Chaka Zulu

Chaka Zulu (1786-1828): Conquérant et fondateur de la Nation Zoulou

Au début fut Unkulunkulu, le Dieu unique qui créa l’humanité. Un monde ou régnait la paix, la spiritualité et l’harmonie entre les hommes et la vie sauvage.

Un paradis qui fut bientôt troublé par une race de Dieux inconnus des hommes de la terre. Ces Dieux (que la mythologie zouloue nomme les Chitaulis) apportèrent la science du langage aux hommes et firent de certains des chefs, d’autres des Rois, des guerriers, des esclaves, créèrent différentes tribus à travers tous les continents. Enfin pour perpétuer leurs paroles divines, ils élièrent des Sangomas (prêtre ou sorcier) et des Iyangas (herboristes) afin que ceux –ci propagent la seule voie unique au peuple choisi, au peuple élu.

Ainsi venait de naître bien avant le Christ, un peuple qui serait connu pour ses prouesses guerrières, sa sagesse immuable et la beauté de leurs âmes. Le bien et le mal réunis sur une balance parfaite. Uhlakanyana, le Dieu nain du mal, tremblerait de terreur  sous les pas puissants des élus martelant le sol. Ainsi venait de naître selon la légende les AmaZoulous, les fils du ciel.

Au-delà de la légende, les zoulous appartiennent à l’ethnie Nguni qui se partage le vaste territoire de l’Afrique Australe avec les Swazis, les Xhosas et les Ndebeles. On sait peu de choses sur les débuts de l’histoire zouloue si ce n’est que le premier fondateur de la tribu s’appelait Mnguni (d’où le nom baptême de l’ethnie) et il faut attendre le début XVIIème siècle pour trouver le nom de Malandela Ka (fils de) Luzuma, modeste roitelet d’un kraal (village) zoulou. Son petit-fils Zulu Ka Ntombhela s’établit sur la rivière Mfolozi et fonda Kwa Zoulou, la capitale du ciel.  Guerres civiles, luttes pour la préservation du territoire, la puissance zouloue a toujours bien du mal à s’exprimer un siècle plus tard. Si les grands empires de l’Ouest Africain sont craints, qui veut se soucier de cette tribu. Les Zoulous sont croyants et les Sangomas répètent au fil des années qui se succèdent qu’un jour, un homme sera la réincarnation d’Unkulunkulu et mènera les fils du ciel au firmament de sa puissance perdue.

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La légende perdure. En 1781, à KwaZoulou meurt le Roi Jama Ka Ndaba. Son fils Senzangakhona a 19 ans. Il est beau, ambitieux et sur de lui. Il a la superbe de ces rois que rien ne serait troubler le règne. C’est un guerrier redoutable et il l’a prouvé en ramenant la queue du lion lors d’un combat dans la brousse, ainsi que l’exige la tradition.  Ses conquêtes féminines sont nombreuses et toutes se pressent autour de sa couche. De son kraal aux villages voisins, le Prince s’est déjà taillé une solide réputation à ce niveau là. Mais, toutes ne sont pas forcément prêtes à renoncer aux avantages que leur offre la position du Prince. Notamment  la jeune Elangeni de 21 ans du nom de Nandi ka Bhebhe. Elle a courtisé le prince, porte un enfant dont elle veut en faire le successeur de son père. Senzangakhona n’en a cure mais le scandale de cette grossesse hors des mariages imposés par la tradition est tel qu’il n’a pas le choix. Il appelle Nandi à ses côtés comme une concubine et se résout à élever son fils, prénommé Shaka (petite crevette) et né en 1787. Les relations difficiles entre le Nkosi (Roi) et Nandi entachent la vie du petit Shaka. L’origine trouble de sa naissance ne l’aide pas. Chargé de surveiller le bétail du Kraal, le jeune Shaka subit les humiliations constantes des autres zoulous de son âge.

Ajouté à cela les Sangomas qui ne cessent de demander à Senzangakhona d’éloigner l’enfant dont ils voient une réincarnation du mal de par son illégitimité.

CHAKA ZULU (1786-1828) et la naissance du peuple Zoulou1Senzangakhona n’aura pas le temps de se débarrasser de son fils. Shaka, sa mère et sa Grand-mère doivent fuir les assassins de son père en pleine nuit et se réfugier chez Dingiswayo, un roi Mtetwa qui lui accorde sa protection. Là, le jeune Shaka apprend le métier des armes propre à sa condition et ne manque pas de courage sur le champ de bataille. Quitte pour cela à bouleverser les traditions de la guerre fleurie qui prévalait en ce temps au sein des différentes tribus d’Afrique australe. Dingiswayo a rapidement perçu le potentiel du jeune Prince et l’encourage dans sa timide réforme de l’appareil militaire du clan .. au grand dam de ses officiers militaires (indunas). Le meurtre en 1817 de Dingiswayo par un autre chef de clan va être l’élément révélateur pour Shaka. D’ailleurs, Shaka Zoulou n’aura de cesse toute sa vie de poursuivre l’assassin de son protecteur qu’il tuera finalement en 1825 près de la rivière Phongola.

