Le Botswana veut se doter d'une politique de protection des savoirs traditionnels

Le Botswana veut se doter d’une politique de protection des savoirs traditionnels

Le Botswana élabore actuellement une politique pour protéger, préserver et promouvoir les savoirs traditionnels et pour les intégrer au sein de la structure macroéconomique du pays.

Pour développer cette politique, il faudra identifier, documenter et rassembler les pratiques des savoirs traditionnels locaux dans les domaines tels que lʹagriculture, la santé, la culture, les croyances religieuses, et les introduire dans un cadre législatif.

Ce projet, qui a débuté en février mais qui a été lancé officiellement en juin, a reçu près de 1 million de dollars américains (742 000 euros) de la part du gouvernement.

“Cette initiative vise à conférer une autonomie économique en partageant les bénéfices et en [fournissant] des royalties aux communautés ayant un riche savoir traditionnel”, a déclaré Oabona Monngakgotla, responsable du projet.

Il a déclaré que le Botswana avait pris conscience de lʹimportance des savoirs indigènes, tels que lʹutilisation dʹherbes médicinales traditionnelles, pour améliorer la santé et générer des revenus.

La sensibilisation, par le biais de lʹéducation, sur lʹimportance des savoirs indigènes pour la recherche, en particulier la recherche médicale dans le monde, bénéficiera tant aux professionnels quʹaux communautés, a-t-il ajouté.

Le Botswana ne dispose dʹaucune loi spécifique sur les systèmes de savoirs indigènes. Il a toutefois des politiques isolées sur les ressources naturelles, notamment la Politique nationale sur la conservation et le développement des ressources naturelles, ou la Politique nationale sur la culture, qui sʹinsèrent dans les structures internationales telles que le Protocole de Nagoya, un accord international pour lutter contre la biopiraterieet visant à partager dʹune manière juste et équitable les avantages découlant de la recherche sur les ressources nationales.

“Les débats sur les savoirs traditionnels sont devenus plus complexes et plus universitaires, en particulier quand ils sont abordés sous lʹangle de la propriété intellectuelle et lorsquʹils aspirent à ce que les collaborations régionales soient encouragées et développées”, a déclaré O. Monngakgotla à SciDev.Net.


Il a indiqué que le Botswana ne travaille directement avec aucun pays dʹAfrique australe sur cette initiative mais quʹil suit le cadre scientifique, technologique et dʹinnovation du Southern African Development Committee, qui encourage les membres régionaux à développer des politiques sur les savoirs indigènes ainsi quʹà chercher à les harmoniser.

LʹAfrican Regional Intellectual Property Organization (ARIPO) est actuellement en train de développer un protocole visant à protéger les détenteurs de savoirs traditionnels contre la violation de leurs droits et contre le détournement, la mauvaise utilisation ou lʹexploitation de leurs savoirs.

“Une fois que la politique aura été développée, un plan de mise en œuvre sera établi pour détailler ses modalités dʹapplication et apporter des conseils”, a déclaré O. Monngakgotla.

Mogodisheng Sekhwela, chef dʹéquipe du projet, est chargé de collecter dʹici juin 2012 les diverses informations pour le Centre for Scientific Research, Indigenous Knowledge and Innovation de lʹUniversité du Botswana.

 

Munyaradzi Makoni

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