Des ossements révèlent le cannibalisme de colons américains

Des ossements révèlent le cannibalisme de colons américains + Vidéo

Des anthropologues du Musée national d’histoire naturelle de Washington apportent les preuves que la première colonie anglaise établie aux Amériques à Jamestown avait dévoré les restes d’une fillette.

 

CANNIBALISME. 

C’est une hypothèse que les historiens avaient depuis longtemps en tête. Les scientifiques du Musée national d’histoire naturelle de Washington en apportent maintenant la preuve : les habitants de Jamestown, la première colonie anglaise établie en Amérique, située en Virginie (États-Unis), ont bien eu recours au cannibalisme pour survivre. Les chercheurs peuvent l’affirmer après avoir analysé les ossements d’une jeune fille de 14 ans.

Le contexte de l’époque était dramatique. Après l’échec en 1584 de la première tentative d’établissement de colons sur l’île de Roanoke (actuelle Caroline du Nord) par le navigateur Walter Raleigh, Jamestown est la deuxième tentative de colonie anglaise par la Virginia Company, en 1607.

 

FAMINE. 

Pour les nouveaux arrivants, l’hiver de 1609-1610 est terrible. Marqué par une terrible famine qui provoqua la mort… de 80 % des colons ! Et d’après les observations des anthropologues du Musée national d’histoire naturelle de Washington, certains de ces premiers américains ont dû devenir cannibales pour s’en sortir. Ainsi, ils ont essayé et réussi à extraire de la matière cervicale ainsi que des tissus du visage et de la gorge du corps d’une adolescente pour les manger. 

“Les circonstances exceptionnellement difficiles auxquels faisaient face les colons pendant l’hiver de 1609-1610 sont révélées dans le traitement de cette jeune fille” – Douglas Owsley, anthropologue. 

Le crâne de la jeune fille porte plusieurs marques de coups pour le briser, ainsi que des traces de profondes entailles au niveau du visage et du cou, a précisé dans un communiqué Douglas Owsley, un anthropologue du musée qui a analysé la boite crânienne et les tibias.

“Le désespoir et les circonstances exceptionnellement difficiles auxquels faisaient face les colons du fort de James pendant l’hiver de 1609-1610 sont révélés dans le traitement post-mortem du corps de cette jeune fille”, souligne ce scientifique.

“L’intention très claire était de démembrer le corps, de retirer le cerveau et les tissus du visage pour les manger”, dit-il, notant que les dépeceurs ne savaient manifestement pas comment s’y prendre.

Ils ont tout d’abord essayé d’ouvrir le front mais sans succès. Ils ont ensuite asséné des coups sur l’arrière de la tête à l’aide d’une petite hache ou d’un couperet avant de pouvoir ouvrir le crâne, précise l’anthropologue.

 


FILLETTE. 

Ces scientifiques ont pu aussi reconstituer des détails de la vie de cette jeune fille venue d’Angleterre en analysant le développement d’une molaire et le stade de croissance de l’os du menton. Il ne reste que 10% du squelette.

Ils ont ainsi estimé qu’elle était âgée d’environ 14 ans quand elle est morte mais n’ont pas pu déterminer la cause du décès.

 

Les scientifiques ont réalisé un modèle virtuel de la boite crânienne 

Mais en utilisant une combinaison de technologies numériques et médicales, ces chercheurs ont pu reconstituer le probable visage de l’adolescente.

Ils ont d’abord passé au scanner les restes incomplets du crâne fragmenté et réalisé un modèle virtuel de la boite crânienne en assemblant numériquement tous les morceaux, tel un puzzle.

Ce modèle a été imprimé en trois dimensions, avant que le visage de la jeune fille soit reconstruit. Il sera exposé au Musée national d’histoire naturelle à Washington à partir du 3 mai, dans le cadre d’une exposition sur les dossiers de médecine légale du Chesapeake au 17e siècle.

Les restes du squelette de la jeune fille seront exposés à Jamestown près du site de sa découverte.

Source: sciencesetavenir

 

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS