Il y a 3000 ans, les égyptiens fabriquaient déjà des prothèses humaines

Il y a 3000 ans, les égyptiens fabriquaient déjà des prothèses humaines

Si l’impression 3D révolutionne désormais la conception des prothèses en les rendant accessibles à tous, on a peine à imaginer qu’elles existaient déjà il y a près de 3000 ans. Pourtant, une prothèse d’orteils en bois conçue entre 950 à 710 avant notre ère a été retrouvée attachée à une momie, il s’agirait de la plus vieille prothèse jamais retrouvée.

Hier comme aujourd’hui, les prothèses peuvent changer la vie des personnes nées avec un handicap ou victimes d’un accident ayant entraîné la perte d’un membre. Toutefois, leur coût extrêmement élevé les rend bien trop souvent inaccessibles. Heureusement, les évolutions technologiques et le développement de l’impression 3D permettent désormais de produire des produits complexes à des prix défiant toute concurrence.

Le concept open source de « Robohand », une main artificielle mise au point en 2011 a ainsi récemment permis à un père d’imprimer une prothèse pour son fils qu’il n’aurait pas eu les moyens d’offrir sans l’impression 3D. Un ingénieur américain a également mis au point des bras artificiels à 100$ pour les mutilés soudanais. Mais si les prothèses sont désormais accessibles à tous, qu’en était-il par le passé ? On sait désormais que les Égyptiens en fabriquaient déjà il y a près de 3000 ans.

Les prothèses existaient déjà près de 1000 ans avant notre ère

Découverts dans une nécropole près de la ville de Louxor (Égypte), deux orteils artificiels surnommés l’orteil de Greville Chester (exposé au British Museum) et l’orteil de Tabaketenmut (visible au Musée égyptien du Caire) ont été examinés par plusieurs experts. Ceux-ci ont pu confirmer qu’il s’agissait des plus anciennes prothèses jamais retrouvées.

Fabriqué à l’aide d’un mélange de linge, de colle et de plâtre, l’orteil de Greville Chester est daté d’environ 600 ans avant notre ère et se présente sous la forme du gros orteil droit ainsi que d’une partie du pied droit. L’autre prothèse constituée de cuir et de bois est divisée en 3 parties. Elle a été retrouvée attachée à l’orteil droit d’une momie baptisée Tabaketenmut. Sa datation est estimée entre 950 à 710 ans avant notre ère. Tabaketetenmut semblait être la fille d’un prêtre, elle aurait perdu son orteil à la suite d’une gangrène.


Les deux orteils artificiels montrent d’importants signes d’usure et disposent de petits trous qui devaient servir à les attacher au pied ou à les fixer sur une sandale. « Il existe de nombreux défunts pour lesquels on fabriquait des parties d’un corps pour l’inhumation, mais l’usure ainsi que leur conception suggèrent qu’ils ont été utilisés pour aider des personnes à marcher », a déclaré Jacqueline Finch, chercheur à l’Université de Manchester. « Pour tenter de le prouver, cela a été un processus complexe et difficile, impliquant des experts, non seulement dans les pratiques funéraires égyptiennes, mais aussi dans la conception prothétique et dans l’évaluation informatisée de la démarche », a-t-elle ajouté.

Après avoir créé deux reproductions identiques aux orteils artificiels retrouvés, les chercheurs ont demandé à deux volontaires amputés des orteils de marcher avec les prothèses. Ils ont constaté que l’orteil de Tabaketenmut était très confortable. Pour les chercheurs, « la science naissante des prothèses pourrait donc avoir commencé à émerger dans la vallée du Nil dès 950 à 710 avant nouvelle ère ».

 

Source : citizenpost.fr/ Discovery

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