Le canard appelé sah en négro-égyptien est un oiseau qui distingue Wsir (Osiris)

LE SAVIEZ-VOUS : QUE SIGNIFIE ANASTASIE ?

Le canard appelé “sah” en négro-égyptien est un oiseau qui distingue Wsir (Osiris) dans les textes liturgiques de la vallée du Nil. On trouve les noms suivants associés au canard dans la cuvette congolaise :

– bassa : lolo « canard »
– ewondo : eloli « canard »
– duala : elela « canard »
– yasa : elolo « canard »

Ces mots ont une racine -lela qui signifie « accoucher », « engendrer », « mettre au monde », « enfanter » en cilùba notamment. En outre, “ĕlolĕ”, “aloli” sont les formes coptes qui servent à désigner “le vin” qui se dit “ilóyi”, “alóyi” en mbochi (Kongo); le vin fut regardé comme le sang de Wsir (Osiris). En arabe, le vin rouge se dit “leila”, synonyme de “nuit noire”. En lingala, “eloli” ou “elodji” désigne “le crépuscule”, “le déclin du jour”. Le Soleil se couche à l’ouest appelé Amenty dans les textes liturgiques de la vallée du Nil; un terme intimement lié à Wsir (Osiris). André Mbeng (2010) aura fait observer que Lolo dans la tradition bassa désigne le dieu devenu souterrain, juge des défunts. L’omniprésence du canard dans la tradition bassa que manifeste l’assiko, danse traditionnelle qui se fait à la manière du petit canard, atteste de la continuité historique de cette dévotion qui tient sa source dans la vallée du Nil.

Dans les langues de la cuvette congolaise, -lela signifie également « pleurer », motif pour lequel les textes liturgiques de la vallée du Nil nous rappellerons fort justement que l’Humanité fut formée à partir des « larmes » de Râ.

– bobangi : -lelà « pleurer »
– lingala : -lelà « pleurer »
– mbenga : -lelà « pleurer »
– eleku : -lelà « pleurer »
– baate : -gama « pleurer » (g>k)
– aká : ngámu « pleurer »

La forme gama « pleurer » est également intéressante puisqu’elle permet la relation gama > kama > kamé > homme (en sosso). Les larmes d’As.t (Isis) durant la quête du corps de Wsir (Osiris) représentent l’inondation ou la montée des eaux du fleuve Nil au mois de Mesori. Les « larmes » se disent “miisori” en langi (Tanzanie); Mesori ou Mswt Râ signifie “la Naissance de Râ”.


En latin, le nom générique pour désigner le canard et les anatidés est “anas”. Nous plaçons l’origine du latin anas dans le bantou –àna « jeune » relatif à l’engendrement, à l’appartenance à une lignée, à une maison, le sah « canard » de la tradition nilotique. Nous aurons l’exemple du cilùba : b-âna « ceux de » « jeune », bw-âna « enfance», « jeune âge », mw-âna « enfant », « jeune », « candidat », « apprenti », « petit », « filleul », buumw-âna « filiation », « fait d’être enfant de quelqu’un », cy-âna « jeune », m-âna « jeune », my-âna « jeune ». Gilbert Ngom (1993) a mis le négro-égyptien wnw « enfant », « adolescent » en correspondance avec le tiv “an”, le bassa “an”, l’ekoi “oni”, le duala “ana”, le bakweri “ána”, le bonken “ána”, l’ewondo “on”, le bafia “on”, le bamoun “on”. Cette relation soutient nos conclusions relatives au nom Iwnw (Héliopolis) vocalisé « Ôn » par la tradition biblique; le terme Iwnw (Heliopolis), formé à partir de wnw “jeune”, est effectivement vocalisé mwiini “Soleil” (en kikongo), proche de mwene “enfant”.

Nous complétons la série proposée par Gilbert Ngom avec le yetsoyo ánà « enfant », le yebobe ánà « enfant », le yebia ánà « enfant », le yepinzipinzi ana « enfant », l’okande ana « enfant » et le yehimba ana « enfant ».

Les dictionnaires étymologiques nous apprennent également que le latin anas est apparenté à l’allemand “enita” et au saxon “enida” qui conduit à l’anglais end « fin », « terminus », « complet ». Ente désigne le « canard » en allemand, eend en néerlandais. Le terme “end” procède du moyen anglais “enden”, “endien”, de l’anglo-saxon “endian” signifiant « finir », « compléter », « aboutir », « mourir », « détruire »; “end” a le sens de « fin », « extrémité », « terminaison », « bout », « achever ». Endàm « la limite », le « grand large » est l’un des noms que porte le fleuve des « enfers » de la tradition fang (Mvèt), celui qui sépare Engong, le Pays des Immortels, d’Öku, le Pays des Mortels. L’origine de cette relation est fixée par les termes h-indi, y-indo, h-inda, ev-indi, qui signifient “noir” avec le sens d’être complet; l’endian (> indien) anglo-saxon. Les langues congolaises permettent de vérifier cette proposition puisque le cilùba m-ana a également le sens d’achever, finir, terminer. Enfin, le latin anas « canard » est le mot qui conduit au grec anastasius « né une nouvelle fois » traduit par “résurrection”, “renaissance”. À côté de cela nous aurons les mots : – anatarius « celui qui garde les canards », – anatarius « relatif aux canards » , – anaticula « petit canard » , – anatonus « qui s’élève très haut », – anathéma « offrande », « ex-voto », – anatolê « orient, levant ».

 
Amenhemhat Dibombari

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    article interessant !!!

  • molo

    les mbochis ne sont pas kongo mais du congo brazzaville c’est pas pareil