l ’histoire de cette région.

Et on le retrouve jusqu ’à nos jours sous différentes formes, dont la plus connue reste le Gnawa ou Gnaoua au Maroc et en Algérie, mélangé au folklore religieux arabo-musulman.

Au sommet du panthéon vaudou figure Mawu (prononcer man-whou), Dieu suprême qui règne sur les autres dieux. (mawu lo lo pour « Dieu est grand » ; akpé na mawu pour « merci à Dieu » ; mawuena(m) pour « don de Dieu » et qui correspond au prénom Dieudonné). Mawu n ’ayant pas de forme, il n ’est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vaudous.

Mawu (Qui représente Dieu avec une majuscule) est incréé et créateur de tous les autres Vaudous (dieux sans majuscule). Mawu n ’intervient pas dans la vie des hommes. Il aurait créé les autres Vaudous pour qu ’ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou; c ’est un concept ; littéralement Mawu doit se traduire par « ce que nul ne peut atteindre » ou encore « l ’inaccessible » Ce n ’est donc pas une « personne »mais une entité. Ce qui explique qu ’il n ’y a nulle part dans l ’aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que le remercier, le glorifier. On le dit bienveillant envers toutes les créatures.

Remarquons que certains chrétiens (Ewés et Fons) appellent Dieu Mawu. Les premiers missionnaires chrétiens sont sûrement à l ’origine de la traduction du nom du Dieu chrétien par Mawu, pour faciliter les conversions vers la religion chrétienne. Cet exemple de récupération n ’est pas unique dans l ’histoire des religions.

Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l ’expansion du royaume Fon d ’Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Les Yorubas (Yorùbá) sont un grand groupe ethnique d ’Afrique, surtout présent au Nigeria,. Ils ont payé un lourd tribut aux traites négrières, c ’est pourquoi on trouve une importante diaspora outre-Atlantique

Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Adja (dont les Fons, les Gouns, les Ewe… et dans une certaine mesure les Yoruba …) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria…).

Vaudou (que l ’on prononce vodoun) est l ’adaptation par le Fon d ’un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l ’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l ’affirmation d ’un monde surnaturel, mais aussi l ’ensemble des procédures permettant d ’entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas.

Les orishas, ou orixás, sont des divinités afro-américaines. Dans les Amériques, on les rencontre surtout dans le candomblé brésilien, sous le nom d ’orixás. Ils sont également les divinités de la santeria des Caraïbes.

De même que le vaudou est un culte à l ’esprit du monde de l ’invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l ’aide de l ’esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

Papa Legba est un lwa (esprit, divinité) du vaudou haïtien. Il correspond à Elegba à Cuba, et à Eshu au Brésil. Il garde la frontière entre le monde des humains et le monde surnaturel. C ’est pourquoi on le dit présent à l ’entrée des temples aux barrières et aux carrefours. Il est ainsi rapproché du saint Pierre chrétien, à cause des clés du paradis que porte ce dernier, mais aussi de Lazare et de saint Antoine en tant que patron des objets perdus.

Le Vaudou peut être décrit comme une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites.

Le mot « vaudou » vient du mot originaire d ’Afrique de l ’Ouest « Vodun » qui veut dire « esprit ».

Le culte Vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde.

Avec les déportations de populations noires en tant qu ’esclaves, la culture vaudou s ’est étendue à l ’Amérique et aux îles des Caraïbes, notamment Haïti. Elle se caractérise par les rites d ’ « incorporation » (possession volontaire et provisoire par les esprits), les sacrifices d ’animaux, la croyance aux morts vivants (zombies) et en la possibilité de leur création artificielle, ainsi que la pratique de la sorcellerie sur des poupées à épingles (poupée vaudou).

La pratique de leur religion et culture était interdite par les colons et passible de mort ou d ’emprisonnement et se pratiquait en secret. Cependant, pour continuer d ’exister, le Vaudou a intégré les rites et conceptions catholiques, le rendant ainsi acceptable. Ainsi est né le « Vaudou chrétien ».

La brutalité subie par les esclaves pour créer un climat constant « d ’état de choc » chez les captifs est sans doute à l ’origine de cette utilisation souvent de « terreur » et de vengeance du vaudou que l ’on retrouve chez les pratiquants descendants d ’esclaves, qui utilisèrent cette religion en réponse à des actes d ’une cruauté difficilement concevable, commis par leurs maitres européens.

Dans les années 1950, le Vatican a fait la paix avec le culte Vaudou. Les percussions et mélodies Vaudou sont même intégrées dans les cérémonies et messes dans les églises catholiques.

La religion Vaudou a longtemps été réprimée et diabolisée. Les clichés, lieux communs et fantasmes véhiculés par le passé sont encore perceptibles. Ainsi, lorsque l ’on dit s ’inspirer du Vaudou, on retrouve souvent satanisme, cannibalisme, sorcellerie et envoûtements, destructions… L ’objet représentant le mieux cette perception du vaudou est la poupée vaudou, instrument magique de torture.

 

Source: lencrenoir
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  • Nathalie

    Je connais un grand pratiquant du culte vaudou au bénin qui m’a émerveillé lors d’une visite touristique.