Calixthe Beyala - C’est le Soleil Qui m’a Brûlée»

Calixthe Beyala: «C’est le Soleil Qui m’a Brûlée»

Dans cet ouvrage, le tout premier qu’elle a écrit en 1987, l’auteure décrit cet enfer que subit la femme soumit au joug de l’homme. Une bataille pas facile mais pas aussi impossible.

Elle a fait l’objet d’accusations de plagiat ces derniers temps. Un fait qui a quelque peu entaché sa réputation. Mais pas sa verve de militante encore moins son talent d’écrivaine. Calixte Beyala, puisqu’il s’agit-elle, demeure l’un des écrivains les plus primés de la littérature africaine. Ses œuvres ont toujours été des best sellers. En commençant par le tout premier intitulé « C’est le soleil qui m’a brûlée » et paru aux éditions Stocks en 1987. Le temps est passé. Certes. L’œuvre n’a pris aucune ride. Car, elle demeure actuelle au vu de l’intrigue contenue dans 180 pages, toutes intéressantes, les unes après les autres. Dès la première de couverture, on peut voir une jeune fille sublime, chevelure défrisée, le visage pâle et le corps noirci par le soleil, démontre à suffisance la souffrance qu’endure encore la femme dans notre société. Ce malgré l’évolution du temps et des lois.

Cette œuvre sélectionnée pour vous ce mois, raconte l’histoire d’Ateba. Une jeune fille de dix-neuf ans vivant au QG, le quartier le plus misérable de la ville d’Awu, quelque part en Afrique. Elle est élevée par une tante despotique après avoir été abandonnée par sa mère ; une prostituée. Dans le livre, la jeune fille se demande toujours pourquoi les femmes acceptent la loi, le joug de l’homme, le recherchant obstinément en lui prêtant, en lui vendant et en lui donnant leur corps et leur ventre. Comme si la vie ne pouvait se concevoir sans un homme à la maison. N’allez surtout pas croire et dire que j’encourage le célibat. Puisqu’une vache ne peut jamais donner naissance à un cabri, Ateba sera aussi séduite par l’un d’entre ses hommes. Et durant cette expérience, elle découvrira ces dieux déchus, veules, pitoyables ou violents. Des soleils qui, au lieu de donner la vie, brûlent plutôt les êtres. Ateba va donc se laisser brûler par tous ses soleils et à tous les feux du désir, de la coutume et des traditions les plus oppressifs pour se découvrir elle-même. Et enfin prendre conscience que ce qu’elle veut et ce qu’elle aime, comme toutes les femmes d’ailleurs, c’est la douceur, la féminité, la tendresse… Pour atteindre ce but, elle passe par un meurtre. Etant donné qu’il faut écraser la haine et la violence pour qu’émerge et vive l’Amour.

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C’est un roman plein d’émotions, des actions à la fois pudiques, tendres et érotiques que l’auteure pose ça et là. Le style d’écriture est séduisant et particulier. Cette œuvre est exceptionnelle, captivante, digeste et délicieuse comme un mets fait à l’africaine. En cette année, c’est la première fois qu’une africaine abordait des sujets sans tabous sur le continent noir ; traitant sans fard les problèmes qui s’y posent. « C’est le soleil qui m’a brûlée » est un ouvrage à livre absolument. Calixte Beyala est auteure de plusieurs autres livres comme « Assèze l’africaine », « Les honneurs perdus », « La petite fille du Réverbère », « L’homme qui m’offrait le ciel », entre autres. Bonne lecture à tous les bibliophiles.

 

Frank William BATCHOU

Source: frankwilliam

 

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