FONDATIONS AFRICAINES DE ROME

FONDATIONS AFRICAINES DE ROME (Extrait de KONGO de Dibombari MBOCK, p.165-166)

L’origine du mot « rome » est offerte par l’étymon étrusque « rūma » qui signifie « mamelle » ; « rumina ficus » ou « ficus ruminalis » désigne le figuier sous lequel la louve allaita Rémus et Romulus, fondateurs de la ville de Rome. Nous avons évoqué le figuier au chapitre 12 et la relation que cet arbre entretient avec Hathor, la Dame du Sycomore (le sycomore est un figuier). Le terme rumina ou ruminalis qui qualifie le figuier (ficus) est construit à partir du mot rūma, « mamelle ». On représente parfois Hathor en sycomore donnant la mamelle ou le pis au roi. Rumina ou Rumia est le nom d’une divinité primitive romaine qui présidait à l’allaitement des nouveaux-nés. Ruma en latin désigne également l’estomac des ruminants, le verbe « ruminer » dérive de ce mot. La vache, emblème d’Hathor, est un ruminant.
En fait, la racine « indo-européenne » que propose Pokorny est *reug, « vomir », « roter ». Elle forme les mots : ruma « mamelle », rumen « panse » « estomac des ruminants », « ventre », ructa « gosier », ruminālis « ruminant », rumino « ruminer ». Contrairement aux conclusions de Pokorny, l’étymologie de ce mot n’est pas indo-européenne mais bantou puisque nous retrouvons le kinyarwanda ku.ruma qui a le sens de « mordre » (cf : mâcher, ruminer), le tshiluba -sùma (r>s) qui a le même sens de « mordre », le lingala swáma « mordre », le ngbaka numa « mordre », le vute-mambila namni, nuum, nemà « mordre », le nugunu go.noma « mordre », le nubaca ku.nom « mordre », l’ilwana loma « mordre », le chwaka luma « mordre ». Et cette correspondance qui place Hathor à l’origine du nom de la ville de Rome ne s’arrête pas à ces premières évidences puisque verruca que l’on traduit par « hauteur » est le nom de l’oppidum du Tridentum, fortification et lieu surélevé qui servait de réfuge aux habitants de la ville. Un oppidum désigne une « fortification », un « lieu élevé ».
Le terme verruca trouve une racine commune avec le grec ouranos, « ciel » à savoir horòs, « limite » (de *uorsos, « élevé ») d’après F. Gaffiot ; horòs n’est qu’une grécisation d’hr (horus), que l’on retrouve dans Hathor (la Demeure d’Horus : comprendre la Demeure élevé car Horus est identifié au Ciel). De plus, Rémus et Romulus sont un seul et même mot construit à partir du rūma (Romulus est le diminutif de Rémus). Rémus signifie « premier ». Cet étymon et le sens qu’on lui donne permet d’établir avec certitude l’origine du nom Rémus à travers le fufulde rim- « naître », « engendrer », rimgo « avoir des petits », le pulaar rimde « engendrer », le sereer rimit « enfanter », rimal « naissance », le couchitique oriental *rim « utérus », le somali rimay « utérus », l’oromo rim- « enceinte », le burji rimay k’af « devenir enceinte », apparenté au négro-égyptien rmt « les hommes » (A. Anselin :2006). L’akkadien rêmu « utérus » confirme cette étymologie. Le négro-égyptien rmt offre une correspondance morphologique et syntaxqique avec le tshiluba lùme(a) « mâle », « masculin » à partir duquel nous obtenons les vocables mulùme « mari » « homme », malùme « sperme », bulùme « virilité », balùme « droite », muntu mulùme « homme ».
La génisse Hathor que l’on retrouve au fondement de la ville de Rome semble avoir été remplacée par la louve dans la légende retenue à travers les Lupercales. Il existe une homonymie entre le latin lupa, « la louve » et le portugais (langue latine) lupa, « la bosse », « l’enflure », « la protubérance ». De plus, lupa est aussi le terme consacré pour désigner « la prostituée », mot qui, dans son acception originelle, renvoie au fait d’être exposé, placé devant : les prostituées de l’Antiquité étaient exposées une torche à la main, exactement comme Lucius le sera dans les mystères d’Isis (3s.t) rapportés par Apulée; ce qui suggère le rapprochement qui a été fait entre les femmes qui exerçaient cette profession et l’attitude de l’initié au terme de son parcours. La louve est un canidé (canis lupus), image qui renvoie à Anubis (Inpw), le chien qui éclaire; aussi, lepus est le latin pour « lièvre », emblème d’Osiris (Wsir); éclairer, briller, se dit lampô dans la langue grecque (lampàs = la torche), terme que l’on retrouve avec Mélampus traduit par « aux pieds noirs » et que nous croyons également associé au fait d’éclairer, de briller.
Mélampus est un personnage légendaire au don divin raconté par Hérodote. « Mélampus étant venu au monde, Rhodope, sa mère, l’exposa dans un lieu élevé. Tout son corps était couvert excepté ses pieds. Le soleil ardent les brûla, et ils devinrent noirs. De là il fut appelé Mélampus. Ce nom signifie pieds-noirs.» (Histoire traduite du grec, p. 273). Tous les symboles sont ici représentés : le lieu élevé, l’exposition, le soleil, le noircissement, car le personnage exposé au Soleil était l’emblème de l’Éthiopien, de l’initié.
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Ce que NTRW (NETEROUS) VEUT DIRE
Umbwa (Anubis), terme générique pour désigner le chien dans les langues bantoues) : “Cette unicité du divin est établie dans les Textes des Pyramides(il y a 4500 ans) mis à jour par Maspéro dans la pyramide d’Ounas en 1881. Les Textes des Pyramides décrivent le premier corpus philosophico-religieux attesté dans l’histoire de l’Humanité, texte énoncé en des temps immémoriaux avant d’être immortalisé sur les papyrus et les bas-reliefs de la vallée du Nil. C’est donc de la traduction du terme NTR par dieu qu’aura pris corps cette accusation portée contre la tradition ancestrale des peuples de la vallée du Nil. Désormais, les travaux du Dr. Bilolo autorisent une nouvelle vocalisation des hiéroglyphes sur la base des langues bantoues.
Umbwa (Anubis)
Ainsi, fait-il correspondre le radical consonantique NTR ou NDR (on dit aussi Netjer) au mot NDELU (a, i) de la langue bantu, ayant le sens d’engendrer, de mettre au monde, d’enfanter, etc. Aussi, dira-t-on par exemple EBANDELI pour nommer les Ancêtres (en lingala), le radical utile étant –LELA que le Dr. Bilolo met à l’origine des noms donnés plus tardivement à la divinité dans les langues sémitiques (El, Allah, Ba’al, etc.); origine que nous vérifions et attestons de manière quasi-certaine. Le W du pluriel hiéroglyphique correspond au BA- préfixal des langues bantoues; ainsi : NTRW = (e)BA-ND(e)L(i) car le T devient D, et le R un L. Ce radical –LELA forme le vocable NDEDI (= L’ENGENDREUR) qui sert à désigner le Dieu Suprême dans la langue Luba (région des Grands-Lacs). François Daumas aura eu raison d’associer le mot NETER (NDELU) à la notion d’ANGE.
La correspondance que nous établissons entre NETER et NDELU est renforcée de manière saisissante avec le pavillon ou étendard qui sert à illustrer cette notion en hiéroglyphe; car, en effet, pavillon, drapeau, étendard, se dit DIBENDELÈ(À) ou DIBANDALA dans les langues bantoues et notamment le tshiluba, il s’agit d’un mot dérivé de NDELU (NETER). Ce mot est à l’origine du portugais BENDEIRA, « drapeau », le DI- nominal du bantou ayant disparu. On le retrouve également dans l’arabe BEND qui a le sens de « bande », « bandeau », « banderole », ce qui peut expliquer le bandeau que portent les initiés kémites et les EBANDELI.
La langue française offre le terme BANNIÈRE qui, autrefois, se disait BANDIÈRE et désignait le drapeau d’un seigneur de fief autour duquel venaient se ranger les vassaux lorsque ce dernier partait pour la guerre. Le même mot se retrouve dans le latin BANDUM, l’espagnol BANDERA, et l’italien BANDIERA. Le dictionnaire étymologique d’Antoine-Paulin Pihan note que : « le mot bannière désigne particulièrement aujourd’hui une sorte d’étendard qui précède les confréries dans les processions : cet étendard est ordinairement formé d’une étoffe de soie brodée, représentant l’image de quelques saints et supportés par un bâton horizontal attaché à un bâton droit » (p. 58)”.
Amenhemhat Dibombari

 

 


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