Ce que les Noirs ont ignoré (Partie 1)

Impératif : Ce que les Noirs ont ignoré (Partie 1)

La Justice est, avec la Tempérance, la Sagesse et le Courage, l’une des quatre vertus du Chevalier. Il faut aimer la Justice et la rendre à l’Homme. Cette condition nous fait mériter le nom d’Homme.

Il y a une vérité éternelle. Comment se fait-il que personne ne l’a dit aussi clairement que vous allez le voir depuis 2000 ans ? Pourquoi les paroles de Volney n’ont-elles jamais eu l’écho qu’elles méritaient dans nos investigations ? Le Monde entier ne parle qu’une seule langue et cette langue est BANTOU.

Volney,le philosophe le plus utile que la France ait produit, disait : « Quel sujet de méditation! De voir la barbarie et l’ignorance actuelle des Coptes,issues de l’alliance du génie profond des Égyptiens, et de l’esprit brillant des Grecs; de penser que cette race d’hommes noirs, aujourd’hui notre esclave et l’objet de notre mépris, est celle-là même à laquelle nous devons nos arts, nos sciences, et jusqu’à l’usage de la parole; d’imaginer enfin que c’est au milieu des peuples qui se disent les plus amis de la liberté et de l’humanité, que l’on a sanctionné le plus barbare des esclavages, et mis en problème si les hommes noirs ont une intelligence de l’espèce des blancs » (Voyage en Égypte et en Syrie, pp.67-69, 1822). Je me suis posé la question : Qu’est-ce qui pouvait bien fonder, dans l’esprit du philosophe,la remarque qu’il établissait au sujet des hommes noirs et de l’usage de la parole chez les peuples eurasiatiques ? Était-il en plein délire où y avait-il une vérité dans ces paroles ? Pourquoi personne n’avait jamais corrigé ces paroles qui présentaient un caractère iconoclaste certain ? Voilà les seules vraies questions à laquelle ma linguistique devait répondre.

 

Argument numéro 1 : Les Medu Neter. 

Le grec et le latin sont des langues bantoues. Le grec, qui précède le latin, est fondé sur les medu neter. C’est le cas aussi de toutes les langues africaines quelles qu’elles soient, car les medu neter ont été conçu non pas comme une langue parlée mais comme un squelette de consonnes qui devait rendre compte du fondement de toutes les langues parlées par les humains. C’est en cela que les caractères gravés sont sacrés. Il ne s’agit pas d’une vue chauvine mais d’une réalité reconnue comme tel par les Guides de l’Humanité, qui n’ignoraient pas les voyelles. C’est la raison pour laquelle un système de correspondance peut directement être établi entre les Medu Neter et n’importe quelle langue parlée par les humains où qu’ils se trouvent. Les langues dites indo-européennes sont un mythe, elles n’existent pas.

La catégorie dite indo-européenne, et que l’on rattache aux peuples leucodermes, est un mythe, elle n’existe pas. « Indo » vient de « Hind », « Indu » et signifie « Noir », terme employé par les Perses, dit-on, pour désigner les populations dravidiennes. Cette fable est fausse aussi car « Hind », « Hindi », « Hindou » vient de « Nhindo », « Hindha », « Hindi », qui signifient respectivement « Noir », « Noircir », « Noir » dans les langues bantoues, notamment la langue Bassa parlée au Cameroun. Les populations appelées dravidiennes sont directement apparentés aux peuples bantous de la région des Grands Lacs et le « Hind » soi-disant perse n’est pas perse, la preuve : je ne suis pas perse. L’Inde, comme Kemet, signifie « Le Pays des Noirs » et nous verrons que partout où les Noirs ont été, ils ont nommé leur pays d’après leur couleur. En réalité, la langue perse et la langue « hindou » sont apparentées aux langues bantoues, voilà le lien. En conséquence de quoi, lorsqu’on dit « indo-européen », cela se traduit par « noir-européen », or on utilise ce terme pour désigner des populations leucodermes, ce qui est un non-sens avéré.

