CE QUE CHACAL (ANIMAL CONSACRÉ AU DIEU INPW-ANUBIS) SIGNIFIE

CE QUE “CHACAL” (ANIMAL CONSACRÉ AU DIEU INPW/ANUBIS) SIGNIFIE

En cilùba, le chacal, animal qui permet de distinguer inpw, se nomme mubwabwa, duplication du terme mbwa (inpw). Le mot chacal est probablement issu de l’hébreu shaqal « peser », « balancer »; et il est évident que la relation entre la pesée et l’animal n’aura pu se former qu’à partir du corpus négro-égyptien. Les langues sémitiques offrent une série qui conforte notre analyse :

*akkadien : šaqalu
– « peser »
– « payer »
– « être égal »
– « se valoir »
– « faire payer »
– « être pesé »
– « être en opposition »
– « être l’égal de »
– « équivaloir »
– « être équivalent »

*arabe : taqala « peser », « soupeser »
*arabe : taqil « lourd », « pesant »
*assyrien : sakalu « peser »
*assyrien : sakalulu « peser », « égaliser »
*assyrien : sakil « celui qui pèse »

Le sens de « payer » est confirmé par le paiement de l’obole que recevait Charon, le nocher des enfers, avatar du dieu Inpw (Anubis) dans la tradition grecque; il s’agit du prix du passage.

En duala, sáwa, métathèse de wasa (>Wsir), signifie « payer », « acquitter », homonyme de sawa « ajuster », « arranger », « bien tailler » (>harmoniser), sawe « être taillé », sawele « ajuster ». Au duala sáwa « payer » correspond le bamanan sara « payer ». Nous aurons ainsi :

– bamanan : sara « payer »
– bamanan : sara « mort »
– bamanan : saraka « aumône »
– bamanan : sara « salaire »
– bamanan : sara « beauté », « charme »
– bamanan : sarama « beau », « charmant »

L’hébreu aura élaboré le thème de la délivrance à partir du bamanan sara « payer » :


– hébreu : sar « déchirer », « rompre »
– hébreu : shara « délier », « affranchir »
– hébreu : sarat « couper », « tailler », « lacérer »

L’hébreu shaqal « peser » aura formé le mot sicle « unité monétaire » devenu le sheqel de l’état hébreu. Félicien de Saulcy décrit l’origine du mot sicle :

(…) Le mot sicle n’est que le nom d’une unité de poids, devenu beaucoup plus tard celui d’une monnaie effective, et formé directement du radical sakala, qui signifie peser, libravit, ponderavit; les sicles d’Abraham étaient donc des fragments ou de petits lingots d’argent ajustés à un poids donné, qui n’était que celui de l’unité appelé sicle; les exemples fourmillent de poids énumérés en sicles dans les textes bibliques. (de Saulcy, 1864)

L’arabe saqaliba qui désigne les populations d’Europe de l’Est kidnappée en temps de guerre ou de paix pour servir d’esclave dans le monde arabe tient probablement son sens à partir de ce cognat. Ce terme formera le mot slave devenu esclave en français, lui correspond le grec sklavinoi. Cette correspondance permet de saisir aussi les origines probable du mythe de l’esclavage des Hébreux en Égypte.

L’esclavage, ignoré dans la vallée du Nil, n’est pas une institution négro-africaine. Le mot sakala qu’on a pris pour de l’hébreu procède en réalité du cilùba sakula qui forme les expressions liées au négoce et au commerce de marchandises, sans autre considération relative aux êtres humains :

– kusakula cisalu « faire le marché », « acheter et vendre au marché »
– kusakula mishinga « faire le négoce », « faire du commerce », « acheter et vendre »

Amenhemhat Dibombari

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