Afrique,Chronique - La femme et la culotte

La femme et la culotte

Quand un homme bat sa femme, il exprime sa virilité, sa force et son autorité. C’est presque normal. Quand un macho bande les muscles avec celle qu’il dit avoir choisi pour la vie, celle avec qui il a marché sur les braises et les épines, ce n’est pas un problème, les voisins écoutent le vacarme en chantant l’hymne du roi de la basse-cour. Oui très souvent nous sommes toujours les premiers à jeter la pierre à la femme. Nous pensons toujours qu’une femme doit être battue pour rester soumise.

Nous sommes parfois même convaincus que la femme doit passer par l’épreuve du fouet pour savoir vouer respect et fidélité à son mari et rester soumise et docile Combien sont-elles, à l’heure où cette chronique passe, à grincer des dents au coin, sans oser broncher. Combien sont-elles, ces femmes torturées dans l’âme et dans la chair et rejetées dans un luxueux foyer de barbelés entre les fers d’un homme, dictateur et maître absolu ? Il y en a qui ont fait de l’infidélité, leur sport favori avec comme leitmotiv : . Alors, Monsieur vole de conquête en conquête, saute les minettes en jupette comme des canettes, parfois à la pipette. En l’absence de madame, le lit conjugal se transforme en hippodrome pour un couplé gagnant, au vu et au su des voisins, pire, des enfants. N’est-ce pas de la violence ça ? Quand une femme bat un mari incapable, le monde s’émeut, la vie s’arrête ; on crie à l’hérésie et au sacrilège. On bombe le torse et on jure sur toutes les toitures du monde que pareille mésaventure n’arrive qu’aux autres.

Quand une femme bat un mari soulard, qui a passé son temps à jouer au billard, pour se retrouver sans un seul m2. Quand un mari, par ses propres turpitudes, finit sa course dans la maison construite par son infâme femme sur une parcelle entièrement achetée par cette femme. Quand un homme néglige et renie sa propre famille, humilie son père et sa mère pour être dans les bonnes grâces de sa femme, pour les beaux yeux de sa femme de feu. Quand un homme troque avec sa femme, sa culotte contre le string au point de faire la courbette pour valider son devoir conjugal, pourquoi s’étonner qu’il fasse le mouton et le bouc au pied du lit et pourquoi s’insurger quand madame sévit. Ne cherchons pas où nous sommes tombés, allons plutôt où nous avons trébuché. Et comme le dit si bien le proverbe moaga.

Si tu prends une femme que tout le monde contourne comme un rond-point, tu finis toujours comme un vulgaire torchon. Si tu te maries avec une femme branchée et stylée de la tête au pied, le regard sec, la bouche tranchante, impolie à l’infini, moulée dans le beurre et l’argent, éduquée par le hasard avec une vie dite de classe où le droit prime sur le devoir, où la soumission est une compromission, où les égos sont en bras de fer permanent sur l’aberrante question de l’égalité absolue. Si tu épouses une telle calamité, tu vivras peut-être heureux aux yeux du monde, mais jamais tu ne connaîtras la paix. Car, n’ayant jamais connu la faim, elle te mangera en période de vaches maigres et boira ton sang quand la soif viendra. Une femme sans scrupule, choyée et entretenue dans du beurre, puis dans du miel, finira par crier un jour que c’est amer. Il y va de même pour l’homme qui finit par voir en l’épouse soumise et sage, une femme vulgaire, disponible à volonté et disposée à tout faire et subir.


Il n’y a pas de femme mure et exemplaire prête à épouser pour le meilleur. Tout comme il n y a pas de mari infiniment bon, mais reconnaissons que l’homme n’est pas toujours réaliste dans ses choix pour la vie de couple. On préfère les extrêmes avec ces femmes fatales et sulfureuses au juste milieu avec ces paysannes et autres roses sauvages ; on se fie aux apparences externes pour subir les carences de l’intérieur.

On préfère les délires sans avenir à l’avenir sans délire. Voilà pourquoi il faut laisser les femmes battre leurs maris, car, après tout, ça se mérite. Et comme l’a si bien dit mon ami Zongo : tu te fais crabe, on te mange avec beaucoup de bruit, si tu te fais œuf, on te mange sans bruit !

Clément ZONGO
Source: sidwaya.bf

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