La Commission des Réparations identifie la santé publique comme un des six domaines clés

Conséquence directe de l’esclavage et du développement séparé post esclavagiste: «La population d’origine africaine dans la Caraïbe sont plus exposées à l’hypertension et au diabète de type 2 »

Turkeyen, Greater Georgetown, Guyana. Mercredi 29 janvier 2014. CCN/CRC. La santé publique a été l’un des principaux problèmes identifiés par la Commission de la Caricom pour les Réparations. Cette déclaration a été faite par le Président de la Commission pour les Réparations au sein de la Caricom, le Professeur Sir Hilary Beckles, lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une réunion des représentants de la Commission et du cabinet d’avocats Leigh Day à l’Université des West-Indies de Mona, Kingston en Jamaïque.

«La population d’origine africaine dans la Caraïbe est aujourd’hui la plus touchée par les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète de type 2 ». Le Professeur Beckles a dit que c’était le résultat direct de leur exposition nutritionnelle, de la brutalité physique et émotionnelle inhumaine endémique, le stress de l’esclavage et du développement séparé post esclavagiste.

L’éducation est le deuxième des six problèmes identifiés. Le Président de la Commission a déclaré qu’à la fin de la période coloniale, les Britanniques ont laissé la population d’origine africaine dans un état d’analphabétisme général. Il a noté que cet analphabétisme continue de sévir dans la Caraïbe et a compté pour beaucoup dans lles problèmes de développement.

S’adressant aux institutions culturelles, le Professeur Beckles a ajouté qu’il n’y avait pas de développement d’institutions telles que les musées et les centres de recherche pour préparer les citoyens des Caraïbes à la compréhension de leur histoire.

Il a en outre déclaré que la culture africaine a été criminalisée et a souligné que les peuples des Caraïbes sont touchés par la privation culturelle. Il a souligné que sur le plan culturel et idéologique, l’un des effets majeurs de l’esclavage, aura été cette attitude des européens à tout mettre en œuvre pour détruire voire éliminer l’apport africain dans notre culture. Le resultat est que nombre de caribéens , ont aujourd’hui une faible estime de leur origine , un auto dénigrement de l’identité négro africaine et la diminution des valeurs de la famille ; la délégitimation des pratiques religieuses et culturelles d’Afrique, et la déconnexion des racines et des cultures ancestrales.

Le traumatisme psychologique est un autre domaine identifié par la Commission. Selon le professeur Beckles, pendant la durée de l’esclavage, les Africains ont été classés par lles lois européennes comme non-humains, c’est à dire comme des biens et des meubles. Ils ont été ainsi privés de la reconnaissance en tant que membres de la famille humaine par des lois et des pratiques issues des parlements de l’Europe. Cette histoire, dit-il, a causé de graves dommages psychologiques sur les descendants d’Africains et on le constate tous les jours dans la vie sociale.
La sixième question sur laquelle la Commission a dit qu’il est nécessaire de remédier, c’est celle du retard scientifique et technologique. Il a ainsi été souligné que depuis 400 ans, la politique de la Grande-Bretagne et de l’Europe privaient la Caraïbe d’un processus de fabrication ou de développement d’un processus industriel, la Caraïbe devait se limiter à la production de matières premières.


Cette politique, selon le professeur Beckles, “a fait des Caraïbes une civilisation technologiquement et scientifiquement mal équipée qui continue d’accuser un retard important dans un monde où la science et la technologie sont globalisées”.
De plus le maintien volontaire de la Caraïbe dans cet état de sous-développement a contribué à freiner l’adhésion des jeunes Caribéens à la modernité et les a privés de l’accès à la science et la technologie alors que c’est le patrimoine mondial de la jeunesse.

La prochaine réunion de la Commission se tiendra fin janvier 2014. Le Professeur Beckles a réaffirmé que la Caricom exigera un dialogue sur la question des réparations, avec les « héritiers » esclavagistes des états européens, dans le but de mettre en place un nouvel agenda de développement pour la Caraïbe.
Dans une déclaration qui a fait suite à cette réunion de la Commission exécutive, un appel avait été lancé à l’attention des anciennes nations européennes, ex propriétaires d’esclaves –particulièrement la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Danemark – afin d’engager avec les gouvernements caribéens un dialogue sur la question des Réparations et aussi pour poser en termes concrets la question des Réparations financières des crimes commis.

« La Commission a enfin signalé que les nations caribéennes ont aussi été victimes d’un génocide des populations amérindiénnes et que cet ethnocide a été reconnu comme un crime contre l’humanité par les Nations Unies. Les victimes de ces crimes et leurs descendants ont connu et subi un état de privation sociale, psychologique, économique et culturel ; et cela a contribué à accroître leurs souffrances et leur affaiblissement actuels, la seule solution pour réduire ces souffrances est une action réparatrice ».

 

Source: caraibcreolenews.com

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