« Europe » est nommée d’après d’une princesse phénicienne du même nom, Europa. Europe est la sœur de Cadmos, le fondateur de Thèbes en Béotie (Grèce). Cadmos est un prince kémite, que l’histoire fait naître à Thèbes, en Haute-Égypte, établie d’abord en Phénicie puis en Grèce. Il nomme la ville qu’il fonde en Grèce d’après le nom de sa ville d’origine à Kemet (Afrique). Toutefois, Cadmos, en réalité, ne désigne pas un individu, mais un groupe de population mélanoderme. Son souvenir est resté dans la mémoire des phéniciens à travers le dieu Chamos, figuration du Soleil, grand dieu des Moabites, peuple Cananéen et premiers habitants de la Palestine. Chamos dérive de Kem, Kam, Cham, etc., « Cadmos » avec l’ajout du « d » est une altération de Chamos. Europe, sœur de Cadmos, ne pouvait pas être autre chose que de phénotype africain, c’est-à-dire noir charbonnée, car cette locution « kem » rendue par l’image d’un bout de bois charbonné et recensé dans le Wöterbuch der ägyptischen Sprache comme un « tas de charbon de bois brûlé » signifie « charbonner » et se traduit par l’épithète « noir ».

Au regard de tout ceci, nous sommes fondés à conclure que la catégorie « indo-européen » est une catégorie nébuleuse, sans fondement réel,et que les langues dites indo-européennes utilisent des radicaux bantous, ce qui est parfaitement logique si l’on considère les paroles de Volney et s’instruit des faits que nous allons établir.

 

Argument numéro 2 : Le latin

 

Le latin a eu l’ambition de remplacer les Medu Neter dans l’esprit de l’Église catholique romaine qui venait d’établir son pouvoir sur tous les territoires aux abords de la Méditerranée; c’est une langue qui a été forgée en Afrique, à Alexandrie pour être plus précis, et portée en Europe par des populations d’origine africaine. Nous prendrons deux exemples pour illustration :Tertullien, l’un des pères de l’Église qui, avec Origène, n’aura pas été canonisé, est celui à qui l’Église doit le mystère de la Trinité. Il est aussi le premier a suggéré la liturgie latine, au détriment de la langue grecque.Tertullien, présenté comme un Berbère, était un Africain noir, comme l’atteste l’ouvrage Black Star, The African Presence in Early Europe de Runoko Rashidi. Le terme Berbère, chez les Romains, n’a jamais désigné la catégorie de personnes à qui il s’applique aujourd’hui, mais l’ensemble des peuples qui n’étaient pas considéré comme Romains. On donne à Carthage une filiation berbère, l’archéologie du site ne corrobore pas cette version de l’histoire.

Carthage doit son essor à des populations africaines décrites par Colette et Gilbert Charles-Picard : « Aucune de ces physionomies ne présente un type dit sémitique, à la figure allongée, au nez aquilin, voire crochu, au crâne renflé au-dessus de la nuque que l’on s’attendrait à trouver dans une colonie phénicienne… L’analyse anthropologique des squelettes trouvés dans les tombes prouve qu’il n’existait aucune unité ethnique ; le type dit sémitique ne s’y rencontre pas plus qu’à Sidon d’ailleurs… La majorité de la population punique semble avoir eu des ancêtres africains nègres, de qui elle tenait ses cheveux crépus, son front bas, ses lèvres charnues…Il semble bien que les femmes, et peut-être aussi les hommes, n’aient pas hésité à se faire tatouer…Les joues sont striées de bandes horizontales qui rappellent les peintures corporelles des Nègres et des Polynésiens » (La vie quotidienne à Carthage au temps d’Hannibal au IIIe avant Jésus-Christ, 1959, p. 73). Les Carthaginois étaient du même phénotype que Cadmos, présenté lui aussi comme un phénicien.

Victor 1er, l’un des papes africains de l’Église catholique romaine, qualifié lui aussi de« berbère », est le premier pape à instituer la messe en latin, au détriment du grec. Il faut bien comprendre que les mystères de l’Église catholique romaine voulaient s’inspirer de la tradition ancestrale africaine et c’est en cela que le latin, d’inspiration bantoue, présentait un caractère sacré sur le modèle des Medu Neter;car le latin est le fondement de toutes les langues issues de la tradition chrétienne et paraît principalement où les Maures ont régné. Nous parlerons bientôt des Maures.

Sur l’origine du mot « Catholique » : On dit« catholique » signifier « universel », du grec« khatolikos » formé à partir des termes kata et holos. Les dictionnaires donnent àkata le sens de « complètement » et à holos  celui de « tout ». Le terme kata tient pour radical« indo-européen » la forme kmta ;il s’agit du nom même de Kemet/Kamita, celui des Deux-Terres dans sa forme authentique. Les dictionnaires donnent à ce radical le sens de « haut en bas », or c’est la traduction littérale admise pour Kemet, la Haute et Basse (Égypte), le terme « égypte » ne figurant pas dans le vocabulaire kémite. « Holos », « tout », est formé à partir du radical hl d’Hélios, le Soleil. En fait, il s’agit du même radical hr, le r se réalisant en l suivant les règles de correspondances phonétiques. Hélios, comme Hr, a le sens de « tête », de« visage », de « face ». Avec khatolikos, on a le sens littéral de la « tête du haut et du bas », « le visage du haut et du bas », c’est-à-dire « le roi de Haute et Basse-Égypte », le corps entier (le territoire figure le corps d’Osiris), la totalité, d’où l’idée d’universel. Cette correspondance justifie des attributs de la papauté et du vocabulaire que l’Église catholique romaine aura emprunté à la tradition liturgique de la vallée du Nil.

 

Argument numéro 3 : Et l’Afrique qu’en dit-elle ?

Le radical « indo-européen » mel- donne le sanskrit « mala » et le grec « mélas », le mot le plus fort dans la langue grecque pour exprimer la noirceur. Ce même radical mel- forme le latin « melli » qui est le nom que les Européens de la Renaissance employaient encore pour désigner le Mali, car « Mali » signifie « Noir ». Le radical mel- est aussi celui qui forme le grec « makar » qui signifie « béni ». « Makar » forme le terme « Makros » signifiant « Grand », le latin « Magnus »,« Maximus », qui a le même sens, des synonymes pour « Wr », épithète d’Ousiré. C’est à partir du mot « makar » qu’on obtient « Makarios », terme grec qui désigne les Bienheureux, ceux qui accèdent aux Champs-Élysées, le « paradis » des Grecs. Or, Makarios n’est que la grécisation de « Maakherou », « Juste de Voix », autre épithète d’Ousiré, et désigne le statut de celui qui accède aux Champs d’Iaru, le « paradis » des Kémites.


Le mot« Ghana » est la métathèse de « Ngala », le nom de l’empire dans sa forme authentique. Ghana n’a pas de signification endogène, ce qui montre bien qu’il s’agit d’un terme issu d’une relecture non-africaine et admis aujourd’hui comme nom pour désigner l’empire des Manna. Or, la dynastie Jaa-Ogoo est celle qui aura migré de la vallée du Nil et fondée ce qui deviendra l’empire de « Ghana ». Les Souverains Jaa-Ogoo portaient le titre de Galo et Malo. Aboubacry Moussa Lam fait cette remarque : « (…)ici nous sommes en présence d’une similitude totale, qui dépasse donc les instruments pour couvrir la terminologie et la conceptualisation de la réalité.Ainsi à l’égyptien mr (houe)correspond le pulaar rem- (cultiver), le terme pulaar étant obtenu par une simple permutation des consonnes du terme égyptien. L’égyptien rmnyt (exploitation) renvoie au pulaar remnata (ce qui fait cultiver)c’est-à-dire une exploitation; rmm (demi aroure) évoque le pulaar leemnu(arpentable), le r peut donner le l en pulaar. Rmn nous donne, peut-être, pour ne pas dire certainement, l’origine étymologique des termes laman et lamini. Le Laman est, chez les Wolof et les Seereer, le dignitaire chargé de la gestion du territoire; à ce titre, il procède à des arpentages (leeman- en pulaar) au profit des exploitants; ce que suggère bien le signe hiéroglyphique qui sert à écrire rmn, un bras placé exactement dans la posture de l’arpentage (note d’auteur : Chez les Peuls du Cameroun ce dignitaire se nomme Lamido, le même radical Lam est compris dans ce terme. L’un des noms de Ramsès II est traduit parMery-Amon, il s’agit à proprement parlé du nom Laman ou Lamini qui s’écrit avec le signe de la houe et le nom du Dieu, jmn, car Amani ou Imana désigne Amon et la houe peut se liremer ou rem, le r pouvant devenir un l, on obtient donc Laman ou Lamini).Quant au Lamini des Mandingues, poursuit Moussa Lam, d’après Youssouf TataCissé, il signifie entourage, territoire bien délimité correspondant généralement à un territoire lignager. C’est le même Youssouf Tata Cissé qui nous apprend que mara, chez les mêmes populations, signifieautorité politique. C’est l’occasion de rappeler qu’en pulaar maro a pour sens gardien,conservateurresponsable. Ces termes font penser bien entendu à l’égyptien mr(overseer,surveillant) d’après Fischer. Malo qui, d’après Yoro Dyâo, est le titre de la branche des Jaa-Oogo, est à rapprocher aussi du terme égyptien mr. Quant au titre le plus important des Jaa-Oogo, galo, il faut le rapprocher de l’égyptien hry (qui est au-dessus), chef (le h égyptien pouvant donner un g dans les langues négro-africaines). Ainsi, les deux titres des Jaa-Oogo trouveraient des parallèles à travers les titres égyptiens : malo/mr etgalo/hry. Cela n’aurait rien d’extraordinaire, au contraire, car il ne faut pas oublier que la première migration à partir de l’Égypte est la migration jaa-oogo » (A.Moussa Lam, Les Chemins du Nil, pp.87-88).