Shaka réunit sous son autorité les clans de Dingiswayo sans difficultés tant son aura est déjà grande. A la tête de ses Impis (régiments), il part réclamer son trône au successeur de Senzagakhona mort un an avant le meurtre de Dingiswayo. A KwaZoulou, le fils de Senzagakhona (Siguyana Zoulou) se rend sans combattre devant son demi-frère. Shaka n’aura pas de pitié pour Siguyana qu’il fait exécuter immédiatement devant le regard terrifié de chaque membre de la famille royale. Enfin, privilège du plus fort, il impose aux Zoulous de plier genoux devant sa mère. Le voilà devenu Nkosi des Zoulous. L’histoire est en marche pour celui que bientôt les européens vont surnommer le « Napoléon Noir ».

Plus que sur le terrain social, c’est sur le plan militaire que Shaka va révolutionner la vie de son peuple. D’un petit royaume, il va en faire un Empire en absorbant un par un les villages avoisinants. Il ne leur laisse pas le choix d’ailleurs. Soit ils adoptent un style de vie zoulou, soit ils meurent. Beaucoup choisissent la première solution quand ils n’arrivent pas à s’enfuir. C’est le Mfecane (chaos) Les impis subissent un entraînement militaire assez dur. De la large Assegaï (lance) qui accompagnait le guerrier Zoulou dans ses déplacements, Shaka la modifie et la réduit pour créer une arme efficace, l’Iklwa. Il impose à ses guerriers une abstinence sexuelle de deux ans, les fait courir sur des tapis d’épine pour durcir la plante des pieds..  Dès lors le battement de pied des régiments zoulous accompagne souvent les massacres qui s’effectuent dans les villages rebelles. Les déplacements des tribus qui refusent de se soumettre à l’autorité de Shaka vont involontairement redessiner la carte des frontières et provoquer des guerres à répétition avec les européens qui ont colonisés une partie de cette Afrique. Les guerres cafres vont se succéder tout au long du XIXème siècle et  le nom même de Shaka dans la ville du Cap va être source d’ennuis pour les autorités anglaises qui régissent la colonie.

Shaka ne terrorise pas seulement ses ennemis. Ses propres armées le craignent et le jalousent à la fois. Le nom de sa capitale, le lieu où l’on tue, Bulawayo résume à lui seul le règne de ce génie militaire. Le Général Mzilikazi (1790-1868) défie son souverain (1823) en s’enfuyant au delà de la rivière Limpopo  avec ses partisans et fonde son propre royaume des Ndebeles. Un autre, Shoshangane (mort en 1856) fonde son propre empire Tsonga au Mozambique. Les Swazis et les Sotho se réfugient dans les montagnes à l’abri des assauts zoulous. Lors du décès de sa mère le 10 Octobre 1827, Shaka fout de douleur fera exécuter 7000 personnes, interdira aux couples mariés de vivre ensemble et à son peuple de boire du lait.
A l’apogée de sa gloire, l’armée zouloue comporte plus de 600 000 hommes. C’est une redoutable machine de guerre.

Cette menace inquiète donc le gouverneur de la Colonie du Cap,  Lord Charles Somerset. En cette première moitié du XIXème siècle, il envoie une petite délégation conduite par Francis Farewell auquel on a adjoint entre autre un médecin, Henry Finn. La première rencontre avec Shaka restera pour Finn et Farewell un souvenir des plus mémorables. L’Empereur des Zoulous montrera toute sa puissance armée à cette compagnie composée à peine d’une vingtaine d’hommes. Les liens qui vont se nouer entre le jeune médecin et Shaka vont être le dernier chapitre de la vie de L’Empereur Zoulou.  Victime d’un complot ourdi par son demi-frère Dingane dont il en réchappe, Finn a l’idée de teindre les cheveux du Roi pour le rendre plus présentable à son peuple. Si Shaka n’est pas impressionnée par la bible et son histoire que lui présente Farewell, il est beaucoup plus impressionné par cette renaissance. Des cheveux gris qui se sont accumulés sur sa tête, voilà que le médecin leur a rendu sa couleur initiale. Il croit à l’immortalité.

Il acceptera de laisser à ces blancs un petit bout de son territoire (1823). C’est la fondation de Port- Natal, la future Durban. Ce n’est pas pour autant que Lord Somerset acceptera de recevoir une délégation zouloue. Les rumeurs de corps éventrés laissés sur les champs de bataille n’étaient pas rassurer le gouverneur de cette ambassade de paix. A l’époque, peu de gens savaient que les ventres ouverts des morts permettaient aux âmes de s’échapper selon la religion zouloue. Ce qui apparaissait naturel pour les zoulous ne l’était pas pour les Européens.


A Bulawayo, l’autoritarisme du souverain a exacerbé les haines internes. Dingane pense qu’il sera le prochain sur la liste. Le 22 Septembre 1828, Shaka est lâchement assassiné. On ne sait pas à quel degré quelles furent les complicités de Dingane et son frère, Umthlangana dans ce meurtre.

La capitale est incendiée avec les corps des partisans de Shaka. Dingane vient enfin de monter sur ce trône qu’il convoitait depuis la mort de son père.

La légend veut que le corps de Shaka ne fut jamais touché par les hyènes et vautours du Zoulouland, que les éléphants vinrent se prosterner devant le premier des Empereurs zoulous.

 

Source: histoiredelafrique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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