Fleur tétraédrique (forme pyramidale)

La Pyramide Ekañ

« Olé ! Olé ! Olé ! Brusqua l’Ancien, un peuple vraiment grand ne se contentera jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité. Voilà, mes enfants, à quoi se mesure la qualité d’un dieu ». Meka’a, l’enfant-noir-qui-échappe-aux-lois-de-la-pesanteur, avait enfin compris pourquoi Bodzam, la fleur d’Ezakoulmombò, restait ce village minuscule où ne se délectaient que moustiques et chiens vagabonds. Ouasset[1], la ville aux Cents Portes chantée par les Grecs n’était plus dans nos souvenirs. Comment pouvait-on prétendre que « ça marchait » alors que la masse du peuple était embarbouillé dans la vermine et le désordre ? Qu’était-ce donc que cette dévotion bizarre qui sauvait toujours l’individu, jamais le groupe ? Enfin, de quoi fallait-il nous sauver si ce n’est de la misère matérielle, affective et morale dans laquelle nous avait plongé l’abandon de nos valeurs ancestrales ?

La sagesse Mvett ne dit-elle pas que la fourmi qui s’éloigne de sa fourmilière sait où elle va ? De même, l’abeille qui butine de fleur en fleur connaît le chemin du retour. Savions-nous où nous allions par le chemin de la croix et du croissant ? Souvenons-nous du chemin de la Mâat, notre maison ! L’Être Africain, a dit l’Ancien, est comme une biche piégée dans le labyrinthe de la matière. Elle entend le roulement des écailles du serpent-dragon et ne sait par quelle voie gagner le salut. Ô Grand Ramessou, Aimé de Dieu, tes enfants ne te connaissent pas ! Tes louanges adressées par des générations successives me parviennent dans les heures de méditation nocturne. Où es-tu, Grand dans Ouasset ? Que prenne fin le supplice de ton peuple !

C’était encore une matinée pas comme les autres. L’Ancien était maintenant gai et parfaitement calme. Le contraste entre cette gaité et son air sombre de tout à l’heure était frappant. Peut-être venait-il de lui arriver quelque chose de fort agréable et dont nous ne nous doutions pas. En tout cas, il paraissait maintenant particulièrement satisfait. « Qui d’entre vous a entendu parler des solides platoniciens ?» Dit-il soudainement. L’univers qui s’ouvrait à présent devant nous apportait de nombreuses interrogations, et cela se vit dans chaque regard. Quel rapport Platon pouvait-il bien avoir avec une séance d’initiation aux mystères africains en pleine forêt équatoriale ? Mon esprit fit une ronde dans ma mémoire à la vitesse de la lumière et ramassa tous les souvenirs que je gardais de mes manuels philosophiques. Je me souvenais des paroles de Monsieur Eyenga, mon professeur de philosophie en classe de Terminale (et que nous prenions pour un ancien prêtre devenu fou sans qu’on sache véritablement pourquoi), s’extasiant devant « toute la science que les Blancs nous avaient apporté » et tournant en ridicule ces croyances africaines qui, selon lui, attestaient parfaitement de la proposition senghorienne suivant laquelle l’émotion était nègre et la raison hellène.

Cette matinée-là, l’Ancien traça plusieurs figures géométriques dans la poussière du sol et nous montra que la liturgie sacrée rappelée par le Mvett à travers la « naissance » d’Aki Ngoss, l’œuf de cuivre d’Eyô, était à l’origine des spéculations platoniciennes sur les formes géométriques dont s’était servi le démiurge (Atoum) pour créer l’Univers. Les Ekañ étaient peut-être les bâtisseurs des pyramides et cette science était encore perçue dans leur tradition. Ce jour même, c’est en relisant Platon que cette certitude se fixa définitivement dans mon esprit.

La forme initiale de la cosmogonie africaine est le triangle (Trinité). Le tétraèdre, l’un des solides retenus par Platon dans le Timée, est la forme géométrique que cet auteur Grec accorde à l’élément feu. Le tétraèdre, du grec « tétra » signifiant « quatre », est un polyèdre à quatre faces, le seul qui soit deforme pyramidale. Or, comme le rappelle Tsira Ndong Ndoutoume, le récit de la naissance de l’Univers d’après la tradition Ekañ tourne exclusivement autour de l’élément feu. Ce qui permet de reconnaître le rapport spécifique que ce peuple négro-africain entretient avec cet élément, et ramène la narration Mvett de la création de l’Univers à une allégorie sur le feu originel et les dieux[2] (Neterous) qui en découlent. Voici ce que dit l’initié Mvett :

« Au commencement Eyô est le seul à être. Il est seul. La vie, la lumière sont en lui. Il en jouit seul. Tout, autour de lui est néant. Il n’y a pas de temps ou d’espace, ni de matière. Il est seul et seul. Mais il est. Il est hors du temps, de l’espace et de la matière. Tout se réduit à lui. Il se met à réfléchir. Il pense et, de sa seule intelligence, trouve le mot vie. Donc il vit[3]. Eyô est le seul à vivre, le seul à être. Il se dit : « Et si j’élargissais la vie. Jusqu’ici je ne vois qu’en moi-même et c’est très beau. Je jouis de la vie. Et si j’étendais la vie hors de moi, quoique rien ne peut être hors de moi puisque je suis vie. Je vais élargir la vie. Autrement dit je vais m’étendre ». Eyô regarda en lui, il se dit que l’opération devait être délicate. Il y avait en lui la Volonté, la Puissance, l’Intelligence[4]. Il regarda encore. Il y avait une féerie de couleurs. Il prit lacouleur or (Khong) et la couleur cuivre (Ngoss)[5], les mélangea, malaxa le tout et obtint une sorte de boule lumineuse semblable à un œuf. Il l’appela Aki Ngoss (l’œuf de cuivre d’Eyô). Eyô réfléchit encore. Il prit l’intelligence et l’enferma dans Aki Ngoss et dit à l’Intelligence :

– Sors de là par tes propres moyens.

L’Intelligence œuvra et s’aperçut qu’elle ne pouvait point sortir d’elle-même de cet œuf. Elle dit :

– Je ne puis sortir.

Eyô demanda :

– Pourquoi ?

L’Intelligence dit :

– L’œuf est durépais et lourd. Il me manque la Volonté et la Puissance.

Eyô dit :

– Bon. Je t’envoie la volonté et la puissance. Revêts-toi des deux et sors de là.

L’Intelligence se satura de volonté, s’irradia de puissance, s’échauffa, fut portée au rouge feu aveuglant et du rouge feu aveuglant au blanc incandescent. La chaleur monta, monta encore. Aki Ngoss, ce globe de cuivre brillant, commença à s’échauffer, à se gonfler sous l’effet de la terrible chaleur. Et la chaleur montait toujours. Elle devint si intense qu’aucun feu, œuvre des hommes, ne peut atteindre une pareille température. N’y pouvant plus tenir, Aki Ngoss explosa. Ce fut la première explosion, l’ouragan de chaleur, de vapeurs et de particules brûlantes qui s’en dégagea se déchaîna et se répandit dans toutes les directions, se formant en brouillards étincelants (galaxies) et s’étirant de ce qui allait devenir le grand Espace qui, à son tour, s’agrandit, s’évasa et devint Ndalamé (l’immensité infinie, le cosmos). Certains éclats de l’œuf ne s’éteignirent point mais restèrent allumés pour éclairer le Ciel et l’Infini. Nous les voyons surtout la nuit. Ce sont les étoiles. Le soleil aussi est un gros éclat d’Aki Ngoss qui ne s’était pas éteint. L’éclat-Terre s’est éteint mais reste éclairé par le soleil et la lune. Ndalamé est infiniment illimité. Personne ne peut situer l’endroit où se trouvait Aki Ngoss quant il a éclaté. Où est le commencement ? Ou est la fin ? Nul ne le sait. »

 

Fleur tétraédrique (forme pyramidale)
Fleur tétraédrique (forme pyramidale)
Diamant tétraédrique
Diamant tétraédrique. Remarquez la forme ovoïde.

 

Apportons quelques précisions sur ce texte. La Volonté, la Puissance et l’Intelligence sont des « caractères » associés au feu. De même, les couleurs or et cuivre sont celles du feu. Toutefois, il ne s’agit pas ici du feu matériel que nous observons au quotidien, mais d’un feu cosmogonique rendu par la figure de Shou dans la cosmogonie d’Iounou (Héliopolis). On rappellera, pour l’illustrer, ce que dit Martin Bernal lorsqu’il évoque les origines d’Héraclès (Hercule). « La férocité de Shou a été mise en rapport avec la violence du soleil de midi[6] »l. Ce dernier ajoute : « Cela à son tour peut être mis en parallèle avec hrr « brûler » et le héros-démon Erra. La fonction principale de Shou était de séparer le ciel de la terre ou de soutenir le ciel, et cela est en parallèle avec le mythe d’Héraclès et d’Atlas. (…) L’identification entre Héraclès et Shou est renforcée par la lutte du héros avec Antée où comme Shou dans la légende égyptienne, Héraclès sépare l’être mauvais de la terre en l’élevant dans l’air[7] ».

 

Ce souffle dont on dit qu’il incarne Shou doit être vu dans le mouvement d’expansion qui suivit l’explosion de l’œuf cosmique. Voilà pourquoi le couple de jumeaux Shou-Tefnout, les premiers-nés de la semence d’Atoum, rendent l’idée de feu et de souffle. Jan Assmann est encore plus précis dans cette allusion. L’égyptologue Allemand écrit : « Au commencement, il y a Atoum, le dieu de la préexistence qui, passant à l’existence, apparaît en dieu-soleil Rê. Atoum fait procéder de lui-même Shou et Tefnout, c’est-à-dire l’air et le feu – et non l’humidité, comme Tefnout a été comprise jusqu’ici. Tefnout est en effet la déesse de la lumière primordiale[8] (…). Shou et Tefnout produisent Geb et Nout, le dieu de la terre et la déesse du ciel[9] ».

 

Ainsi, le feu et le souffle (le couple Shou-Tefnout) sépare l’amas informe sorti du Noun en ciel et terre (le couple Geb-Nout), au sens proprement chimique du terme, car le feu, rappelons-le, entre inéluctablement dans le processus de séparation des atomes « légers » d’avec les atomes « lourds ».

Les atomes légers vont s’élever pour constituer le Ciel cosmogonique (Nout), les atomes lourds vont s’affaisser pour constituer la Terre cosmogonique (Geb)[10]. On voit ainsi se déployer la géométrie sacrée rendue par Platon dans le Timée, car le feu (Shou) correspond au tétraèdre, l’air (Tefnout) à l’octaèdre. L’eau, comme le rappelle Jan Assmann, est un élément préexistant dans le système cosmogonique kamite car le monde est issu de l’océan primordial appelé Noun. La figure géométrique attribuée à l’eau est l’icosaèdre. Enfin, l’image du Ciel, rendue par l’énigmatique éther, se reconnaîtra dans la figure du dodécaèdre (Aristote). Tous les éléments de la nature incarnée émanent de la myriade de combinaisonsque réalisent ces cinq solides, éléments primordiaux, en s’associant ou en se dissociant (dissolvant).

 

Que dit Platon dans Le Timée ?

« Maintenant, écrit l’auteur Grec, il faut expliquer comment peuvent se former les plus beaux corps, qui sont au nombre de quatre, et dissemblables entre eux, mais tels que certains d’entre eux peuvent être engendrés les uns des autres en se dissolvant. Si nous y réussissons, nous tiendrons la vérité sur l’origine de la terre et du feu et des corps qui leur servent de termes moyens. Car nous n’accorderons à personne qu’on puisse voir des corps plus beaux que ceux-là, chacun d’eux formant un genre unique. Appliquons-nous donc à constituer harmoniquement ces quatre espèces de corps supérieurs en beauté, afin de pouvoir dire que nous en avons bien compris la nature. (…)Il faut ensuite observer qu’il y a plusieurs espèces de feu, par exemple la flamme, puis ce qui s’échappe de la flamme, et, sans brûler, procure la lumière aux yeux, et ce qui reste du feu dans les corps en ignition, lorsque la flamme s’est éteinte. De même dans l’air il y a l’espèce la plus translucide, qu’on appelle éther, et la plus trouble qu’on appellebrouillard et obscurité, et d’autres qui n’ont pas de nom et qui résultent de l’inégalité des triangles. Pour l’eau, il y a d’abord deux espèces, la liquide et la fusible. La première, formée des éléments de l’eau qui sont petits et inégaux, se meut par elle-même et sous une impulsion étrangère, à cause de son manque d’uniformité et de la nature de sa forme.


L’autre espèce, composée d’éléments plus grands et uniformes, est plus stable que la première et elle est pesante et compacte du fait de son homogénéité. Mais quand le feu la pénètre et la dissout, elle perd son uniformité, et quand elle l’a perdue, elle participe davantage au mouvement, et devenue facile à mouvoir, elle se répand sur la terre sous la poussée de l’air adjacent, et chacune de ses modifications a reçu un nom, celui de fonte quand ses masses se dissolvent, et celui de courant quand elles s’étendent sur le sol. Quand, au contraire, le feu s’en échappe, comme il ne s’échappe point dans le vide, l’air voisin, poussé par lui, pousse ensemble la masse liquide, encore facile à mouvoir, dans les places laissées par le feu et se mêle avec elle. Le liquide, ainsi comprimé et recouvrant son uniformité par la retraite du feu qui l’avait rendu hétérogène, rentre dans son état originel. Le départ du feu a été appelé refroidissement et la contraction qui suit sa retraite, congélation[11] ».

En vérité, ce petit traité de chimie des particules, qui ne correspond à rien d’authentique dans la tradition grecque, résulte d’un discours initiatique que Platon aura entendu lorsqu’il se rendit auprès des prêtres kamites de la période antique (à Héliopolis). Il s’agit d’une explication qu’il donne pour éclairer ces congénères Grecs sur ce que nous nommons aujourd’hui la Cosmogonie d’Iounou.

 

« Quel rapport tout ceci peut bien entretenir avec le récit traditionnel perpétué par les MbomMvett de la forêt équatoriale du Gabon, du Cameroun, du Congo et de Guinée équatoriale ? » Se demande maintenant le Lecteur.

Donnons la parole à Tsira Ndong Ndoutoume : « Voici le commencement tel qu’il se fit. Oyono Ada Ngone[12] vit alors sortant du néant un œuf de cuivre avec quatre faces. Quand nous disons « Œuf de cuivre », nous voulons faire comprendre aux auditeurs Mvett et à nos lecteurs qu’il s’agit d’une petite boule aux couleurs or et cuivre (khong ngoss) de la forme et de la grosseur d’un œuf. Les deux couleurs se répartissent sur toute la surface de l’œuf alternativement or et cuivre, quatre fois, donc : or, cuivre, or et cuivre. Tel fut Aki Ngoss, l’Œuf de cuivre, tel qu’Oyono Ada Ngone le vit. Il émettait une chaleur insupportable et une lumière d’une intensité aveuglante ». (L’Homme, la Mort et l’Immortalité, p.17).

Aki Ngoss, l’œuf de cuivre d’Eyô, n’est autre que le tétraèdre, premier des quatre solides retenus par Platon. Celui qui ouvre les possibilités successives qui prennent forme dans le récit héliopolitain de la création de l’Univers. Les quatre faces rappelées par le récit Mvett évoquent les quatre faces du tétraèdre, polyèdre qui montre un aspect pyramidal par la nécessité de joindre lesdites faces. Naturellement, on peut s’étonner qu’un « œuf » puisse présenter des faces, mais c’est oublier que le tétraèdre cosmogonique, tout comme Aki Ngoss est en perpétuel mouvement (malaxé, mélangé), d’où la forme arrondi que prennent les angles de cette figure géométrique dans le récit cosmogonique Ekañ. De plus, il n’existe pas de lignes droites observables dans l’Univers, celles-ci rendant plus évidemment des courbes appelées géodésiques.

Si le tétraèdre de Platon correspond à Aki Ngoss, d’où vient que le Mvett insiste tout particulièrement sur les couleurs or et cuivre ? C’est Platon lui-même qui nous rend l’objet de son plagiat. Au chapitre qui suit ses spéculations sur le tétraèdre, il écrit :

« De toutes les eaux que nous avons appelées fusibles la plus dense, formée des particules les plus ténues et les plus égales, n’a qu’une seule variété, teintée d’un jaune brillant. C’est le plus précieux de tous les biens, l’or, qui s’est solidifié, après avoir filtré à travers des rochers. Pour le scion d’or, lequel est très dur en raison de sa densité et de couleur sombre, on l’a appelé « adamas ». L’espèce formée de parties semblables à celles de l’or, mais qui a plus d’une variété, est pour la densité supérieure à l’or, parce qu’elle contient un léger alliage de terre ténue qui la rend plus dure, mais en même temps plus légère, parce qu’elle renferme de grands interstices : c’est de cette espèce d’eaux brillantes et solides qu’est composé le cuivre. La portion de terre qui y est mêlée apparaît seule à la surface, quand par l’effet du temps les deux substances se séparent l’une de l’autre : elle s’appelle vert-de-gris. »

Les caractéristiques d’Aki Ngoss, « dur », « épais » et « lourd » sont ainsi reconnaissables dans le récit du philosophe grec. Le terme grec « adamas », est traduit par « fer dur », « métal solide », et devient chez Pline[13], synonyme de « diamant », autre forme géométrique rendue par le tétraèdre.

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[1] Thèbes.

[2] Astres.

[3] On rappellera qu’on trouve ici exprimé l’axiome philosophique « je pense donc je suis » attribué à Descartes. Ce qui doit être relevé lorsqu’on sait tout l’effort que déploya Senghor pour aboutir au fameux : « l’émotion est nègre, la raison hellène ». Des siècles avant la naissance de Descartes, l’Afrique traditionnelle exprimait déjà l’axiome qui résume sa pensée philosophique.

[4] Ces trois éléments sont associés au feu dans la tradition Ekañ.

[5] Ces couleurs sont également associées au feu dans la tradition Ekañ, association que chacun peut reconnaître dans l’idée qu’on se fait habituellement du feu.

[6] Black Athena, tome II, p. 181.

[7] Black Athena tome II, page 181-182.

[8] « Que la lumière soit », attribué au dieu des Juifs au moment de la création.

[9] Mort et Au-delà dans l’Égypte ancienne, p. 48.

[10] Ici les notions de Ciel et Terre sont avant tout des notions cosmogoniques en relation avec la chimie des particules élémentaires.

[11] Timée, 53C-59d.

[12] Ancêtre des Ekañ. Tsira Ndong Ndoutoume écrit : « C’est à lui que fut révélé le Mvett et c’est pourquoi on l’appelle le Père des mélodies. ».

[13] Écrivain romain du 1er siècle de l’ère européenne.

 

 

Par Amenhemhat Dibombari

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