Dogons, traditions et cosmogonie

Dogons, traditions et cosmogonie (1ère partie)

Ils sont environs 700000 et vivent au Mali, ainsi qu’en Afrique de l’Ouest, à noter que quelques Dogons se sont installer en Cote d’Ivoire et au Burkina Faso

Le « Pays dogon » va de la falaise de Bandiagare jusqu’au sud-ouest de la boucle du Niger.

 

carte-pays-dogon1

 

Essentiellement cultivateurs et forgerons, il parlent le dogon (qui regroupent plusieurs dialectes),et la « société des masques » utilise une langue secrète, le « sigi so »

 

Visite au pays Dogon

 

La « société des masques » appelée Awa dirige les danses masquées organisées lors des différentes cérémonies. La société comprend tous les hommes. Les garçons y entrent après la circoncision Les femmes ne sont pas admises dans cette société, sauf celles nées l’année du sigui.

 

Pays-Dogon-Falaise-de-bandiagara-village-tereli-danse-des-masques

 

DogonLes Dogons tracent leur ascendance par un système patrilinéaire. Chaque communauté, ou chaque famille au sens large, est dirigée par un patriarche. Ce chef est l’aîné survivant de l’ancêtre de la branche locale de la famille. Dans ce système patrilinéaire, des mariages polygames avec jusqu’à quatre épouses peuvent se produire. cependant, la plus part des hommes n’ont qu’une seule épouse, et il est rare qu’un homme ait plus de deux épouses.

Les épouses n’intègrent le foyer marital qu’après la naissance de leur premier enfant. Les femmes peuvent quitter leur mari peu après le mariage, avant la naissance de leur premier enfant. Après un accouchement, le divorce est rare et pris très aux sérieux, exigeant la participation de tout le village.  Malgré tout la famille maternelle l’emporte pour les enfants. En effet, tout Dogon de retour au pays doit obligatoirement passer dans sa famille maternelle avant de rendre visite à ses parents paternels. Les descendants d’un ancêtre commun font partie d’une ginna qui regroupe tous les adultes hommes, leurs femmes et leurs enfants. La ginna inclut également les maisons de famille et les champs leur appartenant. Le chef, le ginna bana, est l’homme le plus âgé, une ginna peut compter jusqu’à cent personnes.

La société Dogon est une société égalitaire, sans castes, mais trois professions: les forgerons, les tisserands et les cordonniers sont considérés comme différents et ne se marient qu’entre eux Ils  sont considérés comme les antidotes des forces du mal et  détenteurs d’un pouvoir occulte , ils sont respectés et craints et  transmettent leur métier héréditairement. Leur femmes font les poteries.

———————————————————————-

Pour plus de détails, lire le livre ci-dessous

 

———————————————————————

*Les forgerons Dogons sont très réputés. Une étude récente a mis en évidence la production de fer et d’outils en fer forgé au VIe siècle, il apparaît que diverses techniques de récupération du fer, à partir du minerai trouvé en divers endroits de la falaise de Bandiagara, aient été mises au point dans différents villages parfois séparés de quelques dizaines de kilomètres. Cette production, déjà avérée sur le site de la falaise pendant plus de mille trois cents ans (à raison d’environ 15 tonnes estimées par an), permet de mieux comprendre le statut particulier et respecté des forgerons dans la société dogon, ainsi que les échanges commerciaux que pratiquaient les Dogons.

le forgeron a volé le feu lors de sa descente sur terre

 

A l’origine , le forgeron a volé le feu lors de sa descente sur terre. Il est un créateur capable d’entrer en rapport avec l’invisible et l’atelier du forgeron est considérée comme une matrice maternelle du monde.

Le soufflet est le principe masculin , le foyer en est le principe  féminin , l’enclume est la matrice , la masse est l’organe masculin. Quand la masse frappe l’enclume , le Nommô mâle s’unit au Nommô femelle. Lors d’une dispute le forgeron frappe sur l’enclume et les esprits s’apaisent.

*Le tissage du coton est l’affaire des hommes. Les tisserands installent leur métier à tisser sur la voie publique. Pour les Dogons, tisser n’est pas un acte de création,  mais la création même. Le tisserand, poussant sa navette, chante et sa  voix entre dans la chaîne du métier à tisser, s’enchaînant à celle de  ses ancêtres. Le bruit du métier à tisser se nomme « grincement de la  parole ».

Le tissage du coton

 

Les jeunes gens se retrouvent dans les classes d’âge, chaque classe construisant sa maison toguina (maison à palabres),c’est là qu’ils se retrouvent, le plus souvent la nuit, pour pratiquer leurs rites, les festivités.

La lutte traditionnelle est très pratiquée par les garçons et les jeunes hommes. Des tournois réguliers sont organisés entre quartiers et entre villages.

