La Bible dévoilée - les nouvelles révélations de l'archéologie Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman

La Bible dévoilée: Les nouvelles révélations de l’archéologie Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman

Ouvrage autant limpide que passionnant, l’étude des archéologues Finkelstein et Silberman devrait être enseignée dans toutes les synagogues. Avec ce travail, la Bible ne peut plus être considérée comme un ouvrage historique, rien de la mythique grandeur d’Israël n’est confirmé par l’archéologie et, pire, l’histoire de la nation juive n’est que la chronique banale d’une contrée pauvre, déshéritée, envieuse de la puissance de ses voisins et dont les titres de gloire contés dans le Pentateuque sont nés de l’imagination de ses rédacteurs. La grandeur antique d’Israël est l’invention politique d’une épopée absente. Voilà la substance d’un livre remarquable grâce auquel rien ne sera désormais comme avant.

Dès le prologue, les auteurs mettent les points sur les “i” : la Bible est une saga imaginaire conçue il y a 2600 ans, une collection de sources très diverses et maintes fois révisée. Le monothéisme, présenté par les religieux comme l’apothéose de spiritualité, a, plus sûrement, été une réaction autoritaire aux croyances précédentes, en témoignent les restes archéologiques découverts dans diverses citées. La ville de Jérusalem, qui, dans la Bible, apparaît comme l’épicentre du judaïsme et du royaume d’Israël, ne fut en fait qu’un bourgade mineure dont le rôle central n’est venu que très tard, bien après la chronologie hasardeuse suggérée par la Bible. De façon plus générale, l’archéologie conteste quasiment tous les fondements historiques de nombreux récits bibliques. Pas moins !

Les résultats étant annoncés dès le prologue, le corps de l’ouvrage va s’attacher à en donner les preuves par une comparaison minutieuse des textes dits “sacrés” et des résultats de l’archéologie. Premier livre de la Bible, la Genèse n’a, d’après les auteurs, pu être écrite qu’aux 7ème et 8ème siècles avant JC :

– les relations entre les héros bibliques sont en fait celles, transposées quelques siècles en arrière, des peuples de la région ;
– les lieux mentionnés étaient peu ou pas connus avant le 8ème siècle ;
– la collection des légendes et faits anciens a été faite au 7ème siècle.

Sans surprise, l’Exode ne bénéficie pas de plus de crédibilité : les lieux qui y sont mentionnés ont bien existé mais les déplacements de 600000 hébreux dans le Sinaï sont purement imaginaires à l’époque indiquée par la Bible, à savoir le 13ème siècle. Comme la Genèse, l’Exode n’a pu elle aussi être rédigée qu’au 7ème siècle. La fameuse conquête de Canaan par les israélites au 13ème siècle n’est pas plus acceptable : la domination de la région par la puissante Egypte interdisait qu’un groupe en errance permanente puisse en prendre possession. Le même sort est infligé aux conquêtes de Jericho et d’Aï qui ne sont que pures affabulations ; l’archéologie vient, là encore, rejeter le scénario biblique qui, pour l’effondrement des murailles de Jericho, aurait dû être clairement mis au jour par les chercheurs, ce qu’il ne fut pas.

Après les cinq premiers livres qui forment la Torah, les auteurs examinent les livres prophétiques. Le premier, celui de Josué, ne résiste pas mieux à leur critique sagace : écrit nécessairement au 7ème siècle, il sert en réalité les rêves et la religiosité du peuple, plus qu’il ne renseigne sur l’histoire passée de la région. En particulier, l’invasion de Canaan par les hébreux n’est qu’un mythe destiné à conférer une ascendance glorieuse à ce peuple déshérité et sans mémoire : les hébreux n’ont pas conquis Canaan pour la simple raison qu’ils y vivaient depuis toujours… Quant à David et Salomon, les deux rois sur lesquels repose le prestige mythique de l’ancien Israël, si les auteurs ne nient pas leur existence, ils en affaiblissent singulièrement l’héritage : n’étant probablement que des chefs locaux, la splendeur d’une nation unifiée, qui n’existait d’ailleurs pas, n’est qu’invention !

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Un des apports principaux de l’étude de Finkelstein et Silberman est de disséquer les intentions des rédacteurs du texte biblique : en opposant sans cesse le nord prospère et puissant, Israël, au sud faiblement peuplé, Juda, la Bible est un portrait malintentionné des populations du nord accusées de tous les maux au nombre desquels l’impiété est le plus grave. Ainsi, les Omrides, du nord, sont bien mal dépeint par les envieux de Juda. Pourtant, malgré la propagande monothéiste du texte biblique, le polythéisme était beaucoup plus répandu dans Juda que le culte unique de Yahvé. Et Juda n’a pas plus connu cet âge d’or qui aurait accompagné les règnes idéalisés de David et Salomon. Enfin, la déportation à Babylone au 6ème siècle ne sera pas l’exil général affiché par la Bible mais, plus modestement, le déplacement d’une faible partie de la population de Juda.

 

 

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