Le h se réalise en g, le r en lGalo (hry, ce qui est au dessus, le chef) et Malo (mry, le gardien, le surveillant) sont des synonymes pour hrMalo devient makar en Grèce, signifiant Le Béni, et l’on convient que malomry, signifie L’Aimé à Kemet (nous traduisonsmeryamon par l’Aimé d’Amon, le Béni d’Amon). Malo et Galo, synonymes de hr, sont des mots pour dire noir, comme nous le verrons bientôt; hr est le squelette pour écrire Horus.

C’est de Malo que provient Mali. Des notices européennes présentent KanKan Moussa, empereur du Mali, avec le nom Moussa Melli; il s’agit en réalité de « Moussa Malo » qui signifie Moussa le Souverain.

C’est de Galo que provient Ghana ou Ngala, et comme nous l’avons dit, il s’agit d’un synonyme pour MaloGaloNgalaGhana, sont un seul et même mot d’un point de vue linguistique et étymologique, correspondant au radical hr, le h se réalisant en g ou ng si l’on rajoute le guttural kémite, et le r se réalisant en l. Ces mots désignent la même idée, la même réalité. La divinité la plus importante du Mandé (Malinké, Bambara, etc.) se nommeMaa NgalaMaa Ngala signifie« Maître de Tout ». « Holos » de Katholikos  et « Ngala » deMaa Ngala procèdent du même radical hr reconnu pour désigner « la tête », « le visage », « la face », mais aussi le verbe « brûler ». HolosHoros procèdent dela même racine étymologique. Horos comme dans Horoscope vient de « heure » en français, « hour » en anglais, « hora » en latin ; or le terme pour désigner l’heure à Kemet est le radical consonantique hr. Ce radical hr est le squelette à partir duquel se déploient tous les mots que nous allons étudier dans cet article.

« Partout où il y a le ciel, il y a Maa Ngala » disent les Bambara (A. H. Bâ, Aspects de la civilisation africaine, p. 140). Cet adage renvoie Ngala à l’idée de ciel, « ce qui est au-dessus », l’expression « ngalakolo »,os du ciel, permet encore de le préciser. Ngalissa est le nom pour dire reine dans la région des Grands Lacs africains, Ngali étant considéré comme le radical « utile » puisque Ngalifourou signifie littéralement « la reine veuve ».

Ngala c’est aussi Ngalo, « le Propriétaire du Ciel », l’oracle de Jèki la Njambé’a InonoNgalo désigne le faucon, emblème d’Horus, chez les Baka, les premiers habitants de la forêt équatoriale.

 

Argument numéro 4 : Le Sens du mot« Éthiopien »

Désormais, le Nègre n’ignore plus que ses ancêtres, qui se sont adaptés aux conditions matérielles de la vallée du Nil, sont les plus anciens guides de l’humanité dans la voie de la Civilisation. La Nation Nègre a retrouvé ses Cultures, elles s’élèvent aux quatre coins du monde, riches et nobles comme les fruits du Seigneur. « Aithiops », « Visage glorieux », le plus haut dans le Ciel, a quitté le couloir obscur des étourdis, les œillères de l’imposture continuelle, et plane maintenant vers de nouveaux horizons. On m’a dit que le mot « Éthiopien » voulait dire « visage brûlé ». Avec le temps, j’ai formé la certitude que jamais les Grecs n’auraient su inventer un terme pour désigner leurs maîtres, et que ce terme relevait nécessairement d’une origine endogène kémite. J’avais raison. « Éthiopien », du grec« Aithiops », signifie à la fois « ciel »,« visage » et « brûler ». Des auteurs l’auront décomposé en deux mots, à savoir aitho d’une part,qui aurait le sens de « brûler », et opd’autre part, qui aurait le sens de « visage ». Cette étymologie ne trouve pas notre adhésion puisque l’on remarque aussi que dans la langue grecque le terme op a le sens d’éclairer, de voir (Charles Ploix, La Nature des dieux…, p. 242). Ces termes, éclairer,voir, sont des termes qui, comme cela sera démontré, s’attachent au verbe brûler.