Les hossobé sont les bannis, les impurs, deviennent hossobé tous ceux qui ont trahi le clan auquel ils appartiennent

Les villages

Les villages sont pour la plus part  implantés dans la falaise. La case traditionnelle est organisée autour d’une cour, chaque femme ayant son grenier auquel le mari n’a pas accès. Le grenier du mari sert à conserver le mil, le grenier des femmes sert, lui, à conserver les condiments et différents objets. Les greniers sont clairement identifiables par leur toiture en seko (paille), celui du mari étant en général, le plus important.

Le marché à lieu tout les cinq jours (semaine dogon) dans ces villages


Chaque village à sa toguna , cette maison sans mur avec un toit de paille de mil, ce toit est très bas , on ne peut s’y tenir uniquement qu’assis C’est là que l’on règle les problèmes du village en présence du chef. Le toit très bas empêche les protagonistes de faire de grands gestes et de s’énerver,  impossible de se lever sans se cogner la tête !

 

Les danses dogons

 

Lors de funérailles, le masque à échasses étant le plus haut, il serait  le mieux placé pour « évacuer » la mort, sorte d’intermédiaire entre le  monde des vivants et celui des morts.

Chaque famille Dogon a un masque (Kanaga, Imana, jeunes fille, bœuf, lapin… et le masque à échasses dont     le haut est un masque de jeune fille).

Le  masque se transmet au cours de la cérémonie du dama qui a lieu une fois  par an. Le masque est un     héritage culturel. On peut porter un masque qui n’est pas transmis  par le la famille dans ce cas il faut une autorisation donnée par le  chef des masques.

Chaque danse –donc chaque masque- se danse sur un rythme spécifique du tam-tam. Il y a aussi un rythme     pour tous les masques ensemble, ensuite aux différents sons, chaque masque « sort » pour faire sa danse.

Les  jambes des échassiers ne sont à l’origine, pas masqués. Quelques-uns  une commencent à le faire, c’est     un choix personnel. Si les jambes peuvent être masquées, les  échasses ne le sont pas car les peintures ont une signification.

Chaque  personne fait son masque, le montre ensuite au chef des masques qui y  met un secret. Mais si le     chef donne des secrets, il faut aussi que chaque danseur y mette ses  propres secrets ; La hauteur des échasses est fonction des secrets.

Quelque fois les échasses sont en bois, mais des fois c’est une tige de mil !!!!

Quand  une échasse casse (à cause d’un sort jeté par exemple), le sang coule  du bois. L’échassier frappe     avec sa queue de vache et l’échasse se répare, pour pouvoir finir la  cérémonie . Ce n’est qu’après que l’échassier se fabrique une nouvelle paire.

Propos recueillis par E. Lambert – (village de Pelou) Mali – Janvier 2001

 

Harmonie

Les Dogons recherchent fortement l’harmonie, ce qui se traduit dans plusieurs de leurs rites. Par exemple, dans un de leurs rituels les plus importants, les femmes félicitent les hommes, les hommes remercient les femmes, les jeunes expriment leurs appréciations envers les vieux et les vieux identifient les contributions des jeunes.

 

Un autre exemple est la coutume des salutations raffinées toutes les fois qu’un Dogon en rencontre un autre.. Au cours de ces salutations formelles, la personne entrant répond à une série de questions au sujet de toute sa famille, posée par la personne qui était déjà là. Invariablement, la réponse est sewa, signifiant que ça va bien. Puis le Dogon entrant répète le rituel, demandant au résidant comment va sa famille entière.

Cette coutume est répétée à plusieurs reprises, dans tout le village , toute la journée En raison de la répétition du terme sewa dans tout village Dogon, les peuples voisins ont nommé les Dogons « les personnes de sewa. »

 

Le Hogon

 

Le Hogon est le chef spirituel du village. Il est élu parmi les hommes les plus âgés des familles du village. Après son élection il doit suivre six mois de réclusion, pendant lesquels il ne lui est permis ni de raser ni de se laver.

 

La musique dogon est étroitement associée aux différents rites : mariages, funérailles, etc.

Les danses dogons, très codifiées,  expriment la formation du monde, l’organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. La plus spectaculaire s’exécute sur des échasses.

 

Le Hogon

 

Après son initiation, il porte un bonnet rouge. Il a un brassard avec  un coquillage sacré qui symbolise sa fonction, et le serpent sacré Lébé  vient pendant la nuit pour le purifier et lui communiquer la sagesse. Il  ne sortira plus de sa concession. C’est là où il accueille les  visiteurs et où se tient toute réunion.

Il porte des vêtements blancs et personne n’est autorisé à le toucher, ce qui inclus son (ou ses) épouse et ses enfants. Ses repas sont préparés soit par sa première femme, soit par des jeunes filles impubères, et lui sont apportés dans des coupes particulières, les ogo banya. Il reçoit ces coupes de son prédécesseur ou au cours de sa cérémonie d’intronisation..

Maison du Hogon de Sangha

 

LIRE LA SUITE ICI

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS