L'arme de séduction massive des Sénégalaises

L’arme de séduction massive des Sénégalaises

Pour beaucoup, la femme sénégalaise est une grande séductrice. Qu’elle soit noire, brune ou basanée, elle demeure l’objet de multiples fantasmes. Et son arsenal de séduction est à la mesure de sa réputation.

Même Nelson Mandela, grand amateur de femmes, a succombé à leur appas: dans ses mémoires, il délivre aux Sénégalaises le prix des femmes les plus élégantes d’Afrique.

Marché HLM de Dakar, capitale du Sénégal. Un véritable capharnaüm d’articles de séduction orne les trottoirs. Disposés sur des tables et accrochés à la devanture des cantines, les célèbres bine bine attirent les regards. Au point que d’aucuns à Dakar les qualifient d’armes de séduction massive des Sénégalaises.

De différentes couleurs, ces ceintures en perles ont contribué au mythe de la sénégalaise comme «déesse de la séduction». De tailles variables, ces ceintures sont de grandes alliées pour la sénégalaise qui souhaite ferrer son homme. Avec l’encens traditionnel, les ceintures en perles et les petits pagnes sont essentiels dans le processus de séduction. Ils sont nés de l’ingéniosité des femmes de l’ethnie Laobé, réputées pour être de grandes séductrices.

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Vertus érectiles du conjoint

Les pagnes ont la spécificité de véhiculer des messages salaces, drôles ou parfois déroutants. Certains d’entre eux célèbrent les vertus érectiles du conjoint avec des formules tirées de la langue wolof. D’autres expliquent le bénéfice matériel que peut tirer la femme de la plénitude sexuelle du mari. Tricotés à la main ou décorés avec des dessins sous forme de bande dessinée, ces pagnes se retrouvent dans la garde-robe de la majorité des femmes.

Oulèye Gadiaga, vendeuse d’articles de séduction, vante les mérites des produits qu’elle propose à sa clientèle:

«Une femme doit disposer de ces objet parce que sans petits pagnes ou ceintures en perles, elle ressemble aux hommes. Une femme qui souhaite garder son homme doit avoir recours à ces articles de séduction», souligne la jeune femme à la peau dépigmentée.

Sa voisine, une femme d’âge mûre, explique les vertus stabilisatrices de ces accessoires sur le ménage:

«Toute femme mariée doit en avoir, car non seulement tu ferres ton mari, mais tu réussis également à écarter d’éventuelles concurrentes. Le “thiouraye” (encens), les “béthios” (petits pagnes) et les “bine bine” constituent l’identité propre de la femme, pour que l’homme puisse la distinguer parmi les autres.»


Coumba Thiam, une autre vendeuse, n’en dit pas moins:

«Dans la pénombre, les perles, souvent lumineuses, guident le conjoint. Les petits pagnes lui permettent d’avoir l’impression de revivre chaque jour sa lune de miel. La femme doit aussi faire en sorte de sentir bon grâce à l’encens.»

Toute sénégalaise, qu’elle soit jeune ou vieille, riche ou pauvre, instruite ou analphabète, connait bien ces astuces de séduction. Si certaines les trouvent ringardes, d’autres en ont fait des outils incontournables. Bineta Diop, une cliente, confirme les vertus de ces articles: 

«Au début, je pensais qu’ils n’étaient pas importants dans un couple. En tant qu’intellectuelle, j’avoue que je prenais ça pour des histoires de bonne femme. Mais quand je les ai utilisés mon mari a aimé. Depuis, je me rends compte qu’il y a une évolution positive dans nos rapports intimes.»

Les hommes ne sont pas insensibles à ces jeux de séduction; Cheikh Fall, un polygame, reconnaît l’effet de ces accessoires sur sa libido:

«Une femme sans mbéthio ni bine bine est comme un homme. Je n’imagine pas l’acte sexuel sans ses articles. Une femme doit avoir des salagnes-salagnes (astuces).»

Alioune Touré, pour sa part, ne partage pas cet engouement autour de ces articles de séduction:

«Les gens exagèrent sur les pouvoirs des ceintures et des pagnes. Je ne pense pas pouvoir être séduit à travers ces articles. Ce qui est primordial, à mon sens, c’est ce que l’on ressent pour la personne».

Les jeunes filles essaient d’allier modernité et tradition, en portant des chaînes en or ou en argent autour des reins. Une nouvelle orientation qui fait l’affaire des bijoutiers. Pape Thiam, qui exerce ce métier à Dakar, au marché Tilène, enregistre d’importants bénéfices:

«Les jeunes filles et les mannequins sont mes principales clientes. Avec les chaînes en or ou en argent, elles sortent du lot et montrent qu’elles sont à la mode et qu’elles ont les moyens. Une chaîne en or pour les reins peut coûter jusqu’à 300.000 francs CFA (presque 500 euros) alors que les bine bine ne coûtent que 100 francs».

 

Ndèye Khady Lo

Source: slateafrique.com

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