À Kemet, la forme du verbe brûler sur laquelle nous allons nous appesantir a été rapprochée de l’ardeur du Soleil de Midi. Dans Black Athena, Martin Bernal revient sur cette forme étymologique lorsqu’il évoque les liens entre Héraclès, Khonsou et Shou. Il note : « Sethe, J.G. Griffiths et Lloyd soulignent aussi que Khonsou était étroitement identifié à Shou, le dieu de l’air, connu pour être un farouche guerrier. La férocité de Shou a été mise en rapport avec la violence du soleil de Midi. Cela à son tour peut être mis en parallèle avechrr (brûler) et le héros-démon Erra. » (Black Athena, pp. 181-182). Erra est une divinité infernale mésopotamienne associé au dieu Nergal.

Cette notice de Martin Bernal permet de traduire le lien que les Égyptiens établissaient entre l’idée de brûler et de visage, comme nous le faisons aujourd’hui avec« Aithiops », « visage brûlé », à partir de la langue grecque. En effet, le squelette consonantique hr, « brûler », montre le même radical qui sert à désigner le visage, hr. Ainsi, hr aurait à la fois le sens de brûler et de visage. On traduira par exemple le nom Dd-hr-Hnm  par « le visage de Khnum a dit », et le terme irt hr, employé pour définir le feu dans le rite de déposer des offrandes sur le feu des Autels, exprime clairement le caractère terrifiant de l’uraeus, objet que porte le front (la face) du Souverain.

À cette première conclusion, A. Moussa Lam ajoute que : « les langues africaines (pulaar, wolof, seereer) montrent que le sens que les égyptologues occidentaux ont donné à hr(face, visage) doit être complété par une autre acception : tête. En effet, le pulaar hooredésigne bien l’ensemble de la tête et les expressions seebde et woppu hoore renvoient indubitablement à la tête car le siège de l’intelligence c’est la tête et le décompte des individus se fait par tête » (La Conscience historique africaine, p. 133). Cette lecture, que complète l’analyse de Bernal, permet de situer le champ sémantique du radical hr autour des notions de visagefacetêtebrûler. En égyptien ancien, être intelligent se dit spd hr, ce qui permet d’illustrer le lien établi entre hr et la tête. Ainsi, à elle seule, la locution kémite hr, par le sens qu’elle offre suivant le contexte dans lequel on l’emploie, rejoint l’idée de « visage brûlé », l’Aithiops des Grecs. Ce qui fait provenir ce terme apparemment grec de la traduction littérale d’une expression de tradition nilotique authentique, à savoir hr.

Le radical hr, ainsi défini, est aussi celui qui écrit le nom Horus, Hr (Exemple : Hr-wd3, « Horus prospère »). Ce radical, qui a été mis en relation avec la couleur noire,est perceptible à travers l’iconographie sacrée par laquelle on représente les principales divinités du panthéon égyptien. S. Mayassis rappelle à cet effet que : « le noir est, bien souvent, la couleur des dieux. Osiris était noir. Isis fut regardée comme une déesse noire et rouge, une nubienne, et figurait voilée de noir. Selon Porphyre, Knef, le dieu créateur des Égyptiens, était noir. Un dieu noir figure sur le tombeau de Sethi Ier. Rappelons Démeternoire. Le noir fut, pour les prêtres égyptiens, une des couleurs sacrés. Le dieu créateur suprême, dans son œuvre créatrice, a besoin de quatre couples assesseurs : 1) Amon et Amon.t, le mystère; 2) Noun et Noun.t, l’abîme céleste, l’eau primordiale, la matière avant la matière; 3) Kak et Kak.t, les ténèbres et 4) Hou et Hou.t, l’intelligence.

Mais nous avons d’autres exemples encore. L’ombre de l’âme est peinte en noir. L’âme pénètre au ciel sous la forme d’une étoile noire. Le mort-roi se nourrit du lait de deux vaches noires, nourrices des âmes d’Héliopolis.- Arrière grand Noir ! Le rameur Km wr rame pour toiKm wr est l’épithète d’Osiris, d’Osiris noir identifié à Athribis, avec le grand taureau noir. (…) Dans le papyrus funéraire de Hérouben (XXIedyn.), Osiris aux chairs noires et en état ithyphallique est identifié au Soleil. De cette disposition du dieu sort une boule rouge, symbole de la vitalité, d’où sort le scarabée noir, le nouveau Soleil. » (Mystères et Initiations de l’Égypte ancienne, pp.395-396). Cette couleur noire était si effectivement apprécié, rappelle A. Moussa Lam, que les grandes divinités du panthéon égyptien se sont vu affubler de l’épithète noir : c’est le cas d’Hathor, d’Apis, de Min, de Thot, d’Horus, etc. Quant à Osiris, on l’appelait Km Wr, « le Grand Nègre » (Les Chemins du Nil, p. 82).

Horus, Hr, est la figuration du Soleil. HorHer, en chaldéen, est synonyme de Khem ou Hem (Ham, Cham) et signifie Le Brûlé; il s’agit de l’épithète biblique qui sert à désigner les populations éthiopiennes (cf. Noé et la Malédiction de Cham). Nous avons tous en mémoire le Cantique des Cantiques qui donne à l’éthiopienne ces paroles : « Ne prenez pas garde à mon teint noir : c’est le soleil qui m’a brûlée » (Cantique 1, 6). Le Soleil et la couleur noire procèdent d’un système de référence sorti de la vallée du Nil en des temps immémoriaux. Tous les peuples de l’Antiquité ayant connu une influence éthiopienne répondent du même paradigme. Chamos, le dieu des Moabites qui représentaient le Soleil (Azaïs, 1853) incarne l’une des manifestations de cette tradition au Pays de Canaan, l’actuel Palestine. Le mythe de Phaéton, en Grèce, est à rapprocher de cette tradition.Ovide place dans l’aventure malheureuse de Phaéton, « le Brillant », le fils d’Hélios, le Soleil, figuration du Disque solaire, et le parcours qu’il entreprit avec le char ailé de son père, rasant de près la ligne équatoriale, l’épisode qui serait à l’origine de l’apparition des Hommes à la peau noire (Ovide,Métamorphoses, 2, 235).

Diodore de Sicile, relevant l’antériorité des Éthiopiens, place également dans l’action du Soleil la naissance des peuples d’Éthiopie : « On soutient que les Éthiopiens sont les premiers de tous les hommes, écrit-il, et que les preuves en sont évidentes. D’abord, tout le monde étant à peu près d’accord qu’ils ne sont pas venus de l’étranger, et qu’ils sont nés dans le pays même, on peut, à juste titre, les appeler Autochtones ; ensuite il paraît manifeste pour tous que les hommes qui habitent le Midi sont probablement sortis les premiers du sein de la terre. Car la chaleur du soleil séchant la terre humide et la rendant propre à la génération des animaux, il est vraisemblable que la région la plus voisine du soleil a été la première peuplée d’êtres vivants ». (Bibliothèque Historique, III, 2).

Aujourd’hui, en Afrique, il subsiste la même compréhension que l’on peut avoir de l’image du Soleil, perçu comme un visage, une face, une tête, le siège de l’intelligence. Nlô Dzob, « la Tête du Ciel », est le nom que lui donnent les Ekañ de l’Afrique équatoriale. Jèki-Olo est le nom du principal héros mythologique des peuples Sawa du Littoral camerounais. Jèki, tout comme Horus, est unefigure solaire. Nño Mbog, la « Tête du Mbog », désigne le Soleil zénithal, synonyme de Mapubi, « La Lumière », chez le peuple Bassa du Cameroun. Olo, Nlô,Nnò sont des synonymes pour tête et rendent parfaitement le terme hrhorohodo, holo, etc. de la tradition nilotique. Nlô c’est Ngalo par aspiration du g. Le Ngaleu des Bamiléké du Cameroun propose les mêmes conclusions; il s’agit partout et toujours du nom « Horus ».

 

Amenhemhat Dibombari

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