Noirs (Maures-Sarrasins) jouant eux éches en Espagne

La longue presence africaine en Espagne ancienne

Tout en admettant que le concept de race est relatif, quand on regarde les européens, on se rend facilement compte que les européens du sud – les espagnols en particulier – sont différents des européens du nord. Les andalous par exemple ont généralement les cheveux noirs, la peau bronzée et leurs yeux sont rarement bleus ou verts. On pourrait de manière simpliste attribuer cette différence au climat du sud qui est un peu plus ensoleillé. Il n’en est rien. En réalité les espagnols du sud sont le fruit d’une rencontre entre des peuples blancs et des peuples africains qui ont vécu en Espagne depuis les temps préhistoriques jusqu’au Moyen Âge européen. On peut étaler cette présence sur trois vagues.

 

Le peuplement initial de l’Europe

On sait aujourd’hui de manière certaine que les premiers européens étaient d’origine africaine, comme tous les peuples du monde d’ailleurs. Le plus ancien squelette d’Europe – qui est nègre – est vieux de près de 36 000, on parle de l’homme de Grimaldi. C’est sous le climat glacial européen que l’homme noir par adaptation ne va pas plus synthétiser de la mélanine pour se protéger des rayons solaires, sa peau deviendra ainsi blanche. L’homme blanc, descendant du Noir est donc apparu en Europe il y a 20 000 ans mais il y a subsisté beaucoup de Noirs, notamment en Espagne et dans les Balkans comme nous le dit Cheikh Anta Diop.

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La colonisation carthagino-phénicienne

Les Phéniciens (habitants noirs primordiaux du proche orient) en tant que grands commerçants et civilisateurs, sillonnaient toute la Méditerranée et fondèrent des colonies en Grèce et en Italie notemment. C’est en -814 qu’une de leur reine, Dido, fonda Carthage en Tunisie actuelle. Carthage s’étendait de part et d’autre de la Méditérannée et tout le sud-est espagnol était sous son administration. C’est selon toute vraisemblance un carthaginois, Hamilcar Barca père du célèbre Hannibal, qui fonda la ville de Barcelone.  Le mot Barcelone viendrait de Barca. La colonisation carthagino-phénicienne constitue donc la deuxième vague de présence noire en Espagne.

 

Les invasions arabo-musulmanes

De nombreux Noirs ont participé à l’invasion arabo-musulmane de l’Europe par l’Espagne. C’est au contact de ces envahisseurs que l’Europe sortira de son état de semi-barbarie dans lequel elle était depuis la chute de l’empire romain. L’historien africain-caribéen Niousseré Kalala (Jean PhilippeOmotunde) nous apprend qu’ Au début du VIIIème siècle, des chevaliers noirs venus d’Afrique ont envahi l’Espagne, le Portugal et la France sous la houlette de troupes arabo-musulmanes. On retrouve encore leurs traces en Angleterre, en Allemagne et en Italie. Ce sont les fameux « Maures » voir les « Sarrazins« .


Leur supériorité militaire et leurs nombreuses victoires ont impressionné les gens du moyen-age qui nous ont légué bon nombre de témoignages historiques sur leur présence et leurs hauts faits d’armes. Cette présence a naturellement générée des familles mixtes et aujourd’hui encore, beaucoup de familles françaises portent le nom de leur patriarche Noir en guise de nom de famille, bien qu’elles l’ignorent ou qu’elles le cachent.

C’est le cas des familles : Moraux, Morel, Morland, Nègre, Sarrazin, Sarrasin, Morand, etc

Ces Africains vivaient en France, en Espagne, en Italie, en Angleterre et au Portugal où ils exerçaient le pouvoir dans certaines régions… Ils habitaient dans les châteaux forts ou dans les villes et vivaient en parfaite harmonie avec la population.

Femmes andalouses
Femmes andalouses

L’écrivain et philologue Antoine Fabre d’Olivet, toujours cité par Omotunde, parlant de ces Noirs entrés en Europe via le détroit de Gibraltar sous la houlette des arabo-musulmans, nous dit   »Dans ce temps-là, la race noire, que j’appellerai toujours sudéenne à cause de son origine équatoriale et par opposition à la race blanche que j’ai nommée boréenne ; la race noire dis-je, existait dans toute la pompe de l’Etat social. Elle couvrait l’Afrique de nations puissantes (…) La race sudéenne très puissante et très répandue en Afrique et dans le midi de l’Asie, ne connaissaient qu’imparfaitement encore les contrées septentrionales de cette partie du monde et n’avait de l’Europe qu’une très vague idée (…)

Les hommes blancs aperçurent pour la première fois, à la lueur de leurs forêts incendiées, des hommes d’une couleur différente de la leur. mais cette différence ne les frappa pas seule. Ces hommes couverts d’habits extraordinaires, de cuirasses resplendissantes, maniaient avec adresse des armes redoutables, inconnues dans ces régions. Ils avaient une cavalerie nombreuses ; ils combattaient sur des chars et jusque sur des tours formidables qui s’avançant comme des colosses, lançaient la mort de tous les côtés. Le premier mouvement fut pour la stupeur. Quelques femmes blanches dont ces étrangers s’emparèrent et dont ils cherchèrent à capter la bienveillance, ne furent pas difficiles à séduire. Elles étaient trop malheureuses dans leur propre patrie pour en avoir nourri l’amour.

De retour dans leurs tanières, elles montrèrent les colliers brillants, les étoffes délicates et agréablement nuancées qu’elles avaient reçus. Il n’en fallut pas d’avantage pour monter la tête de toutes les autres. Un grand nombre profitant des ombres de la nuit, s’enfuit et alla rejoindre les nouveaux venus. Les pères, les maris n’écoutant que leur ressentiment, saisirent leurs faibles armes et s’avancèrent pour réclamer leurs filles ou leurs épouses. On avait prévu leur mouvement ; on les attendait. Le combat engagé, l’issue n’en fut pas douteuse. Plusieurs furent tués, un plus grand nombre demeura prisonnier ; le reste prit la fuite  ».

Ces Noirs comme on le déduit des textes de Fabre d’Olivet ont probablement – en partie tout du moins – été absorbés par métissage avec des femmes espagnoles. Ces envahisseurs arabo-musulmans possédaient des textes antiques grecs et c’est par diffusion de ces écrits que les européens prendront conscience de leur passé glorieux et se mettront à étudier la Grèce ancienne. C’est à ce retour aux humanités classiques européennes, au contact des arabes et des Noirs, que l’Europe doit son réveil intellectuel et sa renaissance au 15e siècle. On ne peut pas dire l’inverse concernant la présence des européens en Afrique. C’est pourquoi l’Espagne et le Portugal qui ont été plus fortement occupée que le reste de l’Europe, deviendront les deux principales puissances continentales à la renaissance.

 

En conclusion le métissage apparent des espagnols du sud est dû à la rencontre de peuples blancs, avec trois vagues de présence noir : l’homme de Grimaldi qui peupla initialement l’Europe, la colonisation carthagino-phénicienne, la forte présence de Noirs pendant l’invasion arabo-musulmane.

 

Source : African History-Histoire Africaine

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Les mémoires du racisme

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