L’ influence africaine en Amérique, une réalité niée

L’ “influence” africaine en Amérique, une réalité niée ?

Un million, deux millions, six millions… 11 millions, polémique des chiffres, polémique du chiffre. Dans tous les cas les descendants d’Africains sont encore assez aujourd’hui, pour témoigner de l’importance que la traite négrière a eu pendant plus de quatre cents ans. Brésil, pays où il y a le plus de noirs après…l’Afrique, et que Salvador de Bahía appelait communément : la Rome noire, Cali en Colombie une des plus grandes villes noires…

L’histoire connue (pas assez), quelques fois non reconnue ou ayant du mal à se faire reconnaître, finalement la traite existait en Afrique, déjà avant l’arrivée des Européens nous dira-t-on, ces derniers ne firent que perpétuer un système déjà à l’œuvre. Le résultat est là : des millions de personnes déportées vers les Amériques.

La persistance d’une culture d’origine africaine Ces millions de personnes traversèrent de force l’Atlantique, dépouillés de tout, de tout sauf de l’essentiel : leurs cultures. Certes, le groupe dans la cale était hétérogène, précaution prise par les négriers, de diviser les “Nations”, afin d’éviter d’éventuelles rébellions. Néanmoins, historiquement on constate que même s’il y a eu division, on retrouve des grandes vagues culturelles relativement homogènes, telles les Yorubas, les Bantous, qui favorisèrent à des moments donnés des regroupements et parfois des reconstitutions de royaumes africains dans l’aventure du marronnage. Glissant appellera les Africains déportés en Amérique, les migrants nus , par opposition aux migrants armés et fondateurs et aux migrants familiaux. Ce migrant devra recomposer au travers de la Trace (Trace de ce qui lui reste de sa culture africaine) une culture.

En effet, malgré la déportation, malgré le système esclavagiste, malgré l’Inquisition, malgré l’aliénation culturelle, malgré la ségrégation, malgré les prohibitions et malgré tous les malgré, les afro-américains survécurent…survécurent (pour le plus grand regret de certains parfois) physiquement, socialement, politiquement et culturellement. L’aspect qui intéresse particulièrement cet article est l’aspect culturel. On aura voulu nous faire croire tout d’abord que les Africains qui arrivaient sur les terres américaines étaient vierges de toute culture ou l’avaient laissée en Afrique avant qu’on les jette à fond de cale. On aura voulu, ensuite, nous faire croire aussi que dès leur arrivée aux Amériques ils embrassèrent la culture de leurs maîtres et reconnurent leur supériorité. Puis, on aura voulu nous faire croire à la toute puissance de la machine esclavagiste qui aurait dû annihiler ces populations culturellement (mais aussi physiquement souvent…). L’histoire ne se passa pas ainsi…

Une influence culturelle multiforme Les populations africaines des Amériques (puis afro-américaines) firent preuve d’une ingéniosité remarquable, au point souvent de tromper leurs maîtres, pour maintenir, enrichir, reformuler leurs cultures africaines. Le fait le plus révélateur sans doute est l’exemple religieux, où les afro-américains utilisaient les saints catholiques qui leurs était imposés pour continuer de prier leurs différents dieux africains. Enfin, on aura voulu nous faire croire que les différents peuples qui avaient été amenés de force d’Afrique et ceux qui ont survécu aux Amériques n’ont pas eu d’influence, tant au niveau politique, social ou encore culturel, leur niant de fait un rôle d’agent acculturateur envers les autres groupes en présence. Là non plus l’Histoire ne se passa pas ainsi…

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L’Amérique, dans son ensemble, danse sur des influences musicales africaines : le jazz (États-Unis), la samba (Brésil), la cumbia (Colombie), le vallenato (Colombie), le babalú (Cuba), le mapalé (Colombie), la puya (Colombie), la champeta (Colombie), lachirimía (Colombie), le son (Cuba), la milonga (Argentine et Chili), le tango (Argentine), les diables (Mexique et une multitude de variantes dans d’autres pays), les danses du taureau (idem), de la tortue (idem), les chants afro-cubains, le genre musical nommé après coup par l’industrie du disque, la salsa (Cuba, Puerto Rico, Colombia, Venezuela, New York), le guaguanco (Cuba), la charanga (Cuba), le son de artesa (Mexique) etc, etc… La liste serait extrêmement longue, et il faudrait accomplir toute une série d’études ethnographiques, par ailleurs, dans chaque pays d’Amérique et de la Caraïbe dans le but de recenser les pratiques culturelles et de voir les influences culturelles africaines présentes. Que dire aussi, du domaine culinaire, la façon d’assaisonner les aliments, de les faire cuire, les gestes accomplis pour tuer les bêtes et dépecer la viande, tout ceci nécessiterait aussi des recherches ethnographiques comparatistes entre les Amériques et l’Afrique. Dans le domaine artistique, l’usage de certaines couleurs révélatrices de l’héritage direct de cultures africaines, l’usage de masques pour les danses, les sculptures. Dans la littérature, la présence omnipotente de la poésie orale qui n’est pas sans rappeler la figure du griot africain, la contribution des imaginaires africains dans les contes populaires. Et si on parlait de médecine traditionnelle, toute la connaissance amenait par les africains, à la fois, la connaissance des plantes mais aussi la cosmovision entre le corps et l’esprit. Au plan politique, les techniques de guerre qui permirent les rébellions victorieuses des esclaves en fuite, techniques auxquelles par la suite les dirigeants de l’indépendance feront appel, car les afro-américains, là pour le coup, jouissaient d’une grande reconnaissance.

Un rôle encore occulté Or, face à tout cela, quel est le constat ? Pour ne reprendre qu’un seul exemple, les rythmes musicaux et les danses citées plus haut, avant de jouir d’un certain prestige, étaient vus comme des pratiques culturelles noires, rappelant un certain primitivisme africain dans une société qui se voulait blanche et par conséquent des pratiques à éviter. Et, même si une grande partie de ces rythmes se sont vus “nationalisés” par la suite, ils furent vidés de leur aspect subversif. Le cas de la cumbia est assez révélateur. Lacumbia est originaire de Colombie, mais elle fut exportée dans d’autres pays du sous-continent américain et aussi au Mexique. Lors de son entrée au Mexique, elle subit une levée de bouclier de la part des journaux et des autorités qui la qualifiaient de musique de noir et de musique du diable. Par ailleurs, qui reconnaît l’influence africaine dans la cuisine, dans la littérature, dans la peinture… ?

Les Afro-Américains, un groupe dont l’existence est niée… En fait, ce n’est pas uniquement d’influence africaine dont il faudrait traiter mais aussi de présence africaine et surtout afro-américaine. Je m’explique. Il est parfois possible qu’il soit reconnu une influence africaine dans tel ou tel domaine (en général dans les domaines de la religion et de la musique) cependant ce qui pose le plus de problème est que les différents pays, reconnaissent, premièrement, la présence physique des populations de descendances africaines actuelles, deuxièmement, qu’ils reconnaissent leurs apports en tant que groupes culturels différenciés. En effet, combien de pays en Amérique latine reconnaissent les populations afro-américaines ? Au Venezuela la constitution de Chávez a reconnu les peuples indigènes mais pas les afro-vénézueliens. Au Brésil la démocratie raciale était censée tout régler ! En Argentine, “officiellement” il n’y a jamais eu de noirs. Au Chili encore moins. Au Pérou, ils sont isolés en grande partie sur les côtes et ne bénéficient d’aucune reconnaissance officielle. Au Costa Rica ils subirent la ségrégation. Au Honduras ils bénéficient d’un début de préoccupation car ils occupent des terres qui intéressent l’industrie immobilière et touristique. En Guyane française, ils sont français… À Cuba, ils sont cubains, alors que dans les domaines religieux et artistiques on n’hésite pas à employer le terme d’afro-cubain. Au Mexique, ils sont métis, c’est-à-dire mexicains… La seule différence culturelle que l’on reconnaisse est celle des peuples indigènes. Ici aussi, la liste serait longue… Un des seuls pays qui reconnaisse réellement les afro-américains est la Colombie, qui, en 1993, reconnut officiellement, c’est-à-dire à travers la Constitution, les peuples afro colombiens qui bénéficient, depuis, de la reconnaissance de leurs terres, de leurs cultures, de leurs structures politiques, de leur apport à la construction du pays. Cependant, rien n’est vraiment réglé…

… malgré un rôle historique certain en Amérique latine Et pourtant, les Africains sont arrivés avec les Espagnols dès le début de la conquête. Les afro-américains, eux, attestent une présence de cinq siècles ! Cet article tente de montrer que l’influence africaine, la présence de leurs descendants et leur reconnaissance reste problématique. Pourquoi ne reconnaît-on pas que les premiers libertadores (libérateurs) étaient des africains et des afro-américains. Le premier pays à s’affranchir de la tutelle européenne, en l’occurrence française, fut Haïti. Avant cela il y eut Yanga au Mexique, Palenque en Colombie, Palmares au Brésil et toutes les autres aventures maronnes victorieuses que nous ne pourront sans doute jamais connaître, faute d’études. Les Afro-américains ont participé à toutes les luttes pour les indépendances, dirigeant souvent même les expéditions et constituant le gros des troupes. Au Mexique, on cite souvent un des pères de l’indépendance, José María Morelos, seulement on oublie de dire que c’était un afro-mexicain, sans doute à cause de son ascendance, il est toujours représenté avec un foulard sur les cheveux… Les afro-américains participèrent en tant que tel à la construction des États-Nations, politiquement, socialement, culturellement, et pourtant la plupart du temps, ils en furent exclus, de fait, par négation, par omission, par ethnocide…

L’explication : la force du modèle culturel européen J’ai toujours eu l’occasion, depuis le commencement de mes travaux sur l’afro-mexicanité, de m’interroger sur ce constat. Pourquoi l’influence, la présence, la reconnaissance des populations afro-américaines pose problème au Mexique, mais aussi en général, malheureusement, en Amérique Latine ? En fait, jusqu’à présent je réfléchissais à cette question en la cantonnant uniquement à la seule dimension latino-américaine. Seulement, j’ai replacé cette problématique dans un cadre plus global. En effet, je me suis rendu compte que l’influence africaine, sa présence et sa reconnaissance restaient problématiques au regard du reste du monde même. Par ailleurs, je pense que le constat que j’opère pour l’Amérique Latine est une conséquence directe de cette situation plus globale. Prenons simplement l’exemple de Cheikh Anta Diop, qui s’est vu refuser sa thèse à deux reprises, car il avançait que les cultures égyptiennes étaient l’œuvre d’africains noirs. Que dire des Grecs qui reçurent un héritage direct de cette civilisation, mais qui n’est pas reconnu comme tel dans l’histoire européenne ? Que dire encore du fait que l’on passe sous silence dans l’apprentissage de l’histoire universelle les grands royaumes africains et leurs avancées technologiques ? Comme si les Africains n’avaient jamais rien accompli avant l’arrivée des Blancs européens ?

Les sociétés latino-américaines, elles, sont les héritières directes des cultures blanches occidentales européennes. Depuis les conquêtes, puis sous les régimes coloniaux, les représentants des métropoles ont toujours voulu imposer une vision du monde, des structures politiques, des valeurs qui venaient d’Espagne, de France et du Portugal. On aurait pu penser qu’avec les indépendances, cela eût changé. Seulement ceux qui profitèrent de ces mouvements et qui ensuite prirent le contrôle des récents États-Nations créés, voulurent imposer des projets de civilisation occidentaux. Il ne faut pas s’en étonner, car ces mêmes personnes étaient, en grande majorité, des descendants d’Espagnols, pour le cas de l’Amérique Latine espagnole. Ils avaient donc reçu une formation discursive qui émanait des structures de production symbolique occidentale. Certes, les indépendances ont amené (dans les textes au moins), l’égalité entre tous, l’abolition de l’esclavage comme pour le Mexique (à l’initiative justement de Morelos), et d’autres avancées qui étaient impensables sous la colonie. Malgré cela, la marque de l’esclavage perdurait au-delà de l’abolition, et était perçue telle une tare que les Noirs portaient désormais dans leurs gènes, les transmettant de génération en génération. Cette situation, bien souvent, de fait, les disqualifiait comme citoyens authentiques.

Leurs formations idéologiques restaient eurocentristes. Par conséquent, ils reproduisaient les mêmes échelles de valeur concernant le degré de civilisation de chaque culture. La civilisation occidentale se trouvant en haut de la pyramide du progrès. Pour les nouvelles élites, la civilisation à atteindre, était, par conséquent, la civilisation occidentale. Tout ce qui s’écartait de ce projet était soit nié, soit assimilé ou parfois inassimilable. Il y eut nombre de politique d’assimilation. Au Mexique, on créa l’Institut National Indigéniste dans les années 1940 afin d’intégrer les populations indigènes au marché national. En Argentine, dans un autre registre, on fit appel à l’immigration blanche européenne en masse, dans le but de blanchir la “race”. En ce qui concerne les populations afro-américaines, il était avancé, souvent, qu’on ne pouvait pas les assimiler. Cet élément ne doit pas “choquer” car si l’influence africaine est déjà niée ou occultée en Europe, du moins est problématique, dans le sens où elle viendrait bouleverser, considérablement, l’échelle de valeur de civilisation établie par les blancs européens, pourquoi ne le serait-elle pas en Amérique Latine où les élites (en charge des lieux de production symbolique) sont les héritières directes des Occidentaux ? Du moins, je suis parvenu à cette conclusion.

L’exemple du Mexique Je souhaiterais, maintenant, pour illustrer le fait que l’influence africaine sinon la présence même de ces populations, reste une réalité niée et/ou problématique, soumettre, brièvement, l’exemple du Mexique. Au Mexique, les premiers Africains sont arrivés en même temps que les Espagnols. Ils participèrent de fait à la conquête, à la colonisation, et à l’indépendance. Ils contribuèrent au développement de la colonie puis du Mexique. Ils furent aussi parmi les premiers à lutter contre les Espagnols et à conquérir leur liberté. Les Africains furent répartis dans tout le pays, et l’on peut avancer, par là même, qu’ils l’influencèrent globalement, à des degrés divers, certes, selon la concentration en nombre dans certaines zones plus ou moins importantes.

Cependant, leurs influences et présences ne sont que très peu connues et reconnues, et se restreignent souvent malheureusement au champ académique universitaire ; et encore faudrait-il nuancer les propos. En effet, les premières études sérieuses sur le sujet remontent à 1946, alors que les études afro-américaines sont beaucoup plus conséquentes dans d’autres pays, par exemple à Cuba ou au Brésil. En 1946 donc, Aguirre Beltrán, anthropologue mexicain, va publier : La población negra de México, estudio etnohistórico . Cet ouvrage reste la seule référence vraiment conséquente, encore de nos jours, même s’il y a eu d’autres publications partielles sur le sujet (d’un point de vue historique ou ethnohistorique). Ensuite, Beltrán publiera, en 1958, Cuijla, esbozo etnográfico de un pueblo negro , FCE, México. Il faut préciser, que le deuxième ouvrage a été publié dix ans après que Beltrán eut fait ses recherches de terrain. Je relève cet élément car il témoigne du peu d’intérêt que semble accorder le milieu académique à cette problématique. Autre élément qui témoigne de ce peu d’intérêt : jusque dans les années 1970/80 ses travaux resteront seuls, la publication des deux premiers ouvrages n’a pas créé de dynamique particulière, quant à l’étude des afro-mexicains et de leur influence dans la construction du Mexique.

Les Afro-américains, une culture à part entière Par ailleurs, il faut s’interroger sur la caractérisation que Beltrán opère des cultures afro-mexicaines. Il faut souligner aussi que sans lui les études afro-mexicaines n’auraient peut-être pas intégré le champ académique universitaire et ne seraient jamais sorties de l’ombre faite par l’indigénisme mexicain, qui a contribué dans une certaine mesure, à l’occultation des populations afro-mexicaines. Or, que dit-il exactement ? Il veut démontrer la présence historique et l’apport culturel des différentes cultures africaines à la société nationale. Il affirme que les populations noires ont été complètement absorbées dans le processus de métissage propre au Mexique. Il soutient que même s’il reste des populations noires au Mexique, elles ne se différencient pas assez pour prétendre constituer une ethnie à part entière. Il postule que les afrodescendants mexicains ont reformulé une culture basée sur la violence et l’agressivité envers les autres groupes en présence dans la “Costa Chica”, mais que cette culture n’a plus rien à voir avec un quelconque héritage africain.


Finalement, au vue de la synthèse que l’on peut tirer de ses écrits, Beltrán a réussi à démontrer, preuve à l’appui, que les Africains participèrent au métissage qui eut lieu au Mexique, non pas seulement, en tant que sujets acculturés mais aussi en tant que sujets acculturateurs. Nonobstant, pour lui, les populations actuelles qui descendent des Africains, les afro-mexicains donc, n’ont plus rien à voir avec eux. Il admet, il est vrai, quelques particularités culturelles qui proviendraient des populations africaines. Le problème se situe par rapport à la considération que l’on peut opérer de ces particularités. Les considère-t-on comme assez conséquentes pour qu’elles puissent constituer une culture à part entière ? Pour Beltrán la réponse est négative. Pour ma part, les afro-mexicains ont une culture propre et se différencient des Indigènes, et des Blancs de la Costa Chica. Mais laissons plutôt la parole aux afro-mexicains :

“México es como un árbol con tres raíces principales : la indígena, la africana y la europea, sin embargo, los afromexicanos sufrimos la mayor discriminación, (…) Los afromexicanos somos los más olvidados de todos los pueblos de México, al grado de no figurar en las estadísticas oficiales (…)”.

On peut observer qu’ils se considèrent comme peuple à part entière, avec une culture propre héritée de leur ascendance africaine, on observe aussi qu’ils ont conscience de leur inexistence officielle. Ce constat amène les populations afro-mexicaines à demander la reconnaissance de leurs droits :

“… como pueblo negro en la Constitución del país, en las leyes que se refieran a nuestra cultura, a nuestros derechos, a nuestros recursos, a nuestra organización, a nuestro desarrollo”.

Il est donc difficile de parler ne serait-ce que d’influence et encore moins de présence des afro-mexicains car officiellement au Mexique ils n’existent pas. La reconnaissance de la diversité culturelle s’arrête à un dialogue entre les métis (issus du mélange des Blancs espagnols avec les Indigènes) et les Indigènes. La constitution mexicaine fut modifiée pour prendre en compte cette réalité indigène (article 2 et 4 essentiellement), mais elle laissa sur le bord de la route les populations afro-mexicaines. Au Mexique seul l’État de Oaxaca reconnaît les afro-mexicains, cependant, au travers d’une Loi pour les indigènes…

“Influence ou présence” ? Il est temps d’expliquer pour quelles raisons j’ai mis des guillemets à influence dans le titre de cet article. Il ne s’agit pas tant d’influence africaine mais plutôt de présence africaine (présence passée, présente mais aussi future). L’influence apparaît plus comme quelque chose qui se serait dilué dans les sociétés nationales et qui ne serait plus ou qui n’aurait plus lieu d’être. Or, que dire des réalités régionales comme Quibdó dans le Pacifique colombien, Santiago de Cuba, ou Salvador de Bahía, où les populations afros sont fondatrices (culturellement, socialement, politiquement) et ne se sont pas diluées plus que cela ? Il faut désormais prendre en compte les trajectoires historiques spécifiques des populations afro-américaines afin de comprendre pourquoi leurs présences restent problématiques du moins niées ou occultées la plupart du temps.

 

Sébastien LEFÈVRE

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