Retour au pays des âme

“Retour au pays des âmes” est un documentaire realisé par Yéo Douley, un disciple de l’écrivain ivoirien Jean Marie Addiaffi  (1941-1999). Le documentaire est un hommage de Yéo Douley dédié à la mémoire et aux travaux de son maître. Le documentaire est un voyage dans l’antre des Kômian en Côte d’Ivoire. En cela même, “Retour au pays des âmes” est une invitation aux africains à revisiter leurs traditions, creuset de connaissances extrêmement riches.

Voir le documentaire entire en cliquant sur le lien suivant: http://www.cultureunplugged.com/documentary/watch-online/play/8436/Return-to-the-Land-of-Souls

 


La Rédaction

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La pensée raciale avant le racisme

Si la pensée raciale était, comme on l’a parfois affirmé, une invention allemande, alors la « pensée allemande » (quelle qu’elle soit) avait triomphé dans de nombreuses régions du monde de l’esprit bien avant que les nazis n’aient entrepris leur désastreuse tentative de conquérir le monde lui-même.

L’hitlérisme a exercé sa puissante séduction internationale et inter-européenne au cours des années 30, parce que le racisme, pourtant doctrine d’État dans la seule Allemagne, était déjà fortement implanté dans les opinions publiques. La machine de guerre de la politique nazie était depuis longtemps en marche quand, en 1939, les chars allemands commencèrent leur course destructrice, puisque – en matière de guerre politique – le racisme avait été conçu comme un allié plus puissant que n’importe quel agent stipendié ou que n’importe quelle organisation secrète de la cinquième colonne. Forts des expériences menées depuis presque deux décennies dans les diverses capitales, les nazis étaient convaincus que leur meilleure « propagande » serait précisément cette politique raciale dont, en dépit de nombreux autres compromis et de manquements à leurs promesses, ils n’avaient jamais dévié, fût-ce au nom de l’opportunisme. Le racisme n’était ni une arme nouvelle ni une arme secrète, bien que jamais auparavant il n’eût été exploité avec une aussi profonde cohérence.

La vérité historique est que la pensée raciale, dont les racines sont profondément ancrées dans le XVIIIe siècle, est apparue simultanément dans tous les pays occidentaux au cours du XIXe siècle. Le racisme a fait la force idéologique des politiques impérialistes depuis le tournant de notre siècle. Il a indéniablement absorbé et régénéré tous les vieux types d’opinions raciales qui, toutefois, n’auraient jamais été en eux-mêmes assez forts pour créer – ou plutôt pour dégénérer en – ce racisme considéré comme une Weltanschauung [une vision du monde] ou comme une idéologie. Au milieu du siècle dernier, les opinions raciales étaient encore mesurées à l’aune de la raison politique: jugeant les doctrines de Gobineau, Tocqueville écrivait à ce dernier: « Je les crois très vraisemblablement fausses et très certainement pernicieuses. » La pensée raciale dut attendre la fin du siècle pour se voir célébrée, en dignité et en importance, comme l’une des plus importantes contributions à l’esprit du monde occidental.

Jusqu’aux jours fatidiques de la « mêlée pour l’Afrique », la pensée raciale avait fait partie de cette multitude de libres opinions qui, au sein de la structure d’ensemble du libéralisme, se disputaient les faveurs de l’opinion publique. Seules quelques-unes devinrent des idéologies à part entière, c’est-à-dire des systèmes fondés sur une opinion unique se révélant assez forte pour attirer et convaincre une majorité de gens et suffisamment étendue pour les guider à travers les diverses expériences et situations d’une vie moderne moyenne. Car une idéologie diffère d’une simple opinion en ce qu’elle affirme détenir soit la clé de l’histoire, soit la solution à toutes les «énigmes de l’univers », soit encore la connaissance profonde des lois universelles cachées, censées gouverner la nature et l’homme.

Peu d’idéologies ont su acquérir assez de prépondérance pour survivre à la lutte sans merci menée par la persuasion, et seules deux d’entre elles y sont effectivement parvenues en écrasant vraiment toutes les autres: l’idéologie qui interprète l’histoire comme une lutte économique entre classes et celle qui l’interprète comme une lutte naturelle entre races. Toutes deux ont exercé sur les masses une séduction assez forte pour se gagner l’appui de l’État et pour s’imposer comme doctrines nationales officielles. Mais, bien au-delà des frontières à l’intérieur desquelles la pensée raciale et la pensée de classe se sont érigées en modèles de pensée obligatoires. la libre opinion publique les a faites siennes à un point tel que non seulement les intellectuels mais aussi les masses n’accepteraient désormais plus une analyse des événements passés ou présents en désaccord avec l’une ou l’autre de ces perspectives.

L’immense pouvoir de persuasion inhérent aux idéologies maîtresses de notre temps n’est pas fortuit. persuader n’est possible qu’à condition de faire appel soit aux. expériences, soit aux désirs, autrement dit aux nécessités politiques immédiates. En l’occurrence, la vraisemblance ne provient ni de faits scientifiques, comme voudraient nous le faire croire les divers courants darwinistes, ni de lois historiques, comme le prétendent les historiens en quête de la loi selon laquelle naissent et meurent les civilisations. Les idéologies à part entière ont toutes été créées, perpétuées et perfectionnées en tant qu’arme politique et non doctrine théorique. Il est vrai qu’il est parfois arrivé – tel est le cas du racisme – qu’une idéologie modifie son sens originel, mais, sans contact immédiat avec la vie politique, aucune d’elles ne serait même imaginable. Leur aspect scientifique est secondaire ; il découle d’abord du désir d’apporter des arguments sans faille, ensuite de ce que le pouvoir de persuasion des idéologies s’est aussi emparé des scientifiques qui, cessant de s’intéresser au résultat de leurs recherches, ont quitté leurs laboratoires et se sont empressés de prêcher à la multitude leurs nouvelles interprétations de la vie et du monde.

C’est à ces prédicateurs « scientifiques », bien plus qu’aux découvertes scientifiques que nous devons le fait qu’il ne soit aujourd’hui pas une science dont le système de catégories n’ait été profondément pénétré  par la pensée raciale. C’est encore une fois ce qui a conduit les historiens, dont certains ont été tentés de tenir la science pour responsable de la pensée raciale, à prendre à tort ces résultats de la recherche philologique ou biologique pour es causes de la pensée raciale, alors qu’ils en sont les conséquences. Le contraire eût été plus proche de la vérité.

De fait, il fallut plusieurs siècles (du XVII au XIXe) à la doctrine de la « force fait droit» pour conquérir la science naturelle et produire la « loi» de la survie des meilleurs. Et si, pour prendre un autre exemple, la théorie de Maistre et de Schelling, selon laquelle les tribus sauvages sont les résidus dégénérés de peuples plus anciens, avait aussi bien répondu aux procédés politiques du XIXe siècle que la théorie du progrès, il est probable que nous n’aurions guère entendu parler de « primitifs» et qu’aucun scientifique n’aurait perdu son temps à chercher le « chaînon manquant» entre le singe et l’homme. Le blâme n’en revient pas tant à la science elle-même qu’à certains scientifiques qui n’étaient pas moins hypnotisés par ces idéologies que leurs compatriotes.

 


Que le racisme soit la principale arme idéologique des politiques impérialistes est si évident que bon nombre des chercheurs donnent l’impression de préférer éviter les sentiers battus du truisme. En revanche, la vieille confusion entre le racisme et une sorte de nationalisme exacerbé est encore monnaie courante. Les remarquables études qui ont été faites, en France surtout, et qui ont prouvé non seulement que le racisme est un phénomène très différent, mais qu’il tend à détruire le corps politique de la nation, sont généralement passées sous silence. Face à la gigantesque compétition que se livrent la pensée raciale et la pensée de classe pour régner sur l’esprit des hommes modernes, certains ont fini par voir dans l’une l’expression des tendances nationales et dans l’autre celle des tendances internationales, par penser que l’une est la préparation mentale aux guerres nationales et l’autre l’idéologie des guerres civiles.

 

Si l’on a pu en arriver là, c’est à cause de la Première Guerre mondiale et de son curieux mélange de vieux conflits nationaux et de conflits impérialistes nouveaux, mélange dans lequel les vieux slogans nationaux ont fait la preuve que, partout dans le monde, ils exerçaient encore sur les masses une influence bien plus grande que toutes les ambitions impérialistes. Toutefois, la dernière guerre, avec ses Quisling et ses collaborateurs omniprésents, devrait avoir prouvé que le racisme peut engendrer des luttes civiles en n’importe quel pays, et que c’est l’un des plus ingénieux stratagèmes jamais inventés pour fomenter une guerre civile.

Car la vérité est que la pensée raciale est entrée sur la scène de la politique active au moment où les populations européennes avaient préparé – et dans une certaine mesure réalisé – le nouveau corps politique de la nation. D’entrée de jeu, le racisme a délibérément coupé à travers toutes les frontières nationales, qu’elles fussent déterminées par la géographie, la langue, les traditions ou par tout autre critère, et nié toute existence politico-nationale en tant que telle. Bien plus que la pensée de classe, c’est la pensée raciale qui  n’a cessé de planer comme une ombre au-dessus du développement du concert des nations européennes, pour devenir finalement l’arme redoutable de la destruction de ces nations. Du point de vue historique, les racistes détiennent un record de patriotisme pire que les tenants de toutes les autres idéologies pris ensemble, et ils ont été les seuls à nier sans cesse le grand principe sur lequel sont bâties les organisations nationales des peuples: le principe d’égalité et de solidarité de tous les peuples, garanti par l’idée d’humanité.

[Hannah Arendt, L’Impérialisme]

Voir aussi

http://bougnoulosophe.blogspot.fr/2013/05/la-pensee-raciale-avant-le-racisme.html

Avic / Réseau International

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La vérité sur le sens originel du mot “Chabin”

Aux Antilles françaises, on appelle chabin ou chabine un individu de type afro-caribéen avec la peau claire.

Sens originel et connotation

Le sens originel du mot chabin est celui d’hybride ovin/caprin, nom vulgaire d’hybrides du bouc et de la brebis.

En croisant et recroisant dans un ordre déterminé le bouc et la brebis, on obtient des hybrides appelés chabins qui possèdent 3/8 du sang du père et 5/8 du sang de la mère. (A.De Quatrefages; « L’espèce humaine » -1877).

Aux Antilles Française, pendant l’esclavage, la transposition pour qualifier un être esclave était très péjorative car celui-ci était classifié et considéré comme un animal.

Ce terme est resté en vigueur car sa signification réelle a été longtemps complètement oubliée, ou au contraire, volontairement galvaudée. La nouvelle génération consciente du sens réel de ce mot et soucieuse du respect de son identité, tend de plus en plus à considérer ce terme dans son sens d’origine, et l’entend comme un héritage négatif d’un passé enfin révolu. Comme une forme de discrimination raciale ou ethnique. “Pa krié moin Chabin” est une expression qui devient courante aux Antilles Française.

D’autres noms relatifs au monde animal fut donnés aux esclaves issus de différent métissages. Par exemple les noms mulâtre ou mulâtresse proviennent du nom mulet, un hybride mâle et stérile, de la famille des équidés, engendré par un âne (Equus asinus) et une jument (Equus caballus). Ou encore le nom de “Créole” qui est une race bovine française; La Créole. D’abord d’origine ibérique, de race Criollo, ce bétail va être métissé à partir du XVIIIe siècle avec le bétail d’Afrique: Ndama, zébus. Ce nom “Créole” a été transposé à l’homme; le “Nègre Créole” établissant un rapport direct entre l’Homme Noir esclave et l’animal d’élevage.

Ce terme chabin est répertorié par les dictionnaires de langue créole mentionnant le lexique antillais. Par exemple le Dictionnaire créole / français de Ludwig, Montbrand, Poullet, et Telchid). L’orthographe de ce terme est tantôt chabin/chabine (en français), tantôt chaben/chabin (en créole). Le dictionnaire de Poullet fournit comme exemple « Un nègre à la peau claire et aux cheveux crépus blonds ».

Aux Antilles françaises, on utilise différentes déclinaisons comme chabine dorée (cheveux roux et yeux parfois verts) ou chabine kalazaza (terme originalement péjoratif), kal = sexe masculin et A-zaza = envie urgente à satisfaire, ce terme veut dire littéralement
gourmande de sexe car ces chabines sont réputés comme insatiables.

On peut se référer utilement à l’ouvrage de Jean-Luc Bonniol, Professeur d’anthropologie à l’Université Paul Cézanne Aix-Marseille III : “La couleur comme maléfice”. Une illustration créole de la généalogie des « Blancs» et des « Noirs », 1992, Paris, Albin Michel, 307 p. Dans la littérature antillaise [modifier]


Dans la littérature antillaise ancienne, on rencontre des références à de mauvais chabin, ou de chabin sur (acide) manifestant par là l’aigreur ou l’agressivité attribuée au chabin mâle. La chabine, souvent qualifiée de tit-chabine, est particulièrement appréciée pour sa beauté, mais est aussi considérée comme inquiétante ; un dicton régional indique que la chabine « mord les oreilles » (créole : i ka mòdé zòrèy). On retrouve les pouvoirs un peu inquiétants de ces personnages ni blancs ni noirs, qui ont pris des traits d’un côté et de l’autre, non pas pour obtenir une coloration intermédiaire comme chez les classiques métis, mais gardant des traits du noir et des traits du blanc, en quelque sorte juxtaposés : cheveux crépus, mais blonds ou roux, peau claire, mais traits du visage d’un noir, etc.

Dans la littérature (à préciser), les références aux chabins ou chabines n’ignorent pas ces significations fondamentales et quand un auteur place quelque part un chabin ou une chabine, on doit comprendre que le personnage est un personnage inquiétant, doué de
pouvoirs étranges, lui-même perturbé par l’arrivée de la nuit, temps de tous les quimbois et des mofwazé (personnes qui se sont métamorphosées, généralement en chien). Sa sensibilité un peu maladive le prédispose aux angoisses et aux actions incontrôlées.

Onlui attribue classiquement un rôle de méchant.

Dans la littérature enfantine martiniquaise, un chabin est un héros espiègle récurrent de conte, un peu à la manière du personnage de Scapin dans l’oeuvre de Molière.

De nos jours, le terme est toujours utilisé en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique tend à retrouver sa connotation péjorative dans son usage courant.

 

Source: pyepimanla.com

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Matriarcat Lébou (Cap-Vert) : Une société anarchiste matrilinéaire où l’islam a aboli la filiation maternelle d’oncle à neveu

Les Lébous constituent une communauté au Sénégal. Traditionnellement pêcheurs mais aussi agriculteurs, ils sont concentrés dans la presqu’île du Cap-Vert (Dakar) qu’ils occupaient à l’arrivée des premiers colons dans la région. Ils parlent la langue wolof des wolofs, qui contrairement à ce qui est admis, n’est pas le dialecte initial de ces derniers. La langue wolof était en fait à l’origine la langue des lébous. Ils ont été les haut-parleurs d’origine du wolof. Ils sont désormais majoritairement musulmans, mais ont conservé des pratiques issues de leur religion traditionnelle.

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Les mères fondatrices d’un peuple

Selon une certaine tradition orale, c’est en 1432 que quatre familles lébous toutes dirigées par des femmes (puisque la société Lébou était aux origines matrilinéaire) Djiguilane SAMB, Alima FALL, Diaté NDIAGUE et Sine DIOP ; ont pour la première fois quitté le Djolof pour la presqu’île du cap vert. Les premières vagues à arriver sur la presqu’île ont dû livrer bataille à des communautés Socé venues du royaume de Dialao (actuel village de Toubab Dialao) et installées à l’emplacement actuel du state Léopold S. Senghor ; c’est la célèbre bataille de « Pikine » que tous ceux qui connaissent l’histoire de l’implantation des Lébou au Cap Vert connaissent. On trouvait au Kadior des princes, des nobles, des roturiers, des gens de caste et des esclaves. Au-dessus de ces classes se place la famille royale (FALL); elle est divisée en deux branches: la branche Madior et la branche Guedj. La première est dépossédée de la tutelle du trône depuis le milieu du XVIIIe siècle. La royauté se transmet par succession matrilinéaire (ce qui accorde un poids incommensurable aux femmes dans la vie politique).

L’islam abolit la filiation maternelle d’oncle à neveu

Au sein de la société lébou, les liens de parenté se transmettent de manière matrilinéaire. C’est ce qui expliquait que les neveux habitaient chez leur oncle et héritaient à la mort de celui-ci au détriment de ses fils et ceci jusqu’à l’avènement de l’Islam. Les 12 lignées matrilinéaires se répartissent les 4 fonctions de représentation, à raison de 3 lignées par fonction. L’organisation sociale repose également sur les kheets qui sont des lignées matrilinéaires permettant une organisation sociale et une représentativité dans les instances dirigeantes de la collectivité. Les principaux kheets qui forment la communauté lébou de Yoff sont au nombre de douze (Waner, khonkh bopp, Deungagne,Dorobé, Diassirato, Dindir, Begne, Khaagaane, Yuur, Khaye, Sumbar et Yokam). Chaque kheet est liée à un Rap ou génie protecteur.

Une société anarchiste matrilinéaire

Chez les lébous, la notion de président de la république ou chef est inconnue. Les 12 lignées matrilinéaires se partageant équitablement les 4 fonctions traditionnelles : jaraaf, ndéye dji rew, saltigué, ndéyi diambour. La démocratie ne fonctionne pas sur un modèle à l’occidentale. Car, ceux qui sont investis des fonctions traditionnelles ne sont en fait que des émissaires. En effet Les véritables responsables de la communauté sont ceux des Kheet et ne se mettent jamais publiquement en première ligne; ils sont généralement dans les concessions, l’essentiel étant que leur volonté censée être celle des familles soit respectée. Les anciens sont les véritables kilifas, tel est le mode fonctionnement en milieu lébou. Pour être investi de responsabilité, sinon même avoir droit à la parole publiquement, il faut appartenir une lignée matrilinéaire. Les lébous ont toujours eu une république conforme à leur coutume et vécu en démocratie.

Un matrilignage persistant sous une islamisation récente

L’Islam ne s’est implantée de façon durable au Cap-Vert que pendant la deuxième moitié du dix neuvième siècle. Les populations lébous ont accepté l’Islam et ont changé certains comportements. Ainsi l’héritage matrilinéaire a été supprimé sauf en ce qui concerne l’élection aux postes de Jaraaf, Ndey-ji-Rew ou Saltigué. Le JARAAF est le chef du gouvernement qui définit la politique extérieure et se porte garant des institutions. Ensuite vient le NDEY-JI-REW (littéralement Mère de la nation) qui est assimilé à un ministre de l’intérieur et à un degré moindre il joue le rôle d’un maire. Enfin vient le SALTIGUE qui est le ministre de la défense, du culte, des terres, de la mer. Ces trois membres du Collège exécutif sont choisis au sein des principales lignées matrilinéaires les douze différentes grandes familles ou KHEET qui composent le village, dans un souci d’équité et de contrôle réciproque des instances.


La place déterminante des femmes dans l’organisation sociale et les processus de décision

Même s’il est vrai que la société Lébou n’est plus vraiment une société matrilinéaire comme cela était le cas à ses origines ; il reste que la place et le rôle des femmes dans l’organisation sociale de même que dans les processus de prise de décision demeurent, aujourd’hui encore, très déterminants à NGOR. Celles-ci jouent en effet des rôles de premier ordre. Il faut comprendre qu’à côté des structures traditionnelles de régulation ou pôles d’autorité, existent des organisations féminines traditionnelles (Mbotaay) très influentes et presque incontournables dans les processus de prise de décision. Parallèlement, le mouvement associatif féminin « moderne » est aussi très actif et influent à NGOR. Les organisations féminines professionnelles ou d’auto promotion sont effectivement très impliquées dans le développement et la promotion de la commune d’arrondissement. Nous le verrons ainsi en analysant, par exemple, certains secteurs de la vie économique et associative de la commune d’arrondissement.

Les femmes possèdent les petits commerces

Ce sont généralement les femmes, épouses ou parentes des pêcheurs, qui assurent le commerce de détail. En 1991, l’enquête monographique de Yoff dénombrait 420 détaillantes sur la plage de Yoff. Faute de moyens de transport adéquats, les marchés desservis sont les plus proches : Yoff, Ouakam, Parcelles Assainies pour celles qui ne vendent que sur la plage. C’est un métier qui a connu une régression du fait des mareyeurs.

Une religion de prêtresses

Les traditions restent vives dans la communauté lébous. Conformément à la tradition spirituelle, certaines maladies mentales continuent d’être traitées chez les Lébous par des cérémonies rituelles de guérison, telles que le Ndëp, ou Ndeup. La cérémonie du Ndëp possède une corporation de prêtresses spécialisées, appelées Ndëpkat, le plus souvent il s’agit de femmes. Seuls les initiés prêtres et prêtresses avait accès aux Xamp(lieux de culte).

Vidéo : cérémonie  du Ndeup, exorcisme traditionnel de guérison des maladies mentales

 

 

Source: matricien.org

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