ORIGINE DE L'ACRONYME INRI

LE SAVIEZ-VOUS ?: ORIGINE DE L’ACRONYME “INRI”

Cet acronyme, traduit par “Jésus le Nazaréen, roi des Juifs” figure sur la plupart des représentations de la crucifixion. Comme souvent, en pareil circonstance, l’origine du symbole reste indéterminé. – symbole attesté toutefois à partir du IVe siècle de l’E.E. En réalité, cet acronyme procède du négro-égyptien “inr” qui signifie “pierre”.

Une preuve définitive de l’origine de l’acronyme INRI en relation avec la pierre et l’Alliance est établie à partir du nom du fondateur de la Civilisation kamito-nubienne, et ceci d’après les Kémites eux-mêmes. En effet, dans le Temple de Wsir (Osiris) à Abydos, nous trouvons une liste de Souverains ayant régné sur le Double-Pays depuis les origines jusqu’à Seti Ier, qui, sur cette fresque, présente la liste au prince, son fils, le futur Ramsès II. Le nom du premier roi est Meni, traduit par Ménès d’après Manethon, prêtre kémite au service des Lagides. Le cartouche présente les mêmes signes que le nom Amon (Imana), le grand dieu dynastique de Thèbes, écrit à l’envers. Cette relation prend tout son sens à partir du moment où l’on remarque que le proto-bantou pour “pierre” est mánà: nous aurons notamment l’exemple du wanzi (Gabon) li.mana « pierre ».

Mana signifie “finir”, “achever”, “terminer”, “compléter” en cilubà. En fang nous aurons mààna “c’est fini”; en bassa màn signifie “enfant”. L’accomplissement, le fait d’être complet, est l’idée sous-jacente qui soutient cette relation; ce terme est à l’origine de l’anglo-saxon “man” qui signifie “homme”.

Le début de la liste d'Abydos, le nom Mana/Ménès figure en première position.
Le début de la liste d’Abydos, le nom Mana/Ménès figure en première position.

Mwana est le terme générique qui désigne la personne du Souverain dans les langues du Bassin du Congo. Menès est la forme grécisée retenue par Manéthon, prêtre « égyptien » au service des Lagides. Ménès est le nom que Manéthon donne au fondateur de la « Civilisation égyptienne ». Certains auteurs ont fait correspondre Ménès au roi Narmer comme le soulignent P. Vernus et J. Yoyotte cités par A. Moussa Lam :

“On a bien sûr cherché à retrouver son nom (il s’agit de Ménès) sur les documents de la 1re Dynastie. De fait un nom Men, qui pourrait être à l’origine du grec Ménès, se trouve bel et bien attesté, mais tout à la fois sur un scellé de Narmer (nom d’Horus) et sur une tablette de Aha (nom d’Horus); tout dépend donc du statut de men sur ces objets et selon les interprétations, Narmer ou Aha postulent à l’identification gratifiante avec Ménès.” (Lam, 1997)

Nous savons aujourd’hui que Narmer et Aha sont des souverains distincts (Manéthon désigne Aha par le nom Athôtis), ce qui montre que la graphie « Men » qui précède le nom d’Horus des deux souverains doit être perçue non pas comme un nom propre mais plutôt comme un titre de royauté. Ce titre correspond en réalité au terme “mánà” qui signifie “pierre”. La pierre est l’objet symbolique de toute construction ou édification. De fait, tous les souverains de la région des Grands Lacs (Kongo, Zimbabwe, Rwanda), l’Éthiopie des auteurs grecs, tout comme ceux du Bassin du fleuve Niger (Ouagadou, Tekruur, etc) portent ce titre. Car, en effet, Ménès n’est autre que la grécisation de Mani, Meni, Mane, Mwene, Mwana, Mwami, Muna, Maàn, Mone, Manna, Mwanu, Mwangeli, Mwan.


Moussa Lam revient sur ces notions :

“Au Zimbabwe et ailleurs, Mwene et Mwana signifient aussi Seigneur; confirmation nous en est donnée par Théophile Obenga : Dans le domaine linguistique bantu, Mwana Mutapa et Mwene Mutapa ont des significations précises : Mwana Mutapa signifie Enfant, c’est-à-dire Seigneur Mutapa et Mwene Mutapa Seigneur Mutapa, Seigneur de Mutapa”. (Lam, 1997)

Le terme (mu)tapa signifie littéralement « celui qui est au-dessus », « le premier » formé sur le négro-égyptien tpy « qui est sur », « qui est en tête », « principal », « chef »; nous aurons également l’expression m tp wa Hna « ne faire qu’un avec » ou encore tpyw-Dw « qui dirige ». Aussi, le lien qu’établit Théophile Obenga en mettant les termes enfant et seigneur en relation doit être précisé.

Suivant la titulature des rois Narmer et Aha, la graphie Mn précède le nom d’Horus, c’est-à-dire le nom d’enfant, Horus étant identifié à l’enfant (Harpocrate). D’un point de vue chronologique, le nom d’Horus, c’est-à-dire le nom d’enfant, est le plus ancien nom qui permet de distinguer le Souverain. Mwene devient Minos en Crète, le roi-fondateur de la civilisation qui porte son nom (civilisation minoenne). Une tablette en linéaire A établit que le terme Minos a servi à désigner les souverains successifs de l’île de Crète. On retrouve en effet ce nom orthographié Mwinu que l’étude attribue curieusement à une langue ancienne indo-iranienne, or il est évident que nous avons à faire à une forme directement issue des langues de la cuvette congolaise. Quoi qu’il en soit, l’Iran ancien connaissait aussi la présence permanente d’une population éthiopienne (Elam, Sumer). Le terme sanscrit pour « roi », « prêtre », « ascète » est Muni, il s’agit de titres et d’attributs reconnus au roi Minos, traits qu’il partage avec les Mwene de la tradition des Grands Lacs. Ménos est le nom que porte l’inventeur de l’alphabet dans la tradition grecque. L’alphabet grec est issu des lettres phéniciennes, elles-mêmes dérivées des mdw ntr. Cette correspondance gagne en importance lorsqu’on s’aperçoit qu’en Inde, le terme Manu désigne le premier roi légendaire de la Terre et le père de toute l’humanité. Des noms issus du bantou commun mánà qui désigne non seulement “la pierre”, “l’homme”, mais traduit encore l’idée d’être complet, accompli, qui se dit km en négro-égyptien.

©Dibombari Mbock (2014)

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