La présidente brésilienne Dilma Rousseff. © AFP

Décision courageuse: Le gouvernement propose des quotas de Noirs dans la politique et la fonction publique

Des quotas de citoyens noirs dans la sphère politique brésilienne ? C’est ce que propose de mettre en place le gouvernement de Dilma Rousseff. Explications.

Au Brésil, être afro-descendant rime en général avec classe sociale modeste, pauvreté, accès limité à l’éducation. C’est pour pallier ces inégalités sociales – héritées de l’esclavage aboli en 1888 – que le gouvernement de Dilma Rousseff propose de mettre en place des quotas obligatoires pour les Noirs et les métis dans la sphère politique mais aussi dans la fonction publique. Déjà, en août 2012, une telle mesure avait été adoptée dans les universités brésiliennes et 20% des inscriptions sont désormais réservées aux personnes de couleur. Approuvé par une commission de la Chambre des députés, le projet de loi actuel prévoit qu’au moins la même proportion en sièges soit octroyée aux afro-descendants au Congrès et dans les Assemblées législatives de chaque État fédéré. Si la loi est adoptée, le quota concernerait même jusqu’à deux tiers des députés, soit 173 sur 513.

De condition modeste, les afro-descendants ne peuvent en général pas se permettre de mener une campagne électorale.

 

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Selon le dernier recensement national (2010), les Noirs et métis constituent 50,7% de la population brésilienne, mais seuls 8% d’entre eux sont représentés en politique. L’exemple le plus flagrant est celui de l’Assemblée législative de l’État de Bahia (Nord), où seuls quatre députés sur 39 sont de couleur alors que la population est à 90% noire. De condition modeste, les afro-descendants ne peuvent en général pas se permettre de mener une campagne électorale – qui reste onéreuse -, et se voient donc privés de faire une carrière politique. La présidente Dilma Rousseff n’a pas non plus manqué de rappeler, en soumettant son projet de loi, que 77% des Brésiliens bénéficiant d’aides sociales sont noirs. 

 

Par Marie Villacèque

Source: Jeuneafrique.com

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