Je suis un Africain Blanc - L'Adieu des dogons à Jean Rouch

Je suis un Africain Blanc: L’Adieu des dogons à Jean Rouch

Dès ses tout débuts en Afrique, Jean Rouch fut antiraciste, anticolonialiste et antipétainiste, ce qui lui valut quelques démêlés avec l’appareil colonial. Il était très attentif aux relations qu’il entretenait avec les gens qu’il filmait: il fallait que le rapport humain soit sympathique au sens premier du terme et il savait manier la «relation à plaisanteries», la fameuse sanankuya, grâce à laquelle les peuples de l’aire mandé et au-delà parviennent à désamorcer toutes les tensions. C’est pourquoi le cinéma ne pouvait être à ses yeux seulement une affaire de technique: mieux vaut une caméra hésitante, plongée dans la réalité sociale comme un poisson dans l’eau, que des plans parfaits, aux mouvements sûrs, à partir d’un tripode. Une telle prise de vue, pour Jean Rouch, s’apparente au voyeurisme: «Cette arrogance involontaire de la prise de vue, écrit-il, n’est pas seulement ressentie a posteriori par le spectateur attentif, elle est plus encore perçue par les hommes que l’on filme comme d’un poste d’observation» (Rouch 1973; 1979: 63).

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11Si l’histoire personnelle de Jean Rouch et sa fidélité le liaient plus à l’école de Marcel Griaule qu’au courant «d’anthropologie dynamique» fondé et mené par Georges Balandier, il faut tout de même noter qu’il n’établissait aucune frontière entre l’ethnologie (vouée au secteur traditionnel) et la sociologie (dédiée au monde moderne). Il a été un des premiers anthropologues français à s’intéresser en Afrique aux migrants, à la ville et au sous-prolétariat. Le film Les Maîtres Fous,  qui fit scandale lors de sa première projection au Musée de l’Homme en 1955, aurait pu porter comme sous titre Oppression et libération dans l’imaginaire, le titre d’un autre classique d’un grand anthropologue, Gérard Althabe, lui aussi récemment disparu 3.

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