LE KARISME - DOCTRINE ECONOMIQUE DE LA SOCIETE MAATOCRATIQUE

LE KARISME : DOCTRINE ECONOMIQUE DE LA SOCIETE MAATOCRATIQUE

La MAAT,  pensée et idéologie kamites occupe désormais dans la communauté africaine contemporaine l’univers mental des Africains qui aspirent à la Renaissance Africaine. Elle est devenue pour notre génération, le paradigme dominant. Elle imprègne désormais tous les aspects de l’activité intellectuelle de  tous les Kamites, dans tous les domaines. Il nous reste désormais à traduire concrètement ce paradigme dans le domaine économique, comme nous l’avons déjà fait dans le domaine politique avec le concept de maâtocratie.

Nous allons  ici rappeler les fondements de la doctrine économique de la société maâtocratique, ainsi que nous l’avions posé dans le Tome I de la Théorie de la Révolution Africaine. Cette doctrine sera développée dans les tomes suivants de la Théorie de la Révolution Africaine, notamment dans les Tomes IV(L’édification de la Société Maâtocratique) et Tome V (La Réponse de la Maât à la crise de la Société Africaine Postcoloniale).

Si le principe de l’Economie et notamment de l’Economie de marché, est de créer la rareté autour d’un produit pour stimuler sa demande, nous affirmons qu’il est impossible de créer une nouvelle doctrine économique, sans changer le Mode de Production de la Société elle-même. Sinon on s’oblige à faire du bricolage empirique au sein d’une pensée économique dominante, en inventant des théories économiques sans aucun intérêt épistémologique.

Le KARISME est ainsi une doctrine qui succède à toutes les doctrines passées, car elle correspond au Mode de Production d’une nouvelle Société : la Société Maâtocratique.

 

I-DEFINITION DU KARISME

Pour donner forme à une doctrine économique nouvelle, il est nécessaire de faire preuve d’imagination sociologique, pour la qualifier et la baptiser, notamment en créant un néologisme : le KARISME.

Celui-ci vient de KA, l’un des principes fondamentaux de la personnalité kamite que la communauté africaine a hérité de l’Egypte pharaonique. Le Ka, est connu comme la Force Vitale de l’Homme. Cette force Vitale constitue aussi l’essence du Cosmos lui-même, dont l’Homme n’est qu’une infime parcelle. Les Africains ont une relation très familière avec cette Force Vitale, qu’ils cherchent à multiplier et à augmenter la puissance par des procédés magiques et par le fétichisme, dans leur propre organisme. Nous considérons le KA comme une manifestation de la MAAT dans le psychisme d’un être particulier.

Le KARISME en tant que doctrine économique, est donc logiquement la mise en œuvre de la MAAT dans l’économie de la Nouvelle Société Africaine, la Société Maâtocratique. Or cette mise en œuvre a lieu dans tous les domaines de l’existence des hommes sur Terre afin qu’ISEFET (Le Mal, l’injustice) soit totalement domestiqué. Ainsi le KARISME est-il appelé a devenir l’idéologie de la Société maâtocratique, elle-même et plus particulièrement la doctrine économique de cette société.

 

II-LES FONDEMENTS THEORIQUES DU KARISME

Le KARISME se situe théoriquement entre le Libéralisme et le collectivisme. Il ne s’identifie ni à l’un ni à l’autre, car ces deux Modes de Production, ont fait la démonstration de leurs limites heuristiques depuis le XVIIè à nos jours. Dans le Tome I de la Théorie de la Révolution Africaine, nous avions étayé cette différence et nous avions expliqué que le Mode de Production Kamite découlait du caractère communautariste de la société africaine, à ne pas confondre avec le collectivisme.

Le collectivisme n’est plus à l’ordre du jour. Il s’est effondré avec la défunte Union Soviétique, et les Démocraties Populaires  au cours de la décennie 1990. On a cru penser alors, que l’Humanité était  parvenue à la fin de l’Histoire, car le capitalisme avait vaincu le communisme et qu’il avait fait la démonstration de son efficacité économique. Mais à peine une décennie et demie plus tard (2007), le capitalisme lui-même allait donner des signes de convulsions, dont l’analyse prouve que ce Mode de Production était parvenu en fin de course. Son existence menace désormais l’Humanité elle-même. Fondé sur le consumérisme, le libéralisme tend à dévorer toutes les ressources de notre planète, mettant en œuvre une logique obscure, c’est-à-dire sans contrôle, sans aucune notion de prévoyance sur le très long terme.

Quand bien même, la notion de Développement durable, née d’une réaction alarmiste face à la prise de conscience de cette logique obscure du libéralisme viendrait à introduire dans ses mœurs  une dose de morale, ou plus précisément un principe de précaution, on reste néanmoins dans la même société qui n’est incitée à changer qu’à la marge, car son moteur demeure, la maximisation des profits qui débouche sur des inégalités sociales toujours plus criantes, et malgré tout entraînent la destruction des équilibres écologiques du globe terrestre.

Le KARISME, quant à lui ne supprime ni la maximisation des profits, ni le caractère libéral de l’économie, mais agit en amont sur la conscience des individus par le biais de la pratique de la MAAT. L’action de la MAAT sur la structure mentale de l’être en effet, modifie sa conscience, en l’élargissant notamment de façon à ce qu’il devienne capable de saisir et d’intérioriser le principe de l’unité du monde qui fonde la civilisation kamite elle même. En effet ce principe, reflète la nécessaire fusion entre la Création et son Créateur. A travers la pratique de la MAAT, ce principe se traduit par la volonté de domestiquer la nature inférieure de l’Homme, pour permettre à sa Nature Supérieure de s’imposer et de s’exprimer à sa place. Ainsi, avec la pratique de la MAAT, nous sortons réellement du libéralisme, et donc de la Préhistoire de la société humaine, pour inventer un nouveau Mode de Production, car l’Humanité se donne enfin les moyens et la méthode pour contrôler et rationnaliser  ses pulsions, ses désirs et ses besoins.

Le Marxisme, qui avait parfaitement saisi le caractère nocif du libéralisme, ne proposait comme solution que la socialisation du processus de production, par la collectivisation des moyens de production. Il croyait ainsi casser et vaincre par la force le caractère égocentrique de la nature humaine. Car finalement tout se ramène à cet égocentrisme qui est profondément enraciné dans l’âme humaine comme un roc. Confronté à ce caractère récurrent de la nature humaine, le Marxisme qui est sur le plan philosophique un matérialisme, et qui refuse d’accepter l’existence d’une puissance supérieure à l’Homme, qui l’aurait créé, ne peut donc accepter par conséquent l’idée d’une Nature Divine, présente dans le psychisme de l’Homme et qui expliquerait la nécessité de son évolution spirituelle. Ainsi malgré son empathie réelle pour la condition de la classe laborieuse et pour tous les déshérités de l’Humanité, à cause de son matérialisme philosophique, le Marxisme s’était privé sur le plan épistémologique des moyens permettant sur le plan méthodologique, d’apporter une solution efficace et pérenne pour régler  la question sociale. C’est pourquoi son projet de société, le communisme, ne pouvait que se heurter au principe de réalité.

 

III- MECANISME FONDAMENTAL DU KARISME

Le libéralisme et le collectivisme se sont donc heurtés à une même réalité : la nature humaine et son égocentrisme atavique. Le premier choisissant la solution de facilité a cru transformer les lois de la nature humaine en loi de l’économie de marché, le second, ayant pleinement pris conscience du danger et de la nocivité de la nature humaine a cherché à la broyer par une force mécanique : la collectivisation des moyens de production. Mais l’Humanité peut observer d’un œil désabusé qu’aucune de ces deux solutions n’a réussi jusqu’ici à la sortir de la Préhistoire de la Société Humaine.

A ce niveau de notre raisonnement, n’importe quel Serviteur de la MAAT, aura compris où était l’erreur.


La MAAT enseigne qu’il ne faut ni accepter la dictature qu’exerce sur l’Homme sa nature humaine égocentrique, ni réagir par une solution extrême en cherchant à la détruire. En effet si nous acceptons de subir sa loi, nous demeurons dans la primitivité psychologique, et nous n’évoluons pas psychologiquement et spirituellement. Or c’est là le but et la signification de la présence de l’Homme sur Terre.  Alors, rien, même pas le droit ne pourra protéger la société contre les abus de ceux qui possèdent des positions éminentes dans la société, et qui seront animés par la recherche du profit par tous les moyens, en abusant de leur pouvoir, créant ainsi des inégalités sociales impossibles à combler, même par des œuvres sociales et humanitaires. En même temps vouloir supprimer purement et simplement la nature humaine parce que l’on a compris qu’elle était le principal obstacle à la concorde sociale et responsable de la fracture sociale, est une solution qui ne relève ni de l’intelligence, ni de la sagesse. Car en réalité, l’Homme ne peut pas s’adapter à la vie terrestre sans recourir aux ressources de la nature humaine. La solution qui s’est imposée aux Maîtres de la MAAT fut donc de domestiquer cette nature humaine égocentrique, sans la détruire, pour que la Nature Supérieure de l’Homme s’exprime et prenne possession de son être. C’est parce qu’il existe une hiérarchie entre La Nature Divine présente dans l’Homme et sa nature humaine égocentrique, qu’en définitive c’est la Nature Supérieure qui doit dominer la nature humaine, pour que sur Terre et dans le Cosmos la MAAT puisse s’imposer à la place d’ISEFET.

La pratique de la MAAT avions nous établi, agissant sur la structure mentale de l’être modifie sa conscience. Il acquiert la conscience de l’Unité du Monde, principe qui fonde la civilisation Kamite. Autrement dit, il devient pleinement conscient de faire partie d’un TOUT, qui est sous l’autorité de la MAAT, et que tous les autres êtres de la Création ne sont qu’une partie ou un prolongement de lui-même. Cette conscience élargie que lui confère la pratique de la MAAT, est donc une conscience morale supérieure, dans ce sens qu’elle ne s’adapte pas à des situations contingentes, mais elle relève de l’essence même du Cosmos. C’est cette conscience supérieure qui fonde la véritable Fraternité entre tous les êtres du Cosmos, car elle ne s’exprime puissamment qu’au niveau de la Nature Supérieure et Divine de l’Homme.

De même, nous savons aussi que parallèlement à cette conscience morale supérieure, la pratique de la MAAT confère à l’Homme une mentalité pharaonique ou kamite, qui se décompose en Esprit d’entrepreneur, en Esprit de bâtisseur, et en Esprit de Conquérant. C’est cette personnalité qui lui permet d’agir comme un agent économique puissant et efficace dans son environnement terrestre et au sein de la société maâtocratique.

Cette personnalité spécifique, façonnée par la pratique de la MAAT, l’oblige à mettre en avant un impératif moral, avant de poser tout acte : personnel, social, politique ou économique. Sur le plan économique, il œuvrera en apparence comme n’importe quel entrepreneur, mais ses actes seront normativement orientés. Et ceci tire sa source de la modification de sa conscience provoquée par la pratique de la MAAT. D’ailleurs cela a une similitude parfaite avec le comportement des agents politiques qui obéissent aux normes de la MAAT au sein de la maâtocratie.

Donc sur le plan économique, le Serviteur de la MAAT, agissant comme un entrepreneur est autorisé à faire des profits, et à devenir riche. Mais la logique profonde de la société maâtocratique impose la circulation des richesses accumulées d’une couche sociale à une autre, dans le but d’éradiquer la misère et la pauvreté qui durent et  résistent. Cela signifie t-il qu’une certaine instance fiscale obligerait ceux qui réussissent dans la vie à donner l’aumône aux plus pauvres ? Aux accidentés de la vie ? Non et c’est ici qu’apparaît et s’impose la différence radicale entre le KARISME d’un côté et de l’autre le LIBERALISME et le COLLECTIVISME.

Parce qu’il est façonné par la MAAT, qui a éveillé en lui sa nature Divine Supérieure, le membre de la Société Maâtocratique, n’a pas besoin de contrainte extérieure pour participer à la solution de la question sociale, autrement dit à l’éradication des inégalités sociales. C’est sa personnalité maâtique solaire, désintéressée, engendrée par la pratique de la MAAT qui l’y prédispose. D’abord il acceptera comme une évidence que le système politique soit géré et piloté par des êtres vraiment intègres, par des individualités, des Serviteurs et des Maîtres de la MAAT. Et qu’ensuite l’Etat puisse mobiliser tous les moyens nécessaires à la réussite économique de la nation en transformant chaque citoyen en entrepreneur. Or dans un tel système, les moins doués, les accidentés de la vie ne peuvent être abandonnés sur le bord de la route. C’est la logique sociale interne à la Société Maâtocratique agissant comme un mécanisme solaire et mettant en œuvre le Désintéressement comme qualité supérieure de la Nature Divine de l’Homme, au sein de la conscience individuelle et collective, qui mettra toutes les solutions possibles en œuvre pour détruire les inégalités sociales et éradiquer la pauvreté. Car dans son essence, la Société Maâtocratique, ne peut accepter qu’une partie de la société tombe dans l’indigence, puisque le but de cette société est de vérifier le principe fondamental de l’Unité du Monde.

 

CONCLUSION

Replaçons l’Economie dans son contexte. Quels que soient les services qu’elle rend à la collectivité, l’Economie, n’est qu’une fonction de l’organisation sociale. Elle n’est pas le moteur de l’Histoire.

Si obéissant aux injonctions de leur nature humaine, les Humains en sont arrivés par faiblesse morale à lui conférer ce rôle, ils l’ont fait contre la nature de la Société Humaine elle-même. Et les conséquences de cet abus ne tarderont pas à se faire entendre. Ce qui est le cas aujourd’hui.

En effet ce sont les valeurs qui guident l’action historique d’une formation sociale, autrement dit c’est son système culturel qui exerce ce rôle. Les valeurs donnent une orientation précise à suivre, mais c’est à l’Etat qu’échoit la fonction de piloter au jour le jour et sur le long terme l’organisation sociale. Certains penseurs ont cru résoudre les problèmes de la société humaine en condamnant à mort l’Etat et en l’évacuant de l’Histoire. Or l’Etat est la représentation sur Terre du Pouvoir Divin Lui-même. Qui peut vivre normalement sur Terre en se dérobant au pouvoir divin ? Personne.

Alors si  ce que nous énonçons tombe sous le sens pourquoi vouloir se débarrasser de l’Etat, puisque c’est l’avatar de Dieu sur Terre ?

La vraie question demeure donc  celle de savoir si le fonctionnement de l’Etat s’aligne t-il sur celui de la Nature Divine ? Et lorsqu’on aura redonné à l’Etat son vrai rôle, en rétablissant sa véritable idéologie la MAAT, qui lui permet de simuler le comportement divin, on aura alors fait le tour du problème.

L’Economie (et notamment la finance) cessera d’avoir le pouvoir qu’elle s’est octroyée de nos jours. Ce pourvoir relève d’un logique confiscatoire, d’usurpation. Il est clair que seule la Société Maâtocratique est en mesure de rétablir la véritable hiérarchie entre les différentes fonctions au sein de l’organisation sociale. Au sein de la Société Maâtocratique,  la finance, donc le Marché ne pourra plus dicter sa loi au Pouvoir Politique. Ces deux instances vont retrouver leurs vraies places respectives. Le Pouvoir Politique pensant et organisant l’historicité et l’Economie apportant toute sa puissance pour permettre d’atteindre et de réaliser les rêves les plus complexes de l’Humanité. Le Pouvoir Politique retrouvera ainsi toute sa sacralité et toute sa Majesté au sein de la Société Maâtocratique, permettant à toutes les fonctions sociales de jouer leur rôle spécifique afin que la MAAT instaure la Paix, la Stabilité,  l’Ordre et l’Harmonie au sein de la société humaine comme c’est déjà le cas dans le dans le Cosmos.

 

VIE FORCE SANTE

JP KAYA

Source: maatocratie